NEED : de quoi avez-vous besoin ?

NEED est un roman autour des dérives d’un réseau social. Captivant, avec un suspense permanent, il se révèle finalement presque angoissant…

needRoman de société / thriller pour adolescents dès 12 / 13 ans

NEED

de Joëlle Charbonneau

traduit par Amélie Sarn

Milan, 2016
320 pages
9782745975393, 14,90€

Désir : Envie de posséder un objet ou de réaliser un rêve.
Besoin : Nécessité de détenir quelque chose ou d’accomplir un acte essentiel à votre vie
De quoi avez-vous besoin ?

Quand le réseau social NEED est lancé, les lycées s’aperçoivent qu’il est facile d’obtenir ce qu’ils souhaitent : quelques invitations à des amis par mail, et on obtient le téléphone à la mode ou des places de concert. Mais quand tout le lycée est inscrit sur le réseau, les contreparties changent : laisser une boite devant chez quelqu’un, ajouter une commande dans le cahier de la boulangerie,… Rien de bien méchant, d’autant plus que nos lycéens ont beaucoup de besoins. Mais ne serait-ce pas plutôt des envies ? De petits secrets en contreparties sans gravité, des morts apparaissent.

Kaylee s’est mis tout le lycée à dos à force de les supplier de se faire tester pour donner un rein à son petit frère malade. Son seul ami Nate, pourtant populaire, l’aide à surmonter la double peine de la maladie de son petite frère et de l’abandon de son père. C’est peut être la seule qui a vraiment besoin de quelque chose, et ça pourrait tout changer.

NEED est un roman captivant, avec un suspense permanent, presque angoissant. L’alternance très fréquente des narrations permet de prendre conscience de l’ampleur prise par le réseau NEED, de la toile en train de se former, de ses conséquences, mais, surtout, de voir les réactions d’adolescents prêts à tout pour avoir une récompense.

Kaylee est le personnage principal, le seul d’ailleurs à parler à la première personne, et ce « je » la rend encore plus touchante et attachante. Les événements vont se précipiter et, rapidement, on aura peur pour elle. Les autres adolescents mis en scène le sont, pour la plupart, comme des victimes. Certains pourtant se révèlent peut à peu et cela fait froid dans le dos. Les personnages sont esquissés pour certains, fouillés pour d’autres, mais la narration à la troisième personne permet de mettre une certaine distance avec le lecteur et donc les actes qu’ils réalisent. L’horreur est là, mais on reste en partie à distance. De roman de société le récit dérive peu à peu à thriller… et cela est d’autant plus marquant ! Le côté psychologique du roman se dévoile peu à peu, amenant une part de réflexion pour le lecteur : besoin ou envie ?

Une intrigue parfaitement menée, qui fait de ce roman un vrai page turner. J’ai ouvert ce roman sur les réseaux sociaux avec ma casquette de professeur documentaliste, pour l’utiliser avec les élèves, mais je me suis laissée prendre à l’histoire et c’est la lectrice qui a refermé ce livre ! A tel point que je ne pense pas m’en servir avec les élèves, même si les pistes proposées par Kim (Les petits mots dits) sont intéressantes.


+ D’autres romans autour des réseaux sociaux :

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Père & fils : apprentissage de la paternité #manga

Père & fils est un manga touchant qui nous entraîne sur les routes du Japon, avec Torakichi, herboriste itinérant, et son jeune fils Shiro, dont il ne s’est jamais occupé. Vont-ils réussir à communiquer et à avancer ensemble ?

père & filsManga jeunesse – shonen

Père & fils

de Mi Tagawa

traduit du japonnais par Géraldine Oudin

Ki-Oon, 2016
9782355929526, 7,90€

*****

Dans un Japon traditionnel, Torakichi est herboriste itinérant. Il passe toute l’année sur les routes, à pied, pour rendre visite à ses clients. Il ne connaît donc pas beaucoup son fils, Shiro. Après le décès de sa mère, Shiro reste chez sa tante, et lui non plus ne connaît guère son père. Un jour pourtant, ils se retrouvent tous les deux, ensemble, sur la route. Torakichi est incollable en herbes médicinales mais il ne connait vraiment rien aux enfants… Alors quand son fils pleure la nuit, il est épuisé et se retrouve vite dépassé. Avec son métier très prenant, il ne fait que traîner son fils derrière lui, sans vraiment s’en occuper…

En suivant Torakichi sur les routes, on fait un beau voyage initiatique, et l’on rencontre de nombreux japonnais. Ces japonnais, avec leurs histoires, vont peu à peu aider Torakichi à devenir père.

