L’ours est un écrivain comme les autres

écrivainBande dessinée Ado/Adulte

L’ours est un écrivain

comme les autres

Alain Kokor

Futuropolis (2014)

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A cause d’un malheureux incendie, en quelques minutes, Arthur Bramhall, écrivain, a tout perdu, son chalet et surtout, surtout, son roman tout juste achevé. Un an plus tard, Arthur a réécrit son roman. Après avoir écrit le mot “FIN”, il cherche quelque chose à boire, souhaitant fêter ça. Mais il n’y a plus rien à boire dans le chalet, alors il décide de sortir. Ayant été très échaudé par la perte de son précédent manuscrit, il met celui-ci dans une mallette et le cache dans la forêt, au pied d’un grand épicéa. Hélas, il ne sait pas qu’il est observé… par un ours, qui va lui voler son manuscrit et de fil en aiguilles, le faire publier !!

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D’un côté, il y a l’histoire d’Arthur Bramhall, écrivain malchanceux. Il a d’abord vu brûler son manuscrit. Puis, un an après, quand il a réussit à le réécrire, il se le fait voler… De quoi être franchement déprimé.

De l’autre, il y cet ours qui a volé le manuscrit. Ours qui va se faire passer pour un écrivain !

Vous l’aurez compris, c’est une histoire plutôt loufoque.

Mais c’est aussi et surtout une critique franchement moqueuse et pas vraiment déguisée du monde de l’édition et des médias. L’ours écrivain fait n’importe quoi, se roule par terre au resto ? C’est une “performance“. Et la façon dont ses réponses (souvent décalées !) sont interprétées et déformées par les journalistes : ça c’est de la “com” !! Quelques répliques de l’ours m’ont vraiment fait rire…

Je ne suis pas super fan des illustrations, même si elles sont plutôt expressives. Et je n’aime pas spécialement le jeu de couleurs (orange et noir uniquement) mais je m’y suis vite habituée tellement on est emmené par ce double récit totalement farfelu.

Une BD qui m’a bien fait rire !

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Du même auteur, déjà présenté sur ce blog : Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied 

Et si je ne vous ai pas convaincu, allez voir les avis de : Moka, Noukette, Mo’, Sabine, Brize

Cette semaine, nous sommes réunis dans la bibliothèque de Noukette

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Mary Jane – Un combat perdu d’avance

MaryBD Ado/Adulte

Mary Jane

Frank Le Gall & Damien Cuvillier

Futuropolis (2020)

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Mary Jane est née en 1863 à Limerick. Puis sa famille est partie vivre au Pays de Galles. Où Mary Jane s’est mariée avec un certain Davies. Mais alors qu’elle n’avait que 19 ans, elle s’est retrouvée veuve, Davies étant mort dans une explosion de la mine où il travaillait.

Que faire ? L’union workhouse, l’asile de pauvres, où veulent l’envoyer ces dames du bureau de bienfaisance, n’a pas très bonne réputation : familles séparées, femmes ou enfants agressés, et les hommes y travaillent pire que des bagnards. Bref, Mary Jane décide de rejoindre le reste de sa famille à Cardiff. Mais une rencontre va la faire changer d’avis et la mettre sur la route de Londres…

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Comme souvent avec les BD, c’est la couverture qui m’a attirée.

Et puis cette petite phrase d’accroche sous le titre : “Si la société vous considérait comme une victime, ne seriez-vous pas déjà morte ?” Ensuite je l’ai feuilletée. Les illustrations me plaisaient et lire les premières planches m’a décidé à l’acheter. Ce que je ne regrette pas !

Les illustrations nous mettent bien dans l’ambiance de misère vécue par certains (et certaines) dans cette Angleterre victorienne. On ressent bien la solitude de Mary Jane, son incompréhension de la société Londonienne (et/ou sa naïveté ? Elle n’a que 19 ans au début de l’histoire).

Le personnage de Mary Jane est bien développé et on s’attache à elle, on voudrait l’aider… Combien de jeunes femmes comme elle, ont dû et doivent encore parfois, vivre une vie si misérable, affronter la solitude, le désespoir et bien souvent la violence…

Les flash-backs m’ont bien plu aussi. Il est intéressant de voir ce que chacun peut retenir d’une même personne.

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De Frank Le Gall, déjà présenté sur ce blog : Là où vont les fourmis, Miss Annie

Blog de l’illustrateur, Damien Cuvillier (une vidéo montre comment il réalise une planche)

Moka aussi a beaucoup aimé cette BD

Cette semaine nous nous retrouvons chez Noukette

La vidéo vous donne une idée du dessin et de l’ambiance.

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Holmes – T2 Les liens du sang – BD

HolmesHOLMES (1854/ †1891 ?)

Livre II : Les liens du sang

De Cecil (ill.) & Brunschwig

Éditions Futuropolis (2008)

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Il y a environ 4 ans, grâce aux 48h de la BD, je découvrais le tome 1 de Holmes (dernière bd présentée).

Le tome 5 (sur 9 prévus) sort en septembre 2019.

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La première partie de cet album se déroule en 1844 (illustrations couleur ocre jaune) puis on passe en 1891 et les tons deviennent gris, légèrement bleutés. C’est toujours aussi intéressant, mais aussi très frustrant, car chaque tome n’est qu’un chapitre de l’histoire, oscillant entre passé (1844) et présent (1891), et nous n’en apprenons que très peu à la fois !

