LIBERATION – Roman JA

Libération

A partir de 14/15 ans

LIBERATION

Patrick Ness

Gallimard Jeunesse (2017)

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Deux histoires s’entremêlent. D’un côté une histoire très réaliste, celle d’Adam, jeune homme qui voudrait juste pouvoir aimer qui il veut, sans être jugé, traité de malade ou harcelé. De l’autre, une histoire fantastique, l’esprit d’une jeune fille assassinée en quête de vengeance qui se trouve mêlé à un esprit très ancien, une reine impitoyable…

Tous les deux ont un même besoin de libération.

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Voici un roman qui, c’est certain, ne plaira pas à tout le monde. D’abord par ses mots, parfois assez crus quand on entre dans l’intime. Par sa forme également. Il faut accepter de se laisser (em)porter par l’histoire secondaire, celle de Katherine, la jeune fille assassinée, dont on peut se demander quel est le rapport avec la première histoire, celle d’Adam.

Gallimard indique pour ce livre : à partir de 13 ans. Je pense, sans vouloir jouer les censeurs, qu’il serait plus approprié à partir de 14/15 ans (après tout il s’agit de jeunes qui ont 17 ans dans le roman, il y a des histoires de drogue, d’alcool, de sexe…)

J’ai beaucoup aimé les deux histoires. L’histoire du fantôme de Katherine me permettait de faire des “pauses” dans celle d’Adam, même si elle est terrible aussi, car elle est moins émouvante, moins poignante, on a plus de distance grâce au côté fantastique.

Adam est un personnage complexe. Il est gay, l’assume en général, mais a toujours une petite voix qui sème le doute dans sa tête. Sans compter ses parents très croyants, l’homophobie à l’école ou dans la société… Il voudrait juste aimer qui il veut et comment le lui reprocher ?

Un bon moment de lecture !

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Lire les premières pages (site de l’éditeur)

De Patrick Ness, nous vous avons présenté : Quelques minutes après minuit (le roman) (le film) et Burn

Je vous conseille également sa trilogie “Le chaos en marche” (à partir de 14/15 ans). Pas forcément facile d’accès au départ (le langage est très “torturé” surtout dans le premier tome si je me souviens bien), mais je vous assure que ça vaut le coup de s’accrocher !

Les âmes englouties – Lectrices ELLE (21)

âmes

Un polar scandinave au sein des tourbières

Les âmes englouties
Susanne Jansson

Presses de la cité (2019)

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Nathalie, pour terminer sa thèse de biologie sur “l’influence du réchauffement climatique sur le processus de décomposition dans les tourbières” quitte son appartement de Göteborg pour retrouver les terres de son enfance. A peine arrivée à Fengerskog, sa ville natale, elle se demande si c’est une bonne idée. Voilà quatorze ans qu’elle a quitté précipitamment ce lieu. Que vient-elle chercher ici ? Elle y a tellement de souvenirs douloureux, de choses qu’elle cherche à étouffer depuis si longtemps… Était-ce vraiment une bonne idée ?

Maya est une artiste. Photographe, elle travaille aussi avec la police. Après plusieurs années passées à New-York, elle revient s’installer à Fengerskog.

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Une lecture, autant le dire tout de suite, dont je ressors déçue… Ça commençait pourtant pas mal, le personnage principal, Nathalie, est assez mystérieux et on sent bien qu’il y a des tas de choses qui ne demandent qu’à remonter à la surface de sa mémoire défaillante. Le lieu, les tourbières est bien choisi également et plutôt bien décrit. Un endroit fascinant, hermétique, quasi ensorcelant avec une ambiance ouaté et renfermant tellement de secrets… C’est en fait lui (ce lieu) le personnage principal finalement !

Le personnage qui m’a le plus laissée perplexe, c’est celui de Maya. Très extravertie, elle prend la place de Nathalie au premier plan de l’histoire et mène l’enquête. Mais c’est un personnage qui est, je trouve, mal “construit”. On a des “bouts” mais rien d’abouti.

Et puis autant j’ai apprécié les passages sur les tourbières et tout ce qu’on apprend, autant le “saupoudrage” intellectuel m’a agacé (un peu de bouddhisme par ici, quelques références philosophiques par là…). Il y a des trucs qui arrivent parfois comme un cheveu sur la soupe. Et ça, quand on est pris dans une histoire, ça casse tout. Dommage…

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ELLE

21ème lecture / 28

(Ordre de lecture, pas de présentation)

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au Challenge Petit Bac chez Enna – Catégorie Adjectif

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Locke & Key – Comics partie cinq

Locke

Comics ado/adulte

LOCKE & KEY ♥

Joe Hill & Gabriel Rodriguez

Milady-Bragelonne (2016)

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Livre 1 : Bienvenue à Lovecraft

Dans la famille Locke, il y a Rendell, le père, Nina, la mère et leurs 3 enfants, Tyler, l’aîné, puis leur fille Kinsey et enfin Bode, le petit dernier à l’imagination fertile (y’a qu’à voir sa tête !)…

C’est l’été, les parents retapent leur maison de vacances, aidés avec plus ou moins d’enthousiasme par leurs deux aînés (Bode, lui, découvre la nature !!)

