Rivière tremblante – Lectrices ELLE (10)

Rivière

Un roman sombre, très sombre…

RIVIÈRE TREMBLANTE

Andrée A. Michaud

Rivages/noir (2018)

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On suit deux histoires en parallèle :

En 1979, celle de Marnie, 11 ans, dont le meilleur copain, le presque frère, Michaël Saint-Pierre, 12 ans, a mystérieusement disparu par un après midi d’orage.

Puis, en 2009,  on est confronté à la terrible douleur de Bill, auteur de livres pour enfants, dont la petite fille, Billie, 8 ans et 9 mois, a également disparu sans laisser de traces…

*****

On m’a présenté ce roman comme un roman policier. Certes, il y a des disparitions et des enquêtes sur ces disparitions. Mais alors que dans un polar on suivrait le détective, le policier, l’enquêteur ou à l’inverse le meurtrier ou le responsable de la dite disparition, ici nous sommes avec les proches des victimes.

Et c’est surtout d’eux dont il est question. De leur incommensurable tristesse bien sûr (l’une a perdu son meilleur ami, l’autre sa petite fille) mais aussi de leur incompréhension, de leurs doutes, de leurs déchirements, leur envie d’en finir, leur culpabilité même…

Et la question suprême : peut-on faire son deuil quand on ne sait pas ce qui s’est passé ? Quand il n’y a pas de corps à enterrer, de cercueil sur lequel pleurer ? Comment continuer à vivre dans ces conditions ?

Ce n’est pas un polar “page-turner” avec moults retournements de situations. Ceux qui, lisant ce roman, s’attendront à un suspense d’enfer, risquent d’être déçus.

Cela s’apparente beaucoup plus à un roman psychologique. Mais “Rivière tremblante” est tout de même un roman noir, très noir dont j’ai beaucoup aimé l’écriture ! Et qui m’a bien donné envie de lire les autres romans de cette auteure, dont “Bondrée” dont j’avais entendu beaucoup de bien !

♥

Extrait :

“Accroupie près de la pierre tombale d’une inconnue faisant face au couchant pour l’éternité, j’ai demandé à mon père de me venir en aide, j’ai prié la mère que je n’avais pas connue, morte trop jeune, broyée en plein soleil, j’ai imploré le ciel de m’envoyer un signe, et c’est à ce moment là que le cri a retenti, un cri d’effroi pouvant aussi bien venir du creux de la terre que des profondeurs de ma mémoire. Michael, ai-je murmuré d’une voix enrouée par la pluie et le froid, c’est toi Michael ?”

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ELLE

10ème lecture / 28

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C’est ma 11ème participation au Challenge 1% de la Rentrée Littéraire

Logo Challenge 1% Rentrée Littéraire 2018 – Picos/Shutterstock

La gloire de mon père et …

Gloire  le château de ma mère

Serge Scotto – Éric Stoffel (Scén.)
Morgann Tanco (ill.)
D’après l’œuvre de Marcel Pagnol
Coll. Grand Angle

Ed. Bamboo (2015 et 2016)

Ω Ω Ω Ω Ω 

Le roman de Marcel Pagnol, “la gloire de mon père”, premier volet de ses souvenirs d’enfance, date de 1957.

Mais c’est d’une telle fraicheur qu’on a vraiment du mal à le croire !

Gloire

Il s’agit d’une autobiographie romancée, de souvenirs d’enfances remodelés -et probablement embellis- par le temps. Un “classique” toujours aussi frais, toujours aussi vendu et adapté aussi, que ce soit en bd comme ici, ou en films.

Ω Ω Ω Ω Ω 

Dans le premier tome, “La gloire de mon père“, le jeune Marcel, alors âgé d’une dizaine d’années, découvre, lors de vacances familiales, la chasse, la liberté, la garrigue et le massif du Garlaban.

Dans le second volet, “Le château de ma mère“, les enfants ont poussé, la famille s’est agrandie mais les aventures dans la garrigue sont toujours aussi pleine de vie et de surprises !

A la fin de chacun des 2 tomes, une petite partie documentaire avec photos apporte un nouvel éclairage sur cette œuvre.

Ω Ω Ω Ω Ω 

Si vous avez lu les romans, ou vu les films, ces bd vous plairont également. Et si vous ne connaissez pas, mais, mais, qu’attendez-vous ? Il est grand temps de rencontrer Pagnol et ses souvenirs… (plus ou moins enjolivés, ok, mais on s’en fiche !! C’est chouette et pis c’est tout !)

TOUT ! Je pense que tout m’a plu dans ces deux bandes dessinées !!

Le fabuleux texte de Pagnol bien sûr, lu il y a déjà bien des années et dont j’ai retrouvé ici toute la fraîcheur et l’humour. Même si cela se passe dans les années 1900, les thèmes de ces bd sont intemporels : L’enfance, la famille, la fratrie, l’amitié, les vacances, la Provence !

Le dessin aussi m’a enthousiasmée, avec ces personnages aux bouilles expressives et naïves, ces paysages secs, écrasés par la chaleur et néanmoins si plaisants…

Un gros coup de cœur pour ces deux magnifiques bd.

♥

Gloire

La bd de la semaineChez Steph Ft 

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Macaroni ! Bande dessinée ado/adulte

Macaroni

MACARONI !

Thomas Campi & Vincent Zabus

Dupuis (2016)

Ω Ω Ω 

Macaroni, c’est l’histoire d’une rencontre. La rencontre d’un grand-père et de son petit fils.

Roméo, un jeune garçon de 10/11 ans, n’est pas très content. Sans trop d’explications, son père le dépose chez son grand-père, un “vieux chiant” qui n’a même pas la TV… Un grand-père d’origine italienne, que Roméo connait à peine, et qui ponctue ses phrases d’expressions que l’enfant ne comprend pas (Maledetti /Porca miseria…)

Pourtant, petit à petit, l’enfant et le vieil homme vont apprendre à se connaître, à s’apprécier.

Ω Ω Ω 

Macaroni

J’ai beaucoup aimé l’histoire. Ma grand-mère paternelle est italienne et elle aussi ponctue ses phrases de mots en italien comme le grand-père (surtout si elle s’énerve ! Porca Miseria !!) Et j’ai trouvé très originale la façon dont les souvenirs ou les rêves du grand-père s’invitent dans les cases, ombres qui passent (comme la femme sur la couverture) ou parfois s’installent… J’ai bien aimé les couleurs aussi, plutôt soutenues. Par contre, je n’aime pas du tout les visages des personnages…

Une belle histoire, émouvante, qui nous explique pourquoi le grand-père a quitté son Italie natale, nous parle de ses souvenirs, de ses regrets aussi.

Ω Ω Ω 

Le blog de l’illustrateur Thomas Campi

Thomas Campi aussi

Encore une belle découverte que je dois à “la bd de la semaine”, encore et toujours ! Par ici l’avis de Yaneck

La bd de la semaineCette semaine c’est chez Noukette !

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La maison de Paco Roca – Bande dessinée

Maison  La Maison

Paco Roca

Delcourt/Mirages (2016)

◊ ◊ ◊ 

Le début de l’histoire est simple : Un vieil homme est mort et ses trois enfants se retrouvent pour nettoyer, retaper puis vendre sa maison. Passé le temps des chamailleries, chacun se remémore des souvenirs de moments agréables passés dans cette maison, avec ce père qui les faisait travailler “comme des esclaves” mais qui leur a finalement appris tant de choses…

lacasa_interiores.indd

◊ ◊ ◊ 

Mais la suite de l’histoire est moins simple : Cette maison finalement, n’est-ce pas tout ce qui leur reste de leurs parents ? Faut-il la vendre, au risque de perdre tous ces souvenirs ? Faut-il la garder, oui, mais qui va s’en occuper ? Pas facile de se mettre d’accord. Il y a les frères et sœurs, mais aussi les conjoints, qui sont également concernés.

Une bd qui parle de deuil, de famille, de souvenirs d’enfance, du temps qui passe, des relations parfois difficiles que l’on peut avoir avec sa fratrie… De la culpabilité aussi, que l’on peut parfois se traîner à tort (le fils aîné a pris seul la décision de ne pas faire réanimer son père, mais on voit un peu plus loin que le père n’a plus envie de vivre à cause de quelque chose que sa fille a dit…)

Une bd pas vraiment triste malgré le thème, plutôt un brin nostalgique et que j’ai beaucoup aimé même si j’avoue avoir été un peu surprise par le format et parfois un peu déroutée par le sens de lecture qui n’est pas toujours le même !lacasa_interiores.indd J’ai beaucoup aimé les couleurs employées qui, si elles ne sont pas vives, donnent pourtant beaucoup de lumière à cette jolie bd.

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Vous trouverez par ici les avis enthousiastes de Jacques (Un amour de bd), de Yaneck (Chroniques de l’invisible) et de Noukette (Dans la bibliothèque de Noukette) grâce à qui j’ai découvert cette bd !

Pour Jérôme (D’une berge à l’autre) c’est le coup de cœur de l’année .

La bd de la semaineCette semaine, c’est Mo qui nous reçoit (Le bar à bd)

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