La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry…

lettreLa lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi…

Rachel Joyce

Éditions XO (2012)

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Harold Fry est un retraité sans histoires. Il reçoit un jour une lettre d’une ancienne collègue de travail, qui est mourante. Il y répond, sans être tout à fait satisfait de sa réponse et sort poster sa lettre.

En arrivant à la boite aux lettres, toujours insatisfait par sa réponse, il hésite à poster sa lettre et continuer à marcher tout en réfléchissant. Il passe une 2ème, puis une 3ème boite aux lettres puis la poste, et se retrouve bientôt à la sortie du village. En s’arrêtant dans un garage pour manger un morceau et en parlant avec la jeune fille qui le sert, il a soudain une révélation. Il finit son burger et repart sur la route.

Il s’est dit qu’il allait aller porter lui-même sa lettre (à pied !) et que tant qu’il marcherait, son ancienne collègue l’attendrait et ne mourrait pas.

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Une histoire surprenante

Et que l’on n’imagine pas du tout au départ… Cette marche va devenir une sorte de pèlerinage, c’est une longue, très longue prise de conscience dont nous sommes les témoins. Peu à peu, au fil des kilomètres on va nous révéler l’histoire d’Harold, de sa femme Maureen, de leur fils David et de cette ancienne collègue qui se meurt, Queenie.

Loin d’être ennuyeuse, cette longue marche (1000 kms à travers l’Angleterre) nous fait voyager et réfléchir.

C’est une aventure extraordinaire qui arrive à un homme ordinaire. Et cela juste parce qu’il commence à réfléchir à sa vie, à ce qu’il veut, à ceux qu’il aime…

Un roman qui ne peut pas laisser indifférent, très émouvant.

J’ai également lu et beaucoup aimé la suite, “La lettre de Queenie“. Elle y explique à Harold tout ce qu’elle n’a pas pu lui dire…

Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de lire ces deux romans, n’hésitez plus !

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Dans les coulisses du musée – Roman

coulissesRoman anglais

Dans les coulisses du musée

Kate Atkinson

Éditions de Fallois (1996)

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Ça commence très fort. Le premier chapitre s’intitule « Conception » et commence ainsi :

« Ça y est, j’existe ! Je suis conçue alors que minuit sonne à la pendule posée sur la cheminée, dans la pièce de l’autre côté du vestibule. »

Au départ, je me suis dit, il y a une erreur, elle doit parler de sa naissance ! Pas du tout ! C’est bien une petite graine à peine semée qui nous adresse la parole et nous raconte les sentiments, les rêves et les nausées qu’elle perçoit déjà du fond du ventre de sa mère…

Le narrateur alterne les chapitres parlant du présent (de la petite graine en question, Ruby) et parlant du passé (l’histoire de toute la famille).

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Il y a beaucoup de personnages et d’époques différentes qui font que “Dans les coulisses du musée” m’a laissé un gout un peu étrange (l’impression de tout mélanger !).

Et c’est dommage parce que j’aime beaucoup le style de l’auteur, très vif et plein d’humour.

Je dirais qu’il manque au début du roman un arbre généalogique qui permettrait de s’y retrouver plus facilement dans les différentes parties de la famille, parce qu’à plus de la moitié du bouquin, je me demandais encore régulièrement qui était telle ou telle personne… Mais c’est un livre que je vais garder et relire dans quelques années…

Le roman débute en 1951, à la conception, donc, de la dénommée Ruby. Le chapitre suivant est une « annexe » (qui part d’une photo pour nous raconter l’histoire de la photo en question). En fait, le roman est bâti de cette façon là : un chapitre, puis une annexe…

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Voici un petit extrait pour vous mettre dans l’ambiance :

« Je n’aime pas cela. Je n’aime pas cela du tout. Qu’on me sorte d’ici, et vite ! Mon frêle petit squelette est en train d’être écrasé comme une coquille de noix. Ma tendre petite peau, encore épargnée par le contact de l’atmosphère terrestre, est mise à vif par ces manipulations barbares. (Ce n’est sûrement pas très naturel, tout cela !)

– Dépêchez-vous, ma petite ! tonne une grosse voix furieuse. J’ai un dîner ! »

Vous l’aurez compris, vous venez d’assister à la naissance de Ruby…

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Prix Whitbread (ancien nom du Prix Costa – Une des plus hautes distinctions littéraires de Grande-Bretagne) en 1996.