Cette petite vie tranquille et quasi bucolique va être brutalement perturbée par l’arrivée de Sam Lesser et Al Grubb, deux élèves de Rendell (qui est conseiller d’orientation), venus tout spécialement pour le tuer.

Ce n’est que le début d’une escalade dans la violence et l’horreur, le tout habilement mêlé de fantastique. Suite au décès de leur père, la famille part habiter chez le frère de celui-ci, Duncan, à Keyhouse, Lovecraft, Massachussets, la maison familiale de Rendell et Duncan. Et là, ils vont découvrir un manoir étrange et beaucoup, beaucoup de clefs toutes plus surprenantes les unes que les autres…

Locke

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Ne croyez pas que je vous ai raconté la moitié du bouquin… Non, non, loin s’en faut, ce ne sont que les 15 premières pages sur 336 !!

J’ai tout aimé dans cette bd.

Le scénario – qui, je pense, n’a pas fini de me surprendre – le côté fantastique (la maison “Keyhouse” est magnifique et légèrement inquiétante à la fois, avec ses clefs aux pouvoirs étranges cachées partout et son puits “habité”…)

La façon dont est construite l’histoire aussi, avec ses nombreux va et vient entre passé et présent et le fait qu’on découvre petit à petit ce qui a façonné chaque personnage (ainsi que leurs désirs / secrets / peurs…)

J’ai terminé aujourd’hui (un dimanche !!!) le tome 2/3 et j’ai vraiment hâte d’avoir le 3ème en main (et en même temps, après, il n’y en aura plus, alors suis-je vraiment si pressée d’arriver à la fin ? La réponse est OUI !!!)

Que de questions on se pose en fermant ce comics (où est le tome 3 ????) Plus sérieusement, on s’attache vraiment aux personnages qui sont des gens ordinaires à qui il arrive tout un tas de trucs pas franchement rigolos (voire carrément flippants !) et on a envie de savoir comment ils vont évoluer, quel rôle ils vont tenir dans l’histoire, ce qui va leur arriver, qui est cette mystérieuse dame noire, d’où viennent ces clefs…

Les illustrations m’ont beaucoup plu et la “mise en page” également.

Il y a beaucoup de pleines pages, des cases jamais identiques, des effets de plongée, des zooms, des cases dont on a l’impression qu’elles sont identiques mais… tiens, il y a une ombre ici, une ombre différente par là (oui, les ombres sont importantes !) Les personnages ont de grands yeux et ils sont très expressifs.

Et, ce qui ne gâte rien, il y a beaucoup d’humour ! Et de références diverses et variées, des clins d’œils, des trucs qu’on ne voit qu’en regardant très attentivement les illustrations…

J’allais presque oublier de parler des couvertures : Elles sont ma-gni-fiques ! Les photos ne leur rendent pas hommage. Elles sont “embossées” c’est à dire qu’il y a du relief, ce sont vraiment des bd de belle qualité !

Bon en fait, j’ai craqué !!

De passage à Nantes lundi dernier (il faisait un froid polaire), je tombe nez à nez avec… Une librairie spécialisée BD !! Et il restait un tome 3 de Locke & Key… Oui, je suis faible, je voulais savoir la suuiiiite !!!

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Le livre 1 contient les tomes 1 et 2 initialement parus en 2010 et 2011. Anywhere Key by GabrielRodriguez

Le livre 2, les tomes 3 et 4, parus en 2012 et 2013.

Le 3ème et dernier livre (regroupant les tomes 5 et 6 de la précédente édition) est sorti en 2016.

Cette série a reçu deux fois le Prix British Fantasy du meilleur comics (2009 et 2012)

Joe Hill a également reçu le prix Eisner du meilleur scénariste en 2011

Locke & Key faisait partie de la sélection du 42ème festival d’Angoulême (2015) et a été nommé pour plusieurs autres prix

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Petite bio de Joe Hill sur le site de l’éditeur

Le site de Joe Hill (en anglais)

Sur le site du dessinateur, Gabriel Rodriguez, en anglais également, vous pourrez voir de nombreuses illustrations.

L’avis de Jérôme, celui de Pénélope Bagieu (vidéo)

Et par ici, un article beaucoup plus “poussé” que le mien avec une approche “psychologique” (Complexe d’œdipe, toussa toussa… ;) )

Autres comics présentés : Copperhead, Batman, Paper girls, La vie est belle malgré tout.

Cette semaine, ça se passe Au milieu des livres

Info de dernière minute : Il semblerait qu’une série tirée de ce comics soit en cours de tournage !! Réalisée par Andy Muschietti (réalisateur de “ça”)

https://img00.deviantart.net/6e90/i/2010/168/6/6/key_compendium_8__mending_key_by_gabrielrodriguez.jpg

#RDL Grevet, Mlynowski et Howe

romans adolescents

Trois livres dans cet article, trois romans adolescents que j’ai lu il y a déjà quelques mois mais que je n’ai pas pris le temps de commenter, alors qu’ils offrent de bons moments de lecture !

