Automne (Høsten) – Jan Henrik Nielsen

epub gratuitRoman dystopique pour adolescents

Automne

de Jan Henrik Nielsen

traduit du norvégien par Aude Pasquier

Albin Michel, janvier 2014
Wiz, 333 pages
15,90€

Contrairement à ce que le titre laisse entrevoir, ce roman ne parle pas de l’automne. Il s’agit en réalité d’un roman dystopique dans lequel les végétaux sont morts, comme en automne, mais sans jamais refleurir. Cette Grande Catastrophe a anéanti le monde. Plantes puis animaux sont tombés malades, puis les hommes. Un vaccin a été trouvé pourtant, mais trop tard, et sans végétation…

Fride et Nanna sont deux enfants. Deux jeunes filles qui vivent enfermées depuis des années dans un bunker, avec leur père, prévoyant. Une vie répétitive au possible, mais presque la seule chose que la plus jeune se souvienne. Six ans dans un bunker, lui même isolé sur une toute petite île. Pourtant les événements vont les pousser à sortir mais surtout à partir à la découverte de ce qu’il reste de leur monde. Un roman d’aventure mais surtout un roman initiatique car Nanna et Fride partent seules, à pied, sur les routes.

Une découverte de ce nouveau monde que nous allons faire avec elles. Un bout de route, de la survie, mais rien de très ultime pourtant, surtout des rapports humains. Des rencontres, des frayeurs. Une tension continue pour un roman prenant, d’un bout à l’autre. On sait finalement peu de choses sur cette catastrophe, et ce flou général contribue à augmenter la tension narrative.

Les personnages sont au coeur de ce roman. Fride, Nanna, nos jeunes héroïnes, courageuses, sympathiques, que l’on apprécie de suivre même si elles ne sont pas très attachantes mais surtout Oiseau. Personnage secondaire et pourtant belle figure de ce roman qui offre une magnifique rencontre et une oasis au coeur de cette folie. Un personnage marquant, qu’on a envie de découvrir plus avant, peut être à l’occasion de la suite !

Enfin j’ai aimé l’écriture (et/ou la traduction la limite est toujours difficile) parce qu’elle offre des descriptions qui ne sont pas pesantes mais font surgir dans notre esprit tous le décor de ce roman. Après quelques jours de recul je garde l’impression d’avoir vu un très beau film tant j’ai vu toutes les scènes. Si certains lecteurs trouvent cela tout à fait normal cela m’arrive assez rarement pour que ce soit signalé!

Mention spéciale pour la couverture, identique à l’originale (Høsten), vraiment magnifique et bien représentative.

Un roman norvégien avec une vraie tension narrative et une histoire originale, ce qui devient rare en dystopie, pas vraiment pas ses thèmes mais par ses personnages et leur histoire !

 petit++ Présentation sur le blog Wiz

+ L’avis d‘Evy, moins convaincue

+ L’auteur a obtenu des prix pour ce premier roman, aux noms imprononçables!

+ Challenge YA#3 chez Kalea et Mutie

+ + Challenge Rentrée littéraire d’hiver de Valérie

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Rien que nous – Kristin Halbrook

Roman pour adolescents – romance
Rentrée littéraire 2013 jeunesse

Rien que nous

Kristin Halbrook

traduit par Julie Sibony

Albin Michel jeunesse, 2013
Wiz, 325 pages
9782226250773, 13,90€

Ils sont jeunes
Ils sont amoureux
Ils sont en cavale.

         Il vit en foyer. Elle est maltraitée par son père. Will et Zoé. Zoé et Will.  Ils décident de s’enfuir et prennent la route, direction Las Vegas. Rien que nous est l’histoire de cette fugue et forcément au fil du récit, l’histoire de ce qui les a mené jusque là.

La premières parties, leurs premiers jours de voyage, nous permet de comprendre leur fuite, d’espérer sa réussite. On découvre tout à tour les personnages et surtout leur histoire. Des histoires complexes, dures, où le malheur semble frapper plusieurs fois. On découvre aussi leurs secrets. Ceux qu’ils disent et ceux qu’ils taisent.

Leur histoire touche, bouleverse même, le lecteur s’attache. Tour à tour ils se livrent en devenant narrateur. Un mélange d’histoire personnelle, de souvenirs et d’événements présents. Des événements qui avancent doucement, au rythme de leur road-trip. Avec tous les aléas et les réflexions sur leur conditions. Des petits riens qui ne m’ont pas accrochée.

Peu à peu pourtant la tension monte. Et le rythme augmente. Si la première partie est lente, la mise en place est intéressante. Ce n’est pourtant qu’avec la deuxième partie que le livre trouve son intérêt et la fin arrive finalement trop tôt.

L’écriture est légère et les personnages ont beaucoup de potentiel mais au final ce roman laisse le sentiment d’une histoire trop rapide, quelques jours à peine, mais bluffante. Une lecture en demi-teintes, celles de l’amour et de la violence.

+ Le petit coeur félin de Fantasia a fondu pour cette romance

+ Challenge YA#3 chez Kalea

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Petites scènes capitales – Sylvie Germain

*** 
rentrée littéraire 2013

avis de lecteurs

***

Rentrée littéraire 2013
roman adulte

Petites scènes capitales

de Sylvie Germain

Albin Michel, 2013

***

Sylvie Germain nous livre dans ce roman une suite de petites scènes de la vie de Liliane. Des scènes capitales, celles qui rythment sa vie. Peu importe les entre-deux, l’auteur se concentre sur ces tranches de vie qui sculptent l’héroïne. Moments cruciaux rarement heureux. Les morts s’enchaînent.

Une vie de rebondissements négatifs en quelque sorte que l’on a du mal à croire tant ils sont accumulés, accolés les uns aux autres. Une vie pourtant et le bonheur d’être en vie.

D’une écriture recherchée Sylvie Germain nous dresse le portrait d’une génération d’après guerre où mai 68 laisse une emprunte libertaire et des slogans révolutionnaires.

A trop passer sur les détails pour se concentrer sur l’essentiel on perd un peu de l’essence du personnage. Pourtant l’auteur n’est pas exsangue de réflexion. L’ensemble du récit est indirect, pas de dialogues, tout se passe à posteriori et l’emploi de la troisième personne nous rend extérieur au récit. Spectateur d’une histoire qui traverse les années.

Un roman magnifiquement écrit qui nous conte la vie d’une héroïne singulière mais finalement peu attachante. Une ode à la vie et à l’amour qui passe par la mort et nous invite à découvrir l’histoire d’une génération.

Muette d’Eric Pessan

***

 Toute la rentrée littéraire 2013, 
avis de lecteurs 

***

Roman adulte
Rentrée littéraire 2013

Muette

d’Eric Pessan

Albin Michel, août 2013
224 pages

Muette n’est pas un adjectif ici, c’est un nom. Celui de la narratrice. Il ne la qualifie pas d’ailleurs, puisque cette grande adolescente n’est pas muette. Elle est plutôt rendue muette.

Muette est en fuite. Elle fugue. Non loin de chez elle, dans la campagne qu’elle connait bien. Elle s’est préparée, semble réfléchie. En la suivant dans sa fuite nous allons découvrir son quotidien, ses obstacles et ses peurs mais surtout nous allons tisser la toile de son passé, apprendre peu à peu à la connaître et à  comprendre cette fugue.

Une histoire assez banale en apparence que celle de cette jeune femme qui ne se sent pas à sa place, mais c’est beaucoup plus que cela. Coincé entre un père présent mais trop occupé et une mère au contraire omniprésente, Muette n’a pas la place d’exister. Et cette mère omniprésente nous la côtoyons un peu aussi, d’une certaine manière….

La grande force de ce roman, ce qui fait son originalité et son attrait, c’est le jeu de la narration. Eric Pessan pour nous faire ressentir le mal être de Muette et l’omniprésence aliénante de la mère insère dans le récit des réflexions maternelles, en italique. Celles que la mère aurait pu faire / aurait fait / a fait à ce moment là, dans cette situation là. Ces phrases en italique coupent réellement le récit, n’hésitant pas à s’interposer au milieu des phrases, des pensées, des situations. Et pourtant ses phrases s’intègrent aussi souvent comme une continuité des pensées de Muette. La résistance de cette jeune fille contre la vie qu’on lui impose se fait sentir dans son désir profond de s’intégrer dans la nature, de disparaître.

Omniprésence parentale donc qui sonne dans l’absence et impose un rythme très particulier au récit, sans pour autant le rendre bancal. En cassant l’apparente monotonie de cette histoire simple, Eric Pessan touche le lecteur, le surprend avec de magnifiques moments d’émotion mais aussi avec une douce tristesse.

« La nuit, déjà, et Muette écoute vibrer les insectes, glissée jusqu’au nez dans son sac de couchage. Elle a chaud mais ne peut se résoudre à se découvrir. Dehors, dans le grand monde, des gens courent à sa recherche, elle n’a plus de doute à ce sujet. Elle y est. Elle a grand ouvert les portes de sa vie. »

Rentrée 2013 +Un coup de coeur pour  Jostein

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2013

+ D’autres titres de l’auteur : Incident de personne (Albin Michel, 2010)