Juin : l’estime de soi, le harcèlement

logoalbums2016.jpg

Challenge Albums – Mois de Juin – Estime de soi – Harcèlement

♣♣♣

Dans une collection qui s’intitule “Je suis comme ça“, Mango Jeunesse propose plusieurs titres avec des personnages qui ne s’aiment pas ou qui sont différents des autres :

Gaston est mollasson – Jonas ne tient pas en place – Chloé ne fait que loucher – Ophélie est étourdie – Eliot zozote – Astrid est trop timide – Bénédicte se trouve trop petite – Timothée a les oreilles décollées – Gaëtan se trouve trop grand – Juliette n’aime pas ses lunettes et pour finir, celui que je vais vous présenter : Roberto se trouve trop gros.

Estime de soi Roberto

Roberto est un baleineau. Alors forcement, il est gros. Et tous ses copains se moquent de lui. On l’appelle “Bouboule”, on le traite de “monstre marin” ou de “balourd de mer”, bref tous les jours Roberto prend des kilos et tous les jours on se moque de lui. Il finit par s’éloigner de tous. Jusqu’au jour où ses “amis” on besoin de lui et de sa force…

Un petit album très mignon pour parler de la différence, du respect, de l’estime de soi. Les illustrations au trait simple et tout rond, très colorées sont très jolies.

Une collection que je découvre, un peu tard à priori, la plupart des albums ont l’air d’être épuisés (vive les bibliothèques et les boutiques d’occasion !) et c’est bien dommage car les autres titres ont l’air intéressant aussi.

♣♣♣

estime de soi ClaraClara est trop gourmande ! De Cécile Lavocat chez Magnard Jeunesse (2001)

Clara la vache se trouve un peu serrée dans sa robe. Et puis, quand elle regarde les autres dames, ou encore les magazines, elle trouve qu’elle est vraiment très grosse ! Elle décide donc de se mettre au régime… Mais ça la mine et tout le monde croit qu’elle est malade !

Les images sont rigolotes avec des couleurs vives bien pétantes et un dessin simple mais expressif. Un album complètement amoral qui dédouane totalement les gourmands !! Pourquoi j’ai lu ça, moi ? Une tablette de chocolat ? Ou ça ???

♣♣♣

estime de soi hérisson

Georges cherche un ami de Yoko Yamazaki et Yoko Imoto – Mango Jeunesse (2001)

 Georges, le petit hérisson est triste. A cause de ses épines, les autres ont peur de l’approcher et il n’a pas d’ami. Il n’est pas toujours facile de se faire accepter quand on est différent… Georges en deviendrait presque méchant tellement il est triste ! Une histoire très mignonne, bien servie par des illustrations douces aux couleurs pastels… Si douces que nous aussi on aimerait caresser Georges le hérisson !

A la lettre Abécédaire

abécédaireUn alphabet poétique

Bernard Friot & Jean-François Martin

Éd. Milan (2016)

***

“A la lettre” est un GRAND abécédaire (36 cm de haut !) plein de poésie et d’émotions. Quand j’ai vu la couverture, je me suis dit… Bof. Puis je l’ai ouvert, je l’ai feuilleté, mon œil a été accroché par le texte, plein d’humour et les images qui lui répondent bien ! Chaque lettre, dessinée sur la page de gauche a un petit texte qui parle d’elle. C’est parfois une petite histoire, parfois une poésie en rimes ou encore des dialogues.

***

abécédaire

Image empruntée au site “Noir de Mars”

Un exemple, la lettre D : “Je suis une dame. Comme toutes les lettres, je suis de sexe féminin, alors pourquoi dites-vous “le D” ? Dites désormais “Madame la D”, je vous prie, et découvrez-vous quand j’apparais. Je suis la lettre la plus distinguée, la plus décorative, la plus délicieuse, la plus délicate et la plus divertissante. Regardez donc le dictionnaire qui m’a choisie pour débuter !”

Dégoûté, un petit “c” cédille qui l’avait écoutée déclamer, déclare avec dédain : “Mais elle est dingue, cette grosse dondon. Elle délire, elle divague, elle déraille ! Distinguée, elle ? Des clous ! Si elle continue à déblatérer, je la dégomme ! Ou même, je la gomme !”

***

De Bernard Friot, je connais et j’aime beaucoup les “histoires pressées”. Cet abécédaire très drôle (il faut le lire à haute voix !) joue avec les lettres mais aussi avec les sons.  Avec vos jeunes enfants, vous pourrez vous amuser à retrouver la lettre dans le texte, et à la fin de l’album une page récapitule les images à retrouver (le yucca pour la lettre Y par exemple).

logoalbums2016.jpg

De Bernard Friot, on vous a déjà présenté :

A moitié (2ème album de l’article)

Dés-accords (un roman)

La fabrique à histoires de Bernard Friot

Blog non-officiel de Jean-François Martin

Lectures de Mai

Lectures diverses et variées de ce mois-ci

Maud Riemann – Patrick Lewis et Roberto Innocenti

Springer et Zidrou – Frédéric Marais

 *****

Un conte : La petite poule rousse et le renard russe de Maud Riemann aux éditions Bilboquet (2005)

Un conte traditionnel. La petite poule  vit seule, mais elle a beaucoup d’amis. Elle est très gentille et n’hésite jamais à rendre service, à recoudre ou raccommoder ce qui a besoin de l’être. Le renard, qui a faim, va se servir de la gentillesse de Maroussia pour essayer d’en faire son déjeuner… L’histoire est amusante, mais ce qui est encore plus chouette, ce sont les illustrations. Ce sont des collages et on a vraiment une impression de 3D, c’est très réussi !

