Passionnée de littérature jeunesse, dévoreuse de livres, jeune maman !

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur
(To kill a mockingbird)

Harper Lee
Couverture : The Dorothea Lange Collection, Musée de Californie, Oakland.

Postface d’Isabelle Hausser

Editeur : Le livre de Poche
Original : Editions de Fallois

1960 (édition originale) – 23/08/2006
Pages : 447 pages
Prix : 6,50 €
ISBN
2-253-11584-3

Roman

Thèmes : Racisme, Etats Unis, Enfance, Droit

Présentation de l’éditeur :
“Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout.
Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche.

Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au coeur de la lutte pour les droits civiques -,
connut un tel succès. Il ne suffit pas en revanche à comprendre comment ce roman est devenu un livre culte aux Etats-Unis et dans bien d’autres pays. C’est que, tout en situant son sujet en Alabama à une époque bien précise – les années 1930 -, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal.
Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le Prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde entier.”

Avis :
Dans cette Amérique tourmentée des années 30, où le racisme est à son apogée, Scout, 8 ans est vraiment la narratrice idéale. Ses yeux d’enfants et sa naïveté (souvent passagère) vont mettre en valeur les personnages de ce roman fort et touchant, sur l’égalité et la justice. Pendant 3 années nous allons suivre cette petite fille, son père Atticus, son frère Jem, Dill leur ami, et tous les habitants d’un petit village d’Alabama.

Les portraits sont très justes, et ce regard d’enfant les rend à mon goût encore plus touchant. On va dans un
premier temps faire connaissance avec tous ces personnages et leurs préjugés, en suivant Scout et son frère. Leur éducation pour l’époque est très poussée, et Scout s’intéresse avec application aux nouvelles et au droit. Quand un Noir est accusé d’avoir violé une Blanche, leur père est commis d’office pour le défendre… et il compte bien s’acquitter de sa tâche…

 

Après avoir eu quelques soucis à me plonger dans l’histoire, dû en partie à mes essais infructueux de lire ce
livre dans les transports en commun, et donc une première partie qui ne m’a pas toujours passionnée (une petite centaine de page disons…) j’ai vraiment été happée par cette histoire, qui si elle n’est plus d’actualité me semble sans nul doute très juste. Des idées humanistes très bien portées par cette histoire, ancienne, mais qui devrait être lu par tous, notamment certains de mes élèves… (sifflote discrètement…)

 

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune avec Ys, Deliregirl, et Belle de Nuit si elle a eu le temps de finir! Allez vite voir ce qu’elles en ont pensé!

 

Extraits :
“- Vous avez tout à y perdre, Atticus, absolument tout.
– En êtes-vous certain ?
Lorsque Atticus posait cette question, c’était qu’on se trouvait en mauvaise posture. “Tu es certaine de vouloir aller ici, Scout?” Pif, paf, pof, et l’échiquier se vidait de tous mes pions. […]
– Link, ce type finira peut-être sur une chaise électrique, mais pas avant que toute la vérité n’ait été faite.
Atticus parlait d’une voix égale :
– Et la vérité, vous la connaissez.
Un murmure s’éleva parmi les hommes, qui devint menaçant lorsqu’Atticus recula
et que les hommes se rapprochèrent de lui.
Soudain Jem cria :
– Atticus, le téléphone !
Les hommes sursautèrent un peu et s’éloignèrent ; il y avait parmi eux des gens
que nous voyions tous les jours, des commerçants, des fermiers qui habitaient la ville, le docteur Reynolds était là, Mr Avery aussi.
[…]
Jem le regarda regagner son fauteuil et y reprendre son journal.
[…]
– C’est à toi qu’ils en voulaient, non? interrogea Jem. Ils allaient t’emmener, n’est-ce pas ?
Atticus abaissa son journal et le dévisagea : – Nous n’avons pas lu la même histoire.
Il ajouta doucement : – Non, mon garçon, ces gens sont nos amis.
– Ce n’était pas un…. une bande ?
Jem l’observait du coin de l’ œil.
Atticus essaya de réprimer un sourire sans y réussir.
– Non, nous n’avons pas de bandes de voyous à Maycomb. Je n’ai jamais entendu parler de ça ici.
– Le Ku Klux Klan s’en est pris aux catholiques, à une époque.
– Je n’ai jamais non plus entendu parler de catholiques à Maycomb, dit Atticus. Tu confonds avec autre chose.”

