Mortelle Adèle 11 ça sent la croquette !

Mortelle Adèle, si vous ne la connaissez pas, est une petite chipie, héroïne de bande dessinée. Très drôle, elle est surtout infecte avec son entourage, et a des amis bien particuliers pour l’accompagner : zombie, fantôme et même un chat trop mignon !

Bande dessinée jeunesse

Mortelle Adèle 11
ça sent les croquettes !

de Mr Tan
illustré par Diane Le Feyer

Tourbillon, 2017
Globulle, 79 pages
9791027602377, 8,95€

Dans ce 11ème tome, déjà, on retrouve avec plaisir Adèle. Dans les premiers tomes, présentés ici et sur le blog, Adèle prend ses marques, et le lecteur aussi. La voici bien installée, mais le lecteur pourrait commencer à se lasser, après 10 aventures et encore plus de gags… et bien non, pas du tout ! Mortelle Adèle fait toujours autant rire, et mes élèves (collégiens) en redemandent toujours plus. Ils étaient très heureux de voir un nouveau tome arriver… Et ils ont adoré, à l’unanimité – et même en groupe parfois bruyant.

De mon côté, je n’avais pas trop suivi les aventures d’Adèle ces derniers temps, et j’ai d’abord était surprise par le changement graphique. En effet, l’illustratrice a changé dans ces derniers tomes, et c’est maintenant Diane Le Feyer qui donne vie aux aventures d’Adèle. Elle a repris les codes graphiques de Miss Prickly, et le changement se fait en douceur, mais on sent quand même une différence. Je trouve le dessin plus net, et plutôt plus agréable, avec plus d’ombrages qui donnent de la profondeur aux illustrations.

mortelle adèle 11
Côté histoire, pas de changements par contre ! C’est toujours déjanté, un peu gore, irrespectueux des adultes et de l’autorité, bref jubilatoire ! Les gags se déroulent souvent en une seule page, mais, comme dans tous les tomes, une certaine continuité est apportée. Ici le fil principal, c’est le retour d’Owen, le zombie, même s’il n’est présent que de façon épisodique. Fini la vie de boys band pour lui, et retour chez Adèle, qui doit le cacher tant bien que mal, car un zombie : ça sent mauvais et ça mange tout ! Ajax, le petit chat, est un peu moins présent dans ce tome, mais c’est pour mieux revenir dans une bande dessinée à son nom : Ajax : Chat va bien, dans la collection P’tit Globulle, pour les plus jeunes. Hâte de voir ce qu’il pense d’Adèle !

Ca sent la croquette est un nouveau très bon tome de Mortelle Adèle, avec des gags, de l’humour noir et du gore juste comme on aime ! Les élèves sont très demandeurs de cette petite Adèle, et j’ai vu sur les salons que les files de dédicaces étaient bien longues… Mortelle Adèle, une héroïne qui file le mauvais coton, mais le parfait amour avec ses lecteurs ! A recommander, dès 9 ans et jusqu’au collège.


+ Tous les tomes de Mortelle Adèle :
T.1 Tout ça finira mal (février 2012)
T.2 L’enfer c’est les autres
T.3 C’est pas ma faute
T.4 J’aime pas l’amour
T.5 Poussez-vous les moches
T.6 Un talent monstre ! 
T.7 Pas de pitié pour les nazebroques ! 
T.8 Parents à vendre !
T.9 La rentrée des claques
T.10 Choubidoulove
T.11 Ça sent la croquette ! 

+ Le site Mortelle Adèle, avec tous les tomes, des extraits, et des jeux.

+ Bd de la semaine – chez Moka

Encore faut-il rester vivants

Encore faut-il rester vivantsRoman pour adolescents
Science-fiction – Post apocalyptique – Survie
à partir de 12/13 ans

Encore faut-il rester vivants

d’Anne Ferrier

Magnard, 2016
978-2-210-96276-7, 13,90€
Epub, 9,49€

L’apocalypse a eu lieu. Pour survivre, trois adolescents unissent leurs forces et avancent coûte que coûte.

 

Début in medias res un peu précipité, qui nous lance dans l’action sans qu’on comprenne vraiment ni qu’on ait vu les personnages…

Bam ! Bam Bam !
Les coups redoublent de vigueur. « S’ils parviennent à entrer, nous sommes morts ! » Le cerveau de Mouette est sûrement en train de calculer le pourcentage de chance de survie dont nous disposons. Sauf qu’il n’y a pas besoin d’être devin pour ça : elles doivent frôler le néant.

Julia, dite Princesse, Shawn, dit ‘Cro Magnon’ et Mouette étaient dans le même lycée. Quand une éruption solaire dévaste le monde, ils se retrouvent par hasard ensemble, alors que tout les oppose. Ceux qui n’ont pas brûlé semblent développer une étrange maladie : ils deviennent enragés et cherchent à manger les Vivants. Le mot n’est jamais prononcé dans le livre, mais difficile de ne pas penser aux Zombies. Des zombies éphémères, qui meurent en quelques jours.

Encore faut-il rester vivants est, comme son nom l’indique, un survival. Cadavres qui jonchent les rues, familles dessimées, attaques, pièges, violence… rien n’est épargné à nos trois adolescents. Ils se partagent d’ailleurs la narration, permettant une alternance de point de vue qui les rend encore plus attachants. Trois personnages très différents qui évoluent rapidement, apprenent, s’endurcissent.

Ce roman apporte un regard intéressant sur notre civilisation actuelle, en la réduisant quasiment à néant. Même l’espoir, auquel se rattache beaucoup Julie, fini par s’étioler…

Si l’intrigue tient bien la route, avec des personnages construits et attachant, je regrette deux éléments : Encore faut-il rester vivants est un one-shot (visiblement), et l’intrigue, qui se déroule sur presque un an, manque souvent de détails, de profondeur. L’histoire aurait gagné à être plus développée, la vitesse n’apportant pas toujours d’élément de suspense, au contraire. En effet une histoire d’amour va prendre une place relativement importante dans le récit, et réduire encore le temps de l’action…

Un roman un peu court pour être totalement dans la survie, mais qui n’épargne rien à nos héros. Une belle entrée en matière pour découvrir ce genre si l’on ne souhaite pas se lancer dans une série.
Vous aimerez sûrement aussi Brainless, U4, les Variants

+ Challenge YA 6
+ 1% Rentrée littéraire

Extrait
Bande annonce :

Hugo de la nuit

Une nuit d’été – Un enfant – Des fantômes -Un secret…

Hugo de la nuit

Bertrand Santini

Grasset Jeunesse (2016)

Coupe

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Dès le début, dès les toutes premières pages, on sait ce qui va arriver. On le sait, puisqu’on nous le dit clairement. On sait que le personnage principal, le jeune garçon, Hugo, va mourir. On le sait, et pourtant, quand ça arrive, c’est un choc.

Difficile d’en dire plus sans dévoiler l’histoire et ce serait dommage, je n’ai pas le talent de Mr Santini.

* * * * *

Est-ce un roman ? Un conte ? Ou encore une pièce de théâtre ? Est-ce un rêve ? Un cauchemar ?

Un peu de tout cela à la fois je crois ! Une histoire de meurtres, de fantômes et de zombies… C’est une histoire, ça c’est sûr (non ?), une histoire où rien n’est sûr !

Un roman riche, où l’on trouve plein de « clin d’œils » et une atmosphère qui n’a rien à envier aux films de Tim Burton ou aux romans de Neil Gaiman…

Décidément, les livres de Bertrand Santini, s’ils se suivent, ne se ressemblent pas, mais tous ceux que j’ai lu jusqu’à présent m’ont beaucoup plu ! Il y a tout de même une chose qu’on retrouve à chaque fois, c’est l’humour, même dans les moments les plus terribles…

* * * * *

Un petit extrait pour vous mettre l’eau à la bouche ? « Hugo aurait dû ressentir de la peur, de la terreur même, à planer au-dessus du monde dans les bras d’un fantôme. L’enfant n’éprouvait pourtant qu’un sentiment d’abandon, tout au plus teinté d’une vague appréhension. Le fantôme le serrait fort contre lui, fort comme un objet précieux.« 

Un roman que j’ai dévoré et adoré !

Je ne peux que vous conseiller de vous précipiter chez votre libraire toutes affaires cessantes…

Et la couverture de ce roman est vraiment très belle, bravo à l’illustratrice : Julie Rouvière

* * * * *

En allant sur le site des éditions Grasset, j’ai eu la surprise et la joie d’apprendre que le Yark est en cours d’adaption au cinéma ! Jonas le requin mécanique aussi mais je n’ai pas lu celui-là (pas encore !)

Du même auteur, en plus du Yark (lien plus haut) nous vous avons aussi présenté le très amusant Journal de Gurty (dont on me signale que le tome 2 ne devrait pas tarder à sortir !)

Brainless

brainlessRoman pour adolescents
Science-fiction – Zombie

Brainless

de Jérôme Noirez

Gulf Stream, 2015
Collection Électrogène, 249 p.
9782354882488 – 16€

Brainless est un vrai roman de zombie, un roman gore avec des cervelles dès la couverture et des morts. Mais ce n’est pas que ça. Brainless c’est aussi un formidable récit croisé, très psychologique et qui chamboule notre regard sur les zombies… et sur les adolescents.

Une épidémie mystérieuse transforme certains adolescents, une fois mort, en zombie. Jason, notre héros, est l’un d’eux. Une mort peu glorieuse et le voilà ressucité, mais avec un traitement à base de formol pour ne pas ressembler à un cadavre. Dans sa petite ville sans histoire, pas facile de s’intégrer… et encore moins à l’école où Jason, surnommé Brainless, n’était déjà pas la star.

Ce roman est étonnant de sentiments et de rencontres. Alors qu’on imagine à la couverture un roman d’horreur, on va, dans ce récit, découvrir avant tout la psychologie de ce jeune ado zombie. A travers son expérience on découvre le regard des autres, la difficulté d’être différent – très différent ! – et en même temps ses histoires d’amour et d’amitié. Ces thèmes de la différence, du handicap, de l’acceptation de soi et des autres mais aussi de la violence sont très intéressants dans Brainless. Grâce à des narrations croisées, on découvre, en plus du point de vie de Jason, le regard de deux autres adolescents. Pas des zombies, non non, juste des adolescents classiques, mais avec un amour de la violence et de la mort absolument effrayant.

Si les personnages sont caricaturaux à souhait, volontairement, ils sont très intéressants et portent une critique de la société actuelle. De la science-fiction bien ancrée dans notre monde, avec des adolescents malheureusement réalistes… bien joué !

Et niveau Zombie ?

Nous sommes bien loin de récits comme The Walking Dead, où les zombies sont d’affreux décérébrés, à tuer à coup de machette. On se rapproche plus de l’idée de Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère, et retrouvé l’amour ou de J’ai embrassé un zombie, et j’ai adoré. Ici nous avons surtout affaire à des zombies qui continuent de penser, de marcher, de vivre… mais différemment.

L’explication scientifique est simple, peu poussée, un sydrôme, le SCJH. Pas de traitement, mais du formol pour rester en chair. Les zombies n’ont pas besoin de manger comme tout le monde, mais ils peuvent, lentement, réfléchir, et même éprouver des sentiments !

Alors que la couverture est une accroche pour les fans de récit d’horreur ou survival, le début du récit, avec ce zombie intelligent, peut s’avérer décevant… mais c’est là la force de ce récit, car on embraye rapidement sur un récit croisé qui nous glace les sangs, et un final bien trouvé qui plaira aux zombies-addict.

Alors, Brainless, on lit ou pas ? A quel âge ?

La plume acerbe et l’humour noir de Jérôme Noirez offrent à ce roman une certaine profondeur. Brainless est un savant mélange, qui fonctionne très bien, et permet une découverte intéressante, même exploitable autour du thème du Vivre ensemble en collège !
Une belle façon de commencer des lectures zombiesques, ou de proposer aux élèves des alternatives à the Walking Dead, trop violents pour le collège selon moi !

+ Le site de Jérôme Noirez

Le Teaser :