Fedeylins : les rives du monde de Nadia Coste

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Fedeylins

Les rives du monde

Nadia Coste

Gründ Romans,

440p., 18€

parution le 3 mars 2011

Site internet : www.fedeylins.fr


Une série en 4 tomes
tome 2 Aux bords du mal (octobre 2011)
tome 3 A travers la surface (mars 2012)
tome 4 L’Ombre des Pères (octobre 2012)

Présentation du site :

Les fedeylins, petits êtres ailés d’une quinzaine de centimètres de haut, vivent heureux au bord de la mare qui constitue leur Monde. C’est un peuple fragile qui craint essentiellement les gorderives, les batraciens armés de l’autre rivage. Depuis près de trois cent ans, un pacte de non-agression maintient la paix entre fedeylins et gorderives.

Les cinq Pères Fondateurs fedeylins, seuls mâles fécondants, apposent à chaque petit une marque derrière l’oreille gauche avant son éclosion. Cette marque permet une répartition équitable de la société entre les castes (récolteurs, bâtisseurs, prieurs, transmetteurs et créateurs). Croire au destin est fondamental pour accepter la mort qui ravage quotidiennement le village. Pour tous, la marque et le destin sont liés et chacun est persuadé d’avoir une place déterminée.


et la présentation complémentaire du livre :

Comme tous les fedeylins, petits êtres ailés vivant au bord d’une mare qui constitue leur Monde, Cahyl éclot sur un nénuphar.
Comme tous les fedeylins, il doit braver la noyade et de dangereux poissons avant d’atteindre le rivage. Comme tous les survivants de cette première épreuve, Cahyl se présente devant les Pères Fondateurs, avide de connaître la caste choisie pour lui et l’avenir tout tracé qui l’attend.

Mais Cahyl est différent : il lui manque la marque qui le lierait à ce destin. Son existence même fait trembler les bases de sa société et cela, tout le monde n’est pas prêt à l’accepter.

“Être fedeylin, c’est accepter”

Mon avis :

Lire ce livre aussi c’est
accepter!
Accepter de rentrer un monde minuscule, de s’attacher à Cahyl, d’avoir l’impression de vivre à ces cotés, et ne plus en sortir vraiment…

Je me suis plongée dans ce livre par une froide soirée, et l’ai poursuivi sur quelques jours, et j’ai eu un mal fou à le refermer à la fin, je ne voulais pas sortir déjà de ce monde qui m’a totalement enchantée!

Cahyl est un fedeylin, un de ces êtres qui vivent au bord des mares, d’une quinzaine de centimètres, ailé, tout jeune à peine sorti de la bulle, mais pourtant déjà bien différent des autres. L’absence de marque, la présence
d’un don, tout ce qui devrait faire de lui un être exceptionnel et qui dans ce premier tome l’éloigne peu à peu des siens. Dans un monde dirigé par les pères fondateurs, et ou seul le destin peut choisir de la destinée des fedeylins, comment tracer sa propre route ?

Seul Glark, un étrange animal de la mare, lui permet de se sentir un peu moins seul. Sauf que les gorderives, peuple dont fait parti Glark est ennemi à celui des Fedeylins. Une paix relative existe, mais tout de même, ils ne sont pas sensés fraterniser!

Grâce à Glark on découvre un peu mieux Cahyl, qui se livre et devient vraiment lui même, mais on apprend aussi à connaître le peuple guerrier des gorderives. Ce peuple n’est pas le seul à être ennemi avec les Fedeylins, il y a
aussi les migrateurs, c’est grands volants qui mangent les fedeylins lors de leur passage régulier au dessus de la mare. Pour moi les migrateurs ce sont des oiseaux. Est-ce moi qui ai eu envie de tout rationaliser ou l’auteur qui ouvre habillement cette porte sur notre monde qui nous permet d’y croire vraiment. J’ai eu envie tout au long de ce roman de croire que les fedeylins existent, qu’ils vivent à côté d’une mare, qu’ils se nourrissent de vers… C’est sans doute une des plus grande force de ce roman, m’avoir fait entrer à 100% dans son univers, m’avoir donné envie
d’y rester!


Ce roman, qui n’est que le tome 1 d’une aventure qu’on imagine déjà comme fabuleuse, est très bien construit car il permet de découvrir tout l’univers des Fedeylins, et de croiser toute sorte de caractère. La mère Delyndha, protectrice, les soeurs qui accompagnent, les frères prêts à tromper, les voisins qui évoluent, et puis les différents maîtres, qui permettent de faire le plein de connaissance sur le monde des fedeylins… mais pas sur le monde extérieur. Il y a même, grâce à Naï, une fedeylin, un embryon d’histoire d’amour impossible… En effet l’amour est en apparence absent du monde des fedeylin, les femmes “pondent” des oeufs, qui sont fécondés par les pères fondateurs. Les enfants vivent avec leur mère. Point, ai-je envie de dire… et il nous faudra attendre les prochains tomes…!

