Liberty – BD – Mois Américain 7

LibertyMois Américain

BD Tranche de vie

LIBERTY
Warnauts & Raives

Casterman (2010)

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Kinshasa, capitale du Zaïre, 1974Tshilanda est la fille du chef de la sécurité d’un grand hôtel international luxueux. Elle a 16 ans. Son père continue à la traiter comme une petite fille, mais elle, elle a senti les regards changer. Le regard des femmes, qui voient en elle une rivale. Celui des hommes, noirs ou blancs, qui voient en elle un morceau de choix à attraper… Elle est jeune, jolie et naïve. Et elle va se laisser “séduire” par un blanc (et se faire violer, n’ayons pas peur des mots !). Deux mois plus tard, elle s’aperçoit qu’elle est enceinte. Dans sa détresse, et pour lui éviter le scandale, deux hommes vont l’aider, Mike et Édouard, et lui faire quitter le Zaïre pour l’Amérique. Sa fille, Liberty, naîtra donc à New-York.

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Une belle histoire qui parle d’amour (platonique ou non), de ségrégation, de politique (du combat des Blacks Panthers à la victoire de Barack Obama). De boxe aussi (un tout petit peu) avec le combat de Mohamed Ali contre George Foreman (la bd s’ouvre là-dessus !). On y parle aussi brièvement des conséquences de la guerre du Vietnam sur ceux qui en sont revenus… Ou encore du niveau de vie/de la qualité de vie des Afro-Américains à New-York. Des relations fille-mère aussi. Bref, une bd qui aborde beaucoup de sujets importants !

J’ai beaucoup aimé le côté historique et très humain de cette bande dessinée ainsi que la multitude de sujets abordés. Et dans l’ensemble, les illustrations et couleurs m’ont bien plu également.

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Sur le site des deux auteurs, plusieurs planches

Sur Bodoï, une interview des deux auteurs.

De ces deux auteurs, j’ai également lu et apprécié “Les temps nouveaux“.

Une autre très belle bd qui parle de ségrégation : Cinq branches de coton noir

D’autres belles bd qui se passent à New-York : Giant, Un homme de joie, Broadway

Cette semaine nous sommes dans la bibliothèque de Noukette !

C’est aussi ma 7ème participation au Mois Américain

Merci à Irene Cannibal Lecteur pour ce Logo du Mois Américain !

Barracuda for ever – Roman jeunesse -ou pas !

Barracuda

Une histoire un peu folle, un peu décalée mais ô combien émouvante !

Barracuda for ever
Pascal Ruter

JC Lattès (2017)
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Présentation de l’éditeur

« À l’âge de quatre-vingt-cinq ans, mon grand-père Napoléon décida qu’il lui fallait se renouveler. Il traîna ma grand-mère Joséphine devant les tribunaux. Comme elle n’avait jamais rien su lui refuser, elle se laissa faire. Ils divorcèrent le premier jour de l’automne.

– Je veux refaire ma vie, avait-il dit au juge chargé de l’affaire.

– C’est votre droit, avait répondu ce dernier. »

Voici l’histoire d’un duo irrésistible : un petit-fils et son grand-père, prêts à toutes les fantaisies pour conjurer les tourments de l’existence.

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C’est une comédie douce-amère que cette histoire. Des passages font sourire mais en même temps, on pressent rapidement que ça risque de ne pas être si drôle que ça !

Les personnages

Le grand-père, Napoléon, ne veut clairement pas vieillir. Il ne l’accepte pas. C’est un personnage truculent, libre, un peu fou et plutôt “encombrant” pour son entourage et les personnes qui sont amenées à s’occuper de lui.

Le petit fils lui, est clairement plein d’admiration pour ce grand-père farfelu avec lequel il parle l’espéranto, même si son regard change, évolue au fil du roman.

La grand-mère, elle, s’est laissée mettre de côté, un peu comme un vieux vêtement dont on ne voudrait plus. Les personnages sont tous attachants, pour différentes raisons. J’ai beaucoup aimé le personnage de la mère.

C’est un roman que j’ai bien aimé, même si j’avoue avoir été surprise car je m’attendais à une “vraie” comédie. Or il y a des thèmes importants et pas franchement drôles qui sont abordés, même si c’est fait de manière à faire sourire.

Un roman qui aborde tellement de thèmes au final, que probablement personne ne sera touché par la même chose !

*****Barracuda

Il est sorti à la même date, u aux éditions Didier Jeunesse avec cette couverture :

Lire les premières pages ici

Et il est également édité avec des couvertures différentes en gros caractères chez Gabelire https://editionsgabelire.com/wp-content/uploads/2017/07/Barracuda-for-ever_web.jpg

et au livre de poche http://www.renaud-bray.com/ImagesEditeurs/PG/2462/2462081-gf.jpg

Retrouvez ici l’avis de Blandine, qui m’a convaincue de le lire ! ;)

Du même auteur Sophie vous a présenté : Le cœur en braille et Du bonheur à l’envers

Deux albums aux belles héroïnes

Deux héroïnes féminines et fortes, dans deux albums totalement différents à découvrir !

Brindille

de Rémi Courgeon

Une couverture toute discrète, un très grand album… et à l’intérieur l’histoire de Pavlina, que les hommes de la maison nomme Brindille. Une famille d’émigré, un père, trois frères… et Brindille qui doit tout faire à la maison, parce qu’elle perd toujours contre ses frères.

