La petite Fadette – George, encore !

Fadette FadetteLa petite Fadette

George Sand
Éd. Michel Levy Frères (1849)
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Voici encore un roman très court, puisqu’il ne fait que 156 pages. Lu à la suite de « la mare au diable », j’avoue que j’ai, et de beaucoup, préféré celui-ci.

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La mère Barbeau, après avoir donné 3 enfants à son mari, lui en donna encore deux d’un coup. Deux beaux bessons (jumeaux) qui, malgré toutes les mises en garde de la sage-femme (il ne fallait pas les laisser boire le même lait, ne pas les habiller de la même façon, ne pas leur faire faire les mêmes tâches au même moment, sous peine de graves ennuis…) grandirent sans problèmes.

La famille se développant et les années étant parfois mauvaises, il fallu un jour que l’un des bessons parte travailler dans une autre ferme… Et c’est là que l’histoire commence réellement.

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C’est avant tout une histoire de jalousie, un des deux frères jumeaux ne veut pas laisser vivre l’autre, ne veut pas vivre sans lui, c’est une jalousie similaire à celle que l’on pourrait trouver dans un couple ! Si les deux bessons m’ont parfois un peu agacée (Sylvinet surtout !), j’ai, par contre, beaucoup aimé le personnage de la petite Fadette, jeune fille libre, intelligente, tendre et curieuse. Comme pour « la mare au diable », cette histoire « champêtre » se passe dans la campagne Berrichonne et au passage on apprend quelques mots de patois…

Une très jolie histoire qui m’a beaucoup plu malgré son style un peu désuet et un poil naïf !

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Adaptations :

  • Un opéra comique en 3 actes a été réalisé par Théodore Sémet (joué la 1ère fois en 1869).
  • Une version télévisée de Jean-Paul Carrère – 1963 (Dommage, il n’y a que les 10 premières minutes, j’aurai bien regardé la suite !) Voir ici pour plus de détails sur la distribution notamment.

  • Une autre adaptation télévisuelle a été réalisée en 2004 par Michaëla Watteaux avec Mélanie Bernier dans le rôle de Fadette.

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De George Sand nous vous avons déjà présenté « La mare au diable »

Vous pouvez écouter le livre audio gratuitement ici

Lire la 1ère édition du roman en ligne, numérisée sur Gallica (portail de la Bibliothèque nationale de France) : volume 1  et volume 2 (Merci Wikipédia !)

classiques

C’est ma 2ème participation à notre challenge « Cette année, je (re)lis des classiques » !

Thème « L’amour à la page « 

Naissance des coeurs de pierre – Roman ado/adulte

NaissanceNaissance des cœurs de pierre

Antoine Dole
Actes Sud Junior (2017)
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On suit deux histoires en parallèle.

Celle de Jeb, jeune garçon de 12 ans, qui vit dans le Nouveau Monde. Un monde où l’on a éradiqué toutes les émotions (grâce à des camisoles chimiques), émotions qui étaient la source de tous les problèmes et de la chute de l’Ancien Monde.

Parallèlement donc, on suit la vie d’Aude, une jeune fille de 16 ans qui entre au lycée dans l’Ancien Monde. Aude a des parents plutôt sévères (ils veulent à tout prix qu’elle réussisse et ne voient « que » ça) et se retrouve contre son gré dans un nouveau lycée très côté, mais où elle ne connait personne. Elle va tomber amoureuse de Mathieu, un surveillant.

Ces deux histoires finiront par se rejoindre. Il n’y a pas de réelle indication de temps (on nous dit juste que « l’ancien monde » a disparu il y a des siècles de cela). Un roman surprenant, fort en émotions et en surprises ! Et qui, sous couvert de dystopie, se termine sur un questionnement de notre société, de notre monde : le pays des cœurs de pierre. Car si on se plaint parfois d’être submergé par elles, que devient notre vie, sans émotions ?

Naissance des cœurs de pierre est un roman court (146 pages) mais passionnant, que j’ai dévoré ! ♥

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Un extrait : « Jeb a toujours été un enfant sensible. Elle (sa mère) n’est pas sûre qu’on l’autorisera à repartir avec elle ce soir. Elle a glissé quelques affaires à lui dans un sac, à l’arrière. C’est le préparateur qui prendra la décision. Elle s’en remet à la logique du Programme. Aux mots de la Table des Lois. Elle ne peut pas faire autrement et n’est pas franchement certaine, de toute façon, d’en avoir envie. Jeb a atteint l’âge limite, les autres enfants de la résidence ont déjà tous reçu l’injection.

– Maintenant tais-toi, nous arrivons bientôt.

Le petit garçon espérait autre chose. Il ne cesse d’attendre un élan qui ne se formule pas. Sa mère fixe la route, le corps solide et l’esprit fermement chevillé à la matière. Rien ne se formule qui ne soit pas purement factuel, utile, pratique. Pas de place pour le reste. Jeb avale sa salive, il sent les larmes reculer aussitôt, comme ramenées au fond de la trachée. Tout redevient sec. Le visage bascule à nouveau vers le bord de la route.

Dans un mois, Jeb aura 12 ans.

Le Mur Frontière, interminable, mange à présent tout le cadre. Nul ne sait ce qui existe encore de l’autre côté. On dit que l’Ancien Monde a disparu il y a des siècles de cela. Personne n’en parle plus. »

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Site d’Antoine Dole

Du même auteur, déjà présenté : Konnichiwa Martin ! (2ème livre présenté dans le billet)

Le site de l’éditeur Actes Sud Junior

L’avis de Bob et Jean-Michel

La mare au diable – Littérature romantique

Mare MareLa mare au diable

George Sand

Éd. Desessart (1846)

Flammarion – Librio (1995)

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Il existe de très nombreuses éditions de ce roman. Je vous conseille de choisir une édition proposant le texte intégral, d’autant plus que ce roman est très court (122 pages en comptant l’introduction).

Et, si je puis me permettre un autre conseil, allez directement à l’histoire (chap. III chez Librio) il sera toujours temps ensuite, de revenir à l’introduction et aux explications de George Sand sur le pourquoi elle a écrit ce roman.

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L’histoire : C’est une histoire d’amour qui se déroule dans la campagne du Berry. L’histoire commence dans une ferme, où un beau-père, le Père Maurice, parle à son beau-fils, Germain. Dans cette famille, comme c’était alors la coutume, plusieurs générations vivent ensemble. Germain ayant épousé Catherine (décédée au départ de l’histoire) vit toujours chez ses beaux-parents avec ses 3 enfants en bas âge. Les beaux parents, se sentant vieillir et de moins en moins capables de s’occuper correctement des petits, demandent à Germain de se remarier, afin que son épouse s’occupe de ses enfants. Celui-ci, au départ pas très « chaud » pour se remarier, accepte pour faire plaisir à ses beaux-parents et pour les soulager de la charge de ses enfants.

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Une histoire qui m’a bien plu, même si elle est un peu « vieillotte » et si les gentils sont parfois un peu « trop » gentils… C’est une sorte d’ode à la nature et au plaisir qu’il y a à vivre à la campagne. Une histoire facile à lire (intro mise à part) et agréable.

La couverture que j’ai choisi pour illustrer cette présentation n’est pas celle du livre que j’ai lu (librio) mais je trouve que c’est celle qui correspond le mieux à cette histoire, vous comprendrez pourquoi, je pense, lorsque vous l’aurez lu (elle illustre mon passage préféré dans ce roman !)

La mare au diable est née, nous explique George Sand dans son introduction, parce qu’elle voulait montrer une autre vision (plus « gai ») des paysans que celle, par exemple que l’on peut voir dans cette gravure, où le paysan, en haillons, trace son sillon avec la mort pour toute compagne… Voici ce qu’elle dit : « Albert Dürer, Michel-Ange, Holbein, Callot, Goya, ont fait de puissantes satires des maux de leur siècle et de leur pays. Ce sont des œuvres immortelles, des pages historiques d’une valeur incontestable ; nous ne voulons pas dénier aux artistes le droit de sonder les plaies de la société et de les mettre à nu sous nos yeux ; mais n’y a-t-il pas autre chose à faire maintenant que la peinture d’épouvante et de menace ? Dans cette littérature de mystères d’iniquité, que le talent et l’imagination ont mis à la mode, nous aimons mieux les figures douces et suaves que les scélérats à effet dramatique. »

Mare

Gravure du peintre et graveur allemand Hans Holbein le Jeune (1497-1543) qui a inspiré ce roman.

Pour le lire en pdf (l’histoire commence p.19)

Ou l’écouter en livre audio

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Une courte biographie de l’auteure et présentation de la mare au diable par Olivier Barrot.

Intéressante analyse du roman par JC Depotte (attention, le résumé vous dévoile la fin de l’histoire !)

Sur France Culture vous pouvez écouter l’émission « Grands écrivains, grandes conférences » consacré à George Sand.

Pour les passionnés, il existe un Challenge George Sand sur le blog de « Les livres de George ».

Adaptations : Je n’ai trouvé que 2 films et 1 BD, si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à me les signaler, merci.

2 Films : Celui de Pierre Caron (Muet en N&B) réalisé en 1923 et celui de Pierre Cardinal en 1972 (extrait ici- Scène finale du mariage)

L’adaptation de Voro en bande dessinée (2001, rééditée et augmentée en 2009).

classiques

C’est ma 1ère participation à notre challenge « Cette année, je (re)lis des classiques » !

Thème « L’amour à la page« 

La mort du temps – Roman ado/jeune adulte

mortLA MORT DU TEMPS

Aurélie Wellenstein
Éd. Scrinéo (2017)
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Callista se réveille avec une sensation de malaise. Son père est à ses côtés mais ça ne va pas durer. Il l’invite à se lever et à fuir, le plus rapidement et le plus loin possible. En sortant de l’hôpital, elle découvre un monde apocalyptique : tout est détruit, les gens fuient, paniqués, ne sachant pas s’il s’agit d’un séisme en plein Paris, d’un attentat ou d’autre chose. Mais une chose est sûre : les époques se sont télescopées car dans ce monde en ruines, on rencontre maintenant des ptérodactyles ou encore des chevaliers sortis tout droits du Moyen-âge… Et ça n’est pas fini, le danger est toujours là et il se rapproche !!

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Dès le départ, on est entraîné dans une course folle. Callista vient de se réveiller après avoir eu un accident (?), elle ne comprend rien à ce qu’elle voit, elle sait juste qu’elle est en danger et qu’elle doit fuir… Son monde n’existe plus, il a été remplacé par un enchevêtrement de choses, de gens, d’époques… Le « flash » sorte de lumière qui détruit tout, la poursuit sans lui laisser le temps de réfléchir à tout ce qu’elle a perdu ni à ce qu’elle doit faire.

J’ai trouvé ce roman très original ! La façon dont ce thème de « faille temporelle » est traitée et décrite est vraiment intéressante (les époques qui fusionnent, il fallait y penser !). Mais, car il y a un mais, j’ai trouvé que le caractère des personnages aurait pu être beaucoup plus approfondi et que la fin était un peu rapide…

Malgré tout, j’ai passé un bon moment avec ce roman vraiment atypique et qui ne laisse aucun répit !

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C’est le premier roman de cette auteure que je lis, mais elle n’en est pas à son coup d’essai : deux romans sont déjà parus chez Scrinéo : Le Roi des fauves (2015), qui a reçu le Prix des Halliennales et Les Loups chantants (2016), qui a reçu le Prix Elbakin. Sophie vous avait déjà présenté « Chevaux de foudre » et « La fille de Tchernobyl » parus chez Magnard Jeunesse.

Sur le site actusf, une interview de l’auteure qui parle du Roi des fauves et de la Mort du Temps.