Shiro est un enfant calme, qui suit son père aveuglement. Un petit bout d’homme, attachant, qui donne des fleurs à chaque Jizo* qu’il croise sur sa route. Une façon de penser à sa mère, et d’honorer son souvenir. Shiro est adorable, l’auteur le fait même passer pour un petit ange, qui ne dit jamais rien, ne fait jamais de bêtises… Son seul tort est de pleurer la nuit, quand il se réveille, empêchant ainsi son père de dormir; et d’être très curieux. Ce petit garçon, presque trop gentil, rend les difficultés de son père à s’occuper de lui encore plus flagrantes. Torakichi ne connaît vraiment rien aux enfants, et il est véritablement gauche dans sa façon de faire. Il va devoir peu à peu construire la relation père-fils. Mais Torakichi n’est pas si seul que cela. Sa soeur, dont on ne fait qu’entendre parler dans le premier tome, mais aussi et surtout ses clients réguliers et amis vont l’accompagner au fil de ce voyage d’apprentissage.

Ces rencontres, avec des personnalités variées, sont un réel atout dans ce premier tome, tant elles nous permettent de découvrir des histoires parallèles touchantes. Les clients de Torakichi sont bien campés, avec de vraies histoires personnelles, qui permettent peu à peu à notre héros de découvrir son rôle de père. Des personnages hauts en couleur, à l’image de ce père et de son fils, qui font en même temps découvrir l’herboristerie. Au gré des partages, des plantes nous sont présentées, dans des planches type herbier. Ajoutez quelques amours cachés, des événements tragiques, des fleurs et vous obtiendrez une belle histoire familiale, dont on a envie de découvrir la suite.

Les illustrations soignées mettent en avant la complexité des relations père & fils, notamment par des plans qui montrent la distance en Torakichi et Shiro, puis au contraire la tendresse qui existe entre eux. Les personnages sont expressifs, surtout Shiro qui est à croquer ! Mi Tagawa apporte aussi beaucoup de soin à ses arrière-plans, nous offrant des scènes de vies traditionnelles et des paysages qui nous font voyager.

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Sous sa très belle couverture colorée, Père & Fils cache un manga intemporel qui approfondit de façon très touchante les relations familiales. Un premier tome attendrissant, qui laisse présager de belles rencontres par la suite !

La couverture de Père & fils attire facilement mes collégiennes, mais je n’ai pas eu de demande pour le second tome pour le moment. Il faut dire que la philosophie qui se dégage de ce manga parlera sans doute plus aux 3ème et lycéens, qu’à mes gentilles 6ème du club manga. Les nouveautés sont toujours proposées en priorité aux élèves du club manga, il faudra donc attendre un peu pour savoir si mes grands collégiens accrochent…


* Jizo est, pour les Japonais shintoistes,  le protecteur des voyageurs et des enfants. Des petites statues, aussi appelées Jizo, se trouvent donc au bord des routes. Plus d’info sur Le routard.

jizo père & fils

Photo postée par Princesse Moon

+ La jolie bannière de présentation de Père & Fils par l’éditeur Ki-Oon :Résultat de recherche d'images pour "père & fils manga"

+ L’avis de Calypso

+ Participation à la Bd de la semaine, les liens chez Mo aujourd’hui !

L’Auberge de Nulle Part – Innocenti

AubergeL’Auberge de Nulle Part

J. Patrick Lewis & Roberto Innocenti

Gallimard (2002)

* * *

Par un morne après-midi, un artiste s’aperçut qu’il avait perdu son imagination. Mais était-elle juste égarée ou réellement perdue ? Lui, l’artiste, le peintre, qu’allait-il devenir sans elle ? Il décida donc de partir à sa recherche… Il rangea, puis ferma, sa petite maison et monta dans sa 4L rouge, qui, étonnement, semblait savoir où elle allait… Après plusieurs heures de trajet, la 4L finit par s’arrêter devant une extraordinaire auberge battue par les flots.

* * *

Et me voilà béate d’admiration (et d’envie !) devant cette magnifique double-page montrant une vieille maison de pierre posée sur le sable, devant une mer déchaînée qui n’est pas sans rappeler « la vague » d’Hokusai. Un ciel nuageux dans le soleil couchant, quelques mouettes et macareux complétant le tableau. Et notre peintre, indécis, qui se tient devant le perron, sa valise à la main…

J’ai tout aimé dans cet album : l’histoire et les illustrations bien sûr, mais aussi l’ambiance, les couleurs et toutes ces références à d’autres imaginaires ! Si vous ne trouvez pas tout, la postface vous aidera à reconnaître tous les invités de cette histoire comme « la petite sirène », « Huckleberry Finn », « le baron perché » ou encore « Antoine de Saint-Exupéry » (et bien d’autres !) Un album qu’on peut bien sûr lire aux enfants, mais dans lequel les parents verront bien d’autres choses…

Ce que j’ai « entendu » dans cette histoire, c’est que notre imaginaire se nourrit de celui des autres ! Autrement dit, lisez, regardez, soyez curieux ! 

