La fille de braise et de ronces de Rae Carson

Roman jeunes adultes

La fille de braise et de ronces

de Rae Carson

Robert Laffont, février 2012
Collection R, 401 pages
9782221127148, 15,15€

traduit par Madeleine Nasalik

Princesse d’Orovalle, Elisa est l’unique gardienne de la Pierre Sacrée. Bien qu’elle porte le joyau à son nombril, signe qu’elle a été choisie pour une destinée hors normes, Elisa a déçu les attentes de son peuple, qui ne voit en elle qu’une jeune fille paresseuse, inutile et enveloppée. Le jour de ses seize ans, son père la marie à un souverain de vingt ans son aîné. Elisa commence alors une nouvelle existence loin des siens, dans un royaume de dunes menacé par un ennemi sanguinaire prêt à tout pour s’emparer de sa Pierre Sacrée.
Délaissée, humiliée, la princesse devra s’affirmer au milieu des intrigues de la cour, du grondement d’une guerre inévitable et des mirages de l’amour. Il lui faudra puiser en elle le courage nécessaire à sa survie et à celle de son peuple. Accepter enfin d’être l’Elue de son propre destin.

Ce nouvel opus de la collection R s’inscrit dans la mouvance YA (jeunes adultes) actuelle en nous proposant un roman d’héroic fantasy avec une jeune héroïne forte… Sauf qu’ici tout semble mal parti pour Elisa. Jeune princesse oui, mais obèse, gourmande et mariée de force à un roi voisin Alejandro. S’il est sympathique et séduisant il est aussi distant avec Elisa.

Royaumes, guerres, Elisa est étrangère à ses réflexions politiques mais le Destin a fait d’elle l’Elue. La pierre incrustée dans son nombril le prouve. Une destinée fantastique l’attend… peut être! En tout cas les embuches, ennemis et batailles ne suis seront pas épargnés mais aussi des rencontres, découvertes… et l’amour! Car c’est aussi une composante des romans jeunes adultes que de proposer des amours, contrariés ou impossibles de préférence.

Elisa dans ce premier tome réalise une sorte de parcours initiatique avant de pouvoir s’affirmer. Nous allons donc la suivre et apprendre peu à peu à mieux la connaître. Elle va se révéler peu à peu et perdre un petit peu son côté enfantin bien qu’elle reste souvent assez naïve… Une héroïne en demi teinte, forte par certains aspects mais qui reste tout de même pataude… mais attachante.

Dans ce monde gouverné par la le destin, au bord de la magie, l’auteur n’épargne pas notre héroïne ni ses compagnons de route. Une plume aiguisée qui nous permet aisément d’imaginer ce monde.

Un roman qui sait nous emporter dans son monde et nous faire découvrir le Destin. J’ai apprécié cette héroïne bancale qu’on a parfois envie de secouer un peu, ces charmants compagnons, les aventures et les découvertes… Une belle lecture…

Spoiler pour ceux l’ayant lu : Selon moi il n’est pas mort… mais de toute façon mon personnage préféré se porte bien ^^

 

La couleur de l’âme des anges – Sophie Audouin Mamikonian

La couleur de l’âme des anges

de Sophie Audouin Mamikonian

Roman fantastique ado jeunes adultes

Robert Laffont, 2012
Collection R, 447 pages
9782221127025, 17€90

Jeremy, jeune homme de 23 ans, est sauvagement assassiné.
En devenant un Ange, il réalise que la lutte pour survivre n’est pas terminée et qu’il peut aussi mourir dans ce nouvel univers. En effet, pour ne pas disparaître, tout Ange doit se nourrir de sentiments humains. Et Jeremy va bientôt découvrir avec effroi qu’il doit même les provoquer ! Provoquer la haine, l’amour, la joie, la tristesse, la peur, la compassion… Seules les émotions fortes peuvent rassasier les Anges, colorant leur peau en bleu pour les émotions positives, en rouge pour les négatives.
Recherchant la raison pour laquelle il a été tué, Jeremy piste alors Allison, une vivante de 20 ans, témoin involontaire de son exécution.

 

Robert Laffont a lancé en janvier une nouvelle collection, sobrement nommé R, pour les romans YA, jeunes adultes. Une collection qui commence très fort avec La couleur de l’âme des anges, mais les autres titres sont aussi très alléchants (Lena les présente tous ici).

