Sables émouvants – Nouvelles ado

SablesNouvelles
Ados / Adultes

Sables émouvants

Jean-Luc Luciani

Le Muscadier (2018)

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Sables émouvants est un recueil de 7 nouvelles. Si j’ai beaucoup aimé les 3 premières, très percutantes, les autres ne me laisseront pas un souvenir impérissable. Certaines nouvelles sont assez dures, laissant même une impression de malaise…

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1) Burn(es) out

Amandine Lebrun a écrit un livre « Comment répondre aux questions de vos enfants sur la sexualité ? » Invitée à aller répondre aux questions de 5 ados dans une cité, elle va passer un drôle de moment ! Une histoire qui met une claque et ne peut laisser indifférent…

2) Daesh everywhere

Nous suivons un journaliste dans son enquête sur une secte où les gens qui y entrent s’engagent à se suicider dans les 30 jours. Terrible. Et le pire, c’est que ça pourrait exister…

3) Positif

Attendre les résultats d’un test, c’est souvent angoissant. Mais quand le résultat peut bouleverser votre vie… Une nouvelle très courte (3 pages) dont je ne dirais rien pour ne pas risquer de dévoiler l’histoire. Sinon que je l’ai bien aimée !

4) Pauline se pose des questions

Elle en pose surtout beaucoup à son ami ! Une nouvelle beaucoup plus soft.

5) Des débuts prometteurs

Écrire, pour le plaisir ou pour l’argent ? Celle-ci ne m’a pas convaincue.

6) Un si doux secret

L’amour : ça vous tombe dessus sans qu’on s’y attende… La chute m’a amusée !

7) Dinde de Noël

Un homme en galère trouve un job pour les fêtes de Noël. Il doit être déguisé en Père Noël et faire des photos avec les enfants. J’avoue ne pas avoir compris l’intérêt de celle-ci…

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Sur le site de l’éditeur, vous pourrez lire le début de la nouvelle « un si doux secret« .

Du même auteur, nous vous avons déjà présenté 3 romans : Même pas cap !, Et à la fin, il n’en restera qu’un, Station sous-paradis

D’autres recueils de nouvelles parus dans cette collection : Jours de neige, Jours de soleil, Sur le dos de la main gauche, Le 9ème continent, Orient Extrême

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La tresse – étapes indiennes 2 – LC

tresseRoman Ado/Adulte

La tresse

Laetitia Colombani

Grasset & Fasquelle (2017)

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Avec la tresse, nous partageons le quotidien de trois femmes. Trois femmes de pays éloignés et de conditions sociales très différentes.

Il y a d’abord Smita l’indienne. elle vit avec son mari et sa fille dans le village de Badlapur. Ce sont des « Dalits », des intouchables. Smita ramasse la merde des gens du village à mains nues. Son mari, lui, chasse les rats dans les champs. Il n’est pas payé pour ça, mais peut conserver les rats qu’il attrape pour nourrir sa famille. Smita a un rêve. Elle veut que leur fille, Lalita, aille à l’école pour apprendre à lire et à écrire. Pour échapper à son destin (prendre la suite de sa mère), pour avoir une vie meilleure. Mais en Inde, on ne change pas de statut comme ça.

Giulia travaille dans l’entreprise de son père en Sicile. Ils récupèrent, lavent, peignent, décolorent et teignent des cheveux pour en faire des perruques. Quand elle ne travaille pas, Giulia passe son temps à lire. Une vie simple et heureuse, jusqu’au jour où…

Avec Sarah, nous nous retrouvons à Montréal, Canada. Elle a une vie très organisée, planifiée et chronométrée. Mère de trois enfants, associée d’un prestigieux cabinet d’avocats, elle ne s’arrête jamais. Une machine bien huilée qui va pourtant se gripper…

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C’est un roman polyphonique.

A chaque chapitre, on change de voix, de personnage. C’est un livre qui se lit très vite et très facilement, même si les sujets abordés sont durs. On a envie de savoir la suite et de savoir si/comment/ où ces trois destins vont se croiser… Même si on s’en doute assez rapidement du lien qui « unit » ces 3 femmes. Mais ce n’est pas grave. Ce qui est important, c’est le courage et la ténacité de ces 3 femmes. Leur volonté d’aller de l’avant, leur façon de refuser un « destin » tout tracé pour elles.