La partie grise (1891) c’est donc l’enquête de Watson sur les circonstances de la mort de son ami Sherlock Holmes. Watson s’est marié, il a fait tourner son cabinet médical, il a continué à écrire les aventures de Sherlock, mais du coup il a été moins présent auprès de celui-ci. Il s’en veut et a du mal à croire au “suicide” de Sherlock. Il cherche donc à comprendre, mais les fausses pistes et les mensonges s’accumulent…

Dans ce tome 2, plusieurs personnages font leur apparition. Siger Holmes, le père de Sherlock Holmes, que l’on voit relativement jeune en 1844, alors qu’il vient voir sa promise. On le voit ensuite vieux (sénile ?) en 1891… On entend également parler d’Horace Vernet, le grand oncle de Sherlock, un peintre.

Et Watson, malgré l’aide de sa femme et d’un jeune détective, Wiggins, à qui Sherlock a appris quelques “trucs”, a bien du mal à faire la lumière sur certaines choses.

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Pour résumer, l’histoire est très intéressante, mais j’ai vraiment hâte d’avoir tous les tomes en main !! Et les illustrations sont très belles, les “arrière-plans” (pas sûre que ce soit le bon terme !) sont soignés et pleins de détails (moulures de tableaux ou d’escaliers, dessins de tapisseries ou de rideaux…)

La mauvaise surprise de ce tome 2, c’est que j’en avais déjà lu presque la moitié dans ce tome 1 spécial 48h de la BD (les 15 premières pages du tome 2 avaient été ajoutées à la fin du 1er tome…) Alors vivement que je mette la main sur le tome 3

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Cette semaine nous sommes chez Moka Au milieu des livres

Cette BD participe aussi au Mois Anglais, organisé cette année (la 8ème !) par Lou et Titine.

https://thecanniballecteur.files.wordpress.com/2019/05/union_jack-9.jpg?w=584&h=365

Merci à Belette pour les logos.

Les lectures prévues de Sophie pour ce mois anglais

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Ar-Men, l’enfer des enfers – BD Ado/ Adulte

 

Ar

Ar-Men

L’ENFER DES ENFERS

Emmanuel Lepage

Futuropolis (2017)

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Comme dit le dicton : Qui voit Sein, voit sa fin.

(En entier c’est : « Qui voit Molène voit sa peine. Qui voit Ouessant voit son sang. Qui voit Sein voit sa fin. Qui voit Groix voit sa croix.) Et en voyant cette carte (merci Wiki) on comprend aisément pourquoi !

Ar

La chaussée de Sein est un récif granitique de 25 kms qui part de la pointe du Raz. Son point culminant (15 m !) se situe sur l’île du même nom. De nombreux navires se fracassaient sur ses rochers avant la construction du phare Ar-men (et même après d’ailleurs !)

Des légendes bretonnes disent qu’il s’agit du territoire sacré du Bag Noz le vaisseau fantôme, avec à sa barre l’Ankou, le valet de la mort (d’habitude il conduit une charette, ça change un peu !)

Plusieurs “chapitres” composent ce bel album. Au départ, c’est Germain, un des deux gardiens du phare qui raconte le quotidien et puis aussi les “visites” de sa fille, à laquelle il conte des légendes, comme celle de la ville d’Ys engloutie par les flots…

Un jour, après une grosse tempête, Germain découvre une histoire gravée sous le crépi de l’escalier. Une histoire qui va le projeter dans le temps, en 1850, avant (et pendant) la construction du phare (démarrée en 1867 – terminée en 1881)

Ar

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Depuis toujours, j’adore les contes et légendes. Et ça tombe bien, la Bretagne, qui m’a adoptée depuis près de 30 ans, en regorge.

Ce magnifique roman graphique (je trouve que la couverture -trop sombre- ne rend pas hommage à certaines pages intérieures – splendides !) mélange la dure réalité de la construction d’un phareAr Men-, la vie sur une île balayée par le vent et la mer, Sein avec la légende de la ville d’Ys, ville créée pour Dahut, la fille bien-aimée du Roi Gradlon.

C’est une bd assez conséquente (plus de 90 pages) et je pensais en la démarrant n’en lire que quelques pages avant d’aller me coucher. Je n’aurai pas dû la commencer le soir ! Je l’ai bien entendu lu d’une traite, totalement envoutée. Et je l’ai reprise le lendemain pour m’attarder sur certaines illustrations (voilà 3 fois que je la relis. Je vais être obligée de me l’acheter !)

J’ai tout aimé dans cette bd : L’histoire, envoûtante, les illustrations, magnifiques (on “voit” le mouvement des vagues, l’intensité lumineuse du phare… c’est magique !) et les couleurs, superbes !

Un vrai gros coup de cœur que je vous conseille de lire toutes affaires cessantes ! ♥ ♥ ♥

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D’autres que moi ont aimé : L’étagère imaginaireMo’AntigoneJérômeBrizeCaroLecturissimeEimelleBlandineBricabookSandrineSaxaoul

Nous vous avions déjà présenté deux bd d’Emmanuel Lepage : Un printemps à Tchernobyl + Oh, les filles

Deux articles de presse et radio plein de détails : Le Télégramme, France Inter

Interview de l’auteur par Un amour de BD

 

Cette semaine, nous sommes chez Noukette

Et cette bd participe aussi au Challenge “Un max de BD en 2018” de Kobaitchi

Pour la ligne 42) Qu’on aimerait faire lire au monde entier

Et c’est encore grâce aux participants de la BD de la semaine que j’ai fait cette super découverte !! Les liens vers leurs articles un peu plus haut…

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