♥ Dis-moi si tu souris #Roman Ado

Le récit de Parker, 16 ans, aveugle et orpheline. Un livre touchant mais pétillant !

dis-moi si tu sourisRoman pour adolescents

Dis-moi si tu souris

d’Eric Lindstrom

traduit par Anne Delcourt
Nathan, juin 2016
9782092563274, 16,95€
392 pages

Parker est aveugle depuis un accident de voiture. Son histoire est tragique, et la mort de son père ajoute au drame qui la touche. Pourtant Parker est une jeune fille volontaire, dynamique, qui compte bien dicter ses règles au petit monde qui l’entoure :

Les règles de Parker :
Règle n°1 : Ne jamais me faire de coups bas. Jamais. Encore moins en profitant de ma cécité. Encore moins en public.
Règle n°2 : Ne pas me toucher sans me l’avoir demandé ou, au moins, m’avoir avertie. Je ne le vois pas venir. Je serais toujours surprise et je risquerais de vous faire mal.
[…]
Règle n°4 : Ne pas m’aider tant que je ne le demande pas. Vous ne feriez que le gêner ou m’énerver.
Règle n°5 : Ne pas hausser le ton pour me parler. Je ne suis pas sourde. Vous seriez étonnés du nombre de fois où ça arrive. Si ça ne vous étonne pas, ça devrait.
[…]
Règle n°7 : Ne pas non plus parler à ma place. A personne, même pas à vous amis ni à vos enfants. Rappelez-vous que vous n’êtes pas responsables de moi.
Règle n°8 : Ne pas me traiter comme une gamine ou une demeurée. “Aveugle” ne veut pas dire “handicapé mental”. Pas la peine de me parler lentement ou avec des mots de deux syllabes. Faut-il vraiment que j’explique un truc pareil ?
[…]

Avec Parker, les choses sont claires, directes. Elle ne prend pas de gant pour dire ce qu’elle pense, ce qui lui vaut même une certaine réputation au lycée. Pourtant cette rentrée est particulière, et les choses ne vont pas se dérouler tout à fait comme prévu.

Elle change de binôme, de famille, de repères… mais elle reste tranchante ! Et surtout, pas question qu’elle arrête de courir, seule, tous les matins. Elle pourrait même rejoindre l’équipe du lycée ?

Dis-moi si tu souris est un roman qui permet de mettre en avant les ressentis d’une jeune aveugle, mais c’est surtout un vrai récit d’adolescence, avec histoires d’amour, d’amitié et de rancoeur. Un roman vif, qui permet un très beau moment de lecture, entre émotion et rire. Parker est l’héroïne parfaite, on s’attache, forcément…. et pourtant on a souvent envie de lui faire ouvrir les yeux (sans mauvais jeux de mots)! Le temps d’un roman, on partage ses baskets, grâce à la narration à la première personne, et on avance, les yeux mi-clos, dans son monde. On retient à grande peine ses larmes, mais on rit et on aime aussi avec elle. Au fil des pages on va la voir évoluer, se remettre en question, grandir et prendre conscience des autres.

Autour de Parker, de rares adultes, vraiment relégués dans un rôle très secondaire, mais d’autres adolescents. Ses meilleures amies, avec leurs propres histoires et défaut. Sa nouvelle binôme. Sa cousine, avec qui elle habite maintenant. Le charmant vendeur de chaussures qui se révèle être aussi un élève du lycée. Et puis Scott. Son ex meilleur ami, son pire ennemi…

Si le côté adolescent n’a rien de bien original, notre héroïne si particulière, avec sa volonté d’avancer dans la vie malgré sa cécité, rend Dis-moi si tu souris réellement à part, touchant, pétillant de vie ! A partager pour de jolis moments et une belle vision de ce handicap qu’est la cécité.