Sophie Audouin Mamikonian vous en avez surement déjà entendu parler, elle a signé la série Tara Duncan, un vrai succès. Ses lecteurs ont grandis, ses personnages aussi, et c’est ici un titre plus mature qu’elle nous livre. Jérémy et Allison, les héros de ce roman, sont deux jeunes adultes auquel on peut en partie s’identifier, dans tous les cas s’attacher.

L’originalité du thème est ce qui m’a vraiment accroché dès le début. En effet dans ce roman nous vivons dans un monde à côté, celui dans lequel les morts vivent. Un monde où il n’est pas nécessaire de se nourrir comme nous l’entendons, mais dans lequel les anges vivent grâce aux sentiments humains. Chaque sentiment est représenté par une brume de couleur. Très manichéen nous retrouvons donc les bons sentiments dans les bleus, et les mauvais dans les rouges. Un peu facile bien sûr mais l’ensemble est bien mené et l’intrigue ne s’arrête pas à la présentation de ses sentiments humains puisque c’est une véritable enquête qui se déroule sous nos yeux. Contrairement à Laure ses couleurs ne m’ont pas semblé politique, mais son commentaire dans son article m’a quand même interrogé. (D’ailleurs si vous voulez en savoir plus sur l’histoire, les couleurs… elle vous explique tout ça très bien!)

J’ai beaucoup aimé le début du roman, toutes les présentations de monde, de personnages, la découverte. Ensuite l’intrigue prend le pas. Certains personnages m’ont horripilés (et je crois que c’est fait pour!) mais j’ai vraiment adoré l’idée de faire se rencontrer nos jeunes héros et des personnages connus comme Einstein et Galilée. Bon d’accord c’est peut être un peu attendu, mais c’est sympa et cela permet de faire quelques clins d’oeil à l’histoire. Et puis c’est aussi plein de petits détails de notre monde qui sont mis en relief et nous apparaissent différemment : maux de tête, acouphène, brusque changement d’humeur, voir même décision politique étrange, tout cela trouve une explication dans ce monde des anges…

Là où l’on sent que les lecteurs de Tara Duncan ont grandi c’est qu’ici c’est la petite soeur qui lit Tara Duncan (mouaif d’ailleurs…) pendant que les grands s’envoient en l’air. Dans tous les sens du terme d’ailleurs, en bien écrit tout de même, on est pas chez Harlequin!

L’ensemble est entraînant et l’histoire nous porte d’un bout à l’autre du roman avec quelques rebondissements bien placés et des pauses qui ne sont pas de trop pour souffler un peu. Un rythme qui nous plonge dans des brumes obscures et délicieuses et une demi fin seulement puisqu’un tome 2 nous attend (mais on ne s’arrête pas au milieu d’une phrase, c’est appréciable).

 + Le site du livre, avec des goodies comme par exemple des images sentiments :

 

ainsi que les dédicaces (le 3 mars à Lyon!)

+ Les avis de Mylène, Phooka, Mya, Fantasia, Archessia, Evey, Mango,

A bientôt pour la couleur de l’âme des anges 2!

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Le passage de Justin Conin

Le passage

de Justin Cronin

Roman « fantastique » dans les deux sens du terme!

Éditions Robert Laffont, mars 2011
9782221111130, 22,90€

Attention Coup de Coeur

Vous parler de ce livre tout en vous laissant la chance d’être surpris est si dur! Si vous comptez lire ce livre je vous conseille d’ailleurs de beaucoup vous méfier car sur le net j’ai déjà croisé beaucoup trop d’informations ! Lire ce livre sans rien en savoir, c’est de loin le mieux! C’est ce que j’ai fait, j’ai commencé ce livre sans avoir regardé la quatrième de couverture, sans avoir lu d’avis, rien! Et je suis entrée dans ce livre…

Je n’en suis jamais sortie! Je n’ai pas pu le lire d’une seule traite bien sûr (il fait presque 1000 pages), mais j’ai vécu dans ce livre pendant toute une semaine… et j’y repense encore plus d’une semaine après avoir lu la dernière ligne. Ce qui me rassure c’est que c’est un tome 1, je sais donc que mon plaisir pourra se prolonger un jour. Je crois même que j’en profiterai pour relire ce tome à cette occasion!

Bon mais avec tout ça je ne vous ai toujours pas dit ce que j’aimais dans le livre. J’aime tout… tellement tout! Ca faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de coeur, et c’est avant tout grâce à l’histoire. Elle est à la fois tellement fascinante, tellement fournie, et tellement légère parfois… C’est ce mélange que j’ai aimé je crois : c’est un roman de science fiction, puisque ça se passe dans le futur… mais en même temps c’est de l’horreur, et aussi un roman d’aventure… et puis il y a de l’amour !

Ce roman a donc une histoire entrainante, difficile à oublier, mais l’écriture aussi m’a permis d’apprécier ce livre. En effet malgré ces 900 et quelques pages, ce roman se lit vite (presque trop vite !). Justin Cronin a une écriture très agréable et dans ce roman il alterne les types de récits, entre témoignage, journal intime, narration, et les narrateurs. Au final on rencontre les personnages sous plusieurs aspects, et on a l’impression de les connaître, de vivre avec eux dans ce roman. On frissonne, on pleure, on espère et on voyage! Le personnage principal c’est Amy… elle est, disons, particulière. On a souvent du mal à la comprendre, on l’aime

En voyant la taille du roman j’ai eu peur de me lasser, pourtant au final il faut vraiment tout, je n’aurais rien coupé à ce roman! Aucun personnage a enlevé, aucune histoire qui parraisse secondaire et qui n’ai pas un intérêt… Il faut tout, j’ai tout aimé et j’attends la suite!

Pourquoi lire ce livre ? Parce que je pense qu’il a un énorme potentiel, et qu’il pourra plaire même à ceux qui n’aime pas le fantastique… Je m’avance peut être, mais quand on a autant aimé un livre, difficile d’imaginer que les autres puissent ne pas aimer. J’ai déjà convaincu mon homme de le lire… pourtant vu la taille du pavé, et le battage médiatique, ce n’était pas forcément gagné !

Je ne peux que vous souhaiter bonne lecture, et dire merci à Iris, la fille de Justin Cronin, qui lui a soufflé l’idée du livre!

SPOILER — en dessous de cette ligne, les informations sur le livre Le passage sont des spoilers… petits bien sûr, et qu’on peut lire partout, mais que je n’aurai pas aimé les avoir lu avant de découvrir le livre !

Dans ce roman il se déroule plus de 100 ans, pourtant on va suivre une jeune fille, Amy, qui d’allure ne dépassera pas les 15 ans! Magique ? Non scientifique et fantastique, à base de vampires un peu spécifiques. Car ce roman est un vrai roman de survie, celle des américains, suite à l’attaque de vampires crées en laboratoire… Une aventure pré et post apocalyptique !
Une communauté a survécu à cette attaque et au virus, mais combien de temps vont il encore tenir sur les vestiges de notre civilisation disparue ?


Marina de Carlos Ruiz Zafon

 Marina

de Carlos Ruiz Zafon

 Editions Robert Laffont / Pocket Jeunesse

978-2-221-11652-4 / 978-2-266-21302-8

19€, 300 pages, 20 janvier 2011

 

Thèmes : Barcelone, Années 80, Adolescence, Mystère, Amour

 

Présentation de l’éditeur : 

« Oscar, 15 ans, vit dans un pensionnat de Barcelone.
Il sort souvent en cachette pour aller se promener. Un jour, il pénètre dans une maison qui lui semble abandonnée et rencontre la jolie Marina. Ils deviennent amis. Désormais, tous les après-midi et le week-end, Oscar s’évade pour la rejoindre.Ensemble, ils commencent à suivre une vieille femme entièrement vêtue de noir. Sans le savoir, cette dernière les mène dans un repaire étrange, truffé de marionnettes mutilées. Ils retrouvent alors la trace d’un couple légendaire, rencontrent un médecin, un policier à la retraite, un savant fou… Les voilà lancés dans une aventure inoubliable, qui sera également celle de leur premier amour. »

 

Mon avis :

Ce livre a plus de 10 ans, pourtant comme il se passe dans les années 80 il n’a pas pris une ride! L’univers peut paraître désuet, et c’est je pense un écueil que les lecteurs jeunesses auront à passer, mais les adultes trouveront dans ce roman de quoi vivre une parenthèse hors du temps et de la réalité. Sans être totalement fantastique, ce roman, qui retrace le parcours de deux adolescents, s’avère empli de mystère, de créations terrifiantes…Un peu de fantastique donc, un peu de thriller aussi, de l’aventure pas mal, de l’amour beaucoup… Un roman multi-thématