La véritable histoire d’Harrison Travis hors-la-loi, racontée par lui-même – Pascal Maret

Roman pour adolescents, aventure

La véritable histoire d’Harrison Travis

hors-la-loi, racontée par lui-même

de Pascale Maret

Editions Thierry Magnier, 2012
9782364741256, 9,80€

Thèmes : Amérique, Seattle, FBI, aventure, avion, fuite

Ce roman est inspiré d’une histoire vraie. Celle d’un garçon qui a vécu seul pendant des mois sur un Archipel près de Seattle. Et pourtant elle paraît tellement irréelle qu’elle fait un magnifique roman!

Pascale Maret nous narre donc l’histoire d’Harrison Travis. L’aventure d’Harrison Travis! Cet adolescent de seize ans a l’habitude de vivre seul à droite à gauche, de passer quelques jours dans la forêt. Mais il rentre chez lui de temps en temps. Et puis il part un peu plus loin, un peu plus longtemps. Il squatte dans des villas, vole de quoi survivre. Il ne fait pas de mal, ne prend que le nécessaire ou presque. Mais voilà la police le retrouve après 7 mois de cavale et il part en “centre d’éducation fermé de haute sécurité”. Cette expérience loin de le calmer va lui donner encore plus envie de liberté, d’évasion.
Commence alors une cavale beaucoup plus spectaculaire, une course poursuite avec des instants merveilleux et des catastrophes.

Harisson est un jeune homme attachant crée Pascale Maret qui romance l’aventure de Colton Harris-Moore avec des ajouts totalement imaginés nous permet de vivre aussi une aventure. Le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Un chemin initiatique semé d’embûches. L’auteur a choisi un récit à la première personne, comme un journal intime, récit que fait Harrison à postériori. Ainsi même si l’on connait déjà la fin on est curieux de savoir comment un jeune homme peut de la sorte devenir un hors-la-loi très recherché.

Mais Harisson est un être à part entière. Quand il rêve de quelque chose il n’hésite pas, et cela le conduit dans des situations inextricables. Voler un vélo, pourquoi pas. Une voiture ? Courant. Un bateau ? bon déjà… Un avion ? Harrison ne recule devant rien, d’autant plus qu’il est fan des Cessna depuis son enfance. Il les a beaucoup observé. Il a lu sur le sujet. Alors pourquoi ne pas en conduire un !

Cette histoire est à la fois prenante et touchante car le jeune homme est présenté comme un garçon comme tout le monde. Son histoire monte crescendo et il semble évident que beaucoup pourraient, comme lui, avoir envie de quitter le foyer familial pour une autre vie. Cette histoire est aussi celle des rencontres qui jalonne son parcours. De belles rencontres, des figures marquantes mais aussi des abandons qui forgent le caractère de notre héros. Héros oui car malgré ses fautes on ne peut s’empêcher de l’apprécier. On ne l’excuse pas, il ne fait pas vraiment lui non plus, mais on comprend.

Un très beau roman, celui d’une délivrance comme me le dédicace Pascale Maret. Merci!

+ L’avis de Sophie (Fantasia)

+Challenge YA#2 (31/60)

Le Chat Erectus (Le Chat, 17) – Geluck

Bande dessinée adulte

Le Chat Erectus

de Philippe Geluck

Casterman, 2012
9782203049215, 10,50€

 

 Créé par Philippe Geluck en 1983 dans les pages du grand quotidien belge Le Soir, cet irrésistible personnage de félin cravaté est vite devenu l’un des héros les plus populaires de la bande dessinée francophone. En seize albums et des milliers de gags, tour à tour profond, provocateur, philosophe ou délirant, mais toujours drôlissime, l’équipage Geluck / Le Chat n’a jamais cessé de surprendre son très vaste public.

Ainsi commence cet album, le 17ème tome du Chat. Pour ceux qui ne connaîtraient pas Le Chat, c’est ce personnage, juste là au dessus, ce chat qui parle, s’habille, et fait des blagues. Des Gags, des jeux de mots, des aphorismes, bref de quoi rire à chaque page. Et même plusieurs fois par page puisque Le Chat ce sont souvent des petits strips, voir des dessins uniques.
Dans le Chat, il n’y a pas que le Chat. Il y a aussi des détournements de tableaux, d’illustrations connues. J’avoue que cette partie là, heureusement distillée tout au long de la bande dessinée n’est pas ma favorite. Je manque peut être de culture. Ou d’humour. Bref, ce n’est pas pour moi.
Mais j’ai aimé tout le reste! Certains strip sont plus drôles que d’autres à mon goût bien sûr, mais tous ont un petit quelque chose. J’ai donc souri, rigolé et même ri aux éclats ! De belles trouvailles, des blagues d’actualités, du grand classique, du novateur… tout pour rire!
Ma préférence va aux strip où l’on voit le Chat, déjà, parce qu’il est vraiment le personnage qui m’a fait connaître et apprécié Geluck, dont je ne suis pas fan par ailleurs. Mais mes coups de coeur vont au fils du Chat, les mots d’enfants, les réactions d’enfants, bref tout ce que j’aime. D’autres blagues au contraire, qui touchent à la religion ou à la femme peuvent être mal vues par certains je pense, mais je les ai trouvé plutôt bien vues dans l’ensemble.
J’avais un regard plus grand public du Chat cependant, car j’ai trouvé ce tome très adulte alors que les premiers étaient plus accessible à des collégiens. Un très bon tome à partager, mais pas forcément facilement en famille.
Il existe aussi un coffret avec 24 pages inédites supplémentaires et un DVD de la minute du Chat, diffusé à la télévision.
Extraits :
“De la goutte qui se trouve au fond du vase, et celle qui le fait déborder, il n’y en a pas une plus responsable que l’autre, il y en a une qui était là avant, c’est tout.”

+ Mercredi BD de Mango

Kikekoa et Ornicar : On a fait une bêtise !

Roman jeunesse, première lecture

Kikekoa et Ornicar :

On a fait une bêtise !

D’Arnaud Alméras,

illustré par Zelda Zonk

Nathan, aout 2012
9782092540763, 5,60€

mon avis  critique

Un autre titre de la collection premières lectures de Nathan, mais légèrement plus compliqué que la série Les animaux de Lou. Ici aussi le livre peut se lire à deux, une partie de texte, une partie de dialogue dans des bulles permettent d’alterner. Kikekoa et Ornicar sont deux animaux personnalisés, amis, qui vivent différentes aventures. Dans ce tome « On a fait une bêtise ! » les deux amis improvisent un match de rugby dans la maison… Vous imaginez la suite ! Sauf qu’en plus ils tentent de mentir pour cacher leur bêtise !

Si l’histoire est sympathique et plutôt drôle la fin se révèle décevante car elle arrange tout en un seul mot, sans vraie résolution… Peut importe pour les enfants mais une fois encore le lecteur adulte. Les personnages, l’ornithorynque et le koala sont absolument adorables et attachants ce qui compense aisément et la maman est elle aussi sympathique. Les illustrations sont simples mais correspondent bien à l’histoire. Des petits détails dans les illustrations de Zelda Zonk apportent une touche encore plus humoristique.

Il existe un autre titre de la collection, A quoi on joue ? dont à parlé Kik.

Les orphelines d’Abbey Road 1 d’Audren

Roman fantastique pour adolescents

Les orphelines d’Abbey Road

tome 1 Le diable Vert

d’Audren

Ecole des Loisirs, septembre 2012
281 pages
9782211209878, 14,80€

L’orphelinat d’Abbey Road ne s’est pas toujours appelé ainsi. Son véritable nom, il vaut mieux ne pas le connaître. Il vaut mieux ne pas poser de questions, non plus, ni sur ce sujet ni sur aucun autre. Soeur Ethelred n’aime pas que les enfants posent des questions. Elle dit que Dieu apportera toutes les réponses. Ses réponses à elle, ce sont les punitions. Ce soir, comme chaque soir, les pensionnaires ont dit leur prière et soeur Ethelred a coupé l’électricité dans le dortoir. 
Mais Joy ne peut pas dormir. Elle pense au souterrain que son amie Margarita a découvert sous l’abbatiale. Qu’y a-t-il au bout de ces couloirs qui sentent le soufre ? Pourquoi Prudence ne parle-t-elle plus depuis qu’elle les a visités seule ? De quoi a-t-elle si peur ? D’où vient cette étrange brûlure sur son bras ? Que cache le mince sourire de Lady Bartropp, la bienfaitrice de l’orphelinat ? Et pourquoi la petite Ginger chante-t-elle sans cesse une chanson en latin sans même s’en apercevoir ? Les réponses sont peut-être là, tout près, dans un autre monde.