Il a été élu meilleur livre de l’année (1996) par la rédaction de « Lire ».

Patience – Roman sentimental

PatiencePATIENCE

John Coates

Collection « Vintage »

Ed. Belfond (2014/EO 1953)

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Patience est une jeune femme mariée, mère de 3 enfants. Bonne mère, bonne épouse, soumise à son mari et très satisfaite de son existence. En fait, c’est une jeune femme naïve et innocente à qui ses parents n’ont pas appris grand-chose sur la vie en général et sur la vie de couple en particulier.

Venant d’une famille Catholique et étant elle-même une fervente croyante, elle subit sans broncher le devoir conjugal imposé par son mari mais n’y prend aucun plaisir.

Un soir pourtant, sa vie bascule : elle rencontre un homme, Philip et sans trop comprendre comment se retrouve dans ses bras, puis dans son lit. Autrement dit, en grand état de “Péché” ! Et là ? Elle découvre que ce fameux devoir conjugal très ennuyeux avec son mari, peut devenir une fête des sens éblouissante…

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Ce roman date de 1953, mais il est très “frais” malgré son âge et plutôt drôle. On peut parfois trouver Patience agaçante par sa très (trop ?) grande naïveté qui la fait parfois ressembler à une petite fille, mais il est probable qu’à l’époque plus d’une femme lui ressemblait…

Patience est à la fois un roman sentimental à travers l’histoire d’amour que vivent Patience et Philip, une critique de la vie de l’époque (la façon dont le mari traite sa femme) et une critique de la religion poussée à l’extrême (la notion de Péché revient très souvent).

A sa sortie, en 1953, il fut interdit en Irlande.

Au final, un roman très « libertin » pour l’époque ! Certains le comparent à Mme Bovary, peut-être pour l’histoire mais sûrement pas dans le style (je n’ai jamais réussi à lire plus de 50 pages de Mme Bovary, je trouve ça ennuyeux à mourir, alors que j’ai dévoré celui-ci.)

Le style est parfois un peu vieillot, mais ça ajoute au charme du roman…

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La collection Vintage chez Belfond

D’autres idées de romans plus ou moins légers pour l’été par ici.

Shirin – Dark Island – Le Mois Anglais 4

Shirin

Shirin, amoureuse d’une île

Roman

Dark Island

Vita Sackville-West

Le livre de poche (2011 / VO 1934)

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Depuis qu’elle la connaît, Shirin est fascinée par l’île de Storn. Cette île devant laquelle elle rêve chaque année au moment des vacances familiales est la propriété de la famille Le Breton. Un jour,  lorsqu’elle a 16 ans, le jeune châtelain Venn Le Breton, l’invite sur son île. Elle y fera la connaissance de la grand-mère de Venn, Lady Le Breton, une femme étrange et fascinante avec une forte personnalité. Elle restera à tout jamais troublée par cette visite.

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En 4 chapitres, on suit la vie de Shirin à 16 ans, 26 ans, 36 ans et 46 ans. Il y a d’abord son adolescence avec ses secrets déjà. Puis sa rencontre avec Venn, dix ans après leur première entrevue. Shirin est une jeune femme étrange, secrète et qui fascine les hommes comme les femmes.

Au départ, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher au personnage car elle est très secrète pour nous aussi ! Je n’ai pas toujours compris ses motivations, ses désirs, ses décisions. Elle ne se dévoile que petit à petit et encore, pas complètement. C’est une femme très indépendante, au point de ne pas vouloir s’attacher. Elle est prévenante et attentive envers tous, mais ne crée de lien avec personne, hormis Mrs Jolly et Cristina. Je regrette un peu de ne pas en avoir su plus sur les personnages, car ils ont un côté fascinant, que ce soit Shirin, Venn ou la vieille Lady Le Breton, sans parler des personnages secondaires comme Tracey, Cristina ou Mrs Jolly.

Au final, c’est une lecture que j’ai bien aimé, même si je ne suis pas sûre d’avoir tout compris ! (Y a t-il une histoire d’amour entre les deux femmes ?) A la fin du roman, je me suis posée pas mal de questions…

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C’est ma 4ème lecture pour ce Mois Anglais 2020

organisé par Lou et Titine

et relayé sur Instagram par Lamousmé

Logo réalisé par Belette alias Cannibal Lecteur