* * *

Roberto Innocenti a reçu le prix Hans Christian Andersen en 2008 pour l’ensemble de son œuvre.

De cet illustrateur, je vous ai déjà présenté « La petite fille en rouge » et « La maison » (2ème album présenté) et Rose Blanche.

Une interview de l’illustrateur Roberto Innocenti sur le site du CRILJ (Centre de Recherche et d’Information sur la Littérature pour la Jeunesse)

Quelques recherches sur l’auteur et cet album m’ont permis de découvrir l’existence du Musée de l’illustration jeunesse qui se trouve à Moulins. Une bonne raison de plus pour aller en Auvergne !

* * *

Petit commentaire de Sophie : « J’ADORE Innocenti, et surtout cet album!!!  »

Réponse de Nath : Moi aussi, j’ADORE Innocenti et cet album ! ;)

* * *

D’autres que nous l’aiment aussi (et en plus elles ont mis plein de photos !) : Le bazar littéraire, Colimasson

challenge albums 2017

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Avril – Albums jeunesse toujours…

avril

avrilavril

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ 

Le dompteur de ventBernard Villiot & Thibault Prugne (ill.) – Éd. Gautier Languereau (2016)

El Loco, le vieux chinois, est mort. Dans la grange où il vivait, Sam, un jeune garçon curieux, trouve des tas de cerfs-volants multicolores. Sam se rend compte qu’El Loco n’était pas fou et qu’il avait un rêve. Un rêve que Sam se met en tête de réaliser, mais ne maîtrise pas le vent qui veut…

Si l’histoire ne m’a pas totalement convaincue (mais je ne saurais pas expliquer pourquoi !) les illustrations de Thibault Prugne sont toujours aussi magnifiques ! Rien que pour ça, ça vaut le coup d’œil !!

illustration empruntée au site de l’illustrateur

Blog de Thibault Prugne

De ces deux auteurs, nous vous avons déjà présenté :
Le souffleur des rêves qui, lui était un coup de cœur total ! 

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ 

Le conte chaud et doux des chaudoudouxClaude Steiner & PEF (ill.) – InterÉditions (2009)

Dans des temps très anciens, les gens vivaient heureux. Chaque enfant, à sa naissance, recevait un sac de chaudoudoux. Lorsque quelqu’un mettait la main dans son sac, il trouvait toujours un chaudoudoux. Chaque fois que quelqu’un recevait un chaudoudoux, il se sentait chaud et doux de partout. Mais un jour, une sorcière vint semer la zizanie. Elle fit croire que les chaudoudoux n’étaient pas inépuisables, qu’il ne fallait pas trop en distribuer… Du coup, les gens devinrent radins et jaloux…

avril

Ils ne sont pas mignons ces chaudoudoux ?

Quand on finit ce conte, on se dit : « si seulement ça existait ! » Un truc tout doux, qui vous réchauffe et vous réconforte… Une très jolie histoire que je vous invite à écouter ci-dessous. Mais le mieux, bien sûr, est encore de se le procurer. Vous profiterez ainsi des chouettes illustrations de Pef, toutes en rondeur et douceur !

Sur le site de Claude Steiner, vous pourrez lire le texte intégral, et ci-dessous, vous pourrez l’écouter.

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Le parapluie de monsieur Roland Ariane Duclert & Aude Léonard (ill.) – La marmite à mots (2016)

Illustration empruntée au site de l’illustratrice

Monsieur Roland vit dans la rue, sous le regard pas toujours aimant des passants. Souvent, il se met à l’abri sous son grand parapluie. Mais un jour, en catimini, quelqu’un a volé son parapluie !

Une histoire sur l’exclusion, la vie dans la rue, racontée avec douceur, poésie et rêverie… Pour porter un autre regard sur celles et ceux qui vivent dans la rue ? Les illustrations, des photos mises en scène et « trafiquées » sont étonnantes !

Le tout forme un  joli album, très original dont la fin ne peut que faire penser à la chanson de Brassens « Un p’tit coin d’parapluie »

Blog d’Aude Léonard

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