Après une lourde défaite, Brindille se met à la boxe, et les choses commencent à changer…. Une très belle histoire qui révèle une jeune fille déterminée et courageuse, et une famille masculine pas si méchante.

De belles illustrations sur une page, le texte sur l’autre, et pour accompagner ce texte des détails d’illustrations, grossis, des morceaux de vie mis en avant, qui rendent cet album très vivant.

Un superbe album qui traite de la place de la femme, du sport et de la famille !

Milan, 2012

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Rosalie aime le rose
[mais pas seulement]

de Claire Cantais

Un nouvel album à poil du poisson soluble, dans lequel on retrouve les personnages découpés en couleur de Claire Cantais. Après Raoul la terreur et Je ne m’appelle pas Bernard, voici Rosalie aime le rose !

Rosalie, notre boule de poil rose est “harcelée” par Barnabé, le look drageur avec son chapeau, mais guère poétique… Rosalie ne manque pas de lui faire remarquer et de lui expliquer ce qu’attendent les filles…

Des dialogues très drôles et une chute hilarante qui plaira aux enfants ! Une belle façon de tordre le coup aux préjugés sexistes !

Atelier du Poisson Soluble, 2012

+ L’avis de Fantasia, avec de belles photo !
+ Challenge Petit Bac -MATIERE

cadeaumaestro

Danbe d’Aya Cissoko et Marie Desplechin

Danbe

d’Aya Cissoko et Marie Desplechin

Roman adolescents / adulte

Calmann-Lévy, février 2011
9782702141755, 15€

Thèmes : Immigration, Intégration, Boxe, Volonté, Famille

Une petite fille immigrée grandie heureuse à Ménilmontant, frappée par une série de deuils familiaux, devient championne de boxe puis étudiante à Sciences Po : le parcours hors du commun d’Aya, raconté avec force et justesse par Marie Desplechin.
Danbé est le résultat d’une longue conversation entre Aya Cissoko et Marie Desplechin. Quand elles se sont rencontrées chez des amis communs, le projet d’écrire une « vie d’Aya » était déjà ancien ; Aya en avait posé les grandes lignes sur le papier. Il pouvait sembler curieux, voire prématuré, de se lancer dans un récit autobiographique, quand son auteur avait tout juste une petite trentaine d’années.
Mais son destin à la fois exemplaire et particulier justifiait la démarche. Fille de parents maliens venus d’un village pour s’installer à Paris, Aya connaît les conditions de vie difficiles d’une famille pauvre et déracinée.

Mon avis
Cette autobiographie est menée de mains de maître par Aya Cissoko et Marie Desplechin. J’avoue bien volontiers que c’est le nom de Marie Desplechin, auteur jeunesse que j’affectionne, qui m’a poussé vers ce livre. Je ne connaissais pas du tout Aya Cissoko… et tant mieux finalement, car j’ai pu découvrir son histoire petit à petit, au fil des lignes. Je suis entrée tout entière dans ce récit, j’ai eu peur, j’ai eu les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres, envie de crier… mais surtout l’envie de tourner les pages, de continuer à découvrir ce destin si particulier, tellement plein de force et de dignité.
Un parcours exemplaire ? Pas vraiment en fait, et je ne le souhaite à personne, sauf que ce sont ces épreuves qui ont fait d’Aya Cissoko une femme aux talents multiples…

Dans ce livre nous découvrons la France, et Paris, sous les yeux d’une petite fille, puis d’une adolescente qui n’a pas choisi de vivre là où elle vit, mais qui s’y adapte. Alors non ce n’est pas un roman sur les “quartiers”, pas vraiment, mais ce qui y est évoqué est intéressant, car même dans les situations dramatiques, il y a des lueurs d’espoir. “L’avantage” d’une autobiographie contrairement à un roman, c’est qu’on ne peut rien épargner au personnage principal… Même si ce récit est celui d’une réussite, multiple d’ailleurs, ce n’est pas que cela, il y a aussi les trous noirs, les difficultés, la pauvreté, la mort… Le tout est superbement maitrisé, car on ne tombe jamais dans le pathos. Un témoignage admirable d’une jeune femme qui continue d’avancer, et de réussir!

Alors un grand bravo à Aya tout d’abord, pour cette force, cette leçon de vie, et ses réussites… et mes félicitations à Marie Desplechin aussi, qui a prêté sa plume et son talent à ce récit! Une autobiographie qui est à lire, à transmettre, et à faire lire, notamment aux adolescents, mais pas que!

Une rencontre a eu lieu à Paris, certains adolescents vont avoir la chance des les rencontrer (c’est ça aussi d’avoir 2 supers nanas comme profs :)
L’avis plus qu’enthousiaste de Stephie, qui a en plus assisté à la rencontre parisienne. Mais aussi les avis de Noukette, Constance93, et Chiffonnette !

Extrait :
” Grandir enfant français de parents africains donne un regard particulier sur l’Histoire, un regard ironique, un peu méfiant. Je ne sais pas si l’Afrique a un problème avec l’Histoire. Mais je suis à la bonne place pour constater que l’Histoire a un problème avec l’Afrique.”