GOUPIL OU ECAF – CYCLOTHYMIE

GoupilGOUPIL OU ECAF

Lou Lubie

éd. Vraoum (2016) / Delcourt (2021)

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Lou a 16 ans et elle est en terminale, quand elle s’aperçoit que quelque chose ne va pas. Une “chose noire” aspire son bonheur. Mais comme elle n’a pas vraiment de raison d’être triste, elle ne dit rien. L’année suivante, la chose noire a disparu et elle se sent toute légère. A 18 ans, elle intègre une école de jeu vidéo. Quelque chose qu’elle adore, mais plus l’année passe et plus elle se sent mal.

Elle réalise qu’il se passe quelque chose et fait des recherches. Elle pense faire une dépression. Le médecin traitant lui prescrit des anti-dépresseurs et lui conseille d’aller voir un psy. Pendant un an, elle voit une psychothérapeute. Puis un beau jour, elle se sent bien de nouveau. Elle quitte son copain, refait sa déco, fait des rencontres… L’année de ses 19 ans, c’est l’enfer. Certains jours elle va tellement mal qu’elle ne peut pas aller en cours. Et ainsi de suite…

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Une bd qui est parfois très touchante, parfois triste et d’autres fois amusante. On suit cette jeune fille dans ses “hauts” (parfois très hauts !) et dans ses “bas” (souvent très durs). Une vie ou plutôt un tempérament difficile à gérer au quotidien puisque “l’humeur” varie fréquemment. On pourrait envier les hauts très HAUTS qui donnent une sensation d’invincibilité, mais, d’une part, les gens se mettent parfois en danger, et d’autre part, ils retombent très bas ensuite…

Alors oui, on peut arriver à vivre avec. En faisant attention, en prenant un traitement. Et non apparemment on n’en guérit pas. Le trouble cyclothymique touche 6% de la population. C’est énorme et pourtant on n’en parle guère. Espérons que cette BD à la fois bien documentée et agréable à lire aidera les gens qui souffrent de ce trouble de l’humeur à comprendre ce qui leur arrive !

Un ouvrage supervisé par une psychologue clinicienne, Isabelle Leygnac-Solignac (qui a elle-même écrit un livre sur les troubles bipolaires).

Conseil de lecture de Lou Lubie : Vivre heureux avec des hauts et des bas du Dr Élie Hantouche et Vincent Trybou

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Lire les 15 premières pages

Le site de l’autrice

Cette semaine nous sommes chez Noukette

La remplaçante – BD adulte

remplaçanteÊtre mère n’est pas une évidence
Bande dessinée adulte*

La REMPLAÇANTE

Sophie Adriansen & Mathou

La vie en bulles

First éditions (2021)

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* Je pense en effet pour la survie de l’humanité qu’il vaut mieux éviter de trop détailler certaines choses aux trop jeunes filles… ;)

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Avant de rencontrer Clovis, Marketa ne croyait pas au coup de foudre. Et pourtant, il a bien fallu se rendre à l’évidence. Ils ne se quittaient plus, aménagèrent ensemble. Et un beau jour, décidèrent de faire un bébé… Et c’est là que les choses commencent à se gâter pour Marketa. En fin de grossesse, elle a des fausses contractions (mais qui font vraiment mal !) Puis elle en a des vraies (qui font encore beaucoup plus mal !)

Mais là où ça se gâte vraiment, c’est après l’accouchement (douloureux, bien évidemment…) L’allaitement est douloureux aussi (ça arrive malheureusement !), Marketa à l’impression que son corps est une “zone de guerre”.

Mais le plus terrible, c’est qu’elle ne se sent pas “mère”. Elle n’est pas prête à être responsable d’un être aussi fragile et vulnérable, ne sait pas s’en occuper, ne s’en sent pas capable. Résultat, elle culpabilise et déprime… Et se dit que ce serait bien d’avoir une ” remplaçante “, quelqu’un qui ferait “tout bien comme il faut, à sa place.

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Je ne vais pas vous raconter ma propre expérience. Mais elle est assez similaire à celle de Marketa (sauf que mon mari de l’époque ne s’occupait absolument pas du bébé). Et je dois dire que tout cela est très bien rendu. Les douleurs, les angoisses, la culpabilité, la fatigue, l’envie d’être ailleurs parfois… La maternité n’est pas une évidence pour tout le monde, même si on aime les enfants ! On ne nous apprend pas à devenir mère (parent) on doit se débrouiller sur le tas et ce n’est pas toujours facile !

Une BD très bien faite (texte et illustrations) pour mieux comprendre ce qui se passe dans la tête et le corps des femmes.

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D’autres livres de Sophie Adriansen : J’ai passé l’âge de la colo, Je vous emmène au bout de la ligne (témoignage) et Quart de frère – Quart de sœur

Le  site de Sophie AdriansenSon blog – Sa page Facebook – Son Instagram

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Le nouveau blog de Mathou – L’ancien blog de Mathou – Sa page Facebook – Son Instagram

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Et je suis tout à fait d’accord avec Stephie ! : “La remplaçante devrait être offert dans les maternités après les accouchements ! Ou remboursé par la Sécurité Sociale !”

est en congé pour la période estivale !

