CIEL Central d’Informations et d’Échanges Libres

CIEL (4 tomes)

Johan Heliot

Éditions Gulf Stream

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CIEL CIEL T.2  T.4T.3

CIEL 1.0 : L’hiver des machines (2014) / CIEL 2.0 : Le printemps de l’espoir (2015) / CIEL 3.0 : L’été de la révolte (2015) / CIEL 4.0 : L’automne du renouveau (2016)

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2030. Le CIEL, “Central d’Informations et d’Échanges Libres” est une intelligence artificielle ultra performante que les humains ont chargé de gérer le flux de données de tous les appareils connectés de la planète. Une machine qui réfléchit par elle-même, observe, analyse et tire des conclusions. Dont l’une est que l’homme est en train d’épuiser les ressources de la planète (tout à fait vrai !), et, à terme, de détruire la planète ! En conséquence de quoi, elle décide d’agir et de se débarrasser du problème, c’est à dire de l’être humain.

Difficile de ne pas penser au film Terminator avec Arnold Schwarzenegger ! Les machines=les ordinateurs qui prennent le pouvoir… Mais le traitement de l’histoire est tout à fait différent.

Dans le 1er tome :

“L’hiver des machines”, on fait la connaissance de Tomi, le grand-père qui vit en ermite dans la montagne, de Peter son fils, un militaire, de Sarah, l’ex-femme de Peter et de leurs deux enfants, Thomas, interne dans un lycée Parisien et Jenny qui suit des études artistiques en Allemagne.

Dans le tome 2, “le printemps de l’espoir” on suit toujours les mêmes, à tour de rôle. Ils ont tous des situations très différentes et survivent à des kilomètres les uns des autres. Les choses ne s’arrangent pas vraiment, les machines sont intraitables, et les humains qui les aident sont pires encore.

Le tome 3, “l’été de la révolte” voit l’IA dévoiler ses plans pour le futur et mettre en œuvre sa stratégie d’amélioration de l’humain… (et ça fait pas rêver !!)

2 ou 3 fois par tome, on a droit au “diagnostic CIEL” : c’est froid, de la pure logique, des prévisions, des observations et des actions à mener pour atteindre un but…

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Une histoire très prenante, qui fait réfléchir, mais qui aussi, il faut bien l’avouer, fait un peu froid dans le dos… Et qui nous montre aussi à quel point nous sommes dépendants des machines, de l’énergie… Comment survivrait-on s’il n’y avait plus d’électricité du jour au lendemain ? Il y aurait certainement des émeutes, ce serait la loi du plus fort…

Une histoire qui rappelle la 2nde guerre mondiale par certains aspects : Les hommes n’ont plus d’identité, mais des n°, on enferme les gens “inutiles”, les malades, les vieux, les enfants. Certains se révoltent, d’autres se résignent et d’autres encore collaborent ; ce qui est sûr c’est que la situation ne fait pas ressortir que les bons côtés des gens…

Je lirai le tome 4 avec plaisir dès que je réussirai à mettre la main dessus !

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Lire quelques pages (sur le site de l’éditeur)

Vidéo de présentation (pas sûr que ça m’aurait donné envie de le lire si je l’avais vu avant)

Du même auteur : Bonaventure, comment je suis devenu un super agent discret

Phobos – Victor Dixen

phobosRoman de science-fiction pour adolescents
Space Opera

Phobos
tome 1 & 2

Victor Dixen

Robert Laffont, 2015
Collection R., 448 pages
2-221-14663-8, 17,90€

 

Dans ce space opéra aux allure de comédie romantique, Victor Dixen nous ouvre les portes de la conquête de Mars, mais aussi les dessous d’une télé-réalité qui va toujours plus loin. Un roman de science-fiction pour adolescents vraiment prenant, et qui fait réfléchir sans être trop dirigé.

 

Douze adolescents ont été sélectionnés pour être les premiers à partir sur Mars. Une mission de peuplement de la planète, mais surtout une télé-réalité suivie par toute la planète. Ils doivent s’installer sur Mars, former des couples, et préparer l’arrivée des autres colons. Sur place, tout est déjà aménagé. Une base testée par des animaux, de quoi produire leur nourriture, des véhicules pour explorer Mars, des logements… Pourtant quelque chose cloche, le lecteur l’apprend rapidement, à l’insu des participants tout d’abord.phobos genesis

A travers les narrations croisées on découvre la vie dans le vaisseau, mais aussi sur terre, de différents protagonistes.  Nos jeunes explorateurs, principalement Léonor, mais aussi celle qui est à la tête de cette télé-réalité, et le fils d’un des organisateurs…

Phobos est une série de romans entraînante, avec laquelle on passe un bon moment, comme coupé du monde, nous aussi dans notre capsule. Les histoires d’amour qui se nouent entre les protagonistes renforcent le côté adolescents de l’histoire, sans pour autant tomber dans la mièvrerie, notamment grâce au fonctionnement de leur rencontre : ils ne peuvent se voir qu’au compte-goutte, derrière une vitre, avec un rythme imposé.

Ce qui vraiment accroche le lecteur, c’est l’héroïne Léonor, avec son caractère bien trempé, qui ne vit cette aventure que pour aller sur Mars, sans s’intéresser aux rencontres. Chaque participant à ses secrets, idéal dans une télé-réalité pour tenir en haleine les spectateurs… et cela fonctionne finalement assez bien aussi sur le lecteur ! Prenant, ce véritable page-turner nous entraîne sur Mars mais nous offre aussi toute une galerie de personnages et avec eux un échantillon de psychologie humaine poussée à son paroxysme.

Le deuxième tome a quelques passages un peu plus longs… On commence à bien connaître nos personnages, même s’ils arrivent encore à nous surprendre, et c’est avant tout la découverte de Mars qui nous occupe. La partie sur Terre est aussi plus présente, avec des personnages plus poussés. Là encore, on passe un très bon moment.

Difficile de s’arrêter une fois lancé dans cette histoire, et l’on dévore le deuxième tome à la suite du premier, attendant de retrouver nos protagonistes (que l’on laisse dans une situation difficile!), dans le troisième tome !

Phobos crée une atmosphère de lecture bien particulière, dont il est difficile de s’échapper…. résisterez-vous à l’attrait de Mars ?

Un peu plus sur Phobos ?

+ aussi disponible en version numérique Epub (12,99€)
+ Lire un extrait 
+ En attendant le tome 3 de Phobos, on pourra lire Phobos Origines dès le mois de juin. Ce tome reviendra sur la sélection des 6 garçons et pourrait nous livrer quelques secrets ! 

+ Phobos est le nom d’un des satellites de Mars, c’est aussi le nom d’un dieu grec de la mythologie, fils d’Arès (Mars) et d’Aphrodite !

Moi, Gulwali

Moi, GulwaliGulwali

Réfugié à 12 ans

Gulwali Passarlay & Nadene Ghouri

Hachette Livres (2016)

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L’histoire : Il s’agit d’un témoignage. Celui de Gulwali Passarlay, jeune afghan de 12 ans, que sa mère, qui a peur pour ses enfants, envoie se réfugier en Europe avec son frère. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que les deux frères seront séparés et qu’ils risqueront plusieurs fois leur vie avant d’arriver, au terme d’un dangereux et long voyage, en Grande Bretagne.

Même si le résultat paraît idyllique, – Gulwali a fait des études, il est en dernière année d’études en Sciences Politiques, il est encarté au Parti Travailliste, il fait des conférences (il n’a que 21 ans !)-, il ne faut pas oublier qu’il a vécu un enfer pendant plus d’un an, et, selon ses dires, qu’il en paye encore le prix dans ses cauchemars aujourd’hui.

Comment ne pas avoir le cœur serré en lisant cette phrase (une mère qui parle à ses deux garçons de 12 et 14 ans) : “Aussi mal que les choses tournent, ne revenez jamais“… On se dit qu’il faut être complètement désespéré pour envoyer ainsi ses enfants loin de soi, seuls, si jeunes, sans savoir avec qui ils vont voyager et comment… Leur mère a pourtant fait ce qu’elle croyait être le moins dangereux pour eux à priori.

Un livre que j’ai trouvé très intéressant, car il permet de comprendre certaines choses : Les différences de point de vues dues à l’éducation, la force des traditions dans certains endroits du monde, comment fonctionne le trafic d’immigrants par les passeurs…

Sa foi a beaucoup soutenu Gulwali Passarlay. Si je ne suis pas croyante, j’ai malgré tout foi en l’être humain, en sa capacité “d’être” humain justement. Et pourtant, quand on lit ce livre, on doute…

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D’autres livres présentés sur le blog avec des thèmes plus ou moins similaires :

Et d’autres livres sur ce thème sur d’autres blogs :

Et une vidéo pour voir et entendre Gulwali Passarlay ici

La fille quelques heures avant l’impact

la fille quelques heures avant l'impactRoman pour adolescents

La fille quelques heures avant l’impact

Hubert Ben Kemoun

Flammarion jeunesse, 2016
9782081373822, 13€

Impact, fracas, colère, feu… Titre, couverture, premier chapitre, rien ne laisse de doute, c’est le chaos. Un chaos que l’on va sentir venir, peu à peu, au fil du déroulement de la journée qui précède tout cela.

Annabelle, Fatou, Thierry, Fabien, Moktar, des adolescents, et Isabelle, leur professeur. La journée s’ouvre sur cette dernière, professeur de français, qui tente de gérer son cours tout gérant les pics que se lancent deux élèves de troisième.

Violence, c’est vraiment la violence et la colère qui transpirent de chaque page de ce roman. Racisme, Trahison, Colère. Attentat.

L’ouverture du roman, pleine de suspense, permet de garder le lecteur en haleine. Plusieurs passages, en italique, contribuent à renforcer cet effet catastrophe. Le reste du temps, les protagonistes alternent à la narration, nous permettant de voir les différents points de vue. De sentir la tension monter…

Les premiers chapitres sont durs, à l’image d’une grande partie du roman, choquants parfois. Cette professeur un brin paumée, trop prise par sa propre histoire, et ces adolescents tellement violents, tellement en colère. Leurs mots sont durs, presque plus que dans la réalité de ce que l’on croise en collège. Cependant ce sentiment de trop, d’accumulation dramatique, est souvent présent à l’esprit du lecteur adulte.

Les personnages sont le point fort de ce roman, avec leurs caractères entiers. Ils sont dérangeants, vrais, ils sonnent justes. Un peu à coté de la plaque, trop émotifs, trop volontaires, trop manipulables. Ils sont dans les extrêmes, des personnages justes mais qu’on ne croisent pas tous les jours, des spécimens, même, pour certains. Fabien, fils du maire, raciste par héritage, est un exemple frappant.

Et le point d’orgue, le concert, la salle de spectacle, l’attentat. Un écho douloureux aux événements de novembre 2015, mais pas un récit d’après, qui raconte. Dans sa postface, l’auteur nous explique avoir terminé ce livre en janvier 2015. Il est donc teinté d’attentats, pas de ceux que l’on a en tête. La fille quelques heures avant l’impact ne cherche pas à raconter les événements français, mais plus à comprendre certaines des dérives actuelles, du racisme, de la rage.

Un roman incisif, qui touche à des non-dits, et qui n’hésite pas à mettre ses héros en danger. De la littérature jeunesse, oui, mais de la littérature noire aussi. Une façon intéressante de montrer aux adolescents les conséquences des petites habitudes qu’ils trouvent souvent drôle au collège (mais pas avant la 4ème, ou pour lecteurs avertis…) !