Passionnée de lecture depuis que je sais lire. J'ai rarement passé une journée sans lire au moins quelques lignes ! J'aime la littérature jeunesse, les bandes dessinées, les romans (y compris polars et SFFF), les docs...

Les crieurs du crime

crieursLes crieurs du crime

La belle époque du fait divers

Sylvain Venayre et Hugues Micol

La Découverte-Delcourt (2024)

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Éditeur : À travers un fait divers célèbre, l’affaire Soleilland, Sylvain Venayre et Hugues Micol montrent comment les médias contribuèrent à la montée du sentiment d’insécurité dans la société française au début du XXe siècle.
Le 31 janvier 1907, Marthe Erbelding, 11 ans, disparaît. Albert Soleilland reconnaît le crime. À l’enterrement puis au procès, l’émotion populaire est vive. L’affaire fait la une des journaux. Les reporters enquêtent. Symptomatique des débats politiques de l’époque, ce fait divers joua un rôle majeur dans le débat sur l’abolition de la peine de mort.

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Les crieurs du crime, à travers l’histoire d’un reporter, Valentin, montre comment fonctionnait la presse quotidienne au début du XXème siècle. Et comment elle a pu influencer des textes de loi, comme un projet d’abolition de la peine de mort…

Vous pouvez très bien vous contenter de lire cette bande dessinée comme un simple divertissement. Mais je vous conseille de lire les notes en fin d’ouvrage, elles sont très intéressantes et apportent un éclairage supplémentaire.

J’ai beaucoup aimé cette plongée dans la presse parisienne de l’année 1907. Et je dois dire que par certains côtés, ça n’a pas forcement beaucoup changé… Pour certains journaux, certaines chaines, il s’agit toujours de faire du “sensationnel” et, par conséquent, de l’audience, du chiffre, du fric… Bref.

L’histoire se déroule sur une quinzaine de jours. A chaque nouvelle journée, l’illustrateur a réalisé un dessin pleine page. Dans certaines on se retrouve dans les rues de Paris, avec les fiacres, les calèches, c’est magnifique ! Les dessins sont faits à la gouache et les couleurs sont vives. Les personnages ont de vraies “gueules”. Et les femmes ne sont pas des potiches !

Bref, une lecture instructive avec de belles illustrations. J’ai passé un très bon moment !

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Sylvain Venayre est professeur d’université et historien spécialiste du XIXème siècle.

Hugues Micol est scénariste et dessinateur. Sa bio (et biblio) sur Bédéthèque.

Lire un extrait (site éditeur)

Une autre BD qui parle de presse : LE faux SOIR (se passe en Belgique pendant la 2nde guerre mondiale)

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La BD de la semaine est chez Moka

Constance

Constance

Chronique familiale

Constance

Rosie Thomas

Éd. Charleston (2017)

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Londres, 1963 : deux jeunes gens trouvent un bébé abandonné sous une haie. C’est une petite fille, qui sera prénommée « Constance » par le médecin de garde, du nom de la rue où elle a été trouvée… Deux mois plus tard, Constance sera adoptée par Tony et Hilda, qui ont déjà une fillette de quelques années, Jeannette, sourde de naissance.

Bali, quelques dizaines d’années après.
Constance, après une séparation inattendue et douloureuse, s’est réfugiée à Bali où elle mène une existence simple et solitaire au sein d’un village. Elle est compositeur et crée des musiques de film ou de publicité. Un appel téléphonique de sa sœur Jeannette, gravement malade, va la faire revenir à Londres.

En parallèle de cette histoire, il y a aussi la rencontre de Noah, le fils de Bill et Jeannette avec Roxana, une belle étrangère en situation irrégulière qui rêve de devenir anglaise.

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On navigue entre passé et présent. Entre la maladie de Jeannette et l’enfance pas toujours facile des deux sœurs, Jeannette et Constance.
Cette chronique familiale aborde beaucoup de thèmes. L’adoption bien sûr, mais aussi les secrets de famille, l’abandon, le handicap avec la surdité de Jeannette, les relations amoureuses et leurs difficultés, etc.

Un roman riche en rebondissements et avec des personnages à la fois complexes et attachants.

Je l’ai lu d’une traite !

