Le patient – BD

patientRoman graphique

LE PATIENT

Timothé Le Boucher

Glénat (2019)

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Une ville, la nuit. Des jambes nues, couvertes de sang, puis une main ensanglantée qui tient un couteau, plein de sang également. Vu du ciel, on voit que c’est une jeune fille/jeune femme qui marche au milieu de la rue. Elle est interpellée par la police. Elle se laisse faire, ne dit rien. Les policiers la reconnaissent alors : “C’est la petite Grimaud. Celle qui est débile ? Tu sais où elle habite ? Une maison rue des Corneilles. J’y suis allée une fois pour une histoire de vol. Bien… Appelle des renforts, je le sens mal !”

Quand les policiers arrivent dans la maison, ils découvrent un véritable massacre… Je ne vous ai résumé que les 10 premières pages, le point de départ de l’histoire. Ensuite, on suit le lent rétablissement d’un patient, Pierre Grimaud, seul rescapé (qui s’éveille après un coma de 6 ans) et ses discussions avec une psychologue, Anna Kieffer, qui tente de l’aider.

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Saurez-vous démêler le vrai du faux ?

C’est un roman graphique avec relativement peu de texte (certaines pages n’en ont pas du tout, mais on s’en passe très bien). L’atmosphère est assez flippante par moments et les personnages assez étranges, que ce soit Pierre, Laura, Anna la psychologue ou l’enquêteur. C’est en tous les cas une histoire qui m’a captivée et une fois commencée, je ne l’ai plus lâchée ! Et cette “BD” fait quand même presque 300 pages…

Un album original dans lequel il est difficile de démêler le vrai du faux. J’ai trouvé la fin frustrante… Parce qu’en fait je crois que je ne l’ai pas vraiment comprise !!

Vous l’avez lue ? N’hésitez pas à venir me dire comment vous interprétez la fin de l’histoire…

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Découvrir les premières pages sur le site de l’éditeur

Du même auteur : Ces jours qui disparaissent

Les avis de : Jacques, Sabine et Noukette

Cette semaine nous sommes chez Stephie pour Mille et une frasques

Ces jours qui disparaissent – BD

Jours

Ces jours qui disparaissent

Timothé Le Boucher

Glénat (2017)

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Une fois n’est pas coutume, je vous mets le résumé de l’éditeur :

“Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler.

Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée.

Mais petit à petit, l’alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s’évaporant progressivement dans le temps… Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?”

Commençons par les points négatifs :

Dans une librairie, c’est sûr, je serais passée devant cette bd sans m’arrêter. Je n’apprécie que modérément le dessin et je n’aime pas du tout la colorisation… Bref, une couverture qui ne m’attire pas du tout. Si j’avais quand même surmonté cela et ouvert la bd, ça n’aurait rien changé : je trouve le dessin froid / figé (je pense que c’est le côté un peu “manga” du dessin qui ne me plait pas), les cases (9 à 12 par pages) sont parfois très petites – j’aime bien les “grandes” illustrations !- Bref, je l’aurai vite reposée !

MAIS !!!

Mais j’ai la chance de participer chaque mercredi à “la BD de la semaine” et d’avoir des “collègues” qui me font faire de très belles découvertes ! J’en profite d’ailleurs pour les remercier au passage. Et cette bd est vraiment une très belle découverte. Alors oui, c’est vrai, je n’ai pas été subjuguée par le dessin et pour une bd, c’est un peu dommage. Mais le scénario tient bien la route. Il est tellement prenant qu’on se retrouve harponné après quelques pages lues et qu’on n’a vraiment pas envie de refermer cette bande dessinée avant de l’avoir terminée !

Lubin, celui du début et celui qu’on “suit” tout au long de l’histoire, est un jeune homme très sympathique, aimé, entouré par ses amis, sa famille. On ressent très vite de l’empathie pour lui. Mais chut, je n’en dis pas plus. Allez vite découvrir cette belle histoire (stressante un peu aussi, parce bon, on aimerait bien savoir…)

Tout au long de l’histoire, on se pose tout un tas de questions. Est-ce que c’est une bd fantastique ? Y a t-il du surnaturel ? Et puis à la fin… On sait.

