Le chant d’Excalibur d’Arleston

Le chant d’Excalibur

d’Arleston et Hübsch

Tome 1 à 5

Bande dessinée

Soleil, 1998 – 2011
Intégrale en 2 tomes (6 volumes) prévu pour octobre 2011

Présentation de l’éditeur :
Avec l’aide de quelques pintes de bières et de la jeune Gwyned, descendante de Galahad, à qui il confie la fabuleuse épée Excalibur, Merlin cherche à bouter la chrétienté hors d’Irlande et à sauver un monde de magie et d’enchantements peu à peu détruit par les nouvelles croyances.
Un cocktail explosif d’aventure, d’humour et de magie !

Mon avis :

Merlin, Viviane, Excalibur… on prend les mêmes et on recommence ? Non, pas tout à fait. On se retrouve vers l’an 1000, en Irlande, le christianisme s’impose partout en Europe et la magie tend à disparaitre… Mais Merlin se réveille, Excalibur se retrouve entre les mains de la descendante de Galaad, Gwyneth et les aventures peuvent commencer.

Un long périple qui passera par Rome, la France, un château merveilleux… pour essayer de lutter contre ce courant de pensées qui s’impose par la force et réveiller le petit peuple. Dragons, lutins, licornes… croisent ainsi la route de nos héris.

Mais si cette BD est entrainante c’est surtout par le ton qu’elle emploie. L’humour est présent à chaque bulle et Merlin le sage se transforme en pervers alcoolique au langage très imagé, qui ne sent pas très bon…

La BD ne se contente pourtant pas de l’humour, car l’aventure est bien construite, nous permettant de rencontrer un pape libertin vraiment couard par exemple, où un Zeus de mauvaise humeur. L’auteur joue avec l’Histoire pour la faire coller à son histoire, alors même si ce n’est pas une BD historique cela permet de découvrir certains aspects de l’époque.

Les illustrations sont agréables, adaptées, humoristiques et sans faux semblants... on y croise quelques paires d’attributs féminins dénudés et le sang jaillit parfois en même temps que les têtes.

Il me manque le dernier tome pour boucler cette histoire, j’espère le trouver vite!

Extrait :
” Par les Saintes gonades de Marie la pondeuse” (j’ai adoré cette phrase!)

 

Famille modèle d’Eric Puchner

Famille modèle

d’Eric Puchner

Roman adulte – Rentrée Littéraire

Albin Michel, 2011
9782226229786, 24€

Présentation de l’éditeur :
Deux jours après que sa voiture – une Chrysler LeBaron avec sièges en cuir et options haut de gamme – eut disparu de l’allée du garage, Warren Ziller longeait discrètement les demeures cossues de ses voisins, s’appliquant à boiter au même rythme que son chien.
Sur le ton de la tragi-comédie, Eric Puchner raconte la chute de la famille Ziller, et plus particulièrement de son chef, Warren, qui a délaissé le bonheur paisible du Wisconsin pour la Californie du rêve américain. Mais rien ne se passe comme prévu et Warren ne peut avouer aux siens qu’il a investi toutes leurs économies dans un projet immobilier qui vient de tourner au désastre…

Mon avis :
J’avais lu quelques avis positifs, mais je ne m’étais pas du tout penché sur la taille de ce livre. C’est quand je l’ai reçu que j’ai vu quel pavé m’attendait. Plutôt que de le poser dans l’étagère à PAL je l’ai commencé directement… et finalement les pages sont passées assez vite. Assez non pas parce que le livre est “assez” bien, mais parce que lire un tel pavé la semaine de la rentrée, quand on s’endort au bout de 2 pages, n’était pas la meilleure idée… ni le plus rapide.

L’histoire heureusement est prenante et facile à suivre. Warren, chef de famille fait un mauvais placement professionnel et ruine sa famille. Pourtant il n’arrive pas à le dire à sa femme Camille, et à ses trois enfants.

Avec une alternance de point de vue, on va suivre cette famille pendant près de 3 ans… de l’insouciance des fêtes d’adolsecents aux remords si forts qu’ils conduisent à des situations terribles. Avec une galerie de personnage riche et vivante, cette famille stéréotypée américaine se prend dans un engrenage dont il est difficile de s’échapper.

