LE ROI ENSOMMEILLÉ

roi

Un joli conte
à partir de 9/10 ans

LE ROI ENSOMMEILLÉ

Myriam Dahman & Clément Lefèvre (ill.)

Coll. Métamorphose

Éditions Oxymore (2023)

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D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, la neige avait toujours été là. Elle recouvrait tout d’un épais manteau, gommant les aspérités, cachant les pierres du chemin. Mais Ena n’avait pas peur de la neige. Même si elle savait qu’elle était ensorcelée et qu’elle finissait toujours par endormir les gens.

Ce jour-là, Ena était partie chercher des champignons pour en faire un breuvage destiné à réveiller sa grand-mère. Elle aimait explorer la ville, retrouver des vestiges des temps anciens. En repartant, elle rencontra des ombres, qui lui transmirent un message…

Un message qui parlait de la grande ourse, la magicienne de la forêt. Elle en parla à sa grand-mère, qui lui raconta la légende du roi et de ses trois filles.

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C’est une bande dessinée, mais qui commence et se termine par un conte “à l’ancienne”. Ici, le froid, la neige représentent la tristesse et le deuil. Pourtant, ce n’est pas une histoire triste. C’est très serein, très calme, apaisant même (la douceur des couleurs peut-être ?)

J’ai beaucoup aimé cette histoire de malédiction dans un monde endormi et recouvert de neige. Et les illustrations n’y sont pas pour rien, je les ai trouvées très belles et très douces.

Un joli conte en bande dessinée, servi par de très belles illustrations !
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D’autres que moi ont aimé : LylouLes idées de Juhttps://m.media-amazon.com/images/I/71AJoIYE6ML._AC_UF1000,1000_QL80_.jpg

D’autres BD qui se passent en hiver ?

Cette semaine nous sommes chez Fanny

Le château de l’ours

châteauThriller
Adulte

LE CHÂTEAU DE L’OURS

Alexis Lecaye

Publishroom factory (2023)

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Cette nuit là, l’ours se réveilla en entendant un cri. Un cri d’animal blessé. Il se dit qu’il n’arriverait pas à se rendormir avant de savoir ce qui se passait… Dans la cour du château contre laquelle était appuyé sa petite maison, une voiture était garée. Dans la lumière de ses phares, quatre personnes. Une femme, qui titubait entre trois hommes qui la poussaient chacun à leur tour en lui arrachant ses vêtements. Au moment où la jeune femme allait se faire violer, l’ours intervint.

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Si le nom de Lecaye ne m’était pas inconnu, c’est plus par les illustrations d’Olga Lecaye (née Solotareff). Une famille d’auteurs illustrateurs, puisque le frère d’Alexis Lecaye n’est autre que Grégoire Solotareff (U, Loulou) et leur sœur, Nadja (très connue pour “Chien bleu”). D’Alexis Lecaye, je n’ai lu qu’un roman jeunesse “La bergère qui mangeait ses moutons“.

Pour en revenir à ce roman, l’ours est un personnage plutôt mystérieux. La femme qui a failli se faire violer, Nadejda, est la fille d’un patron de la mafia en Croatie. Son père est mort et elle a hérité de sa fortune, acquise grâce au trafic d’armes et de drogues. Elle a un projet, faire le bien avec cette fortune mal acquise. Mais les anciens alliés de son père ne l’entendent pas de cette oreille.

C’est un roman qui se lit très facilement. Et qui est addictif, je l’ai lu en deux jours ! C’est à la fois un roman d’aventure, d’action devrais-je dire, et une sorte de conte… J’ai beaucoup aimé la partie qui se déroule dans le passé !

Un bon divertissement et une lecture agréable.
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Publishroom factory est une maison d’auto édition

Le petit plus du jour : il existe bien un “château de l’ours” en France ;)

Plein ciel – BD

Pleinchronique sociale
BD ado/adulte

Plein ciel

Pierre-Roland Saint-Dizier

Michaël Crosa (ill.)

Ankama (2023)

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Cité Plein Ciel. Émile Fernandez, veuf, 78 ans, s’est habillé, a arrosé ses plantes et donné des croquettes à son chat. Puis il a ouvert la fenêtre de son appartement, situé au 17ème étage… Et il a sauté. La police va mener l’enquête pour savoir s’il s’agit ou non d’un suicide. Les voisins sont abasourdis. Martine, sa voisine et son amie, n’en revient pas. Pourquoi Émile a-t-il fait ça ?

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Dès le début, nous, les spectateurs, savons qu’il s’agit bien d’un suicide. Il n’a laissé qu’une lettre, avec deux instructions. L’une concerne sa plante verte, l’autre son chat. Si nous savons ce qui s’est passé, on ne va par contre apprendre que petit à petit le “pourquoi” de ce geste. Geste qui a laissé les habitants de l’immeuble démunis, à commencer par Martine, qui était très proche d’Émile.

Démunis, mais solidaires. Ce drame, qu’ils ont du mal à comprendre et à accepter, va les rapprocher.

Une histoire simple et un peu nostalgique sur la vie d’un quartier HLM. On assiste au quotidien des gens au travers des “coupes” d’immeubles.

Si j’ai bien aimé cette histoire, je suis malgré tout restée sur ma faim. Avec ce début spectaculaire, on s’attend à une enquête, un questionnement… Non. Il n’y a que les commentaires du voisinage… J’ai, par contre, beaucoup aimé les illustrations, les couleurs, les cases sans contour.

A la fin de l’album, en quelques pages, l’auteur nous explique qu’il s’est inspiré du quartier de son enfance et même de ses voisins pour écrire cette histoire.

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Site de l’illustrateur

 Cette semaine, nous sommes chez Moka au milieu des livres…

Trois chardons – BD

chardonsTrois chardons ♥

Cécile Becq

Sarbacane (2023)

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Écosse, juin 1933. Ian est parti promener le chien Keegan dans la lande revêtue de ses plus beaux chardons. Victime d’un malaise, il ne reviendra pas. Sa femme Moïra et ses deux enfants Bonnie et Fillan se retrouvent seuls et sans ressources. Ils vont aller se réfugier chez Margaret, la sœur aînée de Moïra.

Septembre 1933, île de Skye. Moïra et ses enfants sont toujours chez Margaret. Depuis maintenant 3 mois, c’est la seule à travailler et elle commence à trouver ça dur. Elle pousse sa sœur cadette à chercher du travail. Dès le lendemain, Moïra commence à travailler comme serveuse dans le pub où sa sœur fait la cuisine.

Un soir, alors que les deux sœurs sont à table avec les enfants, on frappe à la porte…

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Des personnages avec des doutes, des problèmes, des chagrins mais aussi plein de désirs ! Elles m’ont beaucoup plu ces trois sœurs (même si la plus jeune est un poil agaçante tout de même). Des rancœurs familiales remontent à la surface avec la promiscuité. Chacune a ses soucis et chacune les vit différemment. Mais il y a de l’amour entre elles et de l’humour aussi dans cette jolie BD !

Côté illustrations, les visages sont beaux, lumineux et empreints de douceur. J’ai particulièrement aimé les scènes éclairées par les bougies ou les cheminées.

Une bien jolie lecture que je vous recommande !

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Voir une double page (site de l’éditeur)

Cécile Becq a illustré une autre BD que j’avais beaucoup aimée : Ama, le souffle des femmes

Cette semaine nous parlons d’amour chez Fanny