Mais je continuerai à vous présenter mes lectures de BD tous les mercredis (ou presque…)

Les gens heureux lisent et boivent du café – BD

heureuxD’après le roman d’ Agnès Martin-Lugand

Roman graphique

Les gens heureux lisent et boivent du café

Véronique Grisseaux & Cécile Bidault

Michel Lafon (2019)

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Depuis un an, Diane est dépressive. Parce qu’elle a perdu d’un coup son mari, Colin et sa petite fille,  Clara, dans un accident de voiture… Félix, son meilleur ami, essaie de lui remonter le moral, de la faire sortir du cocon dans lequel elle s’enferme (couchée toute la journée avec le doudou de sa fille et le survêtement de son mari). C’est avec Félix qu’elle a créé, 5 ans auparavant, le café-librairie “Les gens heureux lisent et boivent du café“. Mais depuis un an, Félix se débrouille comme il peut pour faire tourner le café tout seul. Il propose à Diane de partir en vacances avec lui, au soleil. Pour se débarrasser de Félix, Diane décide d’aller dans un endroit où il ne la suivra pas. Elle choisit de s’exiler quelques temps en Irlande, dans un coin paumé, Mulranny.

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Une histoire qui m’a bien plu, même si ce n’est évidemment pas très gai. Quelques clichés un peu “gros” quand même : Félix, le meilleur ami gay qui ne pense qu’à faire la fête au soleil et à s’envoyer en l’air par exemple…

Et une chose que j’ai trouvé assez incohérente : Diane ne peut pas se passer de Félix et d’un seul coup elle trouve l’énergie pour partir seule à l’étranger ? Après tout, pourquoi pas…

J’ai bien aimé les illustrations aussi, sauf que j’ai trouvé les visages un peu figés (les émotions ne se lisent pas toujours dessus), dommage.

Bref, une lecture sympathique mais qui ne me laissera pas un souvenir inoubliable je pense… Et du coup, je ne sais pas si je lirai le roman !

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De Véronique Grisseaux, deux autres adaptations de romans en BD : le tome 1 de Coeur Cerise et Demain j’arrête

La BD de la semaine a pris ses congés d’été…

Je continuerai malgré tout à vous présenter des BD tous les mercredis !

Quitter le monde – Mois Américain 5 – LC

QuitterMois américain

Roman adulte

Quitter le monde ♥
Douglas Kennedy

Belfond (2009)

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C’est une Lecture Commune avec Enna

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Lors d’une énième dispute de ses parents, Jane Howard, 13 ans, déclare qu’elle ne se mariera jamais et qu’elle n’aura jamais d’enfants. Le lendemain, son père quitte la maison et sa mère tiendra à jamais Jane pour responsable de ce départ. Des années plus tard, fraîchement diplômée d’Harvard, Jane refuse un poste de Maître-Assistant à l’Université du Wisconsin. Au Directeur du Département, Wilson, qui lui demande la raison de son refus, elle répondra : “J’ai décidé de gagner de l’argent, beaucoup d’argent.”

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Ce roman est divisé en 5 parties d’inégales longueurs qui nous racontent de façon chronologique la vie de Jane. Dans la 1ère partie (74 p.), on suit son adolescence, ses études, ses premières amours comme ses premières déceptions. Et l’on assiste à ses premiers déboires familiaux.

La 2nde partie (55 p.) nous conte ses débuts prometteurs dans le monde de la finance, puis la fin d’une parenthèse dorée (argentée ?) grâce à ses parents, toujours aussi charmants…

Un retour “à la normale” pourrait-on croire en entamant la 3ème partie, puisque Jane reprend le travail comme Maître-Assistant en littérature dans une université de Nouvelle-Angleterre. Ce poste à Boston va lui permettre de rencontrer Théo et d’ajouter un nouveau chapitre à sa vie. Mais cette 3ème partie s’achève sur un terrible drame.

Peut-on se relever après autant de coups du destin ? C’est ce que vous verrez dans les 2 dernières parties de ce roman.

C’est un pavé, mais plutôt facile à lire, l’écriture est très fluide. Un roman plein de “rebondissements“, et d’émotion, mais également de réflexions sur ce qui nous fait avancer. Il m’a beaucoup plu,  je l’ai dévoré en 3 jours !

N’hésitez pas à aller voir ce qu’en a pensé Enna

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Extrait :

Ou plus simplement, la brutalité du froid et la sombre majesté de ce paysage m’avaient soudain libérée de toutes les incertitudes qui encombraient ma vie. Quoi qu’il en soit, je me sentais légère, portée par les éléments et même, l’espace d’un moment, j’ai éprouvé un sentiment qui ressemblait au bonheur, la perception sans mélange d’être vivante ici et maintenant, dégagée du scénario souvent trop complexe qu’avait été mon existence. Au fond, n’était-ce pas cela, le bonheur ? Une parenthèse pendant laquelle, sans penser au passé ou à l’avenir, on arrive à s’enfuir de soi-même ? Plus de réminiscences venant vous hanter, plus d’appréhensions qui ruinent votre sommeil ; juste la redécouverte que l’instant présent est merveilleux… Avais-je besoin du froid coupant, du vent déchaîné, de la détonation hypnotisante des vagues se brisant sur une plage déserte pour me rappeler qu’être au monde pouvait, en soi, vous rendre heureux ?

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Biographie sur le site de l’auteur

De cet auteur, j’ai également lu et beaucoup aimé : Cul de sac (réédité sous le nom de “piège nuptial”), L’homme qui voulait vivre sa vie, Les désarrois de Ned Allen, La poursuite du bonheur, Rien ne va plus, Une relation dangereuse… Tous sauf les 4 ou 5 derniers que je n’ai pas encore lus, quoi !

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C’est ma 5ème participation au Mois américain !

américain

Un roman qui participe aussi à à Objectif Pal chez Antigone