Au bonheur des larmes – M-A Murail

Roman pour jeunes adolescents / adolescents

Au bonheur des larmes

de Marie Aude Murail

Ecole des Loisirs, 1995
9782211082693, 6,10 €

J’aime beaucoup la série des Emilien de Marie-Aude Murail. Emilien c’est ce jeune garçon qui s’est lancé dans le baby-sitting pour gagner un peu d’argent, et à qui il arrive toujours des petites aventures variées et sympathiques.  Quand une élève a présenté ce livre en classe je me suis rendue compte que je ne l’avais jamais lu! Je pensais pourtant avoir lu toute la série. Je suis donc partie à la découverte de ce titre, qui n’est pas sans rappeler pour moi Au bonheur des dames de Zola.

Emilien se lance dans une nouvelle expérience de garde d’enfant en devenant moniteur de colonie de vacances, en Bourgogne. Dès la préparation il se sent un peu en retrait. Un projet pédagogique ? Favoriser l’autonomie ? Emilien est plutôt du genre à organiser des courses d’escargots…

Difficile que d’être moniteur, il faut déjà supporter de vivre 24h/24 avec toute l’équipe, accueillir les enfants, sans occuper, sans jamais se lasser. Même quand les enfants pleurent la nuit. Même avec un petit autiste ou un petit trisomique qui mange par terre. Même quand les autres moniteurs semblent le rejeter.

Les personnages, adultes comme enfants sont vraiment très bien décrits et on a l’impression nous aussi de vivre pendant 100 pages en immersion dans cette colonie de vacances!

Emilien va vivre de grands moments de doute, de peur même, il va devoir se remettre en question, loin de chez lui. Heureusement Martine-Marie sa fidèle amie est là elle aussi. Parfaite comme toujours.

Une drôle de colonie où Emilien va en compagnie des enfants apprendre beaucoup de chose lui aussi. Une série pour jeunes adolescents, facile à lire, qui malgré les francs est toujours au goût du jour!

+ D’autres livres de Marie Aude Murail sur le blog :
Le tueur à la cravate,
Amour vampire et loup-garou
,
Logo LystigMaité coiffure,
Baby sitter blues,
Malo de Lange fils de voleur

+ L’avis de Liyah

+ Challenge  Vivent nos régions – Bourgogne

+ il existe une réédition sans les francs, : des explications sur la réédition de la série Emilien. J’ai d’ailleurs changé la couverture présenté dans cet article suite aux commentaires (voir en dessous;) , pour vous mettre celle de l’édition que j’ai lu, et que je n’aime pas du tout!

Du bonheur à l’envers – Pascal Ruter

Roman pour jeunes adolescents

Du bonheur à l’envers

Pascal Ruter

Didier jeunesse, mai 2013
9782278059379, 14,20€

 

          Fort du succès du Coeur en Braille Pascal Ruter met de nouveau en scène le personnage de Victor. Plutôt que de nous livrer ce qui se passe après le Coeur en Braille l’auteur revient en arrière, avec l’année de CM2 de Victor.

Une année chaotique à la maison. Les parents de Victor ont du mal à s’entendre, la tante Etoile a des “problèmes de communication” et l’oncle qui débarque fini de jeter le trouble dans la famille.

         Cette histoire met en scène un Victor plus jeune et avec lui un ton et une écriture plus enfantins. S’il y a comme dans le Coeur en Braille des sujets sensibles, l’ensemble est moins percutants et surtout moins drôle. Les adultes, beaucoup plus présents, donnent beaucoup de leçons de vie à Victor qui lui permettent d’avance mais il manque d’autonomie, ce qui fait sa force dans l’autre histoire.

         L’oncle Zac pourtant est un vrai personnage original et intéressant mais c’est la jeune voisine, narratrice occasionnelle que j’ai le plus apprécié. Je regrette d’ailleurs qu’elle ne soit pas plus présente, avec son histoire difficile.

