Top car – Album et société de consommation

Un album amusant qui fait réfléchir !

A partir de 5/6 ans

TOP CAR
Davide Cali & Sébastien Mourrain

Les éditions des éléphants (2018)

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La voiture de Jacques n’est certes pas très rapide, ni très belle, mais elle le conduit quand même où il veut. Seulement, tous les jours, en allant au travail, Jacques passe devant un panneau publicitaire qui vente les mérites de la “Vénus” une voiture “plus belle”, “plus rapide” et qui plait aux jolies filles !!

Il se met à en rêver la nuit, examinant toutes les possibilités de gagner de l’argent  en dehors de son salaire qui n’est pas très gros pour pouvoir se procurer cette voiture de rêve…

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Un album qui parle de notre société de consommation et des “désirs” qu’elle ne cesse de nous créer. Un thème original, encore peu présent dans la littérature jeunesse (à ma connaissance ! D’ailleurs si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à donner les titres en commentaires, merci.)

Une histoire qui montre bien l’absurdité de ces désirs créés de toute pièce. Surtout quand on voit la vie que finit par avoir ce pauvre Jacques !!

Top car : un album plein d’humour, mais pas que !

Un album qui peut aider à faire réfléchir les enfants (et les adultes !!) sur ce qui rend vraiment les gens heureux : la dernière poupée ou le dernier jeu vidéo à la mode ? Ou passer un moment convivial à discuter / faire un jeu / faire un gâteau / lire un livre avec ses parents ou ses frères et sœurs ou ses ami(e)s ? Bien sûr, les deux peuvent faire plaisir et l’un n’empêche pas l’autre. Mais dans cette société où tout se vend et tout s’achète, il peut être intéressant de faire une pause de temps en temps et de réfléchir à nos besoins réels.

J’aime bien le dessin de Sébastien Mourrain, même si je préfère les couleurs chaudes ! Il y a beaucoup de bleu dans cet album (trop à mon goût !)

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Sébastien Mourrain : Ultra book, blog

De cet illustrateur, nous vous avons déjà présenté : C’est un fil, Mr Gershwin, l’histoire secrète du Père Noël et il a également illustré le magazine Georges.

De Davide Cali, nous vous avons proposé : Mon papa pirate, Le double (2ème alb présenté), Un week-end de repos absolu ♥, Crotte (3ème livre présenté) et Electrico 28

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challenge albums 2018

Le 9ème continent – Nouvelles

continentLE 9E CONTINENT

Dominique Corazza
Le Muscadier (2017)

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Voici 4 nouvelles un tantinet étranges, voir même franchement inquiétantes !

  1. Le 9e continent : Paola est une jeune fille consciente des problèmes écologiques qui décide de tourner une vidéo (qu’elle postera sur youtube) sur les décharges sauvages et les dépôts de plastique qu’elle peut voir autour de chez elle. Elle part seule à pied, bien décidée à apporter son témoignage, une façon pour elle de se rendre utile. J’avoue que le début de l’histoire me plaisait bien, mais que je n’ai absolument pas compris la fin !!
  2. Le sales trader et les sept nains : Des nains sont embauchés pour entretenir des résidences secondaires (faire l’entretien du jardin, tondre la pelouse…), ils sont logés, nourris et payés (un peu) mais corvéables à merci, n’ont pas le droit de quitter la propriété et doivent faire tout ce qu’on leur demande, y compris servir de poupées à une gamine trop gâtée… C’est la nouvelle que j’ai préféré. J’adore la dernière phrase “les promesses n’engagent que ceux qui y croient”… Une histoire qui laisse rêveur sur ce qu’on peut être capable d’accepter parce qu’on est au chômage, et inversement, sur ce qu’on est capable de demander aux autres quand on a “la chance” d’être en haut de l’échelle…
  3. Pass immersion : Cette mère a fait une promesse a son fils Rayan : celle de l’emmener voir un village qui vit à l’ancienne et de “vrais” animaux, dans une “vraie” ferme ! Eux, visiblement, vivent dans un monde aseptisé et “moderne”… J’ai bien aimé cette histoire également. Où comment pousser les choses à l’extrême et se couper, non seulement de la nature, mais aussi des autres humains !
  4. Une journée de printemps : Pendant que les oiseaux chantent (enfin essaient !) les humains, eux, tondent la pelouse, tronçonnent les arbres, taillent les haies… Bref, font du bruit à qui mieux mieux !! Une nouvelle qui n’est pas sans me rappeler certains dimanches ici, quand tous les voisins se mettent, qui à tondre la pelouse avec son petit tracteur, qui à tailler sa haie avec son gros taille-haies… Et qui a le mérite de nous inciter à écouter les oiseaux !

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Des nouvelles qui sonnent comme des avertissements. J’avoue avoir du mal à dire si j’ai aimé ou non ce recueil de nouvelles… En général, j’ai bien aimé le début des histoires et les thèmes traités, mais la fin m’a souvent laissée perplexe… Un avis mitigé donc !

Un avis bien plus enthousiaste que le mien, celui de Fanny.

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Éditions Le Muscadier

Le site de l’auteur

De cette maison d’édition, nous vous avons déjà présenté de nombreux titres : Bêtes de pensée et Badalona, Jours de neige (un recueil de nouvelles), 40 jours d’automne, Station sous-paradis, les mains dans la terreVirée nomade, Phobie, et Orient extrême.

