La mouette de Wiebke Petersen

La mouette


mouette.jpg
Auteur : Wiebke Petersen

Editeur : Jarjille

Collection : BN2

Date : décembre 2009
Pages : 12 p.
Prix : 4€
ISBN
978-291865-803-0

 

 

Bande Dessinée

Thèmes : Seconde Guerre Mondiale, Culpabilité

 

 

Présentation et Avis :


Alors qu’une jeune femme vient d’accoucher, et qu’elle annonce à sa grand mère qu’elle a appelé le bébé Esther, les souvenirs se
mettent en place. C’est d’une autre Esther que l’on fait alors connaissance…

 

Un tout petit format carré, souple, une histoire qui tient en quelques pages, c’est un peu comme une nouvelle… en BD. C’est
tout simple et j’aime beaucoup. L’histoire est particulièrement bien menée, on imagine facilement la suite mais cela permet un retour dans le passé. Un regard enfantin sur la guerre des grands,
empreint de culpabilité.

 

Une toute petite BD donc, mais qui donne envie de lire les autres titres de la collection de cet éditeur stephanois, que je vais
m’empresser de découvrir, et de vous faire découvrir !

 

Pour compléter la découverte :

Le site de l’éditeur

Le blog de l’éditeur

Le blog de l’auteur avec un chouette planning de dédicace… et que je devrais donc
croiser à la fête du livre de St Etienne :)


 

 

***

 Le mercredi c’est BD, avec Mango et pleins d’autres !

 

****

      C-Herisson08 

Etranger à Berlin de Paul Dowswell

Etranger à Berlin


etrangeraberlin.jpg

Auteur : Paul Dowswell

Traducteur : Nathalie Peronny
Editeur : Naïve (Merci Camille!)

Collection : Naïveland
Date : aout 2009
Pages : 429 p.
Prix : 18 €
ISBN
9782350211923
 

 
 
Roman  (jeunesse)

Thèmes : Aventure, Histoire, 2nde guerre mondiale, nazi, engagement

Présentation de l’éditeur :
Le garçon sortit une boîte d’allumettes pour en craquer une.
A la lueur vacillante de la flamme, une porte fermée apparut. La clé était suspendue à côté à un clou, au bout d’un ruban rouge. Il trifouilla quelques secondes dans la serrure, et la porte
s’ouvrit. Un courant d’air glacé envahit la contre-allée. Les jeunes franchirent l’ouverture pour se retrouver dans ce qui se révéla être une petite cour sordide baignée par le clair de lune. Des
herbes folles poussaient entre les pavés fendus et dans les craquelures des murs en brique.
Il y avait des latrines en plein air, plusieurs caisses, trois poubelles remplies à ras bord et une minuscule porte en bois. Quelqu’un actionna la poignée frénétiquement – fermé à clé. Dans leur
dos explosaient des cris, des bruits de tables et de chaises fracassées. Les jeunes qui s’étaient laissé piéger au moment de la ruée vers la sortie résistaient en se battant. Des filles
hurlaient. ” C’est le mur ou rien “, déclara Peter.

Quand ses parents meurent, en 1941, Piotr, jeune garçon polonais, est placé dans un orphelinat à Varsovie. Il est rapidement repéré : sa grande taille, ses cheveux blonds et ses yeux bleus font
de lui un modèle accompli du type aryen prôné par Hitler… Un haut dignitaire nazi souhaite l’adopter : Piotr, rebaptisé Peter, est accueilli dans sa nouvelle famille à Berlin. Mais Peter sent
bien que pour les autres, il reste un étranger.
Tous ses efforts tendent à convaincre son entourage du contraire, quitte à faire parfois quelques compromis … C’est alors qu’il rencontre Lena… et qu’il découvre grâce à elle le vrai visage
du nazisme. Il est temps pour lui de choisir son camp. Et de prendre des risques … Un roman d’aventures qui pose la délicate question de l’engagement.

Avis :

Une période historique qui m’intéresse, un roman jeunesse entre histoire et aventure… il ne m’aura pas fallu
longtemps pour dévorer, allongée au soleil, l’histoire de Piotr, polonais orphelin devenu Peter Bruck dans une famille allemande très “cent-pour-cent”.

Entre histoire et aventure, ce roman montre un côté assez peu traité en littérature jeunesse, la seconde guerre
mondiale du côté allemand. De grandes familles extrémistes, des jeunes prêts à tout pour faire plaisir à leur famille, et pourtant quelques rébellions, discrètes, organisées.

Un thème donc très intéressant, qui nous fera d’ailleurs parfois regretté de ne pas avoir quelques références
historiques supplémentaires (elles y sont, mais souvent de façon assez implicite, voire légèrement décalé, arrangé). Un roman prenant, tant par son histoire que par son Histoire donc, qu’il
convient de mettre entre toutes les mains. Outre les thèmes liés à la seconde guerre mondiale, c’est principalement la tolérance qui est mise en avant, ainsi que les dangers liés à la passivité,
tant politique que sociale.