Un extrait :

« Dès qu’elle avait été en âge de soulever le couvercle étincelant toute seule, Connie s’était appropriée le piano. Quand elle s’asseyait sur le tabouret, ses pieds n’atteignaient pas les pédales, mais elle aimait cette position de force et la façon dont les touches noires et ivoire étaient alignées. Elle jouait des accords ou produisait des sons discordants. Elle pouvait rester assise pendant une heure, concentrée sur ses propres compositions ou reprenant des airs qu’elle entendait à la radio. Pour l’oreille de Connie, ces premières expériences musicales étaient une fête, dans cette maison silencieuse. »

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Un roman qui participe à plusieurs challenges

Le Mois Anglais

(qui cette année se poursuit jusqu’en août !)

chez Martine  et Lou

Le challenge ABC chez Enna

ABC

Le partage des mondes

Les surprises de la vie !

Le partage des mondes

Olivier Grenson

Le Lombard (2024)

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Londres, septembre 1940. Isaac n’arrive pas à faire le deuil de sa femme Eva et ne songe qu’à aller la retrouver. En attendant, il survit comme il peut dans sa maison éventrée, entre deux alertes. Lors d’une alerte, alors qu’il se dirige vers la station de métro la plus proche, il croise la route d’une petite fille qui suit un chat.  Il l’aide à se relever et l’emmène avec lui à l’abri. Dès lors, il se creuse la tête pour savoir comment l’aider à retrouver ses parents, sa famille.

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La guerre a tout pris à Isaac. Pourtant, elle va aussi remettre des couleurs dans sa vie, en l’obligeant à s’occuper de cette petite Mary, recueillie dans la rue. Lui qui n’a jamais été père va jouer le rôle d’un grand-père, à la fois protecteur et pourvoyeur de rêves, pour cette enfant perdue effrayée par les bombardements. En inventant une histoire pour Mary, il va  non seulement la rassurer mais aussi nourrir son imaginaire.

C’est la couverture qui m’a attirée (encore !) et je n’ai pas regretté mon choix !

C’est une belle histoire, émouvante, et les dessins, aux couleurs d’abord un peu grisâtres, prennent au fil des pages de belles couleurs.

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Pour en savoir plus sur la façon dont travaille Olivier Grenson (site de l’éditeur)

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Un album qui participe à la BD de la semaine chez Fanny

ainsi qu’au Mois Anglais (l’histoire se passe à Londres)

(qui cette année se poursuit jusqu’en août !)

chez Martine  et Lou

 

C’est pas la fin du monde – Nouvelles

finRecueil de nouvelles

C’est pas la fin du monde

Kate Atkinson

Éditions de Fallois (2003/vo 2002)

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C’est pas la fin du monde est un recueil de nouvelles. Le premier de Kate Atkinson. Il se compose de 12 nouvelles sans aucun lien entre elles mis à part la première et la dernière.

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Autant vous le dire tout de suite, j’ai eu du mal à démarrer la lecture de ce recueil qui fait à peine plus de 300 pages, je n’ai pas vraiment accroché, jusqu’à ce que j’arrive à la page 173 et à la nouvelle intitulé « Sosies malveillants ». Celle-ci m’a beaucoup plu !!

La 4ème de couverture parle « d’une méditation d’une savoureuse originalité sur les mythes » ? J’avoue que cet aspect là m’a franchement échappé… Un manque de culture de ma part probablement !

Il est difficile de donner « un genre » à ces nouvelles, parce qu’elles sont toutes très différentes :

le recueil démarre et se termine avec deux nouvelles nous racontant la vie de Trudi et Charlene, deux jeunes filles dans une ville en guerre, qui essaient de vivre comme si de rien n’était…
La 2ème nouvelle « Tunnel de poisson » nous raconte la vie dont rêve Eddie : il voudrait « désévoluer » pour redevenir un poisson…
La nouvelle suivante nous parle d’un membre de la famille Zane, Meredith, famille que l’on retrouvera d’ailleurs dans d’autres nouvelles.
« Dissonances » nous parle d’une famille éclatée, où chacun vit sa vie sans se préoccuper des autres.
Dans la 5ème nouvelle « un grand gaspi d’amour », Addison, un enfant sans père, devenu père lui-même, s’interroge.

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Le seul vrai lien qui relie toutes ces nouvelles, c’est bien sûr le style de l’auteur. Quel que soit le genre (drame, comédie ou encore fantastique) on reconnaît bien son humour ! Si vous avez déjà lu des romans de Kate Atkinson, ces nouvelles vous plairont sans doute. Sinon, essayez !

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De cette autrice, je vous avais déjà présenté : Dans les coulisses du Musée

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Un recueil de nouvelles qui participe au Mois Anglais

(qui cette année se poursuit jusqu’en août !)

chez Martine  et Lou