Boitelle et le café des colonies

BoitelleBoitelle et le café des colonies

Quella-Guyot & Morice

D’après Maupassant

Grand Angle

Bamboo édition (2016)

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Un jour, Boitelle, le spécialiste des travaux malpropres, tombe en arrêt devant une statuette africaine. Le propriétaire des lieux, avec qui il commence à discuter, lui demande de lui narrer son histoire. Il raconte donc qu’il est devenu “ordureux” parce que “- mes parents m’ont opposé dans mes goûts”. Au Havre, jeune soldat de 18 ans, il était tombé amoureux d’une femme. Une belle négresse coiffée d’un foulard rouge, Norène. “Boitelle se sentait le cœur remué, en voyant luire tout à coup, entre les lèvres sombres de la fille, la ligne éclatante de ses dents qui riaient, plus claires que les yeux”.

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D’abord, je voudrais dire que je me suis “fait avoir” par une réédition. J’ai emprunté à la médiathèque deux BD. “Le café des colonies” et “Boitelle et le café des colonies”. Ne connaissant pas la nouvelle de Maupassant, j’ai cru que les deux BD formaient un diptyque. Que nenni ! Cet album a d’abord été édité par les éditions “petit à petit” en 2010 sous le titre “Le café des colonies”. Puis réédité avec une autre couverture et l’autre titre en 2016.

Cela étant dit, je préfère la nouvelle version : le format est un peu plus grand, plus lumineux et les dessins sont plus nets. En plus, à la fin, Didier Quella-Guyot a ajouté une suite (un cahier de 8 pages avec quelques dessins en noir et blanc) : L’histoire de Norène quelques années plus tard…

Si vous connaissez la nouvelle de Maupassant, aucune surprise pour l’histoire, elle est respectée. Mais les dessins et couleurs de Sébastien Morice apportent un peu de gaité, de couleurs, à cette nouvelle un peu nostalgique et plutôt triste.

Un très bon moment de lecture, ce sont deux auteurs que je continuerai à suivre !

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Boitelle

La nouvelle de Maupassant (1889) : Boitelle

De ces deux auteurs, déjà présenté sur ce blog : Le magnifique “Facteur pour femmes” et “Papeete 1914

J’ai également lu et bien aimé “L’île au remords“, non présenté faute de temps…

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La BD de la semaine est chez Fanny

Elle participe aussi au challenge 2025 sera classique aussi

Petit Pays

paysPetit Pays

Gaël Faye

Grasset (2016)

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Petit pays, c’est d’abord l’histoire d’un enfant. Gaby a 10 ans, une jeune sœur, Ana, un père français (et blanc), une mère noire, une Tutsi qui a fui le Rwanda voisin. Il vit au Burundi, dans une impasse bordée de massifs de bougainvilliers. Il nous raconte les 10 premières années d’une enfance joyeuse, insouciante et plutôt privilégiée, une vie heureuse, à faire les 400 coups avec les copains, à piquer des mangues chez une voisine pour aller lui revendre aussitôt…

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Tous, ou presque, nous avons des souvenirs d’enfance, des souvenirs plein d’insouciance. Mais par contre, nous n’avons pas tous vécu la suite de cette histoire et c’est heureux, car elle est terrible. Pour Gaby, il y aura toujours un avant et un après. Toute sa vie s’est écroulée après ce 10ème anniversaire.

Un livre en forme de témoignage, un moment épouvantable de l’Histoire d’un pays, vécue, ressentie et racontée à la première personne par un enfant de 10 ans, qui ne comprend pas tout ce qui se passe bien sûr, mais qui perd son innocence et son insouciance brutalement. Je ne sais pas si ce livre est en partie autobiographique ou non. Pour l’auteur, j’espère que non (a priori non, Gaël Faye partage juste quelques points communs avec son personnage).

J’avoue que si j’avais su, avant de le commencer, que ce roman parlait de la guerre et du génocide des Tutsis au Rwanda (800 000 morts en 3 mois, d’avril à juillet 1994), de ces massacres perpétrés sans que personne ne bouge, je ne l’aurais probablement pas lu. Mais j’avais juste vu, ça et là sur les blogs, sur les sites littéraires, qu’il plaisait beaucoup… Et il m’a beaucoup plu aussi, même si ma gorge s’est serrée plusieurs fois en imaginant tout ce qu’ont vécu ces gens, tout ce que d’autres, victimes de guerres en cours, vivent et subissent encore aujourd’hui.

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Ce roman a été sélectionné pour de nombreux prix : le Goncourt, le Fémina, le Médicis, l’Interallié et il fait également partie de la première sélection de la Commission du Grand prix du roman de l’Académie française.
Cela fait beaucoup et certains estiment que ce succès est surfait. Moi je trouve qu’il a un grand mérite : Il est agréable à lire, accessible au plus grand nombre et permettra ainsi d’éviter qu’on oublie ce qu’il s’est passé au Rwanda en 1994.

