Nina Simone, mélodie de la lutte ♥

NinaNina Simone, mélodie de la lutte

Jeune, douée et noire : l’origine d’une légende

Sophie Adriansen

Coll. Les indomptées

Éd. Charleston (2022)

*****

Lecture Commune avec Blandine

Enna l’a lu avant nous !

*****

Mary Kate est mariée et elle a des enfants. Pour compléter les revenus rapportés au foyer par son mari, elle fait le ménage chez une femme, Mrs Miller. Mary Kate a une fille, Eunice, qui adore la musique et joue du piano. Elle en joue tellement bien que Mrs Miller décide de payer à Eunice des leçons de piano pendant un an.

Dit comme ça, ça paraît banal. Sauf que nous sommes aux États-Unis, en Caroline du Nord, dans les années 40. Que Mrs Miller est blanche et que Mary Kate, sa femme de ménage, est noire. Eunice, grâce à son talent, et à cette femme, va donc avoir la chance de prendre des cours de piano auprès d’un bon professeur. Alors même qu’elle doit manger son sandwich au fromage à l’extérieur du drugstore parce que les Noirs n’ont pas le droit de s’asseoir à l’intérieur…

Eunice, vous l’aurez compris, c’est Nina Simone. Une merveilleuse musicienne (et chanteuse !) qui deviendra la femme engagée que l’on connaît.

*****

Même si j’aime les chansons de Nina Simone depuis très longtemps, je connaissais très peu sa vie.

Dans cette biographie (partielle) qui se lit comme un roman, j’ai appris beaucoup de choses et j’ai été franchement désolée pour elle. Car, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres personnes d’ailleurs, sa vie aurait sans doute été très différente avec une autre couleur de peau.

Et ça, c’est juste terrible ! Car comme dit Maxime Le Forestier “Être né quelque part, pour celui qui est né – C’est toujours un hasard”.

Nina Simone, j’ai eu la chance de la voir en concert à Paris à la fin des années 80. Cadeau de rupture de mon petit ami de l’époque (Salut Thierry !) Je me souviens avoir été assez déçue en la voyant arriver. Elle était très en retard, sa robe était tâchée et elle avait l’air malade. Mais quand elle s’est mise au piano, tout le monde s’est tu.

*****

Extrait : Quand, noirs ou blancs, les individus se rencontrent vraiment, ils peuvent mesurer leur valeur. C’est ce qui s’est passé à la chapelle, un dimanche de cette étrange année 1939, lorsque Mrs Miller est venue écouter Eunice jouer du piano. Elle l’a écoutée véritablement. Pour cela, le mieux est de fermer les yeux. On se rend compte alors que la musique n’a pas de couleur. Elle peut venir de l’âme, elle peut venir du cœur, peu importe, les organes sont identiques chez tous les êtres humains.

L’autrice nous explique en quelques pages à la fin pourquoi elle a choisi d’écrire sur Nina Simone.

Un ouvrage facile d’accès et très agréable à lire, avec des repères sur la société de l’époque.

Ça m’a beaucoup plu !

*****

De Sophie Adriansen déjà présenté sur ce blog : La remplaçante (BD sur la maternité), J’ai passé l’âge de la colo, Je vous emmène au bout de la ligne (témoignage) et Quart de frère – Quart de sœur

Le  site de Sophie AdriansenSon blog – Sa page Facebook – Son Instagram

La chanson qui me hérisse les poils à chaque fois que je l’entends : Strange fruit

 

Les braves gens du Tennessee

bravesTennessee – Années 60
Littérature américaine

Les braves gens du Tennessee

Erskine Caldwell

Belfond (1972 / VO 1969)

*****

Grover Danford est propriétaire d’un haras de poneys hérité de son père et qui se trouve à Wolverton Tenessee. Grover s’est marié avec Madge, une femme de la ville qui aime surtout le compte en banque de son mari. Il aimerait qu’elle lui donne un héritier pour reprendre le haras, mais 2 ans après leur mariage Madge ne le laisse toujours pas approcher et encore moins la toucher.

Jeff Bazemore, un jeune métis de 17 ans qui travaille au haras, va un jour être dans un gros pétrin. Recherché par des braves gens descendants directement du Ku Klux Klan, il ne devra son salut qu’au courage de son patron. Une fuite angoissante au milieu de la nuit, et pour aller où ?

*****

J’ai beaucoup aimé cette lecture ! C’est à la fois drôle et dramatique. Drôle grâce à certains personnages (coucou Effie et sa chanson !) et certaines scènes. Dramatique parce que ça se passe dans le sud des États-Unis, à une époque, pourtant pas si lointaine, où l’on ne tolérait pas qu’un noir et une blanche (et inversement) s’aiment…

C’est un livre qui se lit très facilement, ce qui ne l’empêche pas de soulever un certain nombre de problèmes : Ségrégation raciale, racisme, haine, jalousie, bêtise…

Une lecture très agréable que je vous recommande chaudement ! Ne serait-ce que pour la scène avec Effie, trop drôle !

*****

De cet auteur, j’ai déjà lu et apprécié : Haute tension à Palmetto

Dans ma PAL, du même auteur, il me reste “La route du tabac”.

Ce roman participe au challenge d’Enna, le African American History Month

https://lh3.googleusercontent.com/NJnOLTnUE8fkiZsVl1i1izT7vOHXNGOPHLQjqRId1JpfEFqKWAcUwN5n7GBF_e58zQILzh0WGngvDgQS7ipzPnq9H67GtMd2qXxvM9zbKIbK_MQ3_JAAldd8gaT1e7A3aGkZOMXBvjNJgJZlVIaJ2ATzFmtXj99njz-Et0r3dZ4THrCRoy_YbsiQ7fSYXRv0jyFRP-cYo9yrOw1F__P_zwu6bT0jzmZMF14ZCqb6n9Zz3x0jbt7DYh3OG3VQtqiRyWq5rcm2oI3OQIRVT4GvZXKW-4SyeXbYRAcg5ULbp8QTzveC_2a3NHvwpM5qtgbC0z4XoSSvjTcmO1pxLDrTSFF5fiLh_k_XRaydonBbOofIkq454r8re2zHzgpCLyVwRsvlDPDOoDT_exPnPqM8PFBqZJIXEH_rIe8vt9pZ_3i-YNaqssjQ-ucvhjNVg3XWErvt3XlJpnpfxrU-YGBrykRPrtRiKfXdYecBMXdtE2aw55_lZbv94o058_3V7qw9ovoNWHlwZyTCIYj4YuVSsfkmZxfwrUgVt2WrY0OlW_o2X7JhdY6OlRkWvMobupkxBuGk5pWynXfj1bmXegYuyYl66dl4esZ-rJCgvH01dIMRZquQ28bawqjhlidFq8mkCOjRWrMW_Z46OeCQtp1sRNOt4aWUHVNz=w960-h480-no

*

A notre challenge à Blandine et moi : 2022 en classiques

2022

*

ainsi qu’à l’Objectif PAL chez Antigone

*

et au Challenge Petit Bac d’Enna

4ème ligne – Catégorie Lieu

Ouest

Les suprêmes – Roman Feel-good

suprëmes

On rit, on pleure et on s’attache
Premier roman

Les Suprêmes

Edward Kelsey Moore

Actes Sud (2014)

*****

Lecture commune autour de l’auteur

J’ai lu le 1er tome, Enna le deuxième !

*****

Odette, Clarice et Barbara Jean ont la cinquantaine et sont amies depuis la fin des années 60. Tout le monde les appelle “Les Suprêmes” à cause du célèbre groupe de chanteuses des années 70 (je n’ai pas résisté à l’envie de vous mettre une petite vidéo tout en bas du billet).

Les trois amies sont très différentes. Odette, née dans un sycomore, est une femme très décidée. A ses heures perdues, elle converse aussi avec le fantôme de sa mère. Clarice, stoïque, endure les frasques répétées de son mari en résistant à l’envie de le tuer. Barbara Jean, quand à elle, est une belle femme sexy meurtrie par l’existence et recueillie par les deux autres.

Depuis qu’elles se sont rencontrées, ces trois là ne se sont plus quittées. Chaque dimanche, elles se goinfrent dans le restaurant où elles se retrouvent. Et en profitent pour se raconter leurs problèmes ou les derniers commérages.

*****

J’ai passé un très très bon moment avec ce livre.

Les 3 femmes (sans parler de leurs maris) ne sont pas exemptes de défauts (Odette est un peu trop directe, Clarice un peu “acide” et Barbara Jean picole dans son coin…) Mais ce sont de “belles” personnes, des amies fiables et drôles.

Il y a de l’amitié, de l’humour, de l’amour, de la tendresse, un peu de violence parfois mais c’est un livre vraiment positif au final, un “feel good” comme on dit en français – même si j’ai versé ma petite larme à plusieurs reprises !! On y parle finalement assez peu de ségrégation (c’est en “toile de fond”, ça fait partie de la vie…).

Lire les premières pages (site de l’éditeur)

*****

L’avis d’Enna sur le 1er tome

Un autre roman “feel-good” qui m’avait beaucoup plu : Beignets de tomates vertes

C’est ma 2ème participation de l’année au challenge d’Enna, le African American History Month