 

Mais aussi:

* D’après une enquête réalisée aux Etats-Unis sur les livres qui ont changé la vie de leurs lecteurs, ce livre
arrive en seconde position, après la bible. C’est malheureusement le seul livre de cette auteure.

+ Edit du 3/02/2015 : Un communiqué de presse américain vient d’annoncer la sortie d’un nouveau livre de l’auteur, un roman écrit avec Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, avec comme héroïne notre jeune Scout, alors adulte ! Parution le 14 juillet 2015 de Go Set a Watchman.

Semaine Spéciale Première Guerre Mondiale

En cette semaine du 11 novembre, j’ai décidé de faire une thématique, un peu comme pour Halloween :) Ce n’est donc pas de vampires que nous allons parlé, mais de guerre, de la Grande Guerre, celle de 1914 1918, celle des tranchées : la Première Guerre Mondiale. Le sujet n’est pas très gai, mais je vous présenterai plusieurs livres jeunesses, permettant d’aborder le sujet à tous les âges, ou presque…

Pour aujourd’hui, pas de critiques, mais une bibliographie évolutive, que je compléterais selon vos propositions, et mes découvertes. La liste ne pourra pas être exhaustive bien sûr, mais ce sera toujours un bon début!

Quelques ressources numériques sur la première guerre mondiale

Le site spécialisé de France 5 : Curiosphère
Herodote

L’histoire en questions :
Des anectodes sur la première guerre mondiale, mais pas seulement. (attention site personnel, avec présence de publicité) – Conseillé par Soie

Navires de la Grande Guerre : www.navires-14-18.com/ (Conseillé par Malyss)

 

Littérature jeunesse :
Albums :

Un brave soldat de Nicolas Debon
L’ennemi de Davide Cali et Serge Bloch
L’étoile, le journal d’une petite fille pendant la guerre par Eliane Stern
L’horizon bleu de Dorothée Piatek (existe aussi en roman)
Lulu et la Grande Guerre de Fabian Grégoire
La nuit D’Ylang Ylang de Frederic Toussaint
Zappe la guerre de Pef

 

Romans école (8-11 ans) :

De la guerre à la mer de Gilles Fresse
Grandes vacances 14 – 18 de Jeanne Lebrun
La trêve de Noel de Morpurgo (conseillé par Heureuse)
Les soldats qui ne voulaient plus se faire la guerre d’Eric Simard

 

Romans collège (11-15 ans) :

Rose, France 14 -18 de Thierry Aprile
Le bonheur d’Eliane de Philippe Barbeau
Le Grand théâtre de Colette Blanluet
Le journal d’Adèle de Paule du Bouchet
A la vie, à la mort de Paule du Bouchet (nouvelles)
Bleu, chien soleil des tranchées de Patrick Bousquet
Spirit Lake de Sylvie Brien
La maison aux 52 portes d’Evelyne Brissou Pellen
Une soupe aux herbes sauvages
d’Emilie Carles

Frères de guerre de Catherine Cuenca
La marraine de guerre de Catherine Cuenca
Un petit regain d’enfer de Robert Deleuse
La guerre sous mon toit d’Anne Fine
Haumont 14-16 l’Or et la boue de Christophe Lambert
Le bruit du vent d’Hubert Mingarelli
Soldat Peaceful de Michael Morpugo
Cheval de guerre de Michael Morpugo
Loïse en sabots d’Anne Pierjean
Verdun 1916, Un tirailleur en enfer d’Yves Pinguilly
Promenade par temps de guerre d’Anne Marie Pol
La prophétie de l’oiseau noir de Marcus Sedgwick
Il s’appelait le soldat inconnu d’Arthur Ténor
Mémoire à vif d’un poilu de 15 ans d’Arthur Ténor

Documentaires :

Horreur dans les tranchées. 1914-1918 – Milan (Quelle Histoire)
La première guerre mondiale – Gallimard (les Yeux de la Découverte)
14-18 des hommes dans la grande guerre – Casterman
La guerre 1914-1918 – Fleurus (Grande Imagerie)
J’ai vécu la première guerre mondiale – Bayard jeunesse (j’ai vécu)
La première guerre mondiale – Fleurus (Voir l’histoire) avec DVD Rom


Littérature adulte
(uniquement des romans) :

