Mes lectures de la rentrée littéraire 2017

Pour la rentrée littéraire 2017, j’ai beaucoup lu. Mais je n’ai pour ainsi dire rien commenté, des nausées me tenaient alors loin du PC, et j’ai juste laissé les commandes du blog à Nathalie… Alors que je suis en train de concocter le bilan de cette rentrée littéraire 2017, j’ai envie de vous parler de quelques lectures. Des grands noms, des romans jeunesses, un peu de tout, en vrac, en quelques mots…

rentrée littéraire 2017Frappe-toi le coeur d’Amélie Nothomb

Chaque année maintenant je lis le nouveau Amélie Nothomb lors de la rentrée littéraire. Je suis toujours surprise, parfois plus que d’autre, mais cette année, Frappe-toi le coeur m’a bouleversé. Sans doute parce que je suis maman. Peut-être parce que je l’ai lu enceinte. Dans tous les cas, Amélie Nothomb signe là un roman poignant sur l’amour parental, ses possibilités infinies, ses dérives. J’ai dévoré cette histoire, placée sur le signe de Musset – de par le titre -. Diane est un personnage attachant, pourtant traitée très durement par sa mère. Cette dureté des mères, nous allons la voir sous plusieurs angles, en frissonnant chaque fois. Les hommes eux, les pères, semblent absents du tableau tant ils comptent peu. Un récit sur le long terme, comme toujours superbement maîtrisé, mais qui fait vraiment froid dans le dos… jusqu’à la dernière ligne !

Coup de coeur (brisé)

 

Une fille de… de Jo WitekRésultat de recherche d'images pour "une fille de"

Encore un texte fort, sur la relation mère fille, mais d’un point de vue bien différent. Ce texte pour adolescent, de la collection D’une seule voix, se lit d’une traite. On découvre en un seul souffle, celui de cette jeune joggeuse Hannah, sa vie, celle d’une fille de… Une vraie, pas juste pour l’insulte. Alors qu’elle court elle se prépare à raconter, à se raconter. A tenter de montrer son quotidien tel qu’il est, dans l’amour maternel.

Un texte simple mais puissant, diablement intéressant sur un thème peu abordé en littérature jeunesse. Les non dits, les bribes de conversations, les bleus… Hannah reconstitue son histoire, mais aussi celle de sa mère, à travers ce qu’elle a compris au fil des années. Un texte comme une confession, bouleversant !

Courir pour gagner ma dignité. Courir pour me sentir unique sur terre. Courir pour exister. Me forger un moral de championne, un corps solide, musclé, entraîné. Un corps qu’on ne piétine pas. Qu’on n’avilit pas. Qu’on ne dompte pas. Courir pour que mon corps n’appartienne qu’à moi.

gruppGrupp d’Yves Grevet

Un nouveau roman dystopique d’Yves Grevet, auteur notamment du superbe Meto et d’un tome d’U4, impossible de manquer cela. On y suit tour à tour deux frères dans une société où il semble qu’il n’y ait plus rien à craindre : des détecteurs de fréquence cardiaque permettent de prévenir autant les problèmes de santé que les accès de violence. Pourtant tout ne semble pas si rose, et l’expérience des deux frères va nous permettre de mettre peu à peu le nez dans l’organisation de cette société. La narration partagée est très bien gérée car elle permet de monter en puissance tout au long du récit, pour devenir un vrai turn over impossible à lâcher !

Un récit dont le début, un peu lent, m’a surpris, mais qui prend ensuite son envol pour nous surprendre !

 

La loi du Phajaan de ChabasLa Loi du Phajaan

Dans la famille de Kiet, on est dresseur d’éléphant de père en fils. A 10 ans, Kiet part avec son père pour sa première capture. Un événement qui va mal se passer et qui va déterminer l’avenir du jeune homme.

Ce roman est une superbe ôde à la nature, aux animaux, et au respect. Kiet adulte nous raconte les années 60 et la dureté qui régnait alors, sans rien cacher de ce qui se passe encore de nos jours.

Un très beau roman documentaire, sensible et touchant !

La sublime communauté d’Emmanuelle Han

Cette dystopie pour adolescents,  parue chez Actes Sud, mèle les voix de plusieurs adolescents dont le destin semble lié, dans notre monde qui se meurt. Des portes apparaissent, qui semblent mener vers des ailleurs qui sont meilleurs, les Six Mondes. Les affamés sont ces populations qui se déplacent en masse pour tenter de passer par ces portes.

Si La sublime communauté offre de très beaux voyages dans ce monde devasté avec des héros intéressants, l’histoire m’a semblé longue, les héros évoluant dans trois univers complétement différents. Trois grandes histoires qui peinent à se rejoindre dans un univers compliqué à appréhender… Et ce n’est finalement qu’un tome 1 qui nous laisse sur notre faim… Une déception pour ma part, malgré un texte et un univers fouillés.

L’avis de Bob.

 

La fourmi rouge d’Emilie Chazerand

La fourmi rouge est un premier roman pour adolescents vraiment génial. On y découvre Vania, une adolescente qui vit seule avec son père. Une personnalité vraiment détonante, enthousiasmante, pleine d’humour malgré un prénom pas évident à porter, un oeil qui part en vrille et une entrée en seconde qui promet. Tous les personnages de ce roman son truculent : son père taxidermiste farfelu, son meilleur ami Pierre Rachid, son ennemi Charlotte… Bref une vraie fourmillière, dont elle fait partie. Jusqu’au soir où elle reçoit un mail qui lui dit qu’elle est différente : une fourmi rouge… colorée, piquante… qui ne demande qu’à se révéler.

Vania est une héroïne coup de coeur que j’ai adoré suivre même si l’histoire, elle, n’est pas aussi originale que les personnages. L’adolescence, l’amitié, l’amour et la famille sont au coeur des préoccupations de notre adolescente… mais l’humour donne vraiment un coup de fouet à l’ensemble ! Une héroïne qui permettra en plus aux adolescents de comprendre qu’ils sont uniques et qu’ils doivent s’aimer comme ils sont !

Coup de coeur

 

rentrée littéraire 2017Hôtel Grand Amour de Sjoerd Kuyper

Hôtel Grand Amour est un roman pour jeunes adolescents réjouissant malgré les petits malheurs qu’il comprend. Un grand hôtel en perte de vitesse, un père à l’hopital, et voici une bande d’adolescents, d’enfants presque, qui se lancent à gérer tout cela. Essayant d’épargner leur père des problèmes, ils accumulent les erreurs, les mensonges, les rencontres… C’est plaisant, entraînant, pas réaliste pour un sou, mais cela fait sourire et même rire parfois. Cette troupe de jeunes frères et soeurs m’a un peu fait pensé à l’ambiance des Quatre soeurs de Malika Ferdjouck.

Un roman agréable à lire qui permet une plongée au coeur d’une troupe familiale sympathique et attachante.

 


J’ai aussi lu A good Girl, Mirror Mirror et les optimistes meurent en premier. Trois titres vraiment différents mais avec de bonnes choses, j’essayerai de vous en reparler, mais là, c’est déjà bien long je crois !

J’ai commencé La serpe, de Philippe Jaenada, mais sans avoir l’esprit à le terminer. C’est un roman exigeant, en connaissance et en concentration.

J’ai tout de même déjà commenté quelques titres  : Marche à l’étoile d’Hélène Montardre, Le jour d’avant de Sorj Chalendon, La lune est à nous de Cindy Van Wilder, Naissance des cœurs de pierre d’Antoine Dole, Le petit arbre voyageur de Simon, Un détective très très très spécial de Romain Puertolas.