Un livre qui parle de la place des femmes dans la société, de la façon dont on considère les personnes malades, du poids des traditions. Mais qui reste un livre léger et porteur d’espoir.

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Une lecture commune avec Hilde, Blandine, Kiona, Mya, n’hésitez pas à aller voir ce qu’elles en pensent !

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Lire le 1er chapitre sur le site de l’éditeur

Ce roman a reçu plusieurs prix : Prix Relay des voyageurs 2017 / Prix Ulysse 2017 / Prix Domitys 2018 / 1er prix littéraire de la FNABEH 2018 / Globe de cristal roman et essai 2018

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Voici ma 2ème participation aux étapes indiennes chez Hilde.

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Ronde des Livres – avril 2020

Voilà des années que je n’ai pas fait de ronde des livres, un format que j’appréciais pourtant pour parler rapidement de plusieurs livres, soit sur un thème, soit en bilan mensuel quand le temps me manquait… Je vais essayer de reprendre quelques rondes, notamment pour garder aussi une trace sur le blog des livres présentés sur Instagram, tant en article qu’en story ! Protection animale, harcèlement, Japon et fille-mère sont au programme aujourd’hui !

Blé noir | Gulf Stream ÉditeurBlé Noir d’Aurélie Wellenstein

Gulf Stream Electrogene 2019

Lilian est adolescent, hacker, il aide à distance pour la défense animale. Le hasard lui fera rencontrer Blé, une adolescente qui oeuvre pour la même cause mais de façon bien différente…

Blé noir est un roman surprenant, qui aborde des thèmes d’actualité, et notamment l’engagement contre les violences faites aux animaux, avec le prisme de l’adolescence. Le récit est construit de façon entraînante, et les deux personnages principaux permettent de se plonger réellement dans l’histoire grâce à leurs histoires personnelles.
J’ai particulièrement apprécié Lilian, ce jeune garçon aux parents aimants, qui va simplement décider de suivre son coeur et ses idées. Certains passages m’ont pourtant semblé moins pertinents et j’ai trouvé la façon d’amener le débat sur la condition animale parfois un peu trop violente, mais aussi moralisatrice.

L’auteur nous livre une aventure humaine forte et le fait que la fin ne soit pas idyllique permet de donner une réalité à l’ensemble.

 

Des bleus au cartable de Muriel Zurcher

Didier jeunesse, 2020

Zélie, Ralph et Lana entrent au collège, chacun avec leurs objectifs… Zélie est ravie d’avoir une amie populaire, et son amoureux d’enfance, Ralph dans sa classe. Pourtant quand Ralph pousse Lana, avec son cartable défraîchi, elle n’est plus sûre de devoir rire comme les autres. Dans ce romans des bleus au cartable on va voir comment se met en place une intimidation, un harcèlement, et surtout comment le public laisse faire. Comme souvent le harceleur a des excuses, mais j’ai aimé la façon dont tout cela est tourné dans le livre et la présence de Zélie, le troisième maillon du triangle du harcèlement apporte un regard qui manque trop souvent.

L’histoire est assez classique, avec une fin un peu simple, mais elle a le mérite de mettre en avant des personnages intéressants, pris dans une situation malheureusement courante. Des bleux au cartable permet de parler, encore car il n’y en a jamais trop, du harcèlement.

Si vous avez aimé Des bleux au cartable, vous aimerez sûrement : Bleu espoir de Cathy Cassidy

i love you so mochiI love you so mochi de Sarah Kuhn

Fleurus 2020

I love you so muchi est une adorable romance qui se cache dans un récit familial intercultural, entre États-Unis et Japon !
La jeune héroïne Kimiko part à la découverte de la culture de sa mère en rendant visite pour la première fois à ses grands parents au Japon (brouille familiale…) !
L’occasion de mieux comprendre la brouille familiale, de découvrir le Japon, d’y rencontrer un adorable japonais et ses mochis, mais surtout de se découvrir elle même car elle est complètement perdue avec son orientation scolaire !

Tout est sympathique pour les adolescents dans ce roman, tant la découverte du Japon que le côté passion, la douce histoire d’amour et les liens familiaux ! Une jolie histoire, un peu facile où tout est sans doute un peu trop beau pour être vrai, mais ça fait du bien !