Aurélien de Louis Aragon
Le feu d’Henri Barbusse
Joyeux Noel de Christian Carion
La der des ders de Didier Daeninckx
Les croix de bois de Roland Dorgelès
La chambre des officiers de Marc Dugain
Dans la guerre d’Alice Ferney
Ceux de 14 de Maurice Genevoix
Le grand troupeau de Jean Giono
Derrière la colline de Xavier Hanotte (conseillé par Manu)
L’adieu aux armes d’Ersnest Hemingway
Un long dimanche de fiançailles de Sebastien Japrisot article chez Soie
Orage d’acier d’Ernst Junger
L’équipage de Joseph Kessel
La rafale des tambours de Carole Ann Lee (conseillé par Leillona, Article chez Cynthia)
A l’ouest rien de nouveau de E. M. Remarque
Paroles de Poilus article sur mon blog 
La peur de Gabriel Chevalier (conseillé par Margaux)
Les enfants de la patrie de Pierre Miquel (une série en 4 tomes) (conseillé par Margaux)

BD

Putain de guerre (2tomes) de Tardi (conseillées par Alex)

N’hésitez pas à conseiller d’autres livres ou bien à donner vos liens ! 

Le journal d’Adèle de Paule Du Bouchet

Roman  jeunesse autour de la première guerre mondiale

Le journal d’Adèle
Paule du Bouchet

 Gallimard Jeunesse, 2007
Folio Junior 876, 140 pages
 978-2-07-061296-3, 5,50 €

  

Thèmes :  Mort – Histoire – Amitié – Amour – Famille – Ferme – France – Première Guerre mondiale – Journal intime

Présentation de l’éditeur :
“Jeudi 30 juillet 1914…
Adèle commence le journal qu’elle a reçu pour Noël : un ami auquel elle peut raconter sa vie, confier ses espoirs, ses craintes et ses secrets. Les années passent dans le petit village de Crécy, en Bourgogne, rythmées par les travaux des champs, les nouvelles du front… La guerre tue, mutile les soldats, affame les gens de ” l’arrière “, endeuille les campagnes. Adèle grandit et rêve de devenir institutrice dans un monde meilleur…”

Résumé :

Tout au long de la guerre, Adèle, jeune adolescente va tenir son journal intime. Nous allons donc la suivre, non pas pas à pas, au jour le jour, mais au gré de ses envies, et de évènements de sa vie. En effet nous sautons parfois de longue période. Adèle va suivre des cours, aider à s’occuper de la ferme, et même devenir Marraine de Guerre.

Avis :

Un livre très facile, abordable même pour les faibles lecteurs. Le fait que le journal intime ne soit utilisé que pour certains passages de sa vie rend le livre dynamique et permet d’accrocher facilement à l’histoire. Des élèves de 3ème ont été ravi, des élèves de 6ème aussi… comme quoi…

Personnellement j’ai trouvé l’histoire belle, pleine d’humanité, et traitant de façon très juste de la guerre, sans pour autant se situer dans les tranchées, comme beaucoup de livre sur cette période. Voir la vie quotidienne à l’arrière, c’est très intéressant aussi, cela permet mieux se rendre compte de l’ampleur des dégâts d’une guerre…


Extraits :
Extrait audio de Gallimard jeunesse

 La Fiche pédagogique du Journal d’Adèle pour une utilisation scolairesur le site du Cercle de l’enseigment, Gallimard Jeunesse

+ Les avis de Stephie, Esmeraldae, Pimprenelle,

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Paroles de Poilus

Paroles de Poilus : lettres et carnets du front 1914 – 1918

Sous la direction de Jean-Pierre Guéno

 Librio / France Bleu, 1998

Collection : Documents
 186 p.
9782290335345,  3€


Documentaire / Oeuvre épistolaire

Thèmes : Première Guerre Mondiale, Lettres, Poilus

Présentation de l’éditeur :
“Ils avaient dix-sept ou vingt-cinq ans. Se prénommaient Gaston, Louis, René. Ils étaient palefreniers, boulangers, colporteurs, bourgeois ou ouvriers. Ils devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers…

Voyageurs sans bagage, ils durent quitter leurs femmes et leurs enfants et revêtir l’uniforme mal coupé, chausser les godillots cloutés… Sur huit millions de mobilisés entre 1914 et 1918, plus de deux millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal. Plus de quatre millions subirent de graves blessures..

Huit mille personnes ont répondu à l’appel de Radio France visant à collecter les lettres, jusqu’ici éparpillées, de ces Poilus. Cet ouvrage en présente une centaine.

Des mots écrits dans la boue et qui n’ont pas vieilli d’un jour. Des mots déchirants, qui devraient inciter les générations futures au devoir de mémoire, au devoir de vigilance comme au devoir d’humanité…“

Résumé / Avis

Rangées en fonction des saisons, les dates se mélangent, mais les mots sont tendres et durs à la fois, parfois trompeurs, souvent  ravageurs. Quelle puissance dans ces mots, de ces inconnus, qui ne sont pas écrivains. Ce sont des gens comme tout le monde, témoins bien contre eux de leur temps, de cette guerre. Par leurs lettres, leurs carnets, ils ont écrit le monde, le monde du sang et de la guerre, des tranchées, des poux, des rats… Mais c’est aussi toute la tendresse, l’amour qui se dégage de ces mots qui font de ce recueil une petite perle d’humanité. Avant beaucoup de ces lettres, quelques lignes italiques nous narrent la vie du poilu qui écrit, son âge, son origine, sa position dans l’armée et sur le front, et puis malheureusement, bien souvent, la date à laquelle il a été tué au combat.


Extraits :
“
Mercredi 5 mai
1915.

Chérie,Voila le baptême du feu, c’est chose tout à fait agréable, tu peux le croire, mais je préférerais être bien loin d’ici plutôt que de vivre dans un vacarme pareil. C’est un véritable enfer. L’air est sillonné d’obus, on n’en a pas peur pourtant:nous arrivons dans un petit village, ou se fait le ravitaillement; là, on trouve dans des casemates enfoncés dans la terre les gros canons de 155 ; il faudrait que tu les entendes cracher,  ceux-la; ils sont à cinq kilomètres des lignes, ils tirent à 115 sur l’artillerie “boche”.On sort du village à l’abri d’une petite crête, là commencent les boyaux de communication; ce sont de grands fossés de 1 mètres de large et de deux mètres de profondeur; nous faisons trois kilomètres dans ces fossés, après on arrive aux tranchées qui sont assez confortables.De temps en temps, on entend siffler quelques balles, les “boches” nous envoient quelques bombes peu redoutables; nous sommes à deux cents mètres des “boches”, ils ne sont pas trop méchants. Je me suis promené à huit cents mètres sur une route, à peine si j’en ai entendu deux siffler; nous avons affaire à des Bavarois qui doivent en avoir assez de la guerre, ça va changer d’ici quelques jours.Nous faisons des préparatifs formidables en vue des prochaines attaques. Que se passera-t-il alors, je n’en sais rien, mais ce sera terrible car à tout ce que nous faisons nous prévoyons une chaude affaire. J’ai le coeur gros mais j’attends toujours confiant ; nous prévoyons le coup prévu avant dimanche.Si tu n’avait pas de mes nouvelles après ce  jour,c’est qu’il me sera arrivé quelque chose, d’ailleurs tu en seras avertie par un de mes camarades.Il ne faut pas se le dissimuler, nous sommes en danger et on peut prévoir la catastrophe; sois toujours confiante malgré cela parce que tous n’y restent pas.
Alphonse.

Neuf jours après avoir écrit cette lettre ,Alphonse a été tué par un obus.

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13 novembre
1916

Chers
parents,

[…] Il y a beaucoup de poilus qui se font encore évacuer aujourd’hui pour pieds gelés. Quant aux miens, ils ne veulent pas geler, malheureusement car je voudrais bien une évacuation aussi. Il n’y fait pas bon ici en arrière : ce sont les avions qui font des ravages terribles et en avant c’est loin de marcher comme les journaux vous annoncent. Ceux-ci sont des bourreurs de crâne pour encourager le civil, n’y croyez rien, comme je vous ai déjà dit, c’est la guerre d’usure en bonshommes, en tout. Je termine pour aujourd’hui en vous embrassant de grand coeur.

Votre fils
dévoué,

Auxence

Auxence avait 21 ans, il est mort en avril 1918, dans la Somme.”

 

Je vous conseille vraiment de lire ce livre… Il est à la fois très peu cher et vraiment facile à lire, puisqu’il est tout à fait possible de ne lire qu’une ou deux lettres…

 Ce livre existe aussi en version BD, mais je n’ai pas eu l’occasion de le lire.

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :