L’homme du jardin – XL Petit

Roman pour adolescents

L’homme du jardin

Xavier-Laurent Petit

Ecole des Loisirs, 2001
9782211061698, 9,20€
Medium – 153 pages

 Une fois encore, Mélie est seule dans la grande maison. Elle attend le retour de son père, médecin de garde aux urgences de l’hôpital un week-end par mois. Mélie déteste cette vieille maison qui craque, grince et gémit de partout. Elle a horreur d’être seule. Elle est fatiguée d’être grosse.  Et puis elle se réveille, seule, grosse et malheureuse, et tout recommence. Sauf ce matin-là.

 

Mélie est une jeune adolescente qui vit seule avec son père médecin. Tous les soirs elle se retrouve seule, dans sa trop grande maison, à trop manger. Sa vie est bouleversée lorsqu’un matin elle découvre le corps d’un inconnu dans son jardin. Un inconnu qui connait son prénom.

Si nous ne suivons Mélie que pendant 24h nous avons largement le temps de la découvrir, de la comprendre, et de trembler pour elle. En effet cet inconnu, blessé à la jambe, semble être un dangereux terroriste en fuite.

Ce roman de 150 pages se lit très vite car il offre un rythme effréné. Les évènements et les révélations s’enchainent  au fil des pages, en même temps que l’on apprend à mieux connaître Mélie. Cette jeune fille fragile, un peu grosse, avec ses peurs vit devant nos yeux un véritable cauchemar. Pourtant l’auteur n’en fait pas vraiment une héroïne forte, capable de résister à tout ! C’est ce qui fait de Mélie un personnage très réaliste et attachant.

La plume de Xavier Laurent Petit est impeccable,  l’alternance entre dialogue et réflexion intérieure renforce la sensation d’urgence du texte, nous poussant nous aussi à lire de plus en plus vite.

Un roman peu surprenant mais bien tourné qui nous plonge dans une affaire semi-policière très rythmée.

 

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

CSU – Caroline Terrée

Romans policiers pour adolescents

CSU Crime Support Unit

Série – en 12 tomes

de Caroline TERREE

Milan, Macadam
2005 – 2012
environ 12€ /tome

L’avis de Lilou

Kate Kovacs travail pour le FBI et dirige une équipe, le CSU, basée à Vancouver (BC, Canada) et composée de scientifiques et policiers. Son équipe est chargée de résoudre des crimes violents (enlèvements, meurtres, sabotages…). Mais ces enquêtes risquent souvent de révéler le lourd passé de Kate qu’elle essaye tant bien que mal de cacher à son équipe.

Une série très bien écrite, avec des personnages très attachants et un style très vivant où l’héroïne Kate est aussi la narratrice. La psychologie de ce personnage joue un rôle majeur dans la continuité de l’intrigue commune à tous les tomes. Les enquêtes sont variées et le lecteur devinera rarement la fin d’un tome très à l’avance, le suspense est très bien soutenu. Tous les tomes sont très bien même si je trouve les derniers encore meilleurs ! Vraiment aucune baisse d’intérêt.

Mon avis :

J’ai moi aussi été bluffée par cette série de haut vol qui ne prend vraiment pas le lecteur adolescent pour un idiot en terme d’intrigue. Chaque tome peut se lire individuellement, mais dans l’ordre c’est encore mieux! Cette série me fait beaucoup penser à celle pour adulte de Patricia Cornwell, notamment grâce à l’héroïne forte et fragile à la fois.
Une bonne série avec de nouvelles couvertures, très « Experts » qui devraient  attirer l’attention des jeunes lecteurs!

Déjà 8 tomes parus (12 prévus au total) :

1-Portée Disparue. 2-Le Phénix. 3-Dragon Rouge. 4-Mort Blanche. 5-Le Prédateur. 6-Impact. 7-Sacrifices. 8-Equinoxe. 9-Vortex. 10-Fugitifs. 11-Démons. 12-Loki

 *** Coup de coeur de Lilou ***

La grammaire est une chanson douce

Roman pour adolescents

La grammaire est une chanson douce

d’Erik Orsenna (de l’Académie Française)

Ed Stock, 2001

« Tout le monde dit et répète « Je t’aime ». il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement les mots s’usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. »

Ce livre est un grand classique des professeurs de français, tout le monde le connait parait il… Mais il faut bien avouer mon ignorance, je viens juste de le découvrir, à croire que j’étais toujours passé à travers les goutes. Bref comme dirais Neph, « Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle ! »

