Le goût du cresson d’Andrea Wang et Jason Chin

Un récit émouvant au cœur d’une tragédie familiale

Album pour la jeunesse dès 7 ans

 Le goût du cresson

d’Andrea Wang et de Jason Chin

Editions Hong-Fei, octobre 2024,

40 pages-16,50 euros

Thèmes: famille, secret, enfance, deuil, Chine, pauvreté

 

Présentation de l’éditeur: “Sur une route de l’Ohio, une famille sino-américaine ramasse du cresson sauvage. Alors que les parents y mettent tout leur cœur et que leur jeune garçon s’amuse beaucoup, leur fille vit ce ramassage comme une honte. De retour à la maison, elle boude le plat cuisiné par sa mère qui décide alors de lui révéler un épisode douloureux de sa propre enfance passée en Chine (…)”

 

Le goût du cresson traite avec beaucoup de sensibilité un thème assez dur: la pauvreté. Les liens familiaux sont au centre du récit ainsi que le fossé intergénérationnel.

En effet, la petite fille se rebelle face à une tradition familiale qu’elle trouve honteuse et qui n’a pas de sens pour elle.

Cette incompréhension l’amène à rejeter un plat symbolique mais elle l’ignore.

C’est pourquoi le regard de sa mère sur une tragédie familiale passée va l’aider à se rapprocher des siens. Le goût du cresson c’est aussi l’histoire d’un rapprochement entre une mère loin de son pays natal et de sa fille vivant aux Etats-Unis.

Le texte est sobre et les illustrations délicates. Andrea Wang signe un album en partie autobiographique et les dessins de Jason Chin viennent sublimer ses souvenirs.

 

 

Le goût du cresson est un album permettant d’aborder les différences culturelles mais aussi les conséquences dramatiques de la pauvreté.

 

~Melissande~

 

+ Un autre album sur la famille, présenté par Hérisson: Bonne nuit, les jumelles! de Hyewon Yum adapté par Françoise de Guibert

+ Pour découvrir le travail de Jason Chin c’est par ici

L’immeuble Yacoubian

Yacoubian

L’immeuble Yacoubian

Alaa El Aswany

Traduit de l’arabe (Égypte) par Gilles Gauthier

Collection Babel

Actes Sud (2006 / vo 2004)

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Lecture Commune avec Blandine

Une lecture recommandée par Rachel ;)

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Éditeur : L’auteur est un vrai Égyptien, enraciné dans la terre noire du Nil, de la même veine que Naguib Mahfouz.
Il pose un regard tendre, affectueux, plein de pitié et de compréhension sur ses personnages qui se débattent tous, riches et pauvres, bons et méchants, dans le même piège.

Il ne juge pas, mais préfère nous montrer les espoirs puis la révolte de Taha, le jeune islamiste qui rêvait de devenir policier ; l’amertume et le mal de vivre de Hatem, homosexuel dans une société qui lui permet de jouir mais lui interdit le respect de l’amour ; il nous fait partager la nostalgie d’un passé révolu du vieil aristocrate Zaki ; l’affairisme louche mêlé de bigoterie et de lubricité d’Azzam ; la dérive de la belle et pauvre Boussaïna, tout cela à l’ombre inquiétante du Grand Homme, de ses polices et de ses sbires de haut vol comme l’apparatchik El-Fawli, et à celle non moins inquiétante d’un islam de combat, qui semble être la seule issue pour une jeunesse à qui l’on n’a laissé aucun autre espoir.

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Si j’ai bien aimé l’écriture et le “témoignage”, la vision d’une certaine époque, j’avoue avoir eu beaucoup plus de mal avec tous les passages sur la religion. Même si, à mon avis, ils sont plus donnés à titre “critique” pour montrer l’exagération de certains, que par prosélytisme…

Dans ce roman, on découvre la vie de plusieurs personnages au sein d’un monde où la corruption, la pauvreté et les inégalités sont importantes. Et où les homosexuels doivent être prudents, où les femmes ne sont pas encore voilées, même si elles sont souvent “à la merci” des hommes.

C’est aussi le passage d’un monde “occidentalisé” à un monde islamique et gouverné par la stricte obéissance à Dieu.

La nostalgie de certains personnages m’a rappelée celle de ma grand-mère qui a vécu en Égypte (à Héliopolis) de sa naissance en 1920, jusque dans les années 50 (où les étrangers, mes grands-parents étaient italiens, n’étaient plus les bienvenus…). Elle gardait de cette époque et de cette vie un merveilleux souvenir !