D’ailleurs si vous ne connaissez pas les Mochi, ces patisseries japonaises à la texture surprenante, je vous invite à les goûter (on en trouve notamment dans les magasins Grand Frais !)

Si vous avez aimé I love you so mochi, vous aimerez sûrement continuer de découvrir le Japon avec Ueno Park d’Antoine Dole

Bamba d’Anne Loyer

Les éditions du Rocher, 2020

On pourrait croire que Bamba, vu son thème, serait plus dur que les précédents romans, et finalement c’est un roman lumineux. (attention petits spoilers par rapport à la situation de départ, mais impossible d’en parler sinon – la 4ème de couverture en dit d’ailleurs tout autant…)

Bamba aurait du avorter ou accoucher sous X, car cette adolescente voit bien que Noah, le père, n’a fait que passer. Mais Bamba décide de garder l’enfant. De partir, de se débrouiller seule, de travailler. Elle va louer une chambre un peu au hasard, selon ses moyens, et tomber sur un vieil homme bougon mais adorable. Ce qui s’annoncait alors comme une catastrophe devient peu à peu plus doux. Le lecteur découvre l’histoire de Bamba au fil des pages, mais surtout il la découvre elle et ceux qui l’entourent. Car après les premières pages, on la voit d’un mauvais oeil Bamba… mais peut être faut-il lui laisser une chance ?

Ce roman se lit d’une traite, d’un souffle, pour découvrir Bamba, Kylian, Paul. Au fil des pages, ils vont nouer des liens, et les lecteurs avec eux !

Si vous avez aimé Bamba, vous aimerez sûrement : Boys don’t cry de Malorie Blackman

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Ferrailleurs des mers – Roman SF

ferrailleurs

Ados / JA

FERRAILLEURS DES MERS

Paolo Bacigalupi

Au Diable Vauvert (2013)

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Un monde post-apocalyptique, non loin des côtes de la Louisiane ; des adolescents –visiblement très pauvres- luttent pour leur survie. Ce sont des ferrailleurs.

Ils travaillent sur des pétroliers échoués sur la plage, ramassant des métaux, de la ferraille pour gagner de quoi subsister. La vie est dure, ils vivent –survivent plutôt !- dans des sortes de bidonville avec parfois à peine de quoi manger. Ceux-là sont pourtant privilégiés car ils ont du travail ; d’autres doivent mendier ou se prostituer…

Un jour, un accident change la façon de voir les choses de Nailer. Et quand il fait une importante découverte, il ne peut se résoudre à faire « ce qu’il faudrait » pour s’en emparer…

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La 1ère partie de ce roman

Les 100 premières pages, avec la vie des ferrailleurs, leurs codes, leur travail, m’a beaucoup plu. On plaint sincèrement Nailer qui n’a d’autre famille qu’un père ultra-violent qui le bat régulièrement et on souhaite vraiment qu’il s’en sorte, qu’il accède à une vie meilleure.

Dans la seconde partie (Nailer a fait une découverte et il a fait un choix) je me suis sentie moins concernée par ce qui arrive aux personnages, j’ai eu l’impression d’une esquisse de roman et j’ai trouvé vraiment dommage que la dernière partie ne soit pas plus fouillée…

C’est vrai en particulier pour un des personnages, Tool, qui aurait mérité un peu plus d’attention, j’ai été vraiment déçue de sa « sortie », on aurait aimé en savoir plus sur lui et ses semblables.

La fin m’a également laissé un peu sur ma faim…

C’est peut-être dû au fait que c’est un roman « jeunesse ». Il ne fait que 300 pages, ce qui n’est pas énorme par rapport à la complexité du monde présenté.

Il n’en reste pas moins que j’ai passé un très bon moment, c’est un bon roman d’aventure/SF et j’attends la suite en poche (Les cités englouties, où l’on retrouve Tool) avec impatience.

« Les cités englouties » n’est pas vraiment la suite, mais ça se passe dans le même univers et on retrouve des personnages… Et il y a un 3ème et dernier tome à cette « série » : Machine de guerre.

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Ce roman a obtenu le prix Locus (2011) dans la catégorie « Roman pour la jeunesse ».

Pour lire le début, c’est par ici

Et j’ai toujours deux autres romans de cet auteur dans ma pal : La fille automate et

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