J’ai particulièrement été sensible à cette belle histoire d’amour qui s’immisce dans la vie de ces jeunes
allemands, chamboulant les idées reçues, leur faisant prendre tous les risques. Des personnages très justes, de jolis portraits comme le soulignait Emmyne !

 

L’écriture est elle aussi à la hauteur, coulante et pourtant prenante, facile mais agrémentée de référence
allemande que j’ai aimé traduire, en un mot pertinente.

 

 

J’ai parfois pensé pendant ce roman à Le garçon qui détestait le chocolat de Yael Hassan, pourtant très différent
dans le niveau (plus jeune) et l’écriture. Pourtant c’est aussi cet autre côté de la seconde guerre mondiale que nous découvrons, à l’inverse de ce que mes élèves ont adoré dans Des étoiles dans
le coeur d’Agnès de Lestrade (Prix des Incorruptibles de cette année niveau CM2 6ème) ou du film La Rafle.


Un très beau roman, que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir, et qu’il me tarde de faire à mon tour découvrir
!

 


Extraits :
“Le lendemain de son quatorzième anniversaire, Peter s’était vu approcher au club-house par son chef de section de la Deutsches Jungvolk, qui l’avait officiellement convié à un grand défilé
le 13 octobre prochain en l’honneur de son accession à la Hilterjugend. Lorsqu’il l’avait annoncé aux Kaltenbach, le professeur l’avait observé avec fierté en disant : “C’est le moment le plus
sacré de la vie d’un jeune Allemand.

Ce jour était enfin arrivé. Peter et ses camarades chantaient à pleins poumons
:

Le Reich dirigé par notre Fürhrer suprême

Poursuit sans peine son inlassable croisade

Rejoins-nous, compagnon, tu es allemand et tu es fier

Les tambours résonnent, les drapeaux flottent”

Le site de l’éditeur :
http://www.naive.fr/ qui fourmille de livres, mais pas seulement !


D’autres avis :

Clarabel, Esmeraldae, Stéphie,Tinusia, Emmyne…

L’envolée sauvage de Galandon et Monin

L’envolée sauvage
Auteur : Laurent Galandon
Illustrateur : Arno Monin
Editeur : Bamboo
Collection : Angle de Vue
Date : spetembre 2006 – novembre 2007
Prix : 12,90 €
 
Bande Dessinée, en 2 tomes.
(jeunesse)
Tome 1 : La Dame Blanche
Tome 2 : Les Autours des palombes

Thèmes : Seconde Guerre Mondiale, Juif, Déportation, Camps, Oiseaux.


Présentation de l’éditeur :
“France, 1941. Jeune orphelin fasciné par les oiseaux, Simon vit dans sa campagne, loin de la tourmente. Pourtant, l’antisémitisme s’insinue progressivement jusque dans son quotidien pour lui
rappeler qu’il est juif.

Confronté à la bêtise humaine, Simon va devoir fuir. Pourtant, où qu’il se trouve, la Dame Blanche apparaît : prédateur de mauvais augure ou ange gardien nocturne ? Sa fuite l’emmènera jusque dans
les montagnes où il pensera trouver un nouveau temps de paix. Mais la gangrène se propage et sa descente aux enfers ne fait que commencer…

Tout au long de sa fuite, Simon apprendra que vivre dans un monde libre s’avère plus difficile que de vivre enchaîné.”

Résumé :
Simon vit avec d’autres enfants dans une maison de campagne, gérée par un curé. Rapidement l’antisémitisme s’insinue dans le village, et oblige Simon à fuir. Un institut pour jeune délinquant, un
wagon à bestiaux, une vieille grange qui appartient à une aveugle et son fils, simple d’esprit, la cabane de montagne d’un résistant, et puis un autre wagon, vers un camp… Tout au long de cette
histoire, beaucoup de sensibilité, des personnages très humains, d’autres beaucoup moins, et surtout des oiseaux…. beaucoup… Gédéon, un pigeon résistant, Adolph et Eva, des aigles allemands, et
puis la Dame blanche, sensée porter malheur, et qui apparait et parle à Simon, avant chaque évenements…

Avis :
Une très belle bande dessinnée, un coup de coeur, malgré ce thème assez classique de la déportation des juifs. Beaucoup de sensibilité, mais rien de trop, on passe outre les clichés, même dans le
camp, la vie est abrégé pour laisser plus de place aux oiseaux….
Complété par des dessins très sympathiques, un vrai bon moment!

Extraits :
“Allez Simon debout, sinon c’est une balle dans la nuque!
Tant pis, je peux plus… j’y arrive plus Marek.
J’ai peut être quelque chose pour toi, moins dur que ce que tu fais…. Le Lagerführer, il a des oiseaux de chasse, tu vois?
Oui … des rapaces… j’ai vu.
Oui c’est ça, plusieurs, il faut quelqu’un pour nettoyer la cage, les nourrir… “

En image (clic pour agrandir):

L’illustrateur : Arno Monin (lien vers son blog)