Cahyl nous entraîne avec lui dans ce monde, sous la direction de Nadia Coste qui maîtrise ici d’une plume légère et agréable un monde complexe et plein de détails. Chaque chapitre s’ouvre sur un extrait d’un livre fedeylin ce qui
permet d’apporter des connaissances aux lecteurs et d’éclairer l’ensemble de l’ouvrage d’un aspect plus poétique. Avec Cahyl on passe surtout de grands moment de réflexions et de découverte du monde fedeylin, et l’action est assez rare finalement dans ce premier tome, presque trop rare, et c’est peut être mon seul reproche à ce roman. Je ne me suis pas ennuyée, mais j’avais parfois envie que cela bouge un peu plus, avance un peu plus vite. 4 tomes sont prévus (et écrits) et l’univers crée par Nadia Coste est très complet, ce premier tome prend donc vraiment le temps de nous poser le contexte de l’aventure, de nous plonger dans ce monde, de nous faire aimer Cahyl, et comme dit si bien Acr0 :
“On s’attache irrémédiablement à lui.”

Un roman fantastique qui nous plonge dans un monde superbement construit, aux personnages attachants. J’ai beaucoup aimé et lirai sans aucun doute les tomes suivants! A conseiller autant aux adolescents qu’aux adultes!

Merci pour ce très beau partenariat à Cécilia (pour les éditions Gründ) ainsi que pour les graines de lotus, une superbe idée qui permet de poursuivre la lecture…

Alera de Cayla Kluver

 

Alera

Tome 1

de Cayla Kluver

Éditions du Masque (MsK)

Titre Original (États Unis) : Legacy

9782702434963, 17,50€

450 pages, janvier 2011

 

 

Thèmes : Royaume, Princesse, Guerre, Amour

 

 

   “À la perspective d’épouser l’homme que son père a choisi pour lui succéder à la tête du royaume d’Hytanica, la princesse Alera a la désagréable impression qu’on lui impose un destin dont elle ne veut pas. Lorsque Narian, séduisant et mystérieux jeune homme originaire du royaume ennemi de Cokyri, arrive avec un passé obscur dont il refuse de parler, les nouveaux désirs d’Alera menacent alors de détruire le royaume. La découverte du secret de Narian va plonger Alera dans un monde terrifiant de complots, de querelles familiales et de guerres ancestrales. Alera, désemparée, ne sait plus que croire, ni à qui elle peut encore faire confiance.”


Mon avis :

    En entrant dans le monde d’Alera, je pensais me plonger en pleine fantasy, pouvoirs magiques et tout et tout ! Et bien non, Alera vit dans un royaume imaginaire, mais aux traditions finalement très classiques. Princesse, elle doit épouser l’homme que lui a choisi son père, Steldor, afin qu’il devienne roi. Pourtant Alera se révèle plus rebelle que prévu… pour notre plus grand plaisir!

     Un monde assez simple donc, pourtant 2 royaumes ennemis s’affrontent : Hytanica, le royaume d’Alera, et Cokyri. Ce dernier, que l’on voit peu dans ce premier tome, laisse présager une vie très différente de celle d’Hytanica, peut être plus emprunte de magie aussi. Mais pour l’instant, et après près de 500 pages nous n’en savons pas beaucoup plus sur Cokyri… Par contre dans ce tome on parcourt avec plaisir Hytanica, à la suite d’Alera. Le château, les jardins, la ville, Alera est vive, et
sa rencontre avec Narian, un Cokyrien (mais c’est un peu compliqué…) va la pousser à être encore plus libre et indépendante, maîtresse de son destin, du moins on lui souhaite…

        Deux grands destins qui se croisent et s’entrecroisent, on aimerait y croire, pourtant Alera comme Narian semblent devoir subir les choix que d’autres font pour eux. Une épopée pleine d’amour, où l’on s’attache à Alera, où l’on craque pour Narian, et un monde dans lequel on voudrait rester avec eux !

        J’ai littéralement été emporté par ce roman, l’ensemble est étonnamment bien écrit malgré le jeune âge de l’auteur, l’histoire est bien construite, et l’on meure d’envie de savoir la suite!! L’intrigue n’est peut être parfois pas tout à fait assez rapide pour moi qui suis toujours aussi impatiente, mais cela permet de s’imprégner totalement de cet univers et de ces personnages… J’ai vécu de beaux moments au côté d’Alera et de Narian… j’ai en horreur Steldor, mais mon personnage préféré reste London, guerrier au grand coeur, très mystérieux et beaucoup plus adulte (de part son âge et son caractère) que les autres personnages!