C’est donc l’histoire de Jeanne et de son grand frère Thomas. Enfin non c’est l’histoire des mots… Disons pour faire simple que c’est l’histoire de Jeanne et Thomas aux pays des mots! Chaque été ils traversent l’Atlantique en bateau pour les vacances d’été… Cependant une tempête les surprends et ils s’échouent sur une île… mais ils sont devenus muets… Des mots voguent dans l’océan…

J’arrête là le résumé de l’histoire, de toute façon tout le monde le connait ce livre (comment ça je me répéte… faut voir aussi qu’on me l’a bien répété…) Toujours est-il que les enfants, pour réapprendre à parler vont devoir apprivoiser les mots, jouer avec eux. jeanne passera des journées entières dans l’usine des mots, à marier verbes, auxilliaires, interjections, sujet, complément, conjonction… Ils vont même rencontrer St Exupéry!

Une très belle histoire fantastique, qui rappelle à la fois la force et le pouvoir des mots, mais aussi leur sensibilité propre. Un bon moyen de revoir les bases des fonctions grammaticales et les temps, sans s’en apercevoir!

J’ai beaucoup aimé ce petit moment de complicité avec les mots
. L’écriture reste légère, malgré des phrases peu habituelles en littérature jeunesse… (la narratrice est une petite fille de 10-11 ans)

« Un insecte avait dû pendant la nuit, s’introduire dans mon oreille et maintenant l’effronté, il me gratouillait le tympan. Il me fallait sévir »

… à relire mon exemple je ne le trouve pas si exceptionnel… c’est un ensemble je crois!

Un autre extrait pour le plaisir :
«  Les mots dormaient.
Ils s’étaient posés sur les branches des arbres et ne bougeaient plus. Nous marchions doucement sur le sable pour ne pas les réveiller. Bêtement, je tendais l’oreille : j’aurais tant voulu surprendre leurs rêves. J’aimerais tellement savoir ce qui se passe dans la tête des mots. Bien sûr, je n’entendais rien. Rien que le grondement sourd du ressac, là-bas, derrière la colline. Et
un vent léger. Peut-être seulement le souffle de la planète Terre avançant dans la nuit. Nous approchions d’un bâtiment qu’éclairait mal une croix rouge tremblotante.
-Voici l’hôpital, murmura Monsieur Henri.
Je frissonnai.
L’hôpital ? Un hôpital pour les mots ? Je n’arrivais pas à y croire. La honte m’envahit.
Quelque chose me disait que, leurs souffrances nous en étions, nous les humains, responsables. Vous savez, comme ces Indiens d’Amérique morts de maladies apportées par les conquérants européens.
Il n’y a pas d’accueil ni d’infirmiers dans un hôpital de mots ; Les couloirs étaient vides. Seule nous guidaient les lueurs bleues des veilleuses. Malgré nos précautions, nos semelles couinaient sur le sol.
Comme en réponse, un bruit très faible se fit entendre. Par deux fois. Un gémissement très doux. Il passait sous l’une des portes, telle une lettre qu’on glisse discrètement, pour ne pas déranger.
Monsieur Henri me jeta un bref regard et décida d’entrer.
Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue :
Je
t’

aime

Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur
la blancheur des draps. Trois mots reliés chacun par un tuyau de plastique à un bocal plein de liquide.
Il me sembla qu’elle nous souriait, la petite phrase.
Il me sembla qu’elle nous parlait :
-Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j’ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
-Allons, allons, Je t’aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pied.
Il la berça longtemps de tous ces mensonges qu’on raconte aux malades. Sur le front de Je t’aime, il posa un gant de toilette humecté d’eau fraîche.
-C’est un peu dur la nuit. Le jour, les autres mots viennent me tenir compagnie.
« Un peu fatiguée », « un peu dur », Je t’aime ne se plaignait qu’à moitié, elle ajoutait des « un peu » à toutes ses phrases.
-Ne parle plus. Repose-toi, tu nous as tant donné, reprends des forces, nous avons trop besoin de toi.
Et il chantonna à son oreille le plus câlin de ses refrains.
La petite biche est aux abois
Dans le bois se cache le loup

Ouh ouh ouh ouh

Mais le brave chevalier passa

Il prit la biche dans ses bras

La la la la

-Viens Jeanne, maintenant. Elle dort. Nous reviendrons demain. »

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