Un visage d’ange – Lisa Ballantyne

Roman adulte
littérature étrangère
anglais

Un visage d’ange

de Lisa Ballantyne

traduit de l’anglais
par  Anne-Sylvie HOMASSEL

Belfond, juin 2013
22 € – 408 p.

Sur le site de l’éditeur

          Daniel Hunter est un jeune avocat londonien. Le voici avec une nouvelle affaire bien difficile. Sébastian Croll, onze ans, issu des beaux quartiers londoniens, est soupçonné d’avoir battu à mort son petit camarade de huit ans, Ben Stokes. Sebastian clame son innocence et c’est à Daniel de le défendre.

         Une histoire qui fait froid dans le dos que celle de ce petit Sébastian et de son camarade Ben. Que croire dans cette affaire ? Ce n’est pas l’enquête que nous allons suivre mais la préparation du procès puis le procès du jeune Sébastian. Un procès qui permet de découvrir les témoins, et avec eux des témoignages variés. Étrangement on a beaucoup de mal à se faire notre propre opinion dans cette affaire et le comportement de Sébastian avec son avocat n’arrange rien. Pourtant il semble si fragile, et surtout il a une vie de famille qui ne semble pas toute rose… Que décideront les jurés ?

         Cette histoire est doublée en alternance de l’histoire de Daniel Hunter et c’est véritablement celle ci qui m’a intéressé dans ce roman. Jeune garçon à la mère toxicomane Daniel est envoyé en famille d’accueil chez Minnie, une vieille femme bien particulière. Dès le début du roman on sait qu’il lui en veut terriblement, sans savoir pourquoi. Au fil de ses souvenirs on va découvrir son enfance et son adolescence, tout ce qui fait qu’il est celui qu’il est aujourd’hui, cet avocat qui défend Sebastien Croll.

La fin apportera les réponses, mais finalement, voulait-on ces réponses ?

Une histoire poignante mais à double tranchant qui permet de découvrir deux enfants malmenés par la vie. Un tableau particulièrement poussé de la violence et de la justice, dans un monde en perte de repères. 

 

+ Un roman qui se déroule en grande partie à Londres, pour le Mois Anglais chez Lou et Titine

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1Q84 Livre 1 de Haruki Murakami

1Q84

Livre 1 Avril Juin

de Haruki Murakami

roman adulte, littérature japonaise

Belfond, 2011
9782714447074, 23€
500 pages

Une lecture commune avec Mohamed du blog Sème Un Acte.

Présentation de l’éditeur :

Le passé – tel qu’il était peut-être – fait surgir sur le miroir l’ombre d’un présent – différent de ce qu’il fut ? Un événement éditorial sans précédent.
Une oeuvre hypnotique et troublante, un roman d’aventures, une histoire d’amour, deux êtres unis par un pacte secret. Dans le monde bien réel de 1984 et dans celui dangereusement séduisant de 1Q84 va se nouer le destin de Tengo et d’Aomamé…

Mon avis :

Quel étrange roman… Nous voici plongé au coeur de Tokyo, en 1984 -ou presque- avec toutes les thématiques de l’époque, suite aux grandes quêtes idéologiques des années 70.
Nos deux personnages principaux sont bien différents. Tengo est professeur de mathématiques et écrivain. Aomamé, dont j’aime beaucoup et le prénom et le personnage est une jeune femme très active, professeur de self combat et … tueuse. Deux personnages étranges, marqués par le passé, en quête d’eux même et en quête de prise sur le monde qui les entoure.  Ils doivent se rencontrer, on l’imagine, on le sent… mais comment ?

