#RDL Grevet, Mlynowski et Howe

romans adolescents

Trois livres dans cet article, trois romans adolescents que j’ai lu il y a déjà quelques mois mais que je n’ai pas pris le temps de commenter, alors qu’ils offrent de bons moments de lecture !

Celle qui sentait venir l'orage

Celle qui sentait venir l’orage
d’Yves Grevet

Yves Grevet possède une plume et une imagination que j’apprécie beaucoup, notamment dans ses romans de science-fiction, comme sa trilogie Méto. Celle qui sentait venir l’orage prend place en 1897, au nord de l’Italie. Pas de science-fiction ici, mais un roman psychologique, à la suite de Frida, une adolescente obligée de fuir, car ses parents sont accusés et condamnés pour des crimes odieux. Elle trouve refuge dans la maison du docteur Grüber, à Bologne. Mais y est-elle vraiment en sécurité ?

Celle qui sentait venir l’orage est un roman  qui oscille entre policier, historique et scientifique. La morphopsychologie naissante y est mise en avant, tout en offrant surtout un personnage principal fort, prêt à se battre pour survivre, mais aussi pour comprendre ce qu’il s’est passé chez elle. Les personnages secondaires sont nombreux, et il est difficile de savoir à qui se fier dans ce monde de mensonge. Si le premier tiers est relativement calme, tout s’enchaîne ensuite très rapidement et Frida est souvent en danger… L’aventure n’est jamais loin !

Si j’ai encore une fois apprécié l’écriture d’Yves Grevet j’ai tout de même été moins emportée par cette histoire que par Méto ou U4… Celle qui sentait venir l’orage est un récit puissant, à la fois trop condensé pour qu’on s’attache aux personnages, et un peu trop long dans certains passages…

Syros, 2015 – 16€90 – disponible en epub 12,99€

nypensememepasN’y pense même pas
de Sarah Mlynowski

Un étrange phénomène secoue les élèves de seconde B du lycée Bloomberg. Suite à un vaccin ils se retrouvent à pouvoir entendre les pensées des autres. De tout ceux qui les entoure… Pas facile de contrôle ce que l’on pense, ce que l’on entend !

Vous pensez peut-être que c’est Olivia qui vous fait ce récit. […] Ce pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Mais non. C’est nous tous. Nous vous racontons notre histoire tous ensemble. Nous ne pouvons pas faire autrement.
C’est le récit de notre étrange métamorphose.
Comment un groupe de je s’est transformé en nous.

Si ce récit n’est pas très original dans ces thèmes, notamment secondaires (adolescence et histoire d’amour), il propose tout de même une intrigue sympathique. Nous suivons une bande d’élèves de seconde, principalement quelques filles, et avec elles nous découvrons les avantages et les inconvénients d’écouter les pensées des autres. Le rapport aux adultes est aussi intéressant, mais parfois un peu caricatural. Les personnages sont intéressants, touchants et bien trouvés. Certains sont prévisibles, mais d’autres, comme Pi, ont attiré mon attention…

Une lecture légère et plaisante, mais la couverture n’est pas très attirante…

+ Le site de Sarah Mlynowski
+ Deux autres titres de l’auteur sur Délivrer des Livres :  2 filles + 3 garçons – les parents = 10 choses que nous n’aurions pas dû faire et Parle-moi, dans la même veine.

Albin Michel, Wiz, 2015. Traducteur : Claudine Richetin. 13,90€ – 9,49€ en epub

conversionConversion
de Katherine Howe

Katherine Howe s’est inspiré pour ce récit d’un fait réel, survenu dans un lycée américain. Coleen, Deena, Emma et Anjali, ses héroïnes, sont lycéennes. Un jour d’étranges symptômes touchent les élèves de l’école : convulsions, perte de cheveux, paralysie, toux… La panique gagne bientôt le lycée et la presse se jette sur l’affaire ! Commence alors un récit croisé, celui de Colleen d’un côté, et un autre, d’une autre époque, celui d’Ann Putman, au temps des sorcières de Salem…

Des récits croisés qui font froids dans le dos, et qui tiennent en haleine tout au long du récit. La partie qui se déroule en 1692 est particulièrement bien décrite, et totalement effrayante. Le récit moderne est plus basé sur les réactions des adultes et de la presse, et sur le vent de panique général. On ne peut qu’attendre le recoupement entre les deux histoires…

Salem, l’auteur connait bien, elle est historienne spécialiste de cette époque, mais aussi une descendante directe d’une des célèbres accusées du procès des sorcières de Salem ! Le côté historique est donc bien travaillé, totalement crédible, et cela rend l’ensemble encore plus glacial !

Conversion est un récit dont l’ambiance est d’abord très proche du roman d’horreur, avant de glisser peu à peu vers un roman psychologique bien mené, et étonnant !

Albin Michel, Wiz, 2015. Traducteur : Céline Alexandre. 18€, 12,99€ en epub.