          On croise la maladie, la mort, l’amour, l’amitié, le théâtre mais aussi le chômage, le travail, les décisions d’adulte et la folie salvatrice. Tout un programme bien mené par l’auteur qui permet de ne pas tomber dans le pathos tout en traitant des vrais thèmes de la vie quotidienne des enfants. Les adultes, bien présents dans ce roman donc, se révèlent finalement eux aussi fragiles et susceptibles de commettre des erreurs, une vision intéressante en littérature jeunesse.

         Il n’y a finalement pas vrai sujet central dans ce roman, mais une multitude de petites histoires, toutes sympathiques il est vrai, mais l’ensemble est moins prenant. Les personnages heureusement sont encore une fois savoureux ce qui permet de passer un bon moment! Comme dans le Coeur en Braille les personnages ont tous leur histoire et Victor est le lien qui nous permet de tous les découvrir. Un Victor plus jeune mais toujours aussi attachant qu’on a plaisir à retrouver

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Le papillon à roulettes – Marie Garnier

Le papillon à roulettes

de Marie Garnier * illustrations de Jeanne Chapelle

Editions Baudelaire, 2012
9791020301314, 12€

Thèmes : Handicap, Papillon, Famille, Amitié

J’ai lu cet album. Puis je l’ai fait lire à mon ami. Nous sommes dans l’ensemble d’accord. Je vais tenter de vous expliquer au mieux mon avis, en essayant de ne froisser personne, car ce n’est vraiment pas le but…

Cet album aborde un thème très intéressant, j’avais donc hâte de le découvrir. Surtout que la couverture est superbe. L’histoire est touchante. Celle d’une famille papillon qui a un bébé papillon. Mais un papillon un peu différent des autres, puisqu’il ne peut pas voler. Ignoré par les autres enfants papillons, voire rejeté, notre petit papillon n’est pas très heureux. Pourtant une lueur d’espoir survient lorsqu’un petit papillon décide d’être son ami et de l’aider à voler.

La métaphore du papillon pour parler de la différence et du handicap est vraiment une très riche idée. J’ai apprécié ce point de départ et ce papillon offre une belle image. On sent l’histoire personnelle de l’auteur au fur et à mesure de l’histoire et c’est d’autant plus touchant et dur de mettre en avant les points négatifs qui ont entachés ma lecture. En effet la métaphore du papillon est une très bonne idée mais j’ai eu du mal à “y croire”. On voit le petit papillon debout et comme il ne peut pas voler, on le met dans un fauteuil roulant. Bien entendu en tant qu’adulte on comprend la métaphore, mais est-ce que les enfants vont comprendre cela aussi ?

Le déroulement de l’histoire met beaucoup en avant la famille, la venue du papillon, la fête qui suit, au détriment de la partie “handicap”, traité un peu trop rapidement. Ce n’est pas cependant très grave, mais ce qui a fini de me déranger dans cette lecture c’est la conclusion de l’album. Le petit papillon trouve des amis, il y a donc une vraie lueur d’espoir, sauf que la phase d’acception par ses nouveaux amis passent par l’obligation de la rendre comme eux, en lui permettant de voler. C’est adorable bien sûr, mais j’aurais préféré qu’ils l’acceptent comme tel et trouve un jeu pour l’inclure.

Il faut bien entendu replacer ce livre dans son contexte : celui d’une mère qui cherche à partager son histoire, à la faire comprendre par des enfants. Et je pense malgré mes points négatifs qu’elle réussit en grande partie son objectif, il faut donc saluer son travail d’autant plus qu’elle reverse ses droits à l’Association régionale Rhône-Alpes des infirmes moteurs cérébraux.

Un album qui reste intéressant par son thème et qui offre de magnifiques illustrations, colorées et douces à la fois, qui ont charmé mon regard. Si ce thème vous intéresse je vous invite à découvrir le roman adulte écrit par l’auteur sur son expérience.

+ Une lecture Commune avec Liyah, je vous invite à découvrir son avis (d’autant plus que nous sommes rarement d’accord!) > Effectivement pour elle c’est un coup de coeur!