+ une bande annonce

+ Challenge YA#5

Brainless

brainlessRoman pour adolescents
Science-fiction – Zombie

Brainless

de Jérôme Noirez

Gulf Stream, 2015
Collection Électrogène, 249 p.
9782354882488 – 16€

Brainless est un vrai roman de zombie, un roman gore avec des cervelles dès la couverture et des morts. Mais ce n’est pas que ça. Brainless c’est aussi un formidable récit croisé, très psychologique et qui chamboule notre regard sur les zombies… et sur les adolescents.

Une épidémie mystérieuse transforme certains adolescents, une fois mort, en zombie. Jason, notre héros, est l’un d’eux. Une mort peu glorieuse et le voilà ressucité, mais avec un traitement à base de formol pour ne pas ressembler à un cadavre. Dans sa petite ville sans histoire, pas facile de s’intégrer… et encore moins à l’école où Jason, surnommé Brainless, n’était déjà pas la star.

Ce roman est étonnant de sentiments et de rencontres. Alors qu’on imagine à la couverture un roman d’horreur, on va, dans ce récit, découvrir avant tout la psychologie de ce jeune ado zombie. A travers son expérience on découvre le regard des autres, la difficulté d’être différent – très différent ! – et en même temps ses histoires d’amour et d’amitié. Ces thèmes de la différence, du handicap, de l’acceptation de soi et des autres mais aussi de la violence sont très intéressants dans Brainless. Grâce à des narrations croisées, on découvre, en plus du point de vie de Jason, le regard de deux autres adolescents. Pas des zombies, non non, juste des adolescents classiques, mais avec un amour de la violence et de la mort absolument effrayant.

Si les personnages sont caricaturaux à souhait, volontairement, ils sont très intéressants et portent une critique de la société actuelle. De la science-fiction bien ancrée dans notre monde, avec des adolescents malheureusement réalistes… bien joué !

Et niveau Zombie ?

Nous sommes bien loin de récits comme The Walking Dead, où les zombies sont d’affreux décérébrés, à tuer à coup de machette. On se rapproche plus de l’idée de Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère, et retrouvé l’amour ou de J’ai embrassé un zombie, et j’ai adoré. Ici nous avons surtout affaire à des zombies qui continuent de penser, de marcher, de vivre… mais différemment.

L’explication scientifique est simple, peu poussée, un sydrôme, le SCJH. Pas de traitement, mais du formol pour rester en chair. Les zombies n’ont pas besoin de manger comme tout le monde, mais ils peuvent, lentement, réfléchir, et même éprouver des sentiments !

Alors que la couverture est une accroche pour les fans de récit d’horreur ou survival, le début du récit, avec ce zombie intelligent, peut s’avérer décevant… mais c’est là la force de ce récit, car on embraye rapidement sur un récit croisé qui nous glace les sangs, et un final bien trouvé qui plaira aux zombies-addict.

Alors, Brainless, on lit ou pas ? A quel âge ?

La plume acerbe et l’humour noir de Jérôme Noirez offrent à ce roman une certaine profondeur. Brainless est un savant mélange, qui fonctionne très bien, et permet une découverte intéressante, même exploitable autour du thème du Vivre ensemble en collège !
Une belle façon de commencer des lectures zombiesques, ou de proposer aux élèves des alternatives à the Walking Dead, trop violents pour le collège selon moi !

+ Le site de Jérôme Noirez

Le Teaser :

Tant que nous sommes vivants

tant que nous sommes vivantsRoman Ado
Prix La voix des Blogueurs 2015

Tant que nous sommes vivants

Anne-Laure Bondoux

Gallimard Jeunesse, 2014
9782070653799, 15€

Une jeune ouvrière, seule.
Un jeune ouvrier, artiste, seul. 
Bo et Hama, deux destins dans une ville sombre, deux solitudes faites pour se rencontrer. 

Tant que nous sommes vivants est un roman d’amour, mais c’est aussi un récit de guerre. Une tragédie teintée d’espoir, émaillée de fantastique. C’est une histoire dont il est impossible de parler, un récit à la frontière entre rêve et réalité.