C’est un 1er roman. Il a reçu le Prix du Premier Roman, Le Goncourt des Lycéens et le Prix du roman FNAC 2016
Écouter la chanson du même nom, de et par Gaël Faye.

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La suite, Jacaranda, est dans ma PAL. J’attends qu’il y ait un peu plus de soleil pour l’ouvrir…

Le serpent de l’essex – Roman anglais

serpentLe serpent de l’essex

Sarah Perry

Éd. Christian Bourgois (2018 / vo 2016)

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Lecture Commune avec Enna

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Résumé éditeur : Cora Seaborne, jeune veuve férue de paléontologie, quitte Londres en compagnie de son fils Francis et de sa nourrice Martha pour s’installer à Aldwinter, dans l’Essex, où elle se lie avec le pasteur William Ransome et sa famille. Elle s’intéresse à la rumeur qui met tout le lieu en émoi : le Serpent de l’Essex, monstre marin aux allures de dragon apparu deux siècles plus tôt, aurait-il ressurgi de l’estuaire du Blackwater ?
Dans un cadre marqué par une brume traversée d’étranges lumières, Cora Seaborne construit sa liberté. En cette fin d’ère victorienne dont les problèmes sociaux ne doivent pas faire oublier les triomphes, nous suivons, au gré de leurs aventures et de leur correspondance, des hommes qui s’acceptent tels qu’ils devraient être, des femmes qui découvrent devoir être ce qu’elles sont et un monstre effroyable qui redevient ce qu’il était.

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Lu en juin, il me reste de ce roman une ambiance assez étrange mais pas désagréable. Une atmosphère d’un temps passé où les interdits étaient sans doute encore plus fort qu’à présent. Voici ce que j’avais noté à la fin de ma lecture dans un post sur Insta :

Le début m’a paru un peu brouillon (ou alors j’étais fatiguée, c’est possible aussi) mais je l’ai finalement lu avec beaucoup de plaisir ! Les personnages sont originaux bien qu’un peu “torturés”, on apprend des choses sur le logement à Londres à cette époque et il y a un côté féministe qui m’a bien plu. Et puis, tout au long du roman, on se demande ce qu’est ce fameux “Serpent” !!

C’était une Lecture Commune avec Enna, qui n’a pas accroché et qui a abandonné sa lecture malgré un 2ème essai.

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Une lecture qui participe (avec un peu de retard !!) au mois anglais, chez qui j’avais gagné ce livre en… 2019 !!

(Mieux vaut tard que jamais dit le proverbe…)

Le mois anglais (Fb) chez Lou et Titine

Et au challenge “Les pavés de l’été” (livre de + de 500 pages) chez “La petite liste

En livre de poche, il fait 576 pages !

NINN – BDJ série

NiNN

Aventure fantastique
A partir de 9/10 ans

NiNN

Jean-Michel Darlot & Johan Pilet

Kennes éditions

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Une série toujours en cours

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  • T1 : La ligne noire (2015)
  • T2 : Les grands lointains (2016)
  • T3 : Les oubliés (2018)
  • T4 : La cathédrale de fer (2019)
  • T5 : Magic City (2021)
  • T6 : Lune de glace (2022)
  • T7 : Peut-être en 2024 ?
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Il y a 11 ans, Ninn, un bébé, a été trouvée dans le métro parisien par deux ouvriers. Mattéo et Omar sont devenus ses deux pères adoptifs. Depuis, elle est obsédée par le métro et y passe tout son temps libre. Alors quand on lui demande de présenter son endroit préféré lors d’un exposé à l’école, elle n’hésite pas : elle parlera du métro ! Et tant pis si ses copains ne sont pas d’accord…

Comme tous les enfants adoptés, Ninn se pose beaucoup de questions. D’où vient-elle exactement ? Pourquoi a-t-elle été abandonnée comme un vulgaire bagage ? Et dans le métro en plus ?

Une étrange rencontre, suivie de visions non moins étranges, va renforcer son envie d’en savoir plus…

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Voilà une série que j’avais envie de lire depuis longtemps. J’avais le tome 1 à la maison (acheté lors des 48h BD de 2022), restait à me décider… En fait, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire le premier album de cette série jeunesse ! Du coup, je me suis empressée d’emprunter toute la série à la bibliothèque.

L’histoire, de très réaliste au départ, prend rapidement un tour fantastique pour notre plus grand plaisir (le mien en tous cas !) Mais la première originalité de ce récit, c’est qu’il se déroule en grande partie dans le métro.

La mise en page est variée, dynamique avec par moments des dessins sans contours, des pleines pages ou encore des cases de formats variables. Et j’ai vraiment apprécié les illustrations, colorées, au trait doux mais néanmoins dynamique.

J’ai lu toute la série jusqu’au tome 6, et je lirai la suite avec plaisir, l’histoire ne faiblit pas, la qualité des illustrations non plus. Une belle réussite.

Original, avec du suspense, de l’humour, de belles illustrations. Que vous faut-il de plus ?

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D’autres avis : BidibEnnaJojoMylène

Cette semaine nous sommes chez Noukette