Celle qui sentait venir l'orage

Celle qui sentait venir l’orage
d’Yves Grevet

Yves Grevet possède une plume et une imagination que j’apprécie beaucoup, notamment dans ses romans de science-fiction, comme sa trilogie Méto. Celle qui sentait venir l’orage prend place en 1897, au nord de l’Italie. Pas de science-fiction ici, mais un roman psychologique, à la suite de Frida, une adolescente obligée de fuir, car ses parents sont accusés et condamnés pour des crimes odieux. Elle trouve refuge dans la maison du docteur Grüber, à Bologne. Mais y est-elle vraiment en sécurité ?

Celle qui sentait venir l’orage est un roman  qui oscille entre policier, historique et scientifique. La morphopsychologie naissante y est mise en avant, tout en offrant surtout un personnage principal fort, prêt à se battre pour survivre, mais aussi pour comprendre ce qu’il s’est passé chez elle. Les personnages secondaires sont nombreux, et il est difficile de savoir à qui se fier dans ce monde de mensonge. Si le premier tiers est relativement calme, tout s’enchaîne ensuite très rapidement et Frida est souvent en danger… L’aventure n’est jamais loin !

Si j’ai encore une fois apprécié l’écriture d’Yves Grevet j’ai tout de même été moins emportée par cette histoire que par Méto ou U4… Celle qui sentait venir l’orage est un récit puissant, à la fois trop condensé pour qu’on s’attache aux personnages, et un peu trop long dans certains passages…

Syros, 2015 – 16€90 – disponible en epub 12,99€

nypensememepasN’y pense même pas
de Sarah Mlynowski

Un étrange phénomène secoue les élèves de seconde B du lycée Bloomberg. Suite à un vaccin ils se retrouvent à pouvoir entendre les pensées des autres. De tout ceux qui les entoure… Pas facile de contrôle ce que l’on pense, ce que l’on entend !

Vous pensez peut-être que c’est Olivia qui vous fait ce récit. […] Ce pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Mais non. C’est nous tous. Nous vous racontons notre histoire tous ensemble. Nous ne pouvons pas faire autrement.
C’est le récit de notre étrange métamorphose.
Comment un groupe de je s’est transformé en nous.

Si ce récit n’est pas très original dans ces thèmes, notamment secondaires (adolescence et histoire d’amour), il propose tout de même une intrigue sympathique. Nous suivons une bande d’élèves de seconde, principalement quelques filles, et avec elles nous découvrons les avantages et les inconvénients d’écouter les pensées des autres. Le rapport aux adultes est aussi intéressant, mais parfois un peu caricatural. Les personnages sont intéressants, touchants et bien trouvés. Certains sont prévisibles, mais d’autres, comme Pi, ont attiré mon attention…

Une lecture légère et plaisante, mais la couverture n’est pas très attirante…

+ Le site de Sarah Mlynowski
+ Deux autres titres de l’auteur sur Délivrer des Livres :  2 filles + 3 garçons – les parents = 10 choses que nous n’aurions pas dû faire et Parle-moi, dans la même veine.

Albin Michel, Wiz, 2015. Traducteur : Claudine Richetin. 13,90€ – 9,49€ en epub

conversionConversion
de Katherine Howe

Katherine Howe s’est inspiré pour ce récit d’un fait réel, survenu dans un lycée américain. Coleen, Deena, Emma et Anjali, ses héroïnes, sont lycéennes. Un jour d’étranges symptômes touchent les élèves de l’école : convulsions, perte de cheveux, paralysie, toux… La panique gagne bientôt le lycée et la presse se jette sur l’affaire ! Commence alors un récit croisé, celui de Colleen d’un côté, et un autre, d’une autre époque, celui d’Ann Putman, au temps des sorcières de Salem…

Des récits croisés qui font froids dans le dos, et qui tiennent en haleine tout au long du récit. La partie qui se déroule en 1692 est particulièrement bien décrite, et totalement effrayante. Le récit moderne est plus basé sur les réactions des adultes et de la presse, et sur le vent de panique général. On ne peut qu’attendre le recoupement entre les deux histoires…

Salem, l’auteur connait bien, elle est historienne spécialiste de cette époque, mais aussi une descendante directe d’une des célèbres accusées du procès des sorcières de Salem ! Le côté historique est donc bien travaillé, totalement crédible, et cela rend l’ensemble encore plus glacial !

Conversion est un récit dont l’ambiance est d’abord très proche du roman d’horreur, avant de glisser peu à peu vers un roman psychologique bien mené, et étonnant !

Albin Michel, Wiz, 2015. Traducteur : Céline Alexandre. 18€, 12,99€ en epub.

Le trailer de Conversion :