Le trailer de Conversion :

Hugo de la nuit

Une nuit d’été – Un enfant – Des fantômes -Un secret…

Hugo de la nuit

Bertrand Santini

Grasset Jeunesse (2016)

Coupe

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Dès le début, dès les toutes premières pages, on sait ce qui va arriver. On le sait, puisqu’on nous le dit clairement. On sait que le personnage principal, le jeune garçon, Hugo, va mourir. On le sait, et pourtant, quand ça arrive, c’est un choc.

Difficile d’en dire plus sans dévoiler l’histoire et ce serait dommage, je n’ai pas le talent de Mr Santini.

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Est-ce un roman ? Un conte ? Ou encore une pièce de théâtre ? Est-ce un rêve ? Un cauchemar ?

Un peu de tout cela à la fois je crois ! Une histoire de meurtres, de fantômes et de zombies… C’est une histoire, ça c’est sûr (non ?), une histoire où rien n’est sûr !

Un roman riche, où l’on trouve plein de “clin d’œils” et une atmosphère qui n’a rien à envier aux films de Tim Burton ou aux romans de Neil Gaiman…

Décidément, les livres de Bertrand Santini, s’ils se suivent, ne se ressemblent pas, mais tous ceux que j’ai lu jusqu’à présent m’ont beaucoup plu ! Il y a tout de même une chose qu’on retrouve à chaque fois, c’est l’humour, même dans les moments les plus terribles…

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Un petit extrait pour vous mettre l’eau à la bouche ? “Hugo aurait dû ressentir de la peur, de la terreur même, à planer au-dessus du monde dans les bras d’un fantôme. L’enfant n’éprouvait pourtant qu’un sentiment d’abandon, tout au plus teinté d’une vague appréhension. Le fantôme le serrait fort contre lui, fort comme un objet précieux.

Un roman que j’ai dévoré et adoré !

Je ne peux que vous conseiller de vous précipiter chez votre libraire toutes affaires cessantes…

Et la couverture de ce roman est vraiment très belle, bravo à l’illustratrice : Julie Rouvière

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En allant sur le site des éditions Grasset, j’ai eu la surprise et la joie d’apprendre que le Yark est en cours d’adaption au cinéma ! Jonas le requin mécanique aussi mais je n’ai pas lu celui-là (pas encore !)

Du même auteur, en plus du Yark (lien plus haut) nous vous avons aussi présenté le très amusant Journal de Gurty (dont on me signale que le tome 2 ne devrait pas tarder à sortir !)

♥ Dis-moi si tu souris #Roman Ado

Le récit de Parker, 16 ans, aveugle et orpheline. Un livre touchant mais pétillant !

dis-moi si tu sourisRoman pour adolescents

Dis-moi si tu souris

d’Eric Lindstrom

traduit par Anne Delcourt
Nathan, juin 2016
9782092563274, 16,95€
392 pages

Parker est aveugle depuis un accident de voiture. Son histoire est tragique, et la mort de son père ajoute au drame qui la touche. Pourtant Parker est une jeune fille volontaire, dynamique, qui compte bien dicter ses règles au petit monde qui l’entoure :

Les règles de Parker :
Règle n°1 : Ne jamais me faire de coups bas. Jamais. Encore moins en profitant de ma cécité. Encore moins en public.
Règle n°2 : Ne pas me toucher sans me l’avoir demandé ou, au moins, m’avoir avertie. Je ne le vois pas venir. Je serais toujours surprise et je risquerais de vous faire mal.
[…]
Règle n°4 : Ne pas m’aider tant que je ne le demande pas. Vous ne feriez que le gêner ou m’énerver.
Règle n°5 : Ne pas hausser le ton pour me parler. Je ne suis pas sourde. Vous seriez étonnés du nombre de fois où ça arrive. Si ça ne vous étonne pas, ça devrait.
[…]
Règle n°7 : Ne pas non plus parler à ma place. A personne, même pas à vous amis ni à vos enfants. Rappelez-vous que vous n’êtes pas responsables de moi.
Règle n°8 : Ne pas me traiter comme une gamine ou une demeurée. “Aveugle” ne veut pas dire “handicapé mental”. Pas la peine de me parler lentement ou avec des mots de deux syllabes. Faut-il vraiment que j’explique un truc pareil ?
[…]

Avec Parker, les choses sont claires, directes. Elle ne prend pas de gant pour dire ce qu’elle pense, ce qui lui vaut même une certaine réputation au lycée. Pourtant cette rentrée est particulière, et les choses ne vont pas se dérouler tout à fait comme prévu.

Elle change de binôme, de famille, de repères… mais elle reste tranchante ! Et surtout, pas question qu’elle arrête de courir, seule, tous les matins. Elle pourrait même rejoindre l’équipe du lycée ?