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Un film tiré du roman a été réalisé en 2006 par Marwan Hamed

La littérature Africaine sur les blogs (+ ma pal Africaine)

Un roman qui participe à plusieurs challenges

Et c’est le 6è/26 pour

En sortir 26 en 2026

En 2026

Le challenge ABC (lettre E) chez Enna

Le challenge ABC Titre (lettre I) de Sophie (sur ce blog)

OURS D’HIVER – ALB

oursLe 1er hiver d’un ours sans tanière
Album à partir de 4 ans

OURS D’HIVER

Irène Schoch

Les éditions des éléphants (2023)

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Aldo était un ours d’été. L’hiver, en principe, il hibernait tranquillement dans sa tanière. Mais cette année là, l’automne avait été long et chaud et Aldo avait un peu traîné dehors. Quand il voulu rentrer dans sa tanière, il s’aperçut qu’elle n’existait plus. C’était devenu un parking. Aldo était bien embêté. Il n’avait nulle part où aller et il commençait à faire froid.

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Jour après jour, on suit Aldo dans ses recherches. Recherche d’un coin chaud pour se reposer dans la journée, d’un endroit pas trop froid pour dormir, de quelque chose à manger, de vêtements un peu plus chauds… Rien n’est simple pour un ours d’été quand vient l’hiver et que l’on n’a plus de tanière. L’hiver a pourtant quelques bons côtés qu’il va découvrir.

Ma première lecture m’a laissée un peu perplexe. On envierai presque cet ours SDF. Il s’est fait des copains, a mangé de nouvelles choses, fait plein de découvertes. Et je trouvais ça un peu bizarre “d’envier” un sans abri. Mais en fait, l’album est vraiment destiné aux petits (à partir de 4 ans) et tous les efforts que doit faire quelqu’un qui n’a pas de toit sont bien montrés. C’est une première approche du “problème” ou plutôt de la réalité qui suffit largement à cet âge là !

Les dessins aux couleurs vives évitent d’être trop attristé par la situation de l’ours et l’ensemble est plutôt positif.

Un album intéressant sur un sujet pas souvent représenté pour les plus jeunes.

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Pour consulter le catalogue de cette petite maison d’édition indépendante, c’est par ici

Sur les mêmes thèmes : La baleine du bus 29 (2ème album présenté), l’abri ou encore le très étonnant Le parapluie de Monsieur Roland (3ème album présenté)

La COUR des MIRACLES – BD

courParis en 1667
BD Ado/Adulte

La COUR des MIRACLES

Stéphane Piatzszek & Julien Maffre

Coll. Quadrants

Éditions Soleil

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T1 : Anacréon, Roi des Gueux (2018)

T2 : Vive la Reine ! (2020)

T3: Le Crépuscule des miracles (2021)

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Dans ce Paris de 1667, Anacréon, Roi des Gueux, préside à la cour des miracles depuis longtemps. Il songe à trouver un successeur… Pour cela, il forme son fils. Car pour être le chef suprême des coquins, il ne suffit point de savoir mendier ou tirer les bourses des braves gens. Il faut également savoir s’entourer et savoir à qui graisser la patte (et combien donner !). Mais certains ont décidé dans les hautes sphères qu’il était grand temps que la racaille quitte la ville. Le grand ménage va commencer et ça va faire du vilain.

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On se demande, en lisant cette trilogie, si la vie était vraiment ainsi, à Paris, à cette époque. Il est hélas probable que oui. Les uns croupissants dans la boue, les autres pétant dans la soie.  Mais est-ce que ça a vraiment changé ?? Quand on voit qu’en France, en 2023, des gens vivent encore dans la rue ou meurent de froid l’hiver… Bref. Là n’est pas le propos du jour.

J’ai adoré cette trilogie !

Si vous n’êtes pas friand des BD historiques, ne vous arrêtez pas à ça. C’est avant tout une grande aventure. Celle  de la rencontre de deux mondes qui ne peuvent pas vraiment cohabiter. La vie du petit peuple des mendiants, des voleurs, des handicapés, des vieillards ou des orphelins. Et celle des gens bien nés, des nobles, des nantis. Une rencontre violente qui tient parfois du film de cape et d’épées (d’ailleurs, on rencontre d’Artagnan !) On s’attache à certains personnages pourtant pas forcement recommandables… Et on découvre que même certains salopards ont une “âme” ou une morale…

Le scénario est vif et plein de rebondissements.

 Et j’ai beaucoup aimé les illustrations et les couleurs.

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Du même illustrateur : Stern, T1 : le croque-mort, le clochard et l’assassin ainsi que la trilogie Le tombeau d’Alexandre

Du même scénariste : Le maître des crocodiles

Cette semaine, nous sommes chez Moka, Au milieu des livres, comme toujours !