Rentrée littéraire 2026 – Épisode 4
JE
Lilia Hassaine
Gallimard 2026
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Éditeur :
« — Que savez-vous de la beauté, Antoinette ?
Il se tourna vers moi, suspendu à ma réponse.
— Pas grand-chose. Mais je sais la reconnaître quand elle est là.
— Eh bien moi, chaque fois que je la vois, elle me blesse.
Quand je vois votre visage, par exemple, quelque chose en moi se trouve comme ébranlé. »Île de la Jamaïque, 1831. Antoinette Cosway, créole de bonne famille, s’éprend d’Edward Rochester, un Anglais aussi impénétrable que fascinant. Mais à la séduction enflammée succèdent rapidement des scènes vénéneuses, où les baisers sont des blessures, où toute une société livre la jeune femme à son bourreau.
Des années plus tard, Antoinette tente de conquérir sa propre histoire.
JE se situe à mi-chemin entre roman victorien et thriller intimiste contemporain. Lilia Hassaine s’est inspirée du personnage de la première femme de Rochester dans Jane Eyre, le roman culte de Charlotte Brontë. Elle a choisi de lui donner une voix, un corps, une destinée.
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JE peut être pris comme le pronom personnel sujet, car c’est Antoinette qui raconte. Mais il peut également être vu comme J + E (pour Jane Eyre). Je ne m’en suis aperçue qu’après avoir terminé le roman…
C’est une lecture qui m’a bien plu. Mais qui, à priori, ne me restera pas longtemps en mémoire. Je n’en attendais rien de particulier et ne connaissais pas l’écriture de Lilia Hassaine. C’est très fluide, facile à lire (et vite lu, il fait moins de 250 pages).
Mais j’aurai aimé en savoir plus sur les personnages, que ce soit Rochester, Antoinette ou encore Christophine ou Filibert…
Du coup, j’ai noté de lire “La prisonnière des Sargasses” de Jean Rhys (1966)
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Extrait :
“En d’autres termes, ma chère Antoinette, je suis tout à fait disposé à sacrifier ce que je possède aujourd’hui – l’amour simple et sincère d’une femme, la garantie d’une épouse fidèle et dévouée – à la condition d’être sûr de vous. De votre loyauté. Car je refuse d’être un nom de plus, un homme que vous abandonnerez au premier souffle d’ennui ou au premier regard venu flatter votre orgueil. Je vous ai observés, avec Filibert, le soir du bal. Votre proximité m’a troublé. Plus tard, je vous ai trouvés au marché, puis vous m’avez écrit qu’il vous avait rejointe à Mandeville. Et maintenant, vous m’apprenez qu’il mène l’enquête sur moi, qu’il cherche à me nuire. Antoinette, ouvrez les yeux. Cet homme vous désire. Il vous désire et vous le savez. Ne jouez pas l’innocente. Je vous crois moins ingénue que cela. Vous savez parfaitement ce que vous faites. Vous attirez, vous charmez, puis vous retournez les hommes les uns contre les autres. Mais cela ne fonctionnera pas avec moi. Je vous préviens : je ne serai ni un jouet, ni un trophée.
« Je vous veux tout entière – ou alors pas du tout.”
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Lire les premières pages (site éditeur)
Déjà présentés ici :
Jane Eyre de Charlotte Brontë
Jane de McKenna & Pérez (BD)
Un roman qui participe à mon auto-challenge “Rentrée littéraire“