 

   L’auteur  :    Son site,     Son blog

La série anglaise se nomme Legacy Series

   Le tome 2 s’appellera Allegiance (en anglais)

   Le tome 3 Redemption

        Ils ne sont pas encore sortis (même en anglais), mais on peut lire quelques pages du tome 2 sur le site de l’auteur !

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Et puis ce n’est pas parce que c’est pour ados que ça ne rentre pas dans les Mercredi journée des enfants de Liyah :)

 

 


Maintenant, c’est ma vie de Meg Rosoff + film

 Roman adolescent

Maintenant, c’est ma vie

de Meg Rosoff

Titre original : How I live now

Albin Michel Wiz / Le livre de poche jeunesse
2-226-17006-5 / 978-2-01-322734-6
14€ / 5,50€

Thèmes : Adolescence, Amour, Angleterre, Anorexie, Guerre

 

” Tout a changé l’été où je suis partie en Angleterre passer quelque temps chez mes cousins. Un peu à cause de la guerre, qui a chamboulé pas mal de choses, évidemment, sauf que de toute façon, avant la guerre je ne me rappelle presque rien – pas de quoi écrire un livre, contrairement à ce qui va suivre. Non, si les choses ont changé c’est surtout à cause d’Edmond. Voilà ce qui s’est passé… “

 

Prix Luths (Allemagne), Prix Michael L. Printz (Etats-Unis) et Prix du Guardian (Angleterre)

Mon avis :

Ce roman lu à sa sortie en 2006 m’avait littéralement enchanté! L’occasion d’une Lecture Commune avec Liyah m’a permis de le relire, et ce livre reste un coup de coeur. Pourtant mon avis sera court, je suis pressée par le temps, et j’ai toujours du mal à parler des livres que je relis, c’est moins spontané…

 Une intrigue passionnante, entraînante, loin de la simple histoire d’amour, et du mystère, beaucoup, c’est ce qui m’a charmé dans ce roman. Daisy est une adolescente anorexique, envoyée de force en Angleterre, chez des cousins qu’elle ne connaît pas. Pourtant alors que la guerre se déclenche et que tous les éléments sont réunis pour lui faire vivre un enfer, l’amour est omniprésent dans ce livre. L’amour c’est ce qui rend Daisy vivante, la responsabilité c’est ce qui lui donne envie de vivre.

Les ellipses et l’intemporalité permettent à chacun d’y voir ce qu’il veut, d’interpréter le livre à sa manière. Les personnages sont mystérieux, ils créent un monde en marge de la guerre, sans que celle ci soit occultée ou diminuée. La petite Piper, amoureuse de la nature est un des personnages dont je me souvenais bien de ma première lecture…

Et malgré cette magie des personnages, le roman est très réaliste, saisissant et émouvant. A recommander sans modération !

Meg Rosoff nous entraîne dans ce récit avec brio, et m’a donné envie de lire ses livres suivants, et de parcourir régulièrement son blog.

L’avis très mitigé de Karine:) pour nuancer mon propos, puisque quand j’aime je ne sais pas dire le négatif :) ainsi que les avis de Tiphanya et Mélanie.

Extraits :

“Elle m’a demandé ce qu’on allait devenir et je lui ai dit que je n’en savais vraiment rien mais qu’il ne pouvait rien nous arriver tant qu’on était ensemble. Je lui ai demandé Tu sais ce que ça veut dire, invincible ? Elle a fait oui de la tête vu qu’à neuf ans elle a sans doute lu plus de livres que la plupart des gens durant leur vie entière. Alors j’ai ajouté Eh bien, tant qu’on reste ensemble, on est invincibles.”

Film :
adapté au cinéma en mars 2014 How I Live Now
Une adaptation américaine de Kevin Mac Donald. Avec Saoirse RONAN, George MAC KAY, Tom HOLLAND, Harley BIRD et Anna CHANCELLOR.
Sortie le 12 mars 2014. Drame / Aventure 1H46

  • Synopsis :Daisy, jeune New-Yorkaise de 15 ans passe pour la 1ère fois ses vacances chez ses cousins dans la campagne anglaise. Rires, jeux, premiers émois,ces vacances se révèlent idylliques. Une parenthèse enchantée qui va brutalement exploser quand éclate sur cette lande de rêve la troisième Guerre Mondiale…

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Daddy est mort… retour à Sarcelles d’Insa Sané

 

 

Daddy est mort… retour à Sarcelles

d’Insa Sané

 

Roman adolescent

 

Editions Sarbacane (Roman), 2010

978-2-84865-422-, 15€

 

Daddy est mort… est le 4ème volet de la “Comédie Urbaine” d’Insa Sané.

