Français d’ailleurs – Thiên An ou la grande traversée

Album / Roman pour adolescents

Thien An ou la grande traversée :
du Vietnam à Paris XIIIe

de Valentine Goby

et Ronan Badel

Autrement jeunesse, 4,95€
Collection Français d’ailleurs
réédition 2014

         Ce roman graphique, proposé il y a quelques années au prix des Incorruptibles 6ème est très intéressant. On y suit le parcours de Thien An, arrivé depuis peu en France et qui va nous faire découvrir sa culture, son voyage et son intégration. Un récit réellement touchant puisque cet enfant attend des nouvelles de sa mère, qui n’a pas pu fuir en même temps qu’eux…

Cette collection sur l’intégration d’enfants en France est vraiment très bien construite. A la fois documentées et illustrées, les histoires sont touchantes. Une histoire inventée, basée sur la réalité, qui permet aux enfants de mieux comprendre le parcours de cette génération d’immigrés.
Le vocabulaire reste un peu difficile, à cause de tout le vocabulaire vietnamien, mais l’histoire est simple et plait aux jeunes.

Bonne nouvelle cette collection grand format et assez cher s’est refait une beauté en poche, et pour 4,95€ il faut absolument la mettre à disposition des adolescents ! On y trouve donc ce titre mais aussi Le cahier de Leïla, autour de l’Algérie.

 + Challenge Je lis aussi des albums 2014 + Challenge YA#3

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Un ami en danger – Isabelle Giafaglione

Roman pour adolescents

Un ami en danger

Isabelle Giafaglione

Ed. du Jasmin, 2012
9782352840763, 14,00

 

Thèmes : Marseille, divorce, journaliste, enquête, sans papier, clandestin,

 

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A peine Alexis a-t-il mis le pied à Marseille qu’il déteste la ville. Des bagarres au fond de la cour au trafic de drogue, du racket à la criminalité organisée, des transports en commun au minuscule appartement où il doit vivre avec sa mère et sa tante, tout l’éloigne du confort auquel il était habitué avant le divorce de ses parents. Alors qu’Alexis découvre peu à peu la gentillesse et l’humour cachés derrière le sarcasme de ses camarades, sa vie bascule : l’un de ses amis, un jeune Moldave sans-papiers, disparaît.
Alexis découvre alors les difficultés et les menaces qui pèsent sur des immigrés en quête d’une vie meilleure, une réalité qu’il ne soupçonnait pas.

mon avis  critique

Alexis n’est vraiment pas fait pour vivre à Marseille, mais on ne lui laisse pas le choix. Suite à la séparation de ses parents il doit dire adieu au chic de son lycée français à l’étranger pour un lycée marseillais beaucoup moins accueillant.

La jeune maman qui fait la manche dans les couloirs du métro est venue volontairement à Marseille, elle, mais elle ne s’attendait pas à ça…

Alexis, fil conducteur de cette histoire va découvrir Marseille, se faire de nouveaux amis et se lancer dans une enquête journalistique qui conduira le lecteur à voir l’envers du décor. Cette femme croisée dans le métro, mais surtout son ami Moldave, recherché par la police, qui disparaît, voilà de quoi faire réagir Alexis. Les sans papiers, les réseaux clandestins, la détresse humaine. Des extraits de journaux rythment d’ailleurs la lecture, la rendant plus tangible encore.

Un roman poignant sur un thème intéressant, qui mêle vie marseillaise et amité. A découvrir et faire découvrir car le ton devrait toucher aussi les adolescents. Dommage tout de même que la couverture, comme souvent aux Editions du Jasmin, ne soit pas plus attrayante.

Logo Lystig+ Challenge YA#2
+ Challenge Vivent nos régions – Marseille
+ Challenge Thriller

 

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Danbe d’Aya Cissoko et Marie Desplechin

Danbe

d’Aya Cissoko et Marie Desplechin

Roman adolescents / adulte

Calmann-Lévy, février 2011
9782702141755, 15€

Thèmes : Immigration, Intégration, Boxe, Volonté, Famille

Une petite fille immigrée grandie heureuse à Ménilmontant, frappée par une série de deuils familiaux, devient championne de boxe puis étudiante à Sciences Po : le parcours hors du commun d’Aya, raconté avec force et justesse par Marie Desplechin.
Danbé est le résultat d’une longue conversation entre Aya Cissoko et Marie Desplechin. Quand elles se sont rencontrées chez des amis communs, le projet d’écrire une « vie d’Aya » était déjà ancien ; Aya en avait posé les grandes lignes sur le papier. Il pouvait sembler curieux, voire prématuré, de se lancer dans un récit autobiographique, quand son auteur avait tout juste une petite trentaine d’années.
Mais son destin à la fois exemplaire et particulier justifiait la démarche. Fille de parents maliens venus d’un village pour s’installer à Paris, Aya connaît les conditions de vie difficiles d’une famille pauvre et déracinée.

Mon avis
Cette autobiographie est menée de mains de maître par Aya Cissoko et Marie Desplechin. J’avoue bien volontiers que c’est le nom de Marie Desplechin, auteur jeunesse que j’affectionne, qui m’a poussé vers ce livre. Je ne connaissais pas du tout Aya Cissoko… et tant mieux finalement, car j’ai pu découvrir son histoire petit à petit, au fil des lignes. Je suis entrée tout entière dans ce récit, j’ai eu peur, j’ai eu les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres, envie de crier… mais surtout l’envie de tourner les pages, de continuer à découvrir ce destin si particulier, tellement plein de force et de dignité.
Un parcours exemplaire ? Pas vraiment en fait, et je ne le souhaite à personne, sauf que ce sont ces épreuves qui ont fait d’Aya Cissoko une femme aux talents multiples…

Dans ce livre nous découvrons la France, et Paris, sous les yeux d’une petite fille, puis d’une adolescente qui n’a pas choisi de vivre là où elle vit, mais qui s’y adapte. Alors non ce n’est pas un roman sur les « quartiers », pas vraiment, mais ce qui y est évoqué est intéressant, car même dans les situations dramatiques, il y a des lueurs d’espoir. « L’avantage » d’une autobiographie contrairement à un roman, c’est qu’on ne peut rien épargner au personnage principal… Même si ce récit est celui d’une réussite, multiple d’ailleurs, ce n’est pas que cela, il y a aussi les trous noirs, les difficultés, la pauvreté, la mort… Le tout est superbement maitrisé, car on ne tombe jamais dans le pathos. Un témoignage admirable d’une jeune femme qui continue d’avancer, et de réussir!

Alors un grand bravo à Aya tout d’abord, pour cette force, cette leçon de vie, et ses réussites… et mes félicitations à Marie Desplechin aussi, qui a prêté sa plume et son talent à ce récit! Une autobiographie qui est à lire, à transmettre, et à faire lire, notamment aux adolescents, mais pas que!

Une rencontre a eu lieu à Paris, certains adolescents vont avoir la chance des les rencontrer (c’est ça aussi d’avoir 2 supers nanas comme profs :)
L’avis plus qu’enthousiaste de Stephie, qui a en plus assisté à la rencontre parisienne. Mais aussi les avis de Noukette, Constance93, et Chiffonnette !

Extrait :
 » Grandir enfant français de parents africains donne un regard particulier sur l’Histoire, un regard ironique, un peu méfiant. Je ne sais pas si l’Afrique a un problème avec l’Histoire. Mais je suis à la bonne place pour constater que l’Histoire a un problème avec l’Afrique. »

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