Dis-moi si tu souris est un roman qui permet de mettre en avant les ressentis d’une jeune aveugle, mais c’est surtout un vrai récit d’adolescence, avec histoires d’amour, d’amitié et de rancoeur. Un roman vif, qui permet un très beau moment de lecture, entre émotion et rire. Parker est l’héroïne parfaite, on s’attache, forcément…. et pourtant on a souvent envie de lui faire ouvrir les yeux (sans mauvais jeux de mots)! Le temps d’un roman, on partage ses baskets, grâce à la narration à la première personne, et on avance, les yeux mi-clos, dans son monde. On retient à grande peine ses larmes, mais on rit et on aime aussi avec elle. Au fil des pages on va la voir évoluer, se remettre en question, grandir et prendre conscience des autres.

Autour de Parker, de rares adultes, vraiment relégués dans un rôle très secondaire, mais d’autres adolescents. Ses meilleures amies, avec leurs propres histoires et défaut. Sa nouvelle binôme. Sa cousine, avec qui elle habite maintenant. Le charmant vendeur de chaussures qui se révèle être aussi un élève du lycée. Et puis Scott. Son ex meilleur ami, son pire ennemi…

Si le côté adolescent n’a rien de bien original, notre héroïne si particulière, avec sa volonté d’avancer dans la vie malgré sa cécité, rend Dis-moi si tu souris réellement à part, touchant, pétillant de vie ! A partager pour de jolis moments et une belle vision de ce handicap qu’est la cécité.

+ une bande annonce

+ Challenge YA#5

Black Ice – Becca Fitzpatrick

Un thriller à lire en plein hiver, pendant une tempête de neige… au chaud sous la couette !

Black IceRoman YA – Ados, thriller

Black Ice

Becca Fitzpatrick

MsK, 2015
9782702441503, 17€
355 pages glaciales

Becca Fitzpatrick, l’auteure, vous l’avez déjà croisé sur Délivrer des Livres, pour sa série Hush Hush. Ce roman fantastique nous plongeait dans des histoires d’anges, avec un côté adolescent et romance bien présent, qui donnait un ton particulier à cette histoire. Dans Black Ice, Becca Fitzpatrick reproduit ce même schéma d’une histoire d’amour prenante, mais cette fois-ci dans un thriller !

Black Ice, un thriller prenant !

Black Ice est un vrai thriller, de ceux qui vous entraîne dans leur page et ne vous lâche plus. Un récit qui glace les sangs, mais dont on ne peut pas s’empêcher de tourner les pages.

Britt est une jeune fille déterminée, et elle a décidé de devenir autonome, pour cette dernière année au lycée. Elle entraîne sa meilleure amie Korbie dans la montagne, pour une randonnée qu’elle a préparé. Pas de danger, elles connaissent déjà le lieu, et comme point de chute, elles ont la maison de famille de Korbie, un chalet luxueux. Plus encore, Calvin, frère de Korbie et ex de Britt, les rejoindra là-bas. Pourtant quand une tempête de neige les surprend sur le trajet, les ennuis commencent…

Britt va se retrouver au milieu d’une sombre histoire de personnes recherchées par la police, d’enlèvements, de meurtres… Elle n’aura de cesse d’essayer de survivre, et de sauver sa peau… mais difficile de lutter contre deux jeunes hommes : Shaun, le volubile, et Mason, le secret qui semble bien cacher son jeu. Enquêtes croisées, mystères, secrets et violence sont au rendez-vous. Dehors dans une tempête de neige effroyable, une vraie lutte pour sa survie s’engage, avec du danger partout, vraiment partout…

Black Ice, une romance ?

Mais Black Ice, contre toute attente, est aussi une romance. Un vrai récit pour adolescent, avec des regards, des sensations, des frôlements, des envies. Des Ex qui resurgissent, des cadeaux qui n’en sont pas vraiment et sentiments contradictoires. Des aides inattendues, des coup bats, des trahisons. Le lecteur suit les aventures de Britt sans bien savoir sur quel pied danser. Une histoire d’amour est-elle vraiment possible au milieu de tout ça ?

Au fil des pages, l’intrigue se fait plus complexe, mais des indices apparaissent, et avec eux la vérité apparaît. Bien avant Britt, on image la suite, le fin mot de l’histoire, et cela renforce le côté prenant du livre. On veut être sûr d’avoir vu juste, on veut se tromper, mais tout arrive, inéluctablement…

Ce roman est un one-shot, un seul tome donc, une histoire terminée. Un avantage certain, mais en même temps cela oblige à rester centrer sur l’histoire, et seul le personnage de Britt est vraiment fouillé, les autres sont en retrait, peut-être un peu trop pour qu’on s’attache réellement à eux…

Black Ice est un récit prenant, un véritable page-turner impossible à fermer. On vit ces quelques jours dans la neige avec Britt, en tremblant de froid, de peur et d’amour, et même si l’on démonte l’intrigue policière, impossible d’être sûr avant qu’il ne soit trop tard…

+ Le trailer anglais :

+ Challenges YA#4 et Petit Bac