Entre réel et fantastique ce roman nous amène à de nombreuses questions, tant dans la construction de soi que sur le monde qui nous entoure. Faille, distorsion… un monde entremêlé, une secte, des meurtres, des livres…

1Q84, la référence à 1984 est évidente… et encore plus en japonais puisque j’ai lu que le Q se prononce comme le neuf… Référence à 1984 et Orwell, et référence à mon année de naissance, il fallait donc absolument que je le lise :)

Dans ce roman j’ai trouvé le tout début assez long finalement, intéressant, mais la mise en place des personnages ne m’a pas tout de suite convaincue. Heureusement le dynamisme de l’histoire était déjà présent, et rapidement les pages sont passées, de plus en plus vite, avec un petit creux, mais au final une seule envie : lire la suite! Je reste tout de même sur ma définition de roman étrange, car H. Murakami nous promène dans des mondes dont on ne sait pas bien s’ils sont réels ou non, des gens qui ne se trouvent pas…

Les thèmes sont forts, je ne veux pas trop en dévoilé, mais il y a vraiment beaucoup de choses dans ce roman, même de la politique, mais là je suis un peu trop éloignée du Japon pour comprendre les nuances. Au final j’ai eu assez souvent cette impression d’incompréhension, comme si ce roman gardait sa part d’ombre et de mystère. Des questions, beaucoup de questions donc!

Au niveau de l’écriture j’ai lu que ce roman était plus accessible que ces précédents, je ne suis pas vraiment sûre, en tout cas j’ai trouvé certaines descriptions assez poussées plus que dans la majorité des romans contemporains. La plume est poétique et agréable, et j’ai apprécié cette apparente lenteur qui nous portait plus avant encore dans cette intrigue et cette étrangeté…

Allons maintenant lire l’avis de Mohamed, spécialiste en développement personnel, donc le regard sur ce livre promet d’être intéressant…

 

 

 

 



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La Onzième Heure d’Isabelle Pestre

La Onzième Heure

d’Isabelle Pestre

Premier Roman – Adulte – Rentrée Littéraire

Belfond, 2011
9782714450012, 17€

Présentation de l’éditeur :
Comme chaque année Lisbeth, 11 ans, passe ses vacances au bord de l’océan, en Charente- Maritime. Enfant lourde et pensive, elle ennuie Alice, sa mère, et ne suscite qu’indifférence chez son père. Livrée à elle même, Lisbeth rencontre un jour Misha, un immigré albanais. Le jeune homme puise du réconfort dans l’affection que lui porte Lisbeth. Et l’enfant est heureuse qu’on s’intéresse à elle.

Mon avis :

Il ne m’aura pas fallu plus de trois pages pour m’attacher à Lisbeth, pourtant je ressors de ce roman plutôt troublée.

Une famille où le dialogue est absent, des tranches de vie, une enfant pas vraiment désirée, un peu délaissée. En vacances au bord de la mer, livrée à elle même, elle vagabonde sur la plage, et rencontre  Misha. Cet émigré à l’histoire trouble lui adresse la parole, la regarde, et cela suffit pour elle.

Lisbeth est un personnage terriblement attachant, qui rend ce roman touchant. Les héros mal-aimé me plaisent toujours, ils ont cette façon de voir le monde tellement troublante, et tellement d’espoir en eux. C’est avant tout pour ne pas déranger que Lisbeth, qui a seulement 11 ans, se rend à la plage. C’est aussi pour ne pas déranger qu’elle ne se fait pas d’ami. Mais avec Misha c’est différent. Lui aussi est seul. Rejeté. Montré du doigt par la société. Alors ensemble ils vont refaire le monde, doucement. Pourtant un jour le monde extérieur les rattrape…

Ce sont les non-dits qui font de ce roman une véritable réussite. L’écriture est maitrisée, elle est belle, et surtout elle ne nous laisse imaginer notre version des rencontres. Entre celle que l’on lit du côté de Lisbeth et les certitudes des adultes. Avec tout le mystère que cela engendre. Avec aussi des secrets du passé qui ressurgissent. La peur des autres, de l’étranger. Dans l’enfance, puis à l’âge adulte. Car nous allons suivre Lisbeth, à coup de grande ellipse, pour découvrir ce qu’elle est devenue, et ce que cette histoire a laissé en elle.

J’ai tout aimé dans ce roman, les personnages, les lieux, l’histoire mais surtout la mélancolie qui se dégage de beaucoup des situations. Parmi les personnages une vieille dame m’a particulièrement touchée, avec son comportement décalé, son abandon à elle aussi… ça sonne juste, tout simplement.

La force principale de ce roman c’est sa façon de nous faire réfléchir et douter, à tel point qu’on ne peut pas vraiment en vouloir aux personnages qui séparent Lisbeth de Misha. Parce que nous ne savons pas ce qu’il en est, parce qu’on se demande, parce qu’elle n’a que 11ans. Je pense que non, on pense que non ? Et pourtant la peur de l’étranger fait que les adultes se rendent finalement compte de l’existence de Lisbeth… Je ne peux pas vous en dire plus, j’en ai déjà dit beaucoup… mais je pense que c’est dans nos esprits que s’écrit cette histoire, chacun à sa façon.

Et voilà. Sauf qu’en fait non, au lieu de s’arrêter là, sur ces questions en suspens, l’auteure décide de continuer. De faire un saut dans le temps, et de nous livre Lisbeth à l’âge adulte, de nouveau confrontée à la peur de l’étranger. Ces trente dernières pages ne m’ont pas plu. Du tout. Parce qu’elles ne m’ont pas laissé dans la nostalgie, qu’elles ont coupé mes pensées. Tant pis.

Le titre La Onzième Heure semble comme ça sans rapport, mais il est expliqué dans le livre, et rappelé ici par l’auteure elle-même dans une interview (ici) :

« La parabole des ouvriers de la onzième heure est transmise par Matthieu ; c’est la dernière des paraboles avant que Jésus ne rentre à Jérusalem pour y être condamné et exécuté. Elle raconte comment un maître de maison, dès le matin, embauche des ouvriers pour une journée de travail dans sa vigne. Au cours de la journée, à trois reprises, il offre du travail et un « juste salaire » aux hommes qui attendent. Et, à la onzième heure, l’avant-dernière heure, donc, il sort à nouveau, questionne ceux qui sont là et leur propose d’entrer dans la vigne pour y travailler à leur tour. Au soir, le maître ordonne à son intendant de payer tous les ouvriers, en commençant par les derniers. À chacun est donné, même aux ouvriers de la onzième heure, le salaire d’une journée complète. « Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers derniers. »
Dans mon livre, je m’arrête en deçà : la vie de Lisbeth pourrait correspondre à l’attente de ces ouvriers au chômage, à ce vide qu’ils traversent, aux questions qu’ils se posent et que chacun, me semble-t-il, peut se poser. Qu’attendons-nous, sinon un événement qui nous permette d’exister et de nous révéler ce que mystérieusement nous sommes ? « 

Pour finir une remarque idiote, quel est l’intérêt d’ajouter un bandeau  papier sur les livres (ici avec le nom de l’auteur). Quand ils ont eu un prix littéraire, je comprends, pour accentuer le nom d’un auteur connu, pourquoi pas. Mais quand il s’agit d’un premier roman ? Alors bien sûr on est content de connaître la tête de cette auteure -Isabelle Pestre- mais la photo se trouve déjà sur la 4ème de couverture. Grande interrogation donc, que je vous transmet… Prêtez-vous attention à ces bandeaux de couleur ? Vous incitent-ils à acheter le livre ? Dans le cas présent d’un premier roman, ne trouvez-vous pas cela plutôt trompeur ? J’aurais préféré pour ma part un bandeau 1er roman, voir pas de beandeau du tout, la couverture (que je trouve d’ailleurs très belle) se suffisant à elle-même.

Un roman que j’ai beaucoup aimé, et que je vous conseille, malgré cet écueil des dernières pages…

Merci à Abeline des Chroniques de la rentrée littéraire et aux éditions Belfond pour cet ouvrage, lu début juillet!

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