 

Mots Clés : Paris, Banlieue, Violence, Famille, Slam

 

Présentation de l’éditeur :

“1995, Sarcelles.
Tandis que Djiraël s’envole pour Dakar, son pote Daddy a du pain sur le bitume : à 20 ans, il va être père. Alors faut qu’il
assure, et pour ça il a un plan… et un mystère à percer : l’identité de son géniteur. Un mystère qui va lui coûter la vie. Sa mort provoque une impitoyable guerre de quartiers entre Parisiens
et banlieusards, où Djiraêl, à peine rentré de Dakar, est entraîné, avec toute sa bande de potes.

Dans le clash se croisent histoires d’amour et serments d’amitié, cris de rage et larmes de joie… Tout ce qui nous tient
vivants quand le quotidien nous fait la gueule.”

 

Mon avis :

Daddy est mort… retour à Sarcelles est le 4ème tome d’une série et bien qu’il puisse se lire indépendamment il existe
de nombreux liens avec les trois autres romans, qui sont mis en avant. Peut-être est-il donc préférable de commencer par Sarcelles-Dakar. Tant pis, jai commencé directement par Daddy est
mort… retour à Sarcelles et ce qui m’a tout de suite sauter aux yeux, c’est l’écriture. J’avais présenté il y a quelques temps les éditions Sarbacane, ainsi qu’un autre roman de cette
collection. L’écriture est vraiment le mot d’ordre de cette collection, avec des écritures variées, différentes de ce qu’on a l’habitude de trouver dans des romans pour adolescents. La démarche
est intéressante, et l’écriture de ce roman aussi. Insa Sané est slameur et son écriture est clairement emprunte de sa musique. Trop peut être, car bien que j’aime le slam j’ai eu un peu de mal à
entrer dans l’histoire. Ensuite ce qui m’a dérangé c’est le vocabulaire. Ah c’est sûr ça fait jeune, ça fait branché, ça fait banlieue… sauf que bon, je n’ai pas tout compris, et ça c’est assez
rageant. Peut être suis-je trop vieille, ou bien est-ce parce que j’habite la campagne, mais des jeunes j’en côtoie tous les jours, je les entends parler entre eux et je les comprends sans
problème…

C’est dommage, vraiment, parce que passer ces petits problèmes, j’ai apprécié cette histoire. Ce roman est plein de vie, de
violence aussi, beaucoup, mais l’amour n’est jamais loin, et l’ensemble des personnages sont très intéressants. Des personnalités complexes, bien décrites, certains charismatiques, d’autres
moins, mais tous nous entraîne dans un tourbillon d’évènements dont on ne ressort pas indemne.

De beaux moments, une lecture qui laisse des traces, voilà qui font de ce roman pour adolescent intéressant, mais l’écriture ne
m’a pas permis d’adhérer complètement, bien qu’elle soit tout à fait maîtrisée.

 

 

Extraits :

quelques passages représentatifs de ce que je n’ai pas aimé :

“Pris sur le vif, youba eut un instant d’hésitation assez long pour que son complice risque de
piger qu’il y avait anguille sous roche… alors pour le prendre de vitesse, il se mit en devoir de réagir. Chassez le naturel du ghetto-boy, il revient avec son scaphanfre de gosse des rues sans
peur et sans reproche; notre amoureux malheureux redressa le menton :

-QUOI, je fous quoi? J’ai pas le droit de faire ma vie, enfoirée ? Et puis, je t’ai déjà dit
de pas m’appeler “négro” ! Putain espèce d’Antillais, t’as le cerveau flingué ou quoi ?! Trois cent ans d’esclavage, et tu causes comme si t’avais des chaînes aux pieds!

– Ouais… au moins, moi, j’fais pas genre j’suis libre sans maître. Hein négro
?

– Tu racontes que de la merde, mon pote.”

 

“-Tout à l’heure, j’étais avec à Farid à la Goutte-d’Or, au gred de Foued. V’là pas qu’y a un
enculé qu’essaye de me griller la politesse ! Alors moi, poliment, j’le tire par le col et j’lui dis de faire queue avant que je lui défonce sa race, t’as vu ? Putain, tu d’vinerais
jamais…”

 

“C’était fini. Fini. Daddy ne souffrirait plus. Fini. Il avait assez souffert… Tu sais quoi,
mon soce ? Au cas où t’aurais pas compris, à l’heure où tu me lis, Daddy est mort.”