mon avis  critique

Depuis ma rencontre avec Audren  je n’avais qu’une seule envie, rencontrer Margarita Von Stratten ! J’ai été ravie de cette découverte!

Joy, la narratrice est une orpheline de 12 ans qui vit à Abbey Road, un orphelinat, tenu par des religieuses. Quand Margarita, une autre orpheline, découvre un souterrain sous l’abbatiale, l’aventure commence pour les orphelines. Une aventure bordée de mystère où le fantastique n’est jamais loin. Une aventure qui semble d’abord salvatrice car elle leur permet d’avoir un but autre que la vie quotidienne à l’orphelinat, une stimulation intellectuelle. Pourtant rapidement la situation va devenir incontrôlable, avec d’un côté un Diable Vert, de l’autre une religieuse en chef intraitable.

Ce premier tome des aventures des orphelines permet de découvrir l’univers de l’orphelinat, mais surtout l’univers fantastique et de se familiariser avec les différents personnages. Pour autant ce n’est pas seulement un tome d’exposition et l’aventure est bien présente.

Joy est un personnage attachant qui va nous faire découvrir toutes les autres filles qui l’entourent. Ces orphelines sont toutes des personnages intéressants avec leurs histoires personnelles, souvent sombres, leur caractère, leur part de mystère… On aime ou on déteste les personnages mais aucun en tout cas ne nous laisse indifférent. Les aventures qu’elles vont vivre sont prenantes mais leurs relations et leur vie à l’orphelinat sont tout aussi importantes.

Ce mélange entre tranche de vie et fantastique est très bien réalisé et l’écriture d’Audren coule en nous emportant sans son monde.

Un premier tome prenant même si la révélation finale n’a pas été bien surprenante pour moi tant elle était annoncée derrière les mots. Ce tome peut presque se suffire à lui même car l’intrigue principale se clôt, pourtant on ne peut pas s’empêcher de vouloir lire la suite, la découverte du second tome est en effet alléchante, découvrir Alvenir !

 + Challenge YA#2

****
Petite aparté sur l’apparition du grand format à L’Ecole des Loisirs

Depuis des années les romans Ecole des Loisirs sont reconnaissables à leur couverture à teinte blanc jaune et leur format, entre le poche et le grand format. Avec un prix juste au dessus du poche. Parfait pour les bibliothèques et CDI. Sauf que voilà maintenant l’école des loisirs a elle aussi son grand format roman. Plus grand. Plus cher. J’ai ragé en voyant ça, pensant clairement que c’était un effet de mode comme chez Hachette. En effet avec la littérature pour jeunes adultes les grands formats se sont démocratisés en nouveauté jeunesse. Sauf que niveau budget en collectivité, on est vite bloqué avec des romans à 20€ au lieu de 8€.

J’ai donc profité de la soirée I Blog You école des loisirs au salon du livre de Montreuil pour râler haut et fort. Et demander le pourquoi du comment. J’ai bien fait car finalement, même si la mode y est bien pour quelque chose, cela cache une toute autre réalité marketing, intéressante.

Les romans Ecole des Loisirs étaient donc moins grands que les grands formats. Et les libraires (comme Gaëlle…?) les rangeaient donc directement dans les étagères, sans passer par la case table des nouveautés. Difficile de se démarquer par rapport aux autres sorties en grand format (même parfois des rééditions) d’où cette volonté d’une vraie sortie en grand format avant de passer en vrai format poche par la suite ! Tans pis, en tant que documentaliste j’attendrai un peu pour ces romans là… !

Et vous, grand format, poche ou électronique ?

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