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Bartleby le scribe – album grand format

BartlebyBartleby le scribe

Herman Melville & Stéphane Poulin (ill.)

Sarbacane (2013)

A partir de 11/12 ans – 22 €

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Nouvelle parue en 1853

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Comme souvent avec les albums qu’on ne connait pas ou dont on n’a pas entendu parler, c’est la couverture qui m’a attirée. Cet homme d’un autre temps, bien habillé, qui regarde par la fenêtre en attendant un hypothétique rendez-vous… Dès la couverture déjà, on se pose tout un tas de questions : Qui est-ce ? Qu’est-ce qu’il fait là ? Est-ce qu’il attend quelqu’un ? Que regarde t-il ?

Et le fait est que c’est une bien étrange histoire que nous conte là Mr Melville… L’histoire d’un homme, qui, sans jamais perdre son calme ou son sang-froid, réussit à refuser les ordres que son patron lui donne, et ce, sans que son patron ne s’en offusque plus que ça… Quand on lui donne un ordre qui, pour une raison qu’on ignore, lui déplait, il répond “j’aimerais mieux pas”…

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Lors de ma première lecture de cet album, j’avoue que je ne l’ai pas trop apprécié.

Bartleby est tellement agaçant !! Il ne veut pas faire certaines choses, mais n’explique pas pour autant pourquoi. On ne sait pas qui il est, d’où il vient, c’est un personnage qui garde tout son mystère jusqu’à la fin… Et il ne s’énerve jamais, j’en venais presque à me demander, avec son ton blafard, si ce n’était pas un fantôme !  J’ai eu envie de le secouer à maintes reprises, de lui demander, mais pourquoi, pourquoi ?

C’est un texte qui est très bien écrit, dans un style “classique“- c’est une nouvelle, rappelez-vous, qui date de 1853– et qui, je pense, ne peut pas laisser indifférent… Au final, l’écriture m’a beaucoup plu, j’ai trouvé la couverture attirante et les illustrations très belles. Bon ok, le format aussi (38 cm de haut) m’a plu, je ne fais pas une fixation là-dessus, mais c’est tellement agréable de s’immerger jusqu’au cou dans de belles images ! Et les pleines pages d’illustrations valent à elles-seules qu’on feuillette cet album.

En bref, la seule chose qui m’ait “déplu” en fait, c’est le personnage principal (beaucoup trop secret et si énervant !) ce qui montre, à mon sens, que l’histoire est bien faite, car elle ne laisse pas indifférent… Tous les employés de l’étude sont un peu spéciaux, mais Bartleby remporte la palme haut la main !

En faisant quelques recherches sur Stéphane Poulain, l’illustrateur, j’ai vu que ses illustrations sont en fait des tableaux, il travaille à la peinture à l’huile.

♥ Mention spéciale pour les très belles illustrations.

Biographie de Stéphane Poulin sur un site canadien.

Bartleby

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Un homme de joie – BD Diptyque

T.1 : La ville monstreUnHommeDeJoieT1

David François (ill.) & Régis Hautière

Casterman (2015)

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New-York, 1932. Fraîchement arrivé d’Ukraine où règne la famine grâce au camarade Staline, Sacha débarque chez son cousin Pavlo. Mais celui-ci vit dans un tout petit appartement avec sa femme et ses 4 enfants et ne peut l’accueillir au-delà de la première nuit. Il l’aide cependant à trouver un logement -provisoire et spartiate- mais pas cher.

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Pas très attirée au premier abord par les illustrations que je trouvais sombres et avec beaucoup de gros plans, j’ai en fait très vite plongé dans cette histoire. Et après l’avoir lue une première fois, j’ai parcouru au moins deux fois cette bd avant de la lâcher, tellement certaines de ces illustrations m’ont plu… Page 37 par exemple, j’ai trouvé superbe l’illustration d’un homme qu fait un saut périlleux sur une poutre, mais il y a un tas d’autres exemples, tel le chien qui file dans la ruelle, à la page 24. J’aime bien, en fait, la façon dont le mouvement est traduit dans le dessin. Je ne sais pas quelle est la méthode employée, je dirais volontiers que c’est de la peinture mais la façon dont c’est illustré, les coups de pinceaux (?) noirs par endroits, les couleurs employées donnent vraiment une ambiance très particulière, un peu “cotonneuse” à cette bd.

Quand à l’histoire, elle est très simple. Un homme, qui vient d’arriver à New-York, essaie de trouver du travail et de trouver sa place. Il ne connaît pas les us et coutumes du pays, il s’adapte au fur et à mesure. On sent bien que c’est un homme gentil (sa façon de s’occuper des chiens, de se préoccuper des autres…) mais il fait de drôles de rencontres… J’ai hâte de savoir ce qui lui arrive dans le tome 2 !

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Bref, vous l’aurez compris, une bd qui ne m’attirait pas plus que ça au début et que j’ai finalement adoré, tant pour les illustrations que pour l’histoire !

Bon, ça y est, j’ai lu le tome 2 : Pffoouuu ! Quelle claque !! A lire sans hésiter.

Une bd découverte grâce au groupe de “la bd de la semaine” : voir l’article de Moka (et ceux des autres, dans le bas du sien !)

David François, le dessinateur, brève bio sur le site de l’éditeur

Le blog de Régis Hautière

La bd de la semaine Cette semaine, c’est chez Noukette

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