Mon corps donné pour vous – Rentrée littéraire 5

corpsRentrée littéraire 2026 – Épisode 5

Mon corps donné pour vous

Marouane Essadek

Coll. Notabilia

Les éditions Noir sur Blanc

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Éditeur : Quand, à dix-sept ans, Carrie tombe enceinte, les Dobbs, qui l’hébergent depuis son enfance et la traitent en domestique, veulent se débarrasser d’elle. Or, en 1923 à Charlottesville (Virginie), il est aisé d’écarter une jeune femme pauvre et isolée, et même d’abolir son avenir.
En complément de l’histoire de Carrie Buck, devenue à son corps défendant un cas d’école, Marouane Essadek raconte comment, au début du XXe siècle, quelques hommes ont mené ou encouragé des recherches scientifiques ouvrant la voie à des lois eugénistes votées aux États-Unis. Maniant aussi bien l’empathie pour l’une que l’ironie pour les autres, il dénonce les indignités dont peut se rendre coupable une nation persuadée de sa valeur supérieure et éclaire la fascination de nos sociétés pour la performance et la puissance.

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Ce récit raconte la vie de Carrie Buck et de ce qu’elle a amené comme décision de la Cour Suprême des États-Unis en 1927.

Enlevée à sa mère – jugée incapable de s’en occuper- à l’âge de 3 ans, Carrie va être élevée par les Dobbs. Très vite, elle va comprendre qu’elle doit être discrète, obéissante et invisible. Très jeune elle leur sert de domestique. Et quand elle tombe enceinte, à l’âge de 17 ans, non seulement personne ne lui demande ce qui s’est passé ou qui est le père, mais personne ne prend soin d’elle.

Mieux encore, les Dobbs lui enlèvent son enfant et elle est placé dans la colonie pour déficients mentaux où sa propre mère, Emma, a été enfermée, toujours par les Dobbs, plusieurs années auparavant.

Là, on va en plus décider que, comme elle est débile, il ne faut pas prendre le risque qu’elle se reproduise davantage. Et donc, suite à un procès qui tient plus de la farce qu’autre chose, parce que tous les participants (Hommes blancs, riches et éduqués) sont convaincus des bienfaits de la stérilisation pour certaines catégories de population, on va décider de l’opérer. Sans lui demander son avis, ça va de soi…

Les derniers chapitres comparent les lois américaines sur l’eugénisme et certaines pratiques du 3ème Reich. C’est édifiant.

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Plus je lis d’histoires sur le XXème siècle et plus je suis effarée…

Et il y en a certainement beaucoup d’autres… D’ailleurs si vous connaissez des romans qui traitent de scandales de ce type, n’hésitez pas à me donner les noms et auteurs en commentaire ! Merci d’avance.

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Carrie Buck et sa mère Emma en 1924

Par Arthur Estabrook – Prise sur Wikipédia

Un roman qui participe à mon auto-challenge “Rentrée littéraire“

RL 2026

MALA VIDA – Roman policier

MalaRoman policier

MALA VIDA

Marc Fernandez

Préludes (2015)

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Article précédemment publié sur un autre site “Anamor”, qui n’existe plus.

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Éditeur : De nos jours en Espagne. La droite dure vient de remporter les élections après douze ans de pouvoir socialiste. Une majorité absolue pour les nostalgiques de Franco. Au milieu de ce renversement, une série de meurtres est perpétrée, de Madrid à Barcelone en passant par Valence. Un homme politique, un médecin, une religieuse… rien ne semble apparemment lier les victimes. Diego Martin, journaliste de radio spécialisé en affaires criminelles, tente de garder la tête hors de l’eau malgré la purge médiatique. Lorsqu’il s’intéresse au premier assassinat, il ne se doute pas que son enquête va le mener au-delà du simple fait divers, au plus près d’un scandale national qui perdure depuis des années, celui des «bébés volés» de la dictature franquiste.

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Ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman qui se lit tout seul, c’est la découverte de cette ignoble histoire de bébés volés…
Sans être très calée en histoire de l’Espagne, j’ai tout de même pas mal entendu parler de la guerre civile espagnole (36-39, une des rares dates que je connaisse !) et de la dictature du Caudillo, Franco.

Mais cette histoire incroyable est vraie ! Je suis tout de suite allée vérifier qu’elle n’avait pas été inventé pour le roman car je n’en avais jamais entendu parler…
Ce roman, à mes yeux, aura au moins ce mérite là : il m’aura aidé à ouvrir un peu plus les miens sur le monde de fous qui nous entoure…

Un petit extrait pour vous donner une idée de l’écriture :
« Attendre le bon moment. Bien respirer. Se remémorer les gestes à effectuer. Ce n’est pas tous les jours qu’on tue un homme. Sur le siège passager, cachée sous l’édition du jour d’El Pais, une arme attend que sa propriétaire lui ordonne d’agir. Un P38 flambant neuf qu’elle a acheté la veille dans une armurerie du centre ville, sans prendre la peine de se cacher. A quoi bon ? Encore un peu de patience et elle pourra enfin passer à l’acte. »

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C’était le premier roman de Marc Fernandez, il en a écrit d’autres depuis.

Mon vrai nom est Elisabeth

ElisabethMon vrai nom est Élisabeth

Adèle Yon

Éditions du sous-sol (2025)

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Éditeur : Une chercheuse craignant de devenir folle mène une enquête pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Élisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. La narratrice ne dispose, sur cette femme morte avant sa naissance, que de quelques légendes familiales dont les récits fluctuent. Une vieille dame coquette qui aimait nager, bonnet de bain en caoutchouc et saut façon grenouille, dans la piscine de la propriété de vacances.

Une grand-mère avec une cavité de chaque côté du front qui accusait son petit-fils de la regarder nue à travers les murs. Une maison qui prend feu. Des grossesses non désirées. C’est à peu près tout. Les enfants d’Élisabeth ne parlent jamais de leur mère entre eux et ils n’en parlent pas à leurs enfants qui n’en parlent pas à leurs petits-enfants. “C’était un nom qu’on ne prononçait pas. Maman, c’était un non-sujet. Tu peux enregistrer ça. Maman, c’était un non-sujet.”

Mon vrai nom est Élisabeth est un premier livre poignant à la lisière de différents genres : l’enquête familiale, le récit de soi, le road-trip, l’essai. À travers la voix de la narratrice, les archives et les entretiens, se déploient différentes histoires, celles du poids de l’hérédité, des violences faites aux femmes, de la psychiatrie du XXe siècle, d’une famille nombreuse et bourgeoise renfermant son lot de secrets.

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Ne vous laissez pas effrayer par la mention “Essai”. Cet ouvrage se lit comme un roman ! Il a eu le Prix Essai France Télévision, le prix non-fiction du Grand Prix des Lectrices et d’autres prix encore. Mais, sur le livre, l’éditeur a indiqué “Roman”.

C’est un récit autobiographique, puisque que l’autrice parle de sa famille.

Et c’est un livre qui rencontre un gros succès en librairie. En octobre, il y avait déjà 160 000 exemplaires vendus… Il est très demandé dans les bibliothèques aussi !

L’autrice a peur d’être folle. Elle a entendu parler de la “maladie” de son arrière grand-mère Betsy, qui, diagnostiquée schizophrène dans les années 50, a passé de nombreuses années enfermée.

Pour se rassurer, pour en savoir plus, elle va enquêter. Au sein de sa famille, dans les archives, auprès des personnes ayant connu Betsy ou l’endroit où elle a été enfermée.

C’est très prenant, j’ai découvert une période, l’après-guerre, que je connais assez peu. Comme j’aime les histoires avec des secrets de famille, ou qui parlent de la vie des femmes à différentes périodes, j’ai trouvé ça très intéressant ! Et parfois un peu énervant, il faut bien le reconnaitre… (La façon dont on a traité les femmes pendants des années est abominable !)

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Un livre qui fait partie de la Rentrée Littéraire 2025

RL

Robert Moses – Biographie en BD

Robert MosesROBERT MOSES

Le maître caché de New-York

Pierre Christin & Olivier Balez

Glénat (2014)

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Éditeur : À New York, il est presque impossible de marcher, de rouler, de nager, de pratiquer un sport, de s’asseoir ou même de dormir sans utiliser la création d’un certain Robert Moses, véritable équivalent new-yorkais du baron Haussmann.

De 1930 à 1970, cet architecte va littéralement transformer le visage de la Grande Pomme en construisant quelques-unes de ses structures les plus célèbres comme le pont de Verrazano. Grand urbaniste, il créera également de nombreuses aires de jeux, des piscines ou des écoles et bâtira 150 000 logements, remplaçant ainsi ceux qu’il avait fait détruire pour dégager de soi-disant taudis et faire passer ses routes…

Car par ses grands travaux, Moses deviendra un homme controversé, faisant peu de cas des populations défavorisées et des minorités en se rendant notamment responsable de la « ségrégation invisible ».

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Cette courte (100 pages tout de même) biographie m’aura permis de faire connaissance avec ce personnage un peu hors du commun. Venant d’une famille de la grande bourgeoisie, il ne savait pas conduire (il avait toujours eu un chauffeur !). Pourtant il a construit de nombreuses routes et plusieurs ponts.

Même si vous ne connaissez pas New-York, il est intéressant de voir ce qu’un seul homme (pas tout seul bien sûr, mais c’est lui qui a imaginé les changements et pris les décisions !) a pu faire.

Il est dommage qu’à sa vision de la ville, il n’ait pas ajouté un peu plus d’empathie envers ses concitoyens. Car si l’homme a créé de nombreuses choses, et apporté  de grands changements (certains très positifs) il a beaucoup détruit aussi, notamment des endroits habités par des gens pauvres.

Une lecture qui m’a bien plu aussi parce qu’elle montre qu’un grain de sable (en l’occurrence une femme nommée Jane Jacobs) peut enrayer les grosses machines…

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Lire les premières pages (site éditeur)

Pour en savoir plus sur le personnage, sa page wikipédia

D’autres BD qui se passent à New-York : Liberty, Giant, Un homme de joie, Broadway

Retour de “la BD de la semaine”, et c’est chez Blandine

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Une BD qui participe également au challenge “Amérique du nord anglophone” chez Enna