T1 : Double vie (2017) / T2 : Double sang (2017) / T3 : 1+1=1 (2019)
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Depuis toujours, Rose à la faculté de “sortir” de son corps. C’est comme si elle laissait sur place son enveloppe charnelle et qu’elle devenait un fantôme. Quand elle a voulu en parler, personne ne l’a cru. Ni son père, ni les médecins, ni les psys. Alors elle a arrêté d’en parler. Elle a pensé qu’elle avait une maladie “spéciale” ou inconnue… Au commencement de cette histoire, Rose vient de perdre son père. Il a été assassiné.
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Au départ, je n’ai emprunté cette bd que parce qu’elle parlait de fantômes, pour participer au challenge Halloween. Mais je n’ai vraiment pas regretté ! Dès le premier tome, on est intrigué par cette jeune femme et par les quelques éléments qui nous sont révélés. Je me suis fait “avoir” plusieurs fois par le scénario, croyant que… et puis non !
Les dessins sont très doux, les couleurs aussi. Et j’ai bien aimé l’utilisation des dégradés de gris pour séparer le monde des fantômes du monde réel.
Bref, une histoire qui tient la route + des dessins agréables
= une trilogie avec laquelle j’ai passé un très bon moment !
Une lecture que je vous conseille donc si vous aimez les enquêtes et/ou les histoires de fantômes.
Trois orphelins, William, Benjamin et Clotilde sont sur la route. Ils ont quitté l’orphelinat où ils vivaient pour essayer de retrouver la Sœur qui les a élevé avec amour et a été renvoyée pour ça. En chemin, affamés et épuisés, ils essaient de mendier leur pitance dans un village. Mais ils sont très mal reçus et même pourchassés. Ils voulaient continuer leur route, mais un évènement tragique suivi d’un terrible orage les oblige à retourner dans ce village étrange. Un être mystérieux, appelé “le croquemitaine” semble faire très peur à tous les habitants. Les enfants essaient de le surprendre…
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Comme souvent avec les bandes dessinées, c’est la couverture qui m’a tout d’abord attirée. Le nom de Filippi ne m’était pas inconnu non plus, même si, sur le coup, je ne savais plus pourquoi ! En fait, c’est l’auteur de Gargouilles, des corsaires d’Alcibiade et du Livre de Jack, des albums lus (et appréciés) il y a quelques temps déjà. Et sur ce blog nous vous avions également présenté le tome 1 de “Colonisation“.
L’histoire de ces orphelins est prenante. Ils sont seuls, doivent se débrouiller et ne peuvent compter que sur eux-mêmes, ce qui n’est pas toujours facile ou amusant. Malgré ça, ce sont quand même des enfants, curieux et pas toujours conscient du danger…
Le dessin des visages est assez spécial, parfois un peu “figé”, un peu lisse et pourtant on ressent bien les émotions des personnages. La colorisation est assez spéciale également, il y a beaucoup de jaune/orange, mais ça donne justement une ambiance particulière, augmentant encore le côté “fantastique”.
Bref, un tome 1 qui m’a bien plu, j’ai hâte de lire le tome 2 !
En 1776, à Philadelphie, des indépendantistes demandent à Mme Betsy de coudre le premier drapeau des futurs États-Unis d’Amérique. Drapeau qui va être quelque peu transformé par sa domestique (noire), Angela Brown…
On entend de nouveau parler de ce drapeau 168 ans plus tard, à Douvres, en 1944. La sœur du soldat Lincoln, Johanna, lui écrit qu’elle a découvert un témoignage époustouflant dans les affaires de leur tante. Cette lettre va changer la vie du soldat Lincoln et des ses amis.
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S’il fallait une preuve de plus qu’on apprend des tas de choses en lisant, y compris des bandes dessinées, cette bd en est la preuve. J’ai étudié la seconde guerre mondiale à l’école, j’ai lu des bouquins, vu des films (terribles…) mais je n’avais jamais entendu parler des “Monuments men” !
Monuments men : Groupe créé en juin 1943 par le général Eisenhower, et chargé de suivre les Alliés afin de récupérer les très nombreuses œuvres d’art dérobées par les nazis. Merci Wiki. (Ok, il faut que je sorte un peu plus, je viens de voir qu’en 2014 George Clooney a fait un film sur eux…)
J’ai été un peu dégoûté de voir, que malgré le fait qu’ils étaient eux aussi enrôlés et qu’eux aussi risquaient leur vie, les soldats noirs étaient traités avec mépris par les autres soldats, mais j’ai tendance à oublier que la ségrégation raciale aux États-Unis a duré jusqu’à la fin des années 60… (Comment ? J’entends une petite voix qui me dit que ce n’est pas vraiment fini en 2018 ? C’est possible ça ?)
La mise en couleurs
Elle est très spéciale et ne correspond, à priori à rien de particulier (je pensais au départ que le vert était pour Lincoln en 1944 par exemple, mais la suite montre que non !) Bref. De toute façon, j’ai rapidement été prise par l’histoire, et du coup, cette colorisation originale (aplats monochromes) ne m’a pas gênée. Je dirais même plus, elle participe, selon les moments, à donner une ambiance particulière (le gris quand ils sont dans la neige à guetter les allemands…)
J’ai aimé ce scénario à cheval sur deux époques, le très beau dessin de Steve Cuzor et même cette colorisation si particulière. La guerre, ce n’est pas spécialement mon truc pourtant, je serais même plutôt antimilitariste… Mais ici, on parle avant tout des gens, de leur vie et de leurs espoirs.
Une belle bd qui parle de l’Histoire (guerre d’indépendance et seconde guerre mondiale), mais aussi et surtout de culture et de ségrégation.
France Inter a dit : “Une bd à lire comme on regarde un film“. Et c’est tout à fait ça !
Cet album a déjà reçu plusieurs prix : Le “prix Coup de cœur 2018″ (Quai des Bulles) / le “Prix de la BD Embarquée” (Rencontres brestoises de la bande dessinée) / Prix du meilleur album (Festival de BD Louvain-les-bulles)
Écouter Steve Cuzor raconter “comment” il a dessiné cet album :
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