Coup de ♥ pour l’histoire !

Le blog de l’auteur

Lire les premières pages sur le site de l’éditeur

Il fait partie de la sélection officielle Angoulême 2018

Du même auteur : Le patient

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D’autres avis, certains très enthousiastes, d’autres un peu moins, mais dans l’ensemble, une bd qui ne laisse personne indifférent !  Mo’, Stephie, Noukette, Jérôme, EstelleCalim, Lasardine, Karine, Mylène, Fanny, FaelysSabeli

est en congé pour la période estivale !

Mais je continuerai à vous présenter mes lectures de BD tous les mercredis.

Sauveur & Fils – Saison 1 & 2 ♥

Sauveur & Fils est une saga pleine de vie, avec ses bons et ses mauvais côtés : un laboratoire de l’humanité, avec beaucoup d’amour  !

Sauveur & Fils

Série pour adolescents

Sauveur & Fils

Saison 1 & 2

de Marie-Aude Murail

Ecole des Loisirs, 2016
9782211228336, 328 pages
17€ > 9,99€ en epub pour le tome 1 et 12,99€ pour les suivants

Malgré le cochon d’inde sur la couverture, ce roman s’adresse aux adolescents, et n’est pas si léger qu’il y paraît.

Sauveur Saint-Yves est psychologue. Avec son nom prédestiné, il s’investit pour ses patients, qu’il voudrait tous sauver. C’est ainsi que confortablement assis sur le canapé de son cabinet, ou caché derrière la porte en compagnie de son fils Lazare, on suit le destin de plusieurs patients, dont un grand nombre d’adolescents.

Ella, 12 ans, qui rêve d’être le chevalier Elliot, Cyrille 9 ans, qui fait pipi au lit, Gabin, qui ne va plus en cours, mais aussi Margaux, Blandine, Alice, Elodie, Lucile, Marion, Paul… ainsi que tous les parents, les familles (souvent déchirée ou recomposée) qui accompagnent cette bande – Sans oublier, bien sûr, un hamster.

Sous cette étrange couverture animalière se cache un roman étonnamment prenant. Malgré l’accumulation de problèmes, souvent grave, la présence de Lazare et la bonne humeur de Sauveur rendent ce livre plaisant. Rien de pesant, et pourtant des problèmes, il y en a un paquet.

Marie-Aude Murail, auteur qu’on ne présente plus, signe encore un superbe roman, et même une super série puisque le tome 2 est tout aussi réussi, tandis que le tome 3 est paru en mars.

On s’attache à tous les personnages, sans pour autant s’identifier tant les thématiques sont lourdes, et on les suit en espérant une progression, une évolution pour eux.

On ne sauve pas les gens d’eux-mêmes, Lazare. On peut les aimer, les accompagner, les encourager, les soutenir. Mais chacun se sauve soi-même, s’il le veut, s’il le peut. Tu peux aider les autres, Lazare, mais tu n’es pas tout-puissant.

La vie personnelle de Sauveur est aussi bien présente, avec dans le premier tome le lien avec les Antilles et la mort de la maman de Lazare. Ce tome comprend aussi une bonne part de suspense, et même un peu d’action. Lazare est au centre parce qu’il crée un lien entre les différents protagonistes. Dans le second tome, de nombreux personnages reviennent, et Lazare a moins ce rôle central, ce que j’ai un peu regretté, au début, avant d’y trouver un équilibre finalement plus logique. Ella, Blandine, Gabin… tous sont tellement attachants !

Une galerie de personnages résolument moderne, aux problèmes d’actualité : harcèlement, phobie scolaire, divorce, couple homoparental, schizophrénie, mère possessive… tout y passe sans pour autant ressembler à un catalogue.