*****

Lectures Un album : La maison de J. Patrick Lewis et Roberto Innocenti chez Gallimard (2010) ♥

C’est une très jolie poésie, dans laquelle une maison nous raconte sa vie. Construite en 1656, une année de peste nous dit-elle, elle traverse les siècles, tombe en ruines puis renaît, différente mais pas forcement plus belle…

Chaque double page illustrée est à la fois identique (c’est la même maison, le même endroit) et en même temps très différente selon les saisons et le temps qui passe.

Un album découvert parce que je cherchais d’autres livres de Roberto Innocenti dont j’ai lu récemment le très effrayant “La petite fille en rouge” (un détournement du Petit Chaperon Rouge).  A découvrir pour ses splendides illustrations !

D’autres albums d’Innocenti : Rose Blanche – L’auberge de nulle part

*****

Une bd : Le beau voyage de Springer & Zidrou chez Dargaud (2013) – Ado/Adulte

Un beau voyage, c’est ce qui attend Léa. Depuis toujours Léa cherche sa vie. Elle en bricole une, entre rébellion et provocation. Mais un jour, son père meurt. Alors Léa part sur les traces de son passé. Elle y trouvera une raison de vivre.

Une histoire triste, touchante et émouvante, mais je n’ai pas vraiment aimé les illustrations et du coup, je l’ai lu très vite, trop vite sans doute…

*****

Un p’tit dernier ? Didgeridoo de Frédéric Marais aux éditions des Fourmis Rouges (2014) Lectures

Au début du monde, il y avait si peu d’espace entre le ciel et la terre que les hommes devaient se tenir à quatre pattes et ramper pour se déplacer. Mais un jour, un garçon trouve un morceau de bois bien droit et solide et décide de l’utiliser pour repousser le ciel de toutes ses forces.

J’ai beaucoup aimé l’histoire, très belle, un genre de légende aborigène sur les débuts de la terre. J’ai eu un peu plus de mal avec les couleurs, juste un bleu très sombre et un rouge orangé avec quelques touches de blanc. On se croirait presque dans un volcan ! Une ou deux comme ça, je trouve ça beau, tout un album, ça a un côté “agressif” (le mot est mal choisi, je ne sais pas trop comment expliquer l’effet que ça me fait !) Lectures

La petite fille en rouge

RougeLa petite fille en rouge

Aaron Frisch & Roberto Innocenti

Gallimard (2013)

⊗ ⊗ ⊗ 

Une actualisation du «Petit Chaperon rouge» de Charles Perrault, mise en scène par Roberto Innocenti dans l’univers minéral et bétonné d’une banlieue contemporaine. (Gallimard)

Prix Sorcières 2014

⊗ ⊗ ⊗ 

Sophia, le petit chaperon rouge de cette histoire, vit avec sa mère et sa sœur  dans une forêt de béton et de briques, une ville. Sa grand-mère n’est pas très en forme et elle aimerait bien un peu de compagnie, oui mais voilà, elle habite de l’autre coté de la ville et pour y arriver, il faut traverser “le bois”, un centre commercial de rêve… Éblouie par la féérie du “bois”, Sophia perd son chemin et se trompe de sortie.

⊗ ⊗ ⊗ 

J’ai trouvé cette version moderne du Petit Chaperon Rouge beaucoup plus effrayante et glaçante que les versions classiques ! Peut-être parce qu’on s’identifie plus facilement aux personnages et aux lieux… Il est indiqué “A partir 8 ans”, et là, pour le coup, il me semble judicieux de respecter l’âge indiqué si vous voulez éviter que vos p’tits bouts fassent des cauchemars !

Les illustrations sont pleines de détails, beaucoup de pub, de tags, de pauvreté et de misère, et tout cela dégage une atmosphère vraiment particulière, que j’ai trouvé très “violente” et vraiment oppressante ! C’est une grande ville quoi, inhumaine, où “Tout le monde vous voit, mais personne ne vous voit”. Une si bonne définition de la ville !!

C’est un album qui m’a pour ainsi dire donné le même frisson que quand on lit un thriller…

Rouge

D’autres avis, d’autres images avec Jérôme, Noukette, Le tiroir à histoires, Blandine, Le bateau livre.

Si avec tout ça, vous n’avez pas compris qu’il faut absolument le lire… ;)

Un illustrateur à suivre !

Le site de l’illustrateur (en italien ou en anglais)

Un article du Monde qui parle du travail d’Innocenti

logoalbums2016.jpg