Suzette ou le grand amour

SuzetteSuzette

ou le grand amour

Fabien Toulmé

Delcourt/Mirages (2021)

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Suzette vient de perdre son mari Bernard. En sortant du cimetière, elle dit à sa petite fille : “je n’arrive même pas à être triste”. Le dimanche suivant, Noémie lui demande ce qu’elle a voulu dire par là. Sa grand-mère se contente de lui dire que “c’est compliqué”.

Puis, lors d’une autre visite de sa petite fille, elle lui explique comment elle a connu son mari, Bernard et comment ils se sont mariés. Quelle jeune fille “innocente” elle était à l’époque. Bref, tout ce qu’elle lui raconte surprend Noémie et l’amène à réfléchir à sa propre vie avec son amoureux, Hugo.

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Suzette ou le grand amour est une histoire qui m’a bien plu. C’est beaucoup plus “léger” que les deux autres romans graphiques que j’avais lu de Fabien Toulmé, mais il y a tout de même pas mal d’interrogations sur la vie.

Et sur la façon dont on se mariait autrefois. Sans se connaître l’un l’autre, sans connaître son corps, sans avoir eu d’explications sur l’acte sexuel… Et comment on restait mariés, même si on ne s’aimait plus parce que ça ne se faisait pas de divorcer…

Le dessin est très simple avec assez peu de détails en arrière-plan et assez peu de couleurs différentes (jaune, orange et bleu la plupart du temps, rouge et gris pour le passé). Mais les personnages sont tout de même expressifs. Et il y a de l’humour !

Une jolie lecture !

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Lire un extrait (site de l’éditeur)

Du même auteur : L’Odyssée d’Hakim et Ce n’est pas toi que j’attendais♥

Son blog

Et cette semaine, LA BD de la semaine est Dans la bibliothèque de Noukette

La dame des murs de Silène Edgar

La dame des murs est un roman pour adolescent puissant d’une grande beauté

 

  La dame des murs

de Silène Edgar

Editions Castelmore/Bragelonne, mars 2021,

448 pages- 10,90  euros

Thèmes: Histoire, famille, guerre, voyage dans le temps, fantastique

 

Présentation de l’éditeur:

1961-2021

Mara Galanta est la Dame des murs, chanteuse d’opéra célèbre pour avoir chanté au pied du mur de Berlin en 1972. (…) Rebelle, riche et talentueuse, Mara est aussi une grand-mère peu attentionnée, irritable et solitaire.

Emma est sa petite-fille. Impétueuse et sensible, elle ressemble plus à sa grand-mère qu’elle ne voudrait le reconnaître. À 14 ans, elle cherche encore à dessiner les contours de son identité. Mais il lui manque un morceau du puzzle, tenu secret par Mara : à 18 ans, sa grand-mère s’est enfuie de Lettonie, un pays soumis à la dictature soviétique. (…)  Quand Emma demande à Mara de l’y emmener pour découvrir l’histoire de sa famille, la jeune fille s’est assurée qu’elle ne pourrait pas le lui refuser.

 

La dame des murs fait partie de ces romans qui, une fois refermés, vous hantent encore pendant longtemps. D’une grande sobriété, la plume de Silène Edgar nous conte le chant d’espoir contre toute forme d’oppression à travers le monde. Loin d’être accusateur ou moralisateur, La dame des murs se penche sur plusieurs faits historiques d’un point de vue humaniste.

Tant qu’il existera des personnes comme Mara Galanta, le monde ne pourra que s’améliorer.

C’est aussi l’histoire d’une famille qui apprend peu à peu à s’apprivoiser et à se faire confiance. Emma, adolescente rebelle et sensible, ne sait pas comment réagir face à cette grand-mère froide et austère. Grâce à leur voyage, elle découvrira le passé de Mara et l’aidera à en guérir lesc blessures.

Avec La dame des murs, c’est un récit poignant agrémenté de photos en noir et blanc que nous offre Silène Edgar. Et Paul Beorn n’est pas en reste. En effet, on lui doit la contribution de quatre courtes lettres envoyées à Mara Galanta. Ces dernières sont très émouvante. Comme toujours, ces deux auteurs parviennent à trouver les mots justes.

Comme expliqué plus haut, ce roman est sobre mais les images et idées véhiculées sont percutantes; sans jamais tomber dans le mélodramatique.

De plus, la petite touche de fantastique survenant à un moment du récit est bienvenue. C’était une manière originale de relier passé et présent. Mais je n’en dirai pas plus…

Une lecture, malheureusement très actuelle, que je vous recommande.

 

~Melissande~

 

+ De Silène Edgar, je vous ai déjà présenté  42 jours

+ Paul Beorn a déjà travaillé en collaboration avec cette autrice, notamment sur Lune rousse

Les yeux fermés de Catherine Latteux

Un album à la beauté subtile et envoûtante!

Album pour la jeunesse dès 3 ans

Les yeux fermés

de Catherine Latteux

et Célina Guiné

 

Ed. Deux, ill. de Célina Guiné, novembre 2021, 32 pages- 18,95 $

 

Thèmes: nature, poésie, différence

 

Présentation de l’éditeur:

“Moe joue de la musique pour son amie. Au milieu d’un silence, la fillette se lève.

– Que fais-tu Lily?

Mais déjà Lily ne l’écoute plus. Elle disparaît au bout de l’allée…”

 

Cet album respire la poésie! C’est un récit de toute beauté que nous offre Catherine Latteux. Avec Les yeux fermés, le lecteur porte un regard différent sur le monde qui l’entoure. La nature devient un lieu d’exploration magique. Les enfants tout comme les adultes seront séduits par ce récit atypique.

Avec beaucoup de fantaisie, Célina Guiné nous fait découvrir le monde de Lily. Dans Les yeux fermés, les images enchanteresses se succèdent. Peu à peu, le texte faisant écho aux délicates illustrations, on devine que Lily a une particularité (je ne vous dévoilerai évidemment pas laquelle). C’était une belle surprise, même si le titre aurait pu me mettre la puce à l’oreille.

 

De plus, les tons sont délicats et harmonieux. Dans Les yeux fermés, les illustrations sont loin d’être conventionnelles. Certaines sont même métaphoriques. Célina Guiné a vraiment fait du très beau travail pour accompagner les mots de Catherine Latteux! Je pense notamment aux 2ème et 3ème de couvertures très soignées: une délicate brise emporte plumes et plantes par-delà des massifs fleuris.

 

En somme, cet album est un coup de coeur que je vous invite à découvrir!

 

~Melissande~

 

+ Hérisson vous a présenté un autre album de Catherine Latteux : Leo et Lionnie (illustré par Mattéo Gubellini)

+J’ai adoré le travail de Célina Guiné sur cet album que je vous ai présenté il y a un moment : Le glacier qui refusait de fondre d’Hélène Gloria

Les gens de rien T1 : Jusqu’au printemps

rienLes gens de rien T1

Jusqu’au printemps

Charles Masson

Delcourt (2021)

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Charles Masson a rencontré Marie en consultation. Arrivée trop tard pour soigner un cancer à la gorge, il va l’accompagner jusqu’à l’issue tristement certaine de sa maladie. Touché par la force de caractère de sa patiente, très isolée, il en apprend davantage sur elle grâce aux confidences de sa meilleure amie, une vie discrète et exemplaire de professeure de CP entièrement consacrée à ses élèves.

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Quand j’ai vu cette BD à la bibliothèque, le nom de l’auteur m’a tout de suite attiré. De Charles Masson, j’ai déjà lu et beaucoup aimé “Soupe froide“. Le portrait d’un SDF qui s’enfuit dans la nuit à cause d’une soupe qu’on lui a servi froide. Le résumé n’est pas super aguicheur je le reconnais. Pourtant, c’est une bd à lire. Pleine d’humanité !

Bref. Du coup, quand j’ai vu celle-ci, malgré un sujet pas super fun non plus (une femme atteinte d’un cancer de la gorge) je l’ai tout de suite empruntée. Et de fait, malgré un sujet grave et plutôt triste, c’est une bd toute douce et pleine de bonté, de bienveillance que nous offre Charles Masson.

Son dessin a beaucoup évolué entre ces deux bd. Soupe froide, sa 1ère bd, était en noir et blanc avec un dessin assez “brouillon”. Celle-ci a des couleurs (le passé est plus coloré que le présent) et des traits plus affirmés.

A priori il devrait y avoir plusieurs tomes (au moins 4, suivant les saisons ?) puisqu’il s’agit d’une série intitulée “Les gens de rien”, dont “Jusqu’au printemps” serait le tome 1. A vérifier…

Un auteur que je ne peux que vous recommander chaudement !

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BandeauLesGensDeRien

Lire un extrait (site de l’éditeur)

 

 

 

Et c’est le grand retour de la BD de la semaine !

Chez Fanny – du blog Mes pages versicolores