https://lh3.googleusercontent.com/NJnOLTnUE8fkiZsVl1i1izT7vOHXNGOPHLQjqRId1JpfEFqKWAcUwN5n7GBF_e58zQILzh0WGngvDgQS7ipzPnq9H67GtMd2qXxvM9zbKIbK_MQ3_JAAldd8gaT1e7A3aGkZOMXBvjNJgJZlVIaJ2ATzFmtXj99njz-Et0r3dZ4THrCRoy_YbsiQ7fSYXRv0jyFRP-cYo9yrOw1F__P_zwu6bT0jzmZMF14ZCqb6n9Zz3x0jbt7DYh3OG3VQtqiRyWq5rcm2oI3OQIRVT4GvZXKW-4SyeXbYRAcg5ULbp8QTzveC_2a3NHvwpM5qtgbC0z4XoSSvjTcmO1pxLDrTSFF5fiLh_k_XRaydonBbOofIkq454r8re2zHzgpCLyVwRsvlDPDOoDT_exPnPqM8PFBqZJIXEH_rIe8vt9pZ_3i-YNaqssjQ-ucvhjNVg3XWErvt3XlJpnpfxrU-YGBrykRPrtRiKfXdYecBMXdtE2aw55_lZbv94o058_3V7qw9ovoNWHlwZyTCIYj4YuVSsfkmZxfwrUgVt2WrY0OlW_o2X7JhdY6OlRkWvMobupkxBuGk5pWynXfj1bmXegYuyYl66dl4esZ-rJCgvH01dIMRZquQ28bawqjhlidFq8mkCOjRWrMW_Z46OeCQtp1sRNOt4aWUHVNz=w960-h480-no

ainsi qu’à l’Objectif PAL chez Antigone

Les Suprêmes (pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas !)

Louisiana – BD sur la ségrégation

LouisianaMémoires d’une plantation
Trilogie (2 tomes parus)

LOUISIANA ♥

La couleur du sang

Léa Chrétien & Gontran Toussaint (ill.)

Dargaud

*****

Le tome 1 est sorti en 2019, le tome 2 en 2021.

*****

Louisiane, 1961. Les petites filles de Louise viennent de terminer la lecture d’Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell. Enchantées par le romantisme de leur lecture, elles se précipitent vers leur grand-mère, qui a grandi dans une plantation pour qu’elle leur raconte des histoires de son enfance. Mais celle-ci refuse fermement, disant que ce ne sont pas des histoires pour enfants.

Plus tard dans la soirée, Hazel, la bonne (noire évidemment) passe voir sa patronne. Celle-ci lui demande le service suivant : Elle va lui raconter son enfance à la plantation et Hazel va mettre ça par écrit. Ceci afin que la mémoire familiale ne disparaisse pas totalement à son décès.

Puis elle commence son récit à l’automne 1805… Et en effet, son histoire va se révéler beaucoup moins romanesque qu’Autant en emporte le vent. Esclaves maltraités, violentés. Femmes battues et méprisées. Dans cet état esclavagiste du sud de l’Amérique, les hommes sont dominateurs, violents et sans pitié.

louisiana-la-couleur-du-sang-tome-2-louisiana-la-couleur-du-sang-tome-2

*****

Au départ, dans le premier tome, on a l’impression d’une certaine “facilité”. Les femmes sont présentées comme étant gentilles (et soumises), persécutées et brutalisées par les hommes, qu’elles soient noires ou blanches, esclaves ou faisant partie du cercle familial.

Mais dans le second tome, le ton change. Ce sont les femmes qui apparaissent dures et sans pitié…

Je trouve les couvertures magnifiques. Les illustrations et les couleurs sont très réussies également.

Bref, une BD qui parle de la difficile vie d’esclave dans une plantation mais également des conditions de vie des femmes à cette époque (dans un décor superbe).

J’ai hâte de voir comment cette sombre histoire va se terminer ! Un scénario qui serait tiré d’une histoire vraie…

Cette semaine, nous sommes avec Stephie !

Elle participe aussi à l’Objectif PAL chez Antigone

ainsi qu’au challenge d’Enna, l’African American History Month

https://lh3.googleusercontent.com/NJnOLTnUE8fkiZsVl1i1izT7vOHXNGOPHLQjqRId1JpfEFqKWAcUwN5n7GBF_e58zQILzh0WGngvDgQS7ipzPnq9H67GtMd2qXxvM9zbKIbK_MQ3_JAAldd8gaT1e7A3aGkZOMXBvjNJgJZlVIaJ2ATzFmtXj99njz-Et0r3dZ4THrCRoy_YbsiQ7fSYXRv0jyFRP-cYo9yrOw1F__P_zwu6bT0jzmZMF14ZCqb6n9Zz3x0jbt7DYh3OG3VQtqiRyWq5rcm2oI3OQIRVT4GvZXKW-4SyeXbYRAcg5ULbp8QTzveC_2a3NHvwpM5qtgbC0z4XoSSvjTcmO1pxLDrTSFF5fiLh_k_XRaydonBbOofIkq454r8re2zHzgpCLyVwRsvlDPDOoDT_exPnPqM8PFBqZJIXEH_rIe8vt9pZ_3i-YNaqssjQ-ucvhjNVg3XWErvt3XlJpnpfxrU-YGBrykRPrtRiKfXdYecBMXdtE2aw55_lZbv94o058_3V7qw9ovoNWHlwZyTCIYj4YuVSsfkmZxfwrUgVt2WrY0OlW_o2X7JhdY6OlRkWvMobupkxBuGk5pWynXfj1bmXegYuyYl66dl4esZ-rJCgvH01dIMRZquQ28bawqjhlidFq8mkCOjRWrMW_Z46OeCQtp1sRNOt4aWUHVNz=w960-h480-no