Coup de maître, encore, pour Marie-Aude Murail.

Le roman de Marie-Aude Murail a la fraîcheur d’un roman ado et la gravité de notre époque… le tout baigné dans une légèreté où la présence d’un hamster n’est pas anodine.

J’ai une fois de plus plongé dans les mots de Marie-Aude Murail, j’ai habité la maison de la rue des Murlins, à Orléans, et j’ai aimé chaque personnage.

+ D’autres romans de Marie-Aude Murail à découvrir :

   zapland   http://www.decitre.fr/gi/85/9782211048385FS.gif http://www.decitre.fr/gi/96/9782211071796FS.gif http://www.decitre.fr/gi/30/9782211092630FS.gif 

NEED : de quoi avez-vous besoin ?

NEED est un roman autour des dérives d’un réseau social. Captivant, avec un suspense permanent, il se révèle finalement presque angoissant…

needRoman de société / thriller pour adolescents dès 12 / 13 ans

NEED

de Joëlle Charbonneau

traduit par Amélie Sarn

Milan, 2016
320 pages
9782745975393, 14,90€

Désir : Envie de posséder un objet ou de réaliser un rêve.
Besoin : Nécessité de détenir quelque chose ou d’accomplir un acte essentiel à votre vie
De quoi avez-vous besoin ?

Quand le réseau social NEED est lancé, les lycées s’aperçoivent qu’il est facile d’obtenir ce qu’ils souhaitent : quelques invitations à des amis par mail, et on obtient le téléphone à la mode ou des places de concert. Mais quand tout le lycée est inscrit sur le réseau, les contreparties changent : laisser une boite devant chez quelqu’un, ajouter une commande dans le cahier de la boulangerie,… Rien de bien méchant, d’autant plus que nos lycéens ont beaucoup de besoins. Mais ne serait-ce pas plutôt des envies ? De petits secrets en contreparties sans gravité, des morts apparaissent.

Kaylee s’est mis tout le lycée à dos à force de les supplier de se faire tester pour donner un rein à son petit frère malade. Son seul ami Nate, pourtant populaire, l’aide à surmonter la double peine de la maladie de son petite frère et de l’abandon de son père. C’est peut être la seule qui a vraiment besoin de quelque chose, et ça pourrait tout changer.

NEED est un roman captivant, avec un suspense permanent, presque angoissant. L’alternance très fréquente des narrations permet de prendre conscience de l’ampleur prise par le réseau NEED, de la toile en train de se former, de ses conséquences, mais, surtout, de voir les réactions d’adolescents prêts à tout pour avoir une récompense.

Kaylee est le personnage principal, le seul d’ailleurs à parler à la première personne, et ce “je” la rend encore plus touchante et attachante. Les événements vont se précipiter et, rapidement, on aura peur pour elle. Les autres adolescents mis en scène le sont, pour la plupart, comme des victimes. Certains pourtant se révèlent peut à peu et cela fait froid dans le dos. Les personnages sont esquissés pour certains, fouillés pour d’autres, mais la narration à la troisième personne permet de mettre une certaine distance avec le lecteur et donc les actes qu’ils réalisent. L’horreur est là, mais on reste en partie à distance. De roman de société le récit dérive peu à peu à thriller… et cela est d’autant plus marquant ! Le côté psychologique du roman se dévoile peu à peu, amenant une part de réflexion pour le lecteur : besoin ou envie ?

Une intrigue parfaitement menée, qui fait de ce roman un vrai page turner. J’ai ouvert ce roman sur les réseaux sociaux avec ma casquette de professeur documentaliste, pour l’utiliser avec les élèves, mais je me suis laissée prendre à l’histoire et c’est la lectrice qui a refermé ce livre ! A tel point que je ne pense pas m’en servir avec les élèves, même si les pistes proposées par Kim (Les petits mots dits) sont intéressantes.


+ D’autres romans autour des réseaux sociaux :

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