 

https://www.instagram.com/p/BXGY67hhrfd/?taken-by=herisson08

Rage – Roman ado / adulte

rageRAGE ♥

Orianne Charpentier
Coll. Scripto
Gallimard Jeunesse (2017)
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On ne sait pas vraiment qui elle est, ni quel âge elle a, ni d’où elle vient. Une fille avec qui elle a fini par se lier d’amitié l’a surnommé « Rage ». Elle ne veut pas se souvenir de son nom d’avant, trop de violence, de peine, de souffrance s’y rattache. On sait qu’elle a vécu la guerre, subit la violence des hommes, qu’elle a été contrainte à l’exil, pour sauver sa peau. Partie avec sa famille, elle se retrouve seule, dans un pays qu’elle ne connait pas, la France, et dont elle ne connait pas la langue.

Elle est seule, traumatisée, se méfie de tout, de tous, et surtout des hommes. Un soir, elle récupère un chien blessé et maltraité. Elle tentera tout pour le sauver.

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A travers le parcours de Rage, c’est celui de tous les immigrés poussés hors de chez eux par la guerre que l’on peut suivre. Des gens obligés de quitter leurs foyers, leurs villes, leur pays, leur famille ou leurs amis pour seulement pouvoir survivre… Ils avaient une vie, un travail, des loisirs / Ils se retrouvent isolés par la barrière de la langue, mais aussi à cause de tout ce qu’ils ont vécu, de toute cette violence qu’ils ont subi.

« Rage » est un petit roman (100 p. environ) mais c’est un roman « coup de poing » qui prend aux tripes.

Lu dans le cadre d’une formation (j’avoue que le titre et l’illustration de couverture ne m’attiraient pas du tout !!), j’ai beaucoup apprécié cette histoire réaliste et tout à fait d’actualité, qui aidera peut-être à la compréhension de « l’autre », l’étranger, l’immigrant…

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Pour lire les 20 premières pages

D’autres avis : Bob et Jean-Michel, Lecture jeunesse

D’autres liens sur des livres aux thèmes similaires dans ce billet

Le goéland qui fait miaou – Livre CD

goélandLe goéland qui fait miaou ♥

Récit et paroles de Jérôme Attal
Musique et chant de Constance Amiot
Illustrations de Sylvie Serprix
Raconté par Robinson Stevenin
Le label dans la forêt (2017)
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Une histoire simple, accessible dès 4 ans (le CD dure 34 minutes, il y a une histoire entrecoupée de 7 chansons).

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Kino est un bébé goéland très curieux. Il habite avec Maman et Papa goéland sur le toit d’une maison, non loin du bord de mer. En voulant regarder ce qui se passe ailleurs, il tombe du toit dans le jardin, en plein sur les demoiselles Hortensias ! Comme il ne sait pas encore voler, il va avancer dans le jardin, et en cherchant une solution pour retrouver sa maison il va rencontrer un ver de terre, une tortue, un hérisson… Et une petite fille, Cordélia.

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L’avantage d’un livre cd, c’est qu’on peut avoir plusieurs expériences avec : on peut commencer par lire l’histoire, puis l’écouter et enfin écouter l’histoire en la suivant dans le livre… Mais avec cette histoire là (et surtout les chansons !) je pense que vous aurez une expérience supplémentaire : vous aurez envie de danser !!

Tout m’a plu : Les illustrations, rondes, jolies, très colorées et pleine d’imagination, elles accompagnent à merveille le texte. L’histoire est amusante, avec un petit « suspense » (le vilain monsieur va t-il attraper le bébé goéland ??) et la musique et les chansons sont pleines de pep’s !

Une des chansons m’a fait penser à une chanson de Manu Chao (mais je ne sais plus laquelle !!)

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En bref, « Le goéland qui fait miaou » est une histoire pleine de gaieté, rythmée et amusante !

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Vous pourrez écouter une des chansons sur le site de l’éditeur Le label dans la forêt

Le label dans la forêt est une maison d’édition qui édite des livres disques créés par des auteurs, des chanteurs, des musiciens et des illustrateurs.

Dans un style un peu différent, je vous avais présenté un album qui parle aussi d’oiseaux du bord de mer avec humour (mais sans cd !) : Lulu la mouette

Libérez l’ours en vous – Carole Trébor

Libérez l'ours en vousRoman pour adolescents, dès 13 ans
Vie quotidienne et théâtre

Libérez l’ours en vous

de Carole Trébor

Syros, 2018
9782748521306 – 17,95€

Loin de ses récits fantastiques comme Nina Volkovitch ou de science-fiction avec U4, Carole Trébor nous propose avec Libérez l’ours en vous un récit contemporain, une tranche de vie d’adolescents d’aujourd’hui. Petit clin d’oeil à la Russie tout de même, avec un personnage d’origine russe, Kolia, mais pour le reste, on est dans la campagne française. La campagne viticole, facilement raciste, ou tout du moins prompte à ne pas accepter l’étranger.

Libérez l’ours en vous est un récit complexe, avec trois histoires principales imbriquées. Celle d’un groupe de lycéens, impliqués dans un club théâtre. Celle de leur professeur de théâtre, cette année absente pour maladie. Et celle de la pièce de théâtre Merci l’ours écrite par cette professeur de théâtre, et qui raconte sa propre jeunesse. Trois histoires qui ne font que se couper, se mêler, s’entremêler. Des résonances apparaissent entre toutes ces histoires, entre toute ces personnalités et avec Merci l’ours, la pièce de théâtre que les adolescents vont découvrir peu à peu et monter. Les thématiques qui les rapprochent, les font bondir ou exploser…

Dans Libérez l’ours en vous, la galerie de personnages est très large, et tous sont les propres narrateurs, en alternance. Cette profusion de narrateurs, aux histoires complexes, m’a désarçonné. Si j’aime les récits alternés, j’ai trouvé ici que cela desservait parfois l’histoire, car on ne prend pas le temps de s’attacher aux personnages. Kolia par exemple, qui est un des personnages centraux, nous raconte une grande partie de sa vie : la perte de sa mère et de sa grand-mère, sa nouvelle belle-mère, son père qui ne comprend pas sa passion… Pourtant le tout manque d’un petit quelque chose pour que le déclic se fasse réellement. Finalement je crois que ce récit fonctionne un peu comme ça. Soit vous adhérez à Kolia (et Lisa), et vous adhérerez au livre, soit non, et le récit perd une partie de son intérêt.

J’ai lu ce livre en lecture commune avec Lael, ce qui nous a permis d’échanger sur notre ressenti, et la problématique des personnages est vraiment celle qui me semble centrale dans l’appréciation de ce roman. Le côté théâtre, les thématiques abordées, tout le reste est intéressant et offre un beau récit, je regrette donc d’être restée sur ma faim, au point de préférer les petites soeurs aux personnages principaux… Les relations parents – enfants, souvent mises en avant par les personnages, l’immigration, l’humour, tout un tas de petites choses qui font que ce livre reste une belle lecture. Les modalités du récit sont variées, théâtre et narration bien sûr, mais aussi mail, sms, chanson, articles de presse… un mélange réussi.

Libérez l’ours en vous est un roman contemporain qui réussit habilement à allier théâtre et récit moderne, pour autant la galerie de personnage n’a pas réussi à m’entraîner au coeur de cette histoire.


+ la pièce Merci l’ours existe vraiment et a été écrite par Carole Trébor. On peut la retrouver via l’application Syros Live, de même que les chansons qui en font partie.

+ Découvrez l’avis de Lael, qui a, elle, apprécié le personnage de Kolia !

+ Pour la petite anecdote, chaque fois que je parle de ce roman, je veux l’appeler Libérez-vous de l’ours. Un lapsus sans doute révélateur d’une partie du récit, où l’ours n’est pas forcément celui qu’on croit !