Une histoire qui prend son temps, en plusieurs actes, et qui nous offre une vraie fresque romanesque à la Zola. Amour, art, catastrophe, handicap, famille, errance, voyage, guerre, aventure…. Tant de thème pour une seule volonté, un seul but : VIVRE.

Tant que nous sommes vivants est un roman magnifiquement mené, qui surprend et ne laisse pas indifférent. S’il m’est très, trop, difficile de vous parler de l’histoire tant elle est riche de petites choses magnifiques, je ne peux que vous conseiller de lire ce roman, ce conte, ce poème…

+ Ce livre a reçu le Prix la Voix des Blogueurs 2015, au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Retrouvez toutes les informations et actualités du prix sur la page facebook.

Ce Prix, géré par Tom, de la Voix du Livre, est un collectif de blogueur, dont je fais partie. Chaque année, chacun d’entre nous propose un coup de coeur aux autres, place ensuite à la lecture, puis en septembre – octobre, nous débattons, vivement et passionnément, afin de choisir LE livre qui sera notre préféré de l’année. La littérature pour adolescent est généralement privilégiée, et la sélection offre un beau panel de qualité, qui rejoint régulièrement de grandes sélections, tout en permettant aussi de mettre en lumière des livres moins connus. En suivant la page facebook vous découvrirez les membres du groupe, et en fin d’été la sélection 2016, que nous sommes en train de lire !

+ Challenges Petit Bac & YA#5

A Silent Voice 1

a silent voiceManga Jeunesse – Handicap / Harcèlement

A Silent Voice 1

de Yoshitoki OIMA

Ki-oon, Shonen, 2015

Shoya est en CM2, et pour que la vie ne soit pas ennuyeuse, il passe son temps à lancer des défis à ses copains. Sauter dans la rivière du haut d’un pont, ou d’un balcon, est sa principale occupation. Quand Shoko arrive dans sa classe, il la prend pour un extraterrestre et ne sait pas trop comment agir avec elle. Shoko est sourde de naissance, et communique avec les autres grâce à un cahier. Une situation difficile, que tout le monde a du mal à gérer.

A Silent Voice commence 6 ans plus tard, alors que Shoya est au lycée. On le voit qui retrouve Shoko, laquelle s’enfuit en courant. Que c’est il passé en CM2 ? Ce premier tome est une introduction qui permet uniquement de connaître le CM2, le tome se finissant de nouveau sur la scène du départ. Une longue introduction donc, mais totalement nécessaire car elle met en avant, grâce au récit de Shoya, de nombreuses thématiques.

Chaque jour était une nouvelle bataille dans ma guerre contre la morosité…

Un manga qui traite donc du handicap, de la LSF aussi un peu, mais surtout de la manière dont cette jeune fille, sourde, est intégrée dans la classe. Le regard des autres, les brimades, les difficultés de communication, l’incompréhension mutuelle, l’indifférence aussi; c’est tout cela que l’on voit dans les illustrations notamment, et qui nous permet de mieux appréhender les problèmes de Shoko.

S’il est question de harcèlement dans ce manga, c’est surtout la façon dont l’ensemble se met en place, ainsi que les répercutions qui sont réellement intéressantes. Contrairement aux protagonistes de l’histoire, on a accès aux pensées de Shoya, et on comprend qu’il est avant tout désarçonné, inquiet et en recherche de reconnaissance. L’attitude du professeur est aussi un point important, pas souvent traité, qui permet une vision d’ensemble de la situation.

Le premier tome de A Silent Voice nous laisse sur notre faim mais qui met en exergue une situation de handicap vue sous un angle différent. Intéressant, intriguant… à partager !

silent voice trailer

Cette série est terminée au Japon, et compte 7 tomes. En France, le 6ème tome vient de paraître.
Une version long-métrage est prévue pour cet automne au Japon.

+ Voir le Trailer de la série

+ Les avis de Bouma et Liyah sur le tome  1

+ Une série bien adaptée au collège, qui est en plus bouclée en 7 tomes !