Je ne te crains plus Alycia ! Collection « Droits de l’enfant »

Alycia

Que faire contre le harcèlement ?
Roman jeunesse à partir de 9 ans

Je ne te crains plus Alycia !
Michèle Bayar

Coll. Droits de l’enfant
Oskar éditeur (2018)

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Harcèlement / Timidité

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Jade est contente de partir en colonie de vacances. Non seulement elle va échapper à ses parents, qui la prennent encore pour une petite fille alors que c’est une pré-ado (elle a 10 ans 1/2), mais elle va surtout échapper au harcèlement de sa nouvelle voisine, Alycia, qui passe son temps à l’humilier. Malheureusement, au moment du départ, elle s’aperçoit qu’Alycia fait partie du voyage…

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Un court roman (80 pages) facile à lire et qui permet de bien comprendre comment on peut se laisser piéger par un harceleur (timidité / honte). Et qui donne aussi des pistes pour sortir du harcèlement (se confier à quelqu’un par exemple !)

Un roman qui permettra peut-être aussi aux enfants de comprendre que « harceler » quelqu’un n’est pas un jeu et que cela a des conséquences… La première étant de « rendre malade » (y compris physiquement) la personne victime du harcèlement !

J’ai beaucoup aimé le personnage de Maélys, une jeune fille pleine de ressources !

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« Droits de l’enfant – New York 1989 », une collection qui comporte plusieurs titres : La spirale (Droit au refuge) / Je ne suis pas ton esclave (Maltraitance) / Lettre au Président du Monde (Exploitation des enfants)

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Lire le début de ce roman sur le site de l’autrice

C’est ma 13ème participation au Challenge 1% de la Rentrée Littéraire

Logo Challenge 1% Rentrée Littéraire 2018 – Picos/Shutterstock

Say something – Roman ado/jeune adulte

saySay Something

Jennifer Brown
Albin Michel (2018)

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Au lycée, avec son nom de famille « féminin » -Judy- sa timidité et son allure chétive, David est la proie rêvée de certains plus costauds, plus sportifs, sûrs d’eux et de leur force et inconscients, sans doute, des ravages qu’ils occasionnent.

Cette année, plus encore que les autres années, David fait sa rentrée (en Terminale) la peur au ventre. Il faut dire que l’année précédente a été terrible, un déferlement de violence ayant eu lieu dans son lycée. David a passé l’été enfermé chez lui à essayer d’oublier. Impossible, d’autant qu’il « sait » des choses, des choses qu’il devrait dire à la police, mais il ne peut pas, il n’y arrive pas. Les mots refusent de franchir ses lèvres et, du coup, il culpabilise…

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En lisant ce roman, on a l’impression de vivre de l’intérieur, de ressentir, de comprendre ce que c’est que d’être quotidiennement moqué / insulté / harcelé par d’autres élèves au lycée. Ce sont toujours les mêmes insultes « Pédé. Tapette. Pédale. Tantouze. » Les mêmes vexations (baisse du pantalon, obligation de faire des pompes devant tout le monde). Pourtant, le ton n’est pas « pleurnichard », David, s’il souffre de tout cela, ne s’en plaint pas. Il s’adapte (il ne mange plus le midi pour éviter qu’on crache dans son assiette par exemple), évite, courbe l’échine.

Étrangement, ce ne sont pas toutes ces persécutions qui le perturbe le plus, mais bien cette chose qu’il sait et qu’il n’arrive pas à dire. Le poids de la culpabilité.

Say something est un roman très court puisqu’il ne fait que 126 pages (les 24 dernières pages sont le début du roman précédent de l’autrice), mais il laisse un goût un peu amer. (c’est ça l’endroit où l’on envoie nos enfants s’instruire ?? Sans être trop naïf, ça fait quand même un peu peur.)

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Ce livre est un « complément » à Hate list (plus qu’une suite, c’est un autre point de vue). Je l’ai lu sans avoir lu « Hate list » et j’ai très bien compris l’histoire.

Lire quelques pages sur le site de l’éditeur

De cette autrice, Sophie vous a déjà présenté « Tornade« 

Naissance des cœurs de pierre : deux destins tragiques

Naissance des cœurs de pierre est un roman puissant, qu’on lit d’une traite et qui nous anéanti… en nous donnant envie de vivre et d’aimer !

NaissanceRoman pour adolescents
Rentrée Littéraire 2017

Naissance des cœurs de pierre

d’Antoine Dole

Actes Sud Junior, 2017

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Il est rare sur ce blog de voir un livre en doublon. Avec Nathalie on s’arrange, on surfe, on se laisse la place… et puis il y a des livres, comme Naissance des cœurs de pierre, qui méritent deux articles. Parce que vous avez peut-être manqué l’avis de Nathalie, et qu’il serait vraiment dommage de passer à côté de ce livre !

Jeb, 12 ans, doit rentrer dans le programme. C’est la loi du Nouveau monde. Un monde sans guerre, sans violence apparente. Une injection, des pillules, et tout le monde vit dans le calme. Pourtant Jeb n’est pas convaincu. Inquiet,  peu sûr de lui. Il entretient des rapports étranges avec sa mère, puisque celle-ci ne montre aucune émotion. Difficile de se construire dans ces conditions. Ce qu’il va découvrir dans le programme va l’inciter à douter.
En parallèle, dans l’Ancien monde, on suit Aude, lycéenne. Harcelée, elle se réfugie dans les bras de Mathieu, surveillant.

