Le premier – Nadia Coste

Le premier_couvLE PREMIER

Nadia Coste

Éditions Scrineo (2015)

A partir de 15 ans

L’auteure : Elle a plus de 30 ans, est maman de 3 enfants et l’écriture (nous dit-elle sur son blog) fait partie de sa vie depuis 1998. Elle a déjà écrit plusieurs histoires pour la jeunesse : “Les yeux de l’aigle”, “SpaceLeague”, “Ascenseur pour le futur” ou encore la série “Fedeylins” dont vous avez probablement entendu parler.

L’histoire : Vaïn n’est pas mort. Pourtant, son frère l’a tué. A-t-il ressuscité ? Pourquoi le soleil brûle-t-il sa peau ? Pourquoi seul le sang le rassasie-t-il ? Alors que son désir de vengeance augmente, Vaïn se convainc que la Nature l’a sauvé de la mort pour éliminer son frère et sa descendance maudite… Une traque terrible et périlleuse commence… Elle durera des siècles.

La quête du Premier Immortel depuis la fin du néolithique jusqu’au début de Rome.

Mon avis : Âmes sensibles s’abstenir ! Vous avez affaire ici à un “vrai” vampire, pas à un vampire d’opérette qui brille au soleil ! (Mais non je ne vise personne…)

Un vampire, le tout premier, qui ne sait ce qui lui est arrivé et le découvre petit à petit… Il se découvre aussi une mission, détruire la progéniture (nombreuse !) de son frère, qui est, lui, un loup-garou. Vous avez bien compris, on assiste ici à la naissance de la guerre éternelle que se livrent vampires et loup-garous (comment ça vous n’êtes pas au courant ? Faut sortir un peu, hein, lâchez votre écran !!)

J’avoue qu’aucun des personnages n’a trouvé grâce à mes yeux (sauf peut-être les mères qui défendent leurs petits…) ils sont tous aussi antipathiques les uns que les autres, c’est un monde de “Mâles” guerriers, de luttes de pouvoir, le sang gicle souvent, les cervelles aussi (au néolithique, c’est à la hache, les combats...)

Un “personnage” m’a plu, même si il est plutôt méfiant et retord, c’est celui qui accompagne Vaïn dans sa vengeance, sa quête. Vaïn, lui m’a fait pitié par moments. Il n’était pas sympathique au début et ne le devient pas, mais il seul, très seul et on ressent parfois sa souffrance.

Un roman qui se lit très bien  malgré une grande violence et dont la fin, annonçant la naissance de Rome, m’a beaucoup plu !

SignatureNat

Mes débuts dans l’art

Mes débuts dans l’art Mise en page 1

Chris Donner

Collection Médium (12 – 16 ans)

L’école des loisirs (2013)

L’auteur : Né en 1956 à Paris, aucun diplôme, Christophe Donner a débuté dans le cinéma comme acteur, puis comme monteur. Il commence à raconter sa vie vers l’âge de vingt-ans et publie son premier roman chez Fayard, Petit Joseph. Aujourd’hui, écrivain, journaliste, cinéaste, critique littéraire… mais aussi chroniqueur hippique, il est l’auteur d’une œuvre multiple.

L’histoire : David Belting a un don. Il dessine formidablement, sans avoir jamais appris. Qu’il dessine des cerises, par exemple, et les oiseaux viennent les picorer.
Ses parents en sont convaincus : David sera un grand artiste et fera fortune. C’est ainsi qu’ils le poussent à suivre les cours de la vieille Miss Elroy, puis, à l’âge de 15 ans, à intégrer la toute nouvelle école d’art de Reno.
Mais là-bas, l’enseignement est partagé entre deux professeurs aux conceptions diamétralement opposées. Alors comment trouver sa voie dans cet environnement hostile ?

Mon avis : Un roman très agréable, bien écrit et très facile à lire. David a un don, pour lui dessiner est une évidence, pas un art ou un métier… Il dessine parce qu’il aime ça tout simplement et parce qu’il “voit” la façon dont s’articule les choses… Obligé de suivre des cours, il finira presque par être dégouté du dessin !

Une histoire qui fait réfléchir sur l’Art et ce qu’il représente pour chacun d’entre nous (la beauté, l’extravagance, une marchandise ?) mais aussi sur l’éducation et les choix qu’on impose parfois, nous, parents, à nos enfants…

Un très joli roman !

SignatureNat

♥ Le soleil est pour toi ♥

le-soleil-est-pour-toiRoman pour adolescents – Coup de cœur

Le soleil est pour toi

 de Jandy Nelson

traduit par Nathalie Peronny

Gallimard Jeunesse, 2015
Scripto – 470 pages
9782070663576 – 15,90€
Existe en epub 11.99€

 

Jude et Noah sont jumeaux, et depuis leur enfance ils se partagent le monde. Le soleil est pour toi est leur histoire, celle de leur adolescence, de ce qui les a séparé au point qu’ils ne s’adressent plus la parole.

Noah raconte son été, à 14 ans, alors qu’il découvre son homosexualité. Peintre jusque dans ses pensées, il dessine le monde et imagine sans cesse des tableaux.
Jude, elle ,nous raconte sa vie deux ans plus tard. Elle qui aimait sortir, surfer, est maintenant attifée d’un grand pull et a coupé ses longs cheveux blonds. Suite au décès de sa mère, elle n’est plus vraiment la même…

L’un et l’autre sont rongés par leur propre vision d’une même histoire, par leur culpabilité, par leur rêves envolés. Et l’on assiste, inexorablement, dans l’avant et l’après, à ce qui mène à cette rupture entre eux, à la perte d’eux-mêmes.

L’intrigue en deux périodes est bien menée, mais ce sont les personnages et la narration qui m’ont particulièrement plu. Ces deux personnages, forts et faibles à la fois, et ceux qui les entourent, font partie de notre famille le temps de ces pages, on s’attache immédiatement, durablement, et même une fois la dernière page tournée ils restent dans un coin de notre esprit… Quant à la narration, elle est menée par une écriture profonde et légère à la fois mais surtout par un rapport à l’art très fort, qui, notamment dans la partie de Noah, permet de voir l’histoire et le monde autrement.

Ce rapport fort à l’art est particulièrement vibrant tout au long de ce roman, et il permet de créer un fil rouge au delà de la narration et au delà du temps. La mode, les supertisions, les fantômes, l’homosexualité, la famille, la drogue, les thèmes ne manquent pas dans ce roman, et tous sont abordés avec brio, sans s’appesantir…

Un magnifique roman vibrant d’émotions, dont on ne ressort pas indemne !

 

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Un courant d’air

CourantUn courant d’air

Laurie Cohen

Collection “Le chapelier fou”

Éditions Alice Jeunesse (2014)

L’auteure : Elle écrit des contes depuis l’âge de six ans. Elle a suivi des études littéraires et cinématographiques et a publié une vingtaine d’albums pour la jeunesse. Laurie se passionne également pour le cinéma et la photographie. Elle aime observer le monde, rêver et parler de sujets forts qui lui tiennent à cœur. Un courant d’air sera son premier roman destiné aux jeunes adultes. Elle désire à terme partager son temps entre écriture et cinéma, persuadée que les deux univers se complètent.

L’histoire : Une jeune femme se retrouve à la rue après un drame familial et tente de se reconstruire en réglant ses comptes avec le passé.
On ne prononce jamais son nom. Anonyme comme tous ceux qui traînent sur les trottoirs et qu’on ne remarque pas, ou qu’on oublie aussitôt. Une ombre sans âge et sans visage. Un courant d’air. Une droguée ? Une alcoolique ? Une pauvre fille sans boulot ? Non. Une jeune femme, étudiante en droit il y a quelques années encore, que la vie a éprouvée et qui ne s’est pas relevée… 

Mon avis :

Âmes sensibles, s’abstenir. Ici, on n’est pas chez Walt Disney, on est dans la rue. C’est sale, il fait froid, il n’y a pas grand-chose à manger et en plus, c’est dangereux. On lutte pour sa survie au quotidien. Pour trouver un endroit où dormir. Et la rue, c’est un endroit où l’on finit par disparaitre…

Un roman triste, mais réaliste qui vous fera peut-être regarder autrement (regarder tout court !) les gens qui vivent dans la rue. Une réalité pas toujours facile à appréhender (oui, tout le monde peut se retrouver à la rue un jour ou l’autre, et ça fait peur !)

Les chapitres sont courts et les phrases, percutantes, incisives, coupent comme un rasoir. Il y a comme un sentiment d’urgence dans ce roman. Des gens qui suivent malgré eux une pente qu’ils ne pourront plus remonter. Arrivé à la fin du bouquin, on se dit que ce n’est pas possible d’abandonner des gens comme ça, de les laisser crever dans la rue, comme des bêtes… Et pourtant…

Mon conjoint (53 ans) l’a lu, son commentaire a été : “qu’est-ce que c’est triste ce bouquin !” Puis il a dit, en 2 mots : c’est glaçant et humain à la fois…

Julie, 20 ans, l’a dévoré dans l’après-midi : elle a beaucoup aimé, a trouvé ce roman facile à lire, intéressant et vraiment prenant.

Je l’ai vu indiqué à partir de 13 ans, je dirais plutôt 15/16 ans, après ça dépend des lectures et du vécu de chacun…

“Un courant d’air” a été sélectionné pour le prix Izzo 2015 des lycéens.

SignatureNat