C’était écrit comme ça de Didier Jean et Zad

https://utopique.fr/1466-large_default/c-etait-ecrit-comme-ca.jpgC’était écrit comme ça

de Didier Jean et Zad

albums enfants /adolescents

Editions 2 vives voix
Collection Bisous de famille

Thèmes : Seconde guerre mondiale, famille, bonheur, et si…

 

La journée aurait dû commencer très simplement.
Les volets se seraient ouverts.
On aurait humé l’air, du haut des balcons.
On aurait enfilé les jupes et les caleçons…
préparé la chicorée.
On se serait disputé, ou embrassé.
Mais le 9 juin 1944, un compte à rebours avait débuté quelque part.

Cet album pour enfants est construit autour d’un et si… Vous savez celui qui permet de mettre Paris en bouteille ?!

Ici c’est la fin de la seconde guerre mondiale et l’auteur imagine deux possibilités parallèles :
d’un côté la vie, le bonheur, une famille qui s’agrandit
de l’autre la guerre, les allemands qui décident de faire le ménage…

Des pages colorées, du texte inclus dans des illustrations pleine page pour tout le côté bonheur. Des pages blanches, des illustrations sombres, terribles pour les atrocités. Des mots simples, des situations tout aussi simples et pourtant des mots durs, des situations tragiques. On se prend dans cette histoire, on a envie de rester sur les belles illustrations, de sauter une page sur deux…

Raconté par un enfant, le ton est poignant et malheureusement c’est une histoire réelle mais peu connue, sauf en Corrèze.

Un bel album avec des illustrations réalistes et texturées, un monde et une histoire à redécouvrir, pour ne pas oublier. Mon seul regret la présentation de début de livre, qui nous dit que cette histoire est un peu fausse, puisque l’enfant est né. Je pense que ce passage aurait plus sa place à la fin, avec la post face documentée très intéressante, car elle risque de décontenancé les jeunes lecteurs qui vont devoir déjà naviguer entre cette histoire et son et si… Cet album fait suite à un travail de recherche, de témoignage, et cela se sent.

Assez difficile de thème cet album est conseillé à partir de 10 ans, je pense en effet qu’en CM2, au moment où le programme d’histoire aborde ce thème, c’est le bon moment pour le lire. Mais en collège aussi car les illustrations ne font pas du tout pour petit et que cette histoire peut intriguer et lancer un débat intéressant.

Time Riders 1 d’Alex Scarrow

 Time Riders 1

d’Alex Scarrow

roman de science fiction pour adolescent

Nathan, janvier 2012
9782092536865, 15€50
428 pages

Thèmes : voyage dans le temps, seconde guerre mondiale, adolescence, technologie.

Ne jouez pas avec le temps

Lors de mon séjour à Liverpool j’ai croisé Alex Scarrow dans toutes les librairies. Enfin pas lui, ses livres. Et la tentation était grande, mais le poids de ma valise a su m’arrêter j’ai su me controler, d’autant plus qu’il m’attendait en français sagement à la maison… Une fois rentrée c’est donc le premier livre que j’ai ouvert… et je l’ai dévoré!

Liam, Maddy et Sal sont trois adolescents d’époque très différentes. Plus d’un siècle les sépare pourtant c’est ensemble qu’ils vont former une équipe de Time Riders. Des gardiens du temps tout frais débarqués de leur vie d’avant, formés sur le tas et déjà obligés de remplir leur mission : sauvegarder le passé pour protéger le futur.
Vous l’aurez deviné ce livre est construit sur les voyages dans le temps, idée toujours intéressante mais souvent difficile niveau paradoxe temporel. Dans un futur proche de nous une machine a été construite qui permet de voyager dans le temps, mais parfois changer un seul petit événement du passé peut tout changer en 2001, là où se trouve nos héros.

J’aime beaucoup les voyages dans le temps, les paradoxes que cela peut entrainer et l’apprentissage du passé que cela inclut souvent. Ici cela m’a paru un peu classique au premier abord, puisque nous retournons en 1941, au coté d’Hitler. Pourtant le point de vu adopté est intéressant. L’auteur sait se servir des événements réels mais sans tourner cela en leçon d’histoire. Il construit un monde et une intrigue qui se tiennent en gérant d’une main de maître les élèments du temps, malgré une ou deux facilités que j’attribue surtout à l’âge des lecteurs visés par ce roman.

