A la lettre Abécédaire

abécédaireUn alphabet poétique

Bernard Friot & Jean-François Martin

Éd. Milan (2016)

***

“A la lettre” est un GRAND abécédaire (36 cm de haut !) plein de poésie et d’émotions. Quand j’ai vu la couverture, je me suis dit… Bof. Puis je l’ai ouvert, je l’ai feuilleté, mon œil a été accroché par le texte, plein d’humour et les images qui lui répondent bien ! Chaque lettre, dessinée sur la page de gauche a un petit texte qui parle d’elle. C’est parfois une petite histoire, parfois une poésie en rimes ou encore des dialogues.

***

abécédaire

Image empruntée au site “Noir de Mars”

Un exemple, la lettre D : “Je suis une dame. Comme toutes les lettres, je suis de sexe féminin, alors pourquoi dites-vous “le D” ? Dites désormais “Madame la D”, je vous prie, et découvrez-vous quand j’apparais. Je suis la lettre la plus distinguée, la plus décorative, la plus délicieuse, la plus délicate et la plus divertissante. Regardez donc le dictionnaire qui m’a choisie pour débuter !”

Dégoûté, un petit “c” cédille qui l’avait écoutée déclamer, déclare avec dédain : “Mais elle est dingue, cette grosse dondon. Elle délire, elle divague, elle déraille ! Distinguée, elle ? Des clous ! Si elle continue à déblatérer, je la dégomme ! Ou même, je la gomme !”

***

De Bernard Friot, je connais et j’aime beaucoup les “histoires pressées”. Cet abécédaire très drôle (il faut le lire à haute voix !) joue avec les lettres mais aussi avec les sons.  Avec vos jeunes enfants, vous pourrez vous amuser à retrouver la lettre dans le texte, et à la fin de l’album une page récapitule les images à retrouver (le yucca pour la lettre Y par exemple).

logoalbums2016.jpg

De Bernard Friot, on vous a déjà présenté :

A moitié (2ème album de l’article)

Dés-accords (un roman)

La fabrique à histoires de Bernard Friot

Blog non-officiel de Jean-François Martin

Lectures de Mai

Lectures diverses et variées de ce mois-ci

Maud Riemann – Patrick Lewis et Roberto Innocenti

Springer et Zidrou – Frédéric Marais

 *****

Un conte : La petite poule rousse et le renard russe de Maud Riemann aux éditions Bilboquet (2005)

Un conte traditionnel. La petite poule  vit seule, mais elle a beaucoup d’amis. Elle est très gentille et n’hésite jamais à rendre service, à recoudre ou raccommoder ce qui a besoin de l’être. Le renard, qui a faim, va se servir de la gentillesse de Maroussia pour essayer d’en faire son déjeuner… L’histoire est amusante, mais ce qui est encore plus chouette, ce sont les illustrations. Ce sont des collages et on a vraiment une impression de 3D, c’est très réussi !

*****

Lectures Un album : La maison de J. Patrick Lewis et Roberto Innocenti chez Gallimard (2010)

C’est une très jolie poésie, dans laquelle une maison nous raconte sa vie. Construite en 1656, une année de peste nous dit-elle, elle traverse les siècles, tombe en ruines puis renaît, différente mais pas forcement plus belle…

Chaque double page illustrée est à la fois identique (c’est la même maison, le même endroit) et en même temps très différente selon les saisons et le temps qui passe.

Un album découvert parce que je cherchais d’autres livres de Roberto Innocenti dont j’ai lu récemment le très effrayant “La petite fille en rouge” (un détournement du Petit Chaperon Rouge).  A découvrir pour ses splendides illustrations !

D’autres albums d’Innocenti : Rose BlancheL’auberge de nulle part

*****

Une bd : Le beau voyage de Springer & Zidrou chez Dargaud (2013) – Ado/Adulte

Un beau voyage, c’est ce qui attend Léa. Depuis toujours Léa cherche sa vie. Elle en bricole une, entre rébellion et provocation. Mais un jour, son père meurt. Alors Léa part sur les traces de son passé. Elle y trouvera une raison de vivre.

Une histoire triste, touchante et émouvante, mais je n’ai pas vraiment aimé les illustrations et du coup, je l’ai lu très vite, trop vite sans doute…

*****

Un p’tit dernier ? Didgeridoo de Frédéric Marais aux éditions des Fourmis Rouges (2014) Lectures

Au début du monde, il y avait si peu d’espace entre le ciel et la terre que les hommes devaient se tenir à quatre pattes et ramper pour se déplacer. Mais un jour, un garçon trouve un morceau de bois bien droit et solide et décide de l’utiliser pour repousser le ciel de toutes ses forces.

J’ai beaucoup aimé l’histoire, très belle, un genre de légende aborigène sur les débuts de la terre. J’ai eu un peu plus de mal avec les couleurs, juste un bleu très sombre et un rouge orangé avec quelques touches de blanc. On se croirait presque dans un volcan ! Une ou deux comme ça, je trouve ça beau, tout un album, ça a un côté “agressif” (le mot est mal choisi, je ne sais pas trop comment expliquer l’effet que ça me fait !) Lectures

La petite fille en rouge

RougeLa petite fille en rouge

Aaron Frisch & Roberto Innocenti

Gallimard (2013)

⊗ ⊗ ⊗ 

Une actualisation du «Petit Chaperon rouge» de Charles Perrault, mise en scène par Roberto Innocenti dans l’univers minéral et bétonné d’une banlieue contemporaine. (Gallimard)

Prix Sorcières 2014

⊗ ⊗ ⊗ 

Sophia, le petit chaperon rouge de cette histoire, vit avec sa mère et sa sœur  dans une forêt de béton et de briques, une ville. Sa grand-mère n’est pas très en forme et elle aimerait bien un peu de compagnie, oui mais voilà, elle habite de l’autre coté de la ville et pour y arriver, il faut traverser “le bois”, un centre commercial de rêve… Éblouie par la féérie du “bois”, Sophia perd son chemin et se trompe de sortie.

⊗ ⊗ ⊗ 

J’ai trouvé cette version moderne du Petit Chaperon Rouge beaucoup plus effrayante et glaçante que les versions classiques ! Peut-être parce qu’on s’identifie plus facilement aux personnages et aux lieux… Il est indiqué “A partir 8 ans”, et là, pour le coup, il me semble judicieux de respecter l’âge indiqué si vous voulez éviter que vos p’tits bouts fassent des cauchemars !

Les illustrations sont pleines de détails, beaucoup de pub, de tags, de pauvreté et de misère, et tout cela dégage une atmosphère vraiment particulière, que j’ai trouvé très “violente” et vraiment oppressante ! C’est une grande ville quoi, inhumaine, où “Tout le monde vous voit, mais personne ne vous voit”. Une si bonne définition de la ville !!

C’est un album qui m’a pour ainsi dire donné le même frisson que quand on lit un thriller…

Rouge

D’autres avis, d’autres images avec Jérôme, Noukette, Le tiroir à histoires, Blandine, Le bateau livre.

Si avec tout ça, vous n’avez pas compris qu’il faut absolument le lire… ;)

Un illustrateur à suivre !

Le site de l’illustrateur (en italien ou en anglais)

Un article du Monde qui parle du travail d’Innocenti

logoalbums2016.jpg

Miss Cocotte

Miss Cocotte  Miss Cocotte

Michel Piquemal

De La Martinière Jeunesse 2011

ο ο ο ο

Dans le poulailler, toutes les cocottes se préparent. Madame Galinouille qui les entraine pour le prochain concours de Miss va faire l’inspection. Les commentaires tombent : l’une doit maigrir du croupion, l’autre doit ébouriffer ses plumes, une troisième doit perdre son “air de quiche “…

MissCocotte1

Un album très drôle, qui, sous des dehors humoristiques parle de vrais problèmes : les jeunes filles qui ne voient plus que leur physique, qui se font vomir pour maigrir, prennent des gélules… Bref, se ruinent la santé ! Et tout ça pour s’apercevoir que le concours est truqué.

L’histoire est pleine d’humour (même si le fond, lui, n’est pas toujours drôle) et les illustrations d’Alexandre Roane toutes rondes et aux couleurs lumineuses et pétantes accentuent encore la drôlerie de cet album.

A lire sans hésiter à celles qui veulent être “Miss” comme à tous les autres !

MissCocotte2

(J’ai emprunté les 2 illustrations au site “papier-de-soie.com”)

Du même auteur, Michel Piquemal, on vous a déjà présenté : Petit Monsieur,  La robe rouge de Nonna, La fête de l’aigle, Pêcheur de couleurs et Télé cotcot Réalité (des mêmes auteurs).

logoalbums2016.jpg