Printemps des poètes #3 Supervielle

L’enfant née depuis peu

Faisant le geste vif d’écarter les nuages
Elle touche enfin terre, au sortir de ses astres

Et les murs voudraient voir de près l’enfant nouvelle
Qu’un peu de jour, adroit dans l’ombre, leur décèle

Le bruit de la cité qui cherche son oreille
Désire y pénétrer comme une obscure abeille,

Hésite, puis s’éloigne, effrayé par degrés,
De cette chair encor trop près de son secret

Et qui s’expose toute avec sa petitesse
A l’air luisant, aveugle et tremblant de promesses,

Après le long voyage où les yeux étaient clos
Dans un pays toujours nocturne, sans échos,

Et dont le souvenir est dans les mains serrées
(Ne les desserrez pas, laisser-lui sa pensée.)

Jules Supervielle

PRINTEMPS DES POETES

Petit poème du soir… espoir !

Toujours dans le cadre du Printemps des Poètes,

avec SophieTinusia CapcineMango

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A propos Herisson

Passionnée de littérature jeunesse, dévoreuse de livres, jeune maman !
Pour marque-pages : Permaliens.

6 Commentaires

  1. Évidemment, je ne connaissais pas ! et je ne regrette pas que tu ai transmis ce superbe texte ! Merci !

  2. est-ce que c’est un poeme parnassien ?

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