Deux destins qui font frissonner tant ils sont tragiques. Deux enfances perdues, qui mettent en perspective la part des émotions. Nouveau et ancien monde, la solution ne semble pas satisfaisante.

Antoine Dole réussi le tour de force dans Naissance des cœurs de pierre de superposer deux destins liées en nous cachant l’essentiel. Quand a chute s’ouvre à nous, on ne peut qu’être rattrapé par l’horreur. On a du mal à caser ce roman qui se présente comme de la dystopie. Si les indices sont là peu à peu le lecteur ne comprend que tard, trop tard.

Deux histoires révoltantes, deux ados attachants, deux adolescents déchirés, délaissés, repoussés. Parfois un seul mot peut tout changer. Impossible d’en dire plus, j’espère même avoir su me canaliser, car Jeb, Aude, Niline… sont vraiment des personnages à découvrir.  S’il y a des l’amertume dans ecs pages, il y a aussi une étincelle, un espoir, une volonté de dire les émotions. Vivre, aimer, souffrir. Dire, pour vivre vraiment.

Naissance des cœurs de pierre est un roman puissant, qu’on lit d’une traite et qui nous anéanti… en nous donnant envie de vivre et d’aimer !

La lune est à nous – Roman ado

LuneLa lune est à nous

Cindy Van Wilder
Scrinéo (2017)

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Olive est orpheline, elle vit chez son oncle et sa tante avec qui elle ne s’entend pas très bien. Heureusement, il y a ses amis du « dépôt », une association et son compte Instagram « Curvy Grace ». Elle est lycéenne et elle est aussi noire, et… grosse.

Bouboule, lui, vient de subir de plein fouet la séparation de ses parents. Heureusement, il y a son petit frère Elliot pour lui changer les idées. Bouboule (je préfère l’appeler par son vrai nom, Max) Max donc, est blanc. Mais il est gay et… gros.

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La lune est à nous est un roman qui aborde de nombreuses thématiques : le racisme, le regard que l’on a (et que les autres ont) sur notre corps, le fait d’être gay, de l’assumer et d’oser en parler ou pas… Et surtout, surtout, il parle du harcèlement que l’on peut subir, entre autres,  via les réseaux sociaux.

Et quand on voit les proportions que prennent certaines histoires (qu’elles soient vraies ou fausses d’ailleurs !) sur les réseaux sociaux, les déferlements de haine de certaines personnes, on se dit qu’il faudrait plus de livres de ce genre ! Pour changer un peu, il faudrait apprendre à réfléchir un minimum avant de commenter tout et n’importe quoi, et se rendre compte, que derrière l’ordinateur ou le smartphone, on s’adresse à quelqu’un. Quelqu’un qui existe « en vrai » (IRL comme disent les jeunes), quelqu’un à qui l’on peut faire du mal (oui, les mots peuvent tuer !).

Décidément, les éditions Scrinéo nous proposent de belles surprises. Après m’être régalée avec « Un ado nommé Rimbaud » (qui m’a donné envie de lire de poésie quand même, alors que je n’en lis pour ainsi dire jamais…), j’ai passé un très bon moment avec Olive et Max (dit Bouboule).

Un roman qui se lit très facilement grâce à de nombreux dialogues et à l’alternance des voix d’Olive et Max.

Un peu plus de compréhension et d’empathie en ce bas monde le rendrait certainement meilleur, non ?

(Oui, je sais, je fais partie de la famille des bisounours, on me l’a déjà dit…)

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De la même autrice, déjà présenté sur ce blog : Les outrepasseurs (3 tomes)

Le site de Cindy Van Wilder

Celui des éditions Scrinéo

Des éditions Scrinéo, nous vous avons également présenté : Un ado nommé Rimbaud, Le livre de Saskia, Le premier, Le roman d’un non-mort, Wifi-génie, Les héritiers de l’aube, Les avatars de Gaspard, FBI Animaux disparus

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challenge rentrée littéraire 2017

Ma 4ème participation au Challenge 1% Rentrée Littéraire


L’avis de Sophie Hérisson :

J’ai lu La lune est à nous suite à l’avis de Nathalie, et je ne suis pas déçue. La lune est à nous est un joli roman pour adolescents, foisonnant, avec de nombreux thèmes très intéressants. C’est peut être parfois un peu tiré par les cheveux mais l’ensemble de ce roman est vraiment bien tourné. On suit des adolescents passionnés, qui essayent de vivre avec leur physique, leur sentiment. Olive et Max, les personnages principaux, sont vraiment attachants, même si on a parfois envie de les secouer un peu.

Max, 17 ans, arrive en Belgique suite à un déménagement. Olive est une grande noire, un peu enrobée, hyperactive et suivie sur les réseaux sociaux. Ils vont se rencontrer, s’apprécier, se soutenir, car les épreuves seront nombreuses. J’ai apprécié ces deux héros qui se complètent si bien, et qui pourtant ne sont pas dans la traditionnelle histoire d’amour !

La lune est à nous est un roman moderne, qui s’il fait penser aux Petites Reines, est plus réaliste et avec des personnages plus variés et attachants à mon goût !

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