+ l’avis enthousiaste de Sophielit

+ Le blog de l’auteur

+ Le site de l’association Halte Pouce

+ Je vous conseille de jeter un coup d’oeil aux commentaires où l’auteur Marie Garnier me répond sur mes arguments, très intéressants et cela complète parfaitement l’article!

Enterrement d’une vie de cancre – Touche pas à ma mère – Hervé Mestron

Deux courts romans pour adolescents d’Hervé Mestron aux thèmes intéressants…

enterrement

Enterrement d’une vie de cancre

d’Hervé Mestron

Ed Syros, juin 2012
Collection Tempo +
9782748512076, 6€

Bruno est un cancre. Pas juste un mauvais élève, non, celui qui en plus de rendre copie blanche s’amuse à mettre de la peinture sur les touches du piano et dort, les pieds sur la table, en classe. Et puis un jour Madeline arrive. Une allure gothique métallisée  une démarche étrange, mais une élève extrêmement douée. Quelques jours plus tard elle disparaît. Mais entre temps Bruno s’est réveillé!

Une histoire avec des personnages caricaturaux mais qui commence bien, avec une ambiance de classe terrible mais voilà l’histoire est très vite fini et le tout m’a du coup semblé complètement surfait. Les évènements se déroulent trop vite et l’on n’a pas le temps de s’attacher aux personnages. Les deux thèmes principaux, la réussite scolaire et le handicap, sont finalement seulement survolées. On peut penser que cela permet de lancer la discussion mais j’ai tout de même été frustrée. Peut-être bien à utiliser avec des adolescents faibles lecteurs, voire en difficulté, d’autant plus que l’écrit, à la première personne est très oralisé (trop même à mon goût).

Deux bons thèmes porteurs mais un ensemble trop rapide pour moi.

L’avis de Kik, elle aussi aurait aimé en savoir plus…

* * *

Touche pas à ma mère

Hervé Mestron

Talents Hauts, septembre 2012
9782362660412, 7€

 

Comme dans Enterrement d’une vie de Cancre, le roman est court, très court et c’est vraiment dommage.

Les personnages de ce roman, la situation initiale, tout était réuni pour un bon roman mais l’auteur choisi de ne pas faire traîner l’histoire. Les évènements s’enchaînent sans qu’on puisse s’y attarder et c’est déjà la fin. Malgré le thème terrible de la violence conjugale tout semble ici très simple. Pas le temps de connaître les personnages, de comprendre leur réaction, de trembler pour eux.

Ce roman, comme le précédent permet tout de même d’aborder des thèmes intéressants et peut être le point de départ d’une discussion intéressante avec les élèves. A voir avec mes sixièmes dans le cadre de mon projet sur le vivre ensemble mis en place cette année.

Quatrième de couverture (qui raconte toute l’histoire…)

« Chris, ma mère, et Sébastien, son amoureux, emménagent dans une nouvelle maison, à la sortie de Nîmes. Oui, parce que maintenant ça y est, elle a quelqu’un. Maman me l’a dit, c’est une nouvelle vie qui commence. Ça ne va plus être exactement comme avant, vu qu’on va habiter tous les trois, ensemble, sous un seul et même toit. Style famille Ikea. Ça me fait un peu bizarre ». Un jour, Cécile voit un bleu sur la tempe de sa mère qui prétexte qu’elle s’est cognée dans une étagère. 
Et Cécile raconte l’escalade : ses soupçons qui alternent avec les marques de tendresses de Sébastien, la tristesse de sa mère, la perte de son emploi et son isolement progressif…”

+ Challenge YA#2 (25 & 26 /60)

Le site de l’auteur

De cet auteur prolifique (il a écrit plus de 50 livres !) nous vous avons déjà présenté :

Le violoncelle poilu (sur la 1ère guerre mondiale),

L’aigle noir (roman ado),

Mystère à la cantine (à partir de 8/9 ans)