C’est donc un roman entrainant avec une histoire qui s’achève à la fin de ce tome, bien qu’une partie de l’intrigue existe encore, suffisamment pour nous faire attendre le tome 2 sans un sentiment terrible de frustration. Je regrette cependant la distance prise avec les personnages, notamment les deux personnages féminins Maddy et Sal. Les points de vue et les époques alternent, nous voyageons, mais je n’ai pas réussi à m’attacher à elles, même avec le journal de Sal cela m’a paru trop distant. C’est un événement survenu vers la fin du récit qui m’a permis de m’en rendre compte. Aucune émotion. [je ne peux pas vous en dire plus bien sûr…]

Mais l’action est là et comme je l’ai dit elle repose sur une bonne intrigue, j’espère donc que les personnages se développeront dans les tomes suivants, prévus en mai 2012 (une plongée au temps des dinosaures) et en septembre 2012 (sur les traces de Robin des Bois – j’ai hâte!)

Une série qui va plaire aux garçons !
(et aux filles mais ce n’est pas pareil, les filles, elles, aiment beaucoup plus de chose dans la littérature de jeunesse actuelle… elles lisent plus aussi!)

+ Ce roman sort aujourd’hui 5 janvier! Plus d’informations sur le blog Nathan Lire en Live!

+ une série qui me fait un peu penser aux Conquérants de l’impossible de Philippe Ebly (Bibliothèque Verte – Degliame) que j’ai lu ado

logo mois anglais.jpg

+ le site de la série (en anglais) – 4 tomes parus, un 5ème prévu en février!

+ les avis de Mylène, Héclea, Simi, Archessia, Setsuka, EverbookPhooka, Naminé, Mya

+ Nous aurons rarement vu aussi tiré par les cheveux mais impossible de remettre la main sur mon brouillon d’avis pour un livre sur les maths dans le cadre de ma LC avec Liyah sur les sciences, c’est donc ce livre de SCIENCE fiction qui fera office, puisqu’il y a des inventions, des ordinateurs et tout et tout… pitoyable je sais! Chez Laurie c’est mieux il y a Science à Croquer!

+ Encore un auteur anglais… et très gentil en plus, qui a même pris le temps de lire et commenter cet article (thank you so much!), j’ai maintenant hâte de retrouver Maddy et Sal pour apprendre à mieux les connaître!

 

Je marchais malgré moi dans les pas du diable

Je marchais malgré moi dans les pas du diable

de Dorothée Piatek

 

Roman historique jeunesse

 

Petit à Petit, 2006
9782849490167, 10€
167 pages

Thèmes : Histoire, Seconde Guerre Mondiale, Alsace, propagande hitlérienne

Eté 1939 en Alsace.
François n’a que 15 ans lorsque Strasbourg est menacée d’invasion par l’armée allemande. Pour protéger la population, le gouvernement organise l’exode des familles alsaciennes vers le sud de la France. Hélas, quand la guerre éclate, les expatriés n’ont d’autres solutions que de rentrer chez eux.

Dorothée Piatek nous livre une histoire émouvante sur un pan de l’histoire souvent méconnu : la seconde guerre mondiale, mais vu par un jeune alsacien, obligé de fuir vers le Périgord, puis obligé de devenir allemand…

François est un personnage attachant qui nous conduit à nous interroger sur cette période, cet endroit, dont on entend si peu parler, notamment dans la littérature jeunesse. François mûri tout au long de ce livre, il devient homme, avec des pensées très matures malgré un reste de regard d’enfant. C’est un peu gênée que j’ai découvert son histoire, que je suis entrée dans son monde. Gênée de ne rien savoir de cette Histoire là, de n’y avoir même jamais pensé.

Si le roman en lui même est un brin trop didactique, avec ses chiffres par exemple, il nous permet de nous confronter aux événements, aux lieux, à la réalité. Idéal donc pour apprendre à connaître cette période mais aussi et surtout une très belle lecture car l’histoire est très humaine, touchante et permet de voir les différents aspects des personnages : amis, voisins, juifs, adolescent, déserteur, pro hitler, allemand… Tous ces personnages se côtoient et se mélange parfois, créant une belle fresque historique, bien que triste. Une belle histoire d’amour, et beaucoup d’amitié parsème ce roman, ajoutant de très belle façon l’aspect “adolescent” ce qui touchera sans doute les jeunes lecteurs. A la fin du livre j’ai été assez frustrée de cette fin, et pourtant tout est dit, et le roman n’en parait que plus réel…

Livre-voyageur.gifMerci à Emmyne d’avoir fait voyager ce livre, l’occasion d’une belle découverte… Un roman lu dans le train en allant au Salon de Montreuil… et l’occasion de boire un café pour le rendre ;)

+ L’avis d’EmmyneStephie, Noukette, Saxaoul, Liliba

Extrait :

“Nous, Alsaciens, rentrions au pays en laissant derrière nous nos frères juifs et tziganes. Tous ceux que Hitler qualifiait d'”éléments indésirables”. J’étais donc, moi, François Cellier, fils d’un modeste boulanger, assez “pur” pour rentrer à Strasbourg. Je ne comprenais rien, je ne comprenais pas… ou pas encore.”