Une lecture prenante qui invite aussi à réfléchir, tant sur la société que sur notre rapport aux autres. Malgré des situations délicates, terribles même, j’aime la note de vie et d’espoir qui est présente continuellement en filigrane, par forcément dans les mots des personnages mais dans leurs silences.

Un retour sur le rêve américain qui se fait sous une plume aiguisée, qui joue de l’humour, pour nous offrir un roman à la fois touchant et saisissant.

+ Un coup de coeur pour Clara

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

Rien ne s’oppose à la nuit

de Delphine de Vigan

Roman de la rentrée littéraire 2011

JC Lattès, 2011
9782709635790, 19€, 436 pages

 

Présentation de l’éditeur :
Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.
Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

Mon avis :

Quelle claque que ce roman de Delphine de Vigan! Alors que le thème peut paraître vu et revu, puisqu’elle y raconte sa mère, je me suis laissée totalement emporter dans ce livre.

Bon commençons d’abord pas les points négatifs, il y en a peu, ça sera fait!
J’ai eu beaucoup de mal dans la première partie du livre avec les interventions de Delphine de Vigan, ses états âmes pendant l’écriture, ses recherches… Dans la première partie, on suit l’enfance de sa mère, et je me suis tout de suite attachée à cette petite fille, j’étais donc déçue de revenir “à la réalité” de l’auteur… Par la suite l’intervention de l’auteur et le changement de point de vue ont fait que le tout tourné bien ensemble, et que je n’aurais pas vu l’un sans l’autre.
Pourtant un long passage m’a paru plus obscure et m’a moins intéressé, une période de la vie de la mère de l’auteure plus troublée. Si dans la première partie Delphine de Vigan ne fait que raconter ce qu’on lui a appris, dans la deuxième partie ses propres souvenirs se mêlent, et c’est terriblement plus délicat… Pourtant ensuite dans une troisième partie en quelque sorte, l’ensemble bien que toujours troublé se révèle plus clair pour le lecteur. On sent que l’auteur nous livre ses souvenirs d’adulte, avec plus de recul…

Ce qui m’a plu c’est justement ce retour de l’auteur sur la vie de sa mère. Ce travail sur elle même, ce travail pour sa famille, et puis la vérité, sa vérité, qu’elle nous dévoile peu à peu! Les mots sonnent juste et on se laisse totalement prendre dans cette histoire. Totalement. Trop peut être même, car sans trop s’en rendre compte on compare forcément avec sa propre histoire… et c’est peut être pour cela, ou peut être pas, mais j’ai tellement pleuré à la fin de ce livre que j’ai bien pensé que jamais je ne serai capable d’écrire un billet. J’ai d’ailleurs attendu une semaine. Est-ce plus facile ? Non, mais le recul permet de ne plus mélanger histoire de l’auteur et histoire personnelle.

La partie sur l’enfance, la plus tendre et la plus légère, permet d’entrer dans le roman en douceur, de connaître et d’apprécier les personnages principaux et d’avancer vers une fin inexorable, qu’on connaît dès les premières pages. L’auteur nous entraine dans sa quête, et nous ne pouvons pas nous empêcher de chercher nous aussi le pourquoi de cette conclusion… Lucile (ainsi nommée dans le livre en tout cas), sa mère, nous apprenons à la connaître et si la quête semble vaine tant la conclusion est inéluctable, c’est avec beaucoup de pudeur que Delphine de Vigan nous livre sa vérité, dans un livre qui est pour moi un véritable hommage, parce qu’il ne cherche pas à plaire, juste à dire la vérité, dans ce quelle a de plus troublant, de plus dérangeant.

Dans ces lignes nous suivons Lucile mais c’est aussi l’auteur que nous apprenons à découvrir autrement, à lire ou relire autrement aussi, puisqu’elle nous y parle parfois de ses livres… Ainsi que l’on connaisse ou non l’auteure, ce livre est une belle perle de cette rentrée littéraire, qui donne envie de dire Je t’aime un peu plus…

Extrait :
“J’écris ce livre parce que j’ai la force aujourd’hui de m’arrêter sur ce qui me traverse et parfois m’envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, par ce que je veux cesser d’avoir peur qu’il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l’emprise d’une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l’ombre.”

 

+ Le site de l’éditeur
+ Les avis de Antoine et ViolaineCanel, Chocolat, Clara, Leiloona, Mango, Sophie, …

 

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mots de tête de Dominique Resch

Couverture

Les mots de tête

de Dominique Resch

Récit

Éditions Autrement, août 2011
9782746730397, 14 €

 

Thèmes : Marseille, école, professeur, OM

 

Présentation de l’éditeur :

Dominique Resch met en scène un prof, le prof, lui-même. Il dit tantôt « je », tantôt « il » selon qu’on se place de son point de vue ou de celui de ses élèves, Tonio, Nadir, Jérémy et les autres… Le ton est vivant, primesautier, plein d’humour et de tendresse à l’égard de son métier. De chronique en chronique, Dominique Resch scénarise des moments de grâce, des pépites de sa vie de prof. Il nous fait vivre les rencontres OM / PSG qui rythment la vie et le moral de la classe, les samoussas d’Hafoussouate qui réveillent les papilles du prof, l’inspecteur à côté de la plaque foutu à la porte par un collègue, la répétition de Cyrano de Bergerac interrompue sans cesse par Tonio, une course à vélo lors d’une classe de nature à Aix où le peloton des ados fonce à grande vitesse dans les décors d’un film en plein tournage. Si ses élèves se jouent de la langue française, Dominique Resch, lui, joue avec elle.

Mon avis :
Marseille, c’est la mer, l’accent du Sud, le soleil pour moi… ce livre m’a fait découvrir professeurs et élèves, et c’est un monde souvent loin du mien, bien que je sois prof moi même. On se plait ici dans ma campagne mais franchement, et même si tout le livre porte à sourire, je n’ai pas du tout envie de changer d’établissement… Pourtant, les élèves présentés dans ce roman sont attachants, même dans leurs mots de travers…

Mais reprenons un peu le livre pour essayer de faire un avis qui ressemble à quelque chose… sait-on jamais que l’auteur passe par là, je ne veux pas avoir une mauvaise note (joke liée à cet article, chez Abeille…)

Ce livre est donc celui d’un professeur, qui nous raconte une année scolaire, à Marseille. Comme une année scolaire disons, puisque les anecdotes sont intemporelles. Un livre court, mais intéressant. On sent un professeur passionné qui arrive à quelque chose avec ses élèves, qui aime ce qu’il fait même avec un peu de fatigue, et qui revient avec humour sur des évènements (fictifs?) de sa carrière.

Je me suis tellement attachée aux péripéties que l’écriture ne m’a pas vraiment marquée, si ce n’est qu’elle coule d’elle même, sans heurts, permettant d’avancer rapidement.

Bien sûr cette année scolaire est mouvementée bien sûr ce sont plusieurs choses assemblées, mais on se délecte de l’humour distillé à chaque page ou presque.

Certaines interventions de l’auteur m’ont paru un peu de trop (des explications sur les notes qu’il prend, des perles qu’ils croisent, par exemple) et j’aurais encore plus apprécié ce roman s’il avait été encore plus centré sur le monde scolaire… car oui les élèves portent à rire… mais certains professeurs ou pions (pardon AED) aussi !

Dominique Resch nous livre un avis franc sur le système éducatif, et nous livre quelques exemples de cours de français, à partir de phrases volées aux élèves, comme “M’sieur… sur la tête de ma mère, j’ai trop envie de pisser”… Un professeur que je serais bien incapable d’être, heureusement que je ne suis pas là bas… Et en plus auteur… ça fout des complexes tout ça!

Je garde un souvenir très plaisant de cette lecture où j’ai beaucoup souri malgré des situations vraiment tendues (il y a tout de même un coup de feu !)

Une autre vision du monde de l’éducation et de ces chers petits chérubins, que je conseille à tous les professeurs et aux autres.

 

LIBFLY