Je me souviens, Rebecca de Nathalie Somers

Je me souviens, Rebecca

de Nathalie Somers

Roman historique pour adolescents

Nathan, août 2011
(Poche Histoire), 222 pages
9782092532287 , 5€50

Thèmes : Seconde Guerre Mondiale, Résistance, Chambon-sur-Lignon, adolescence, amour

Présentation de l’éditeur :

André vit au Chambon-sur-Lignon, village du Massif central où, en pleine Seconde Guerre mondiale, la population cache des réfugiés juifs.
Un jour, une jeune fille à l’étincelante chevelure rousse arrive dans sa classe. Elle dit s’appeler Simone, mais André devine vite que c’est un faux prénom, qui dissimule son origine juive. Dans l’espoir de la voir plus souvent, il décide alors de devenir messager pour un chef local de la résistance, chez qui la jolie nouvelle est logée…

Mon avis :

Le Chambon-Sur-Lignon, centre de ce roman, se situe à quelques kilomètres de chez moi, autant dire que j’étais séduite d’avance !

En pleine Seconde Guerre Mondiale nous suivons André, adolescent d’un famille nombreuse que la guerre ne touche pas vraiment. En zone libre, ils étaient pauvres, ils sont pauvres. Pourtant il n’ignore rien de ce que le pasteur organise dans leur village. Ces gens et enfants qui vont et viennent… ces juifs…

Un jour pourtant, grâce à une tignasse rousse, André va s’impliquer dans la résistance. Il connaît le plateau, sait où se cacher, comment aller plus vite que par les routes… L’histoire d’un adolescent qui se construit, d’un village qui résiste, de l’amour aussi.

C’est bien écrit car on ne s’appesantit pas sur les situations difficiles ni sur la guerre. Elle est là, toujours, il faut la combattre, mais nous ne sommes pas sur le front. Une histoire d’ado, pour les ado, touchante, qui nous entraine dans la froideur de l’hiver du plateau.
Un texte intéressant pour le devoir de mémoire, car il y apporte la légerté brisée de l’adolescence. Seul le dernier chapitre m’a paru superflu, mais finalement avec le recul, connaître la fin, c’est bien aussi.

Ce texte a un écho particulier ici, dans la Montagne. Parce qu’André et Simone aurait pu exister. Parce que le Chambon-Sur-Lignon a vraiment résisté ainsi. Parce que j’ai rencontré des résistants altiligériens marqués par cette guerre. Parce que même notre collège porte le nom d’un de ces résistants. Que la plaque commémorative existe vraiment aussi… A noter que la famille de l’auteur a vécu cette histoire, c’est sans doute pour cela que le Plateau est si bien décrit, jusque dans son climat…

Extraits (pour que vous compreniez mieux le temps qu’il fait chez moi, et la beauté des paysages)
“Tout en fermant un bouton de sa veste, André Durand se dit que cette matinée de juin n’avait rien d’estival. Cela ne le surprenait guère cependant. Pour un natif du Chambon-Sur-Lignon comme lui, le climat du Plateau n’était plus un mystère. Il savait depuis longtemps qu’il ne fallait jamais se fier au calendrier pour choisir sa tenue vestimentaire. “En avril ne te découvre pas d’un fil. En mai fait ce qui te plaît” Eh bien, non ! Par ici, même en mai il ne vous était pas permis de faire ce qui vous plaisait ! Pas plus d’ailleurs en juin, juillet ou août, car la météo était capricieuse, et la nature avait toujours le dernier mot.”
“Il aimait ce pays, cette région du Plateau située à la limite du Velay et du Haut-Vivarais, que les gens d’ici appelaient “la Montagne”. Il aimait sa nature encore sauvage, le parfum de sa terre fraichement labourée et le gargouillement des ruisseaux qui venaient grossir le Lignon. Même si parfois la vie y était dure, il trouvait sa récompense dans le sentiment d’intense liberté que le Plateau lui offrait. […]
André aussi aimait la Montagne, mais […] il devait bien l’admettre il rêvait d’une vie moins rude et d’une nature moins indomptable. Le froid qui vous gelait les orteils d’octobre à avril […] et que dire des congères de neige qui atteignaient parfois deux mètres de haut ?”

+ pour en savoir plus sur cette histoire, et ce que l’on en fait aujourd’hui…

+ L’avis d’Argali

+ Sur la seconde guerre mondiale : L’envolée sauvage, La mouette, et Etranger à Berlin (non exhaustif, juste quelques livres jeunesse sur mon blog…) mais je vous conseille aussi l’album Otto de Tomi Ungerer, et les romans de Yael Hassan, dont le garçon qui détestait le chocolat, c’est un crime de ne pas vous en avoir déjà parlé, je le garde pour un jeudi de Ronde des Livres Ces livres dont je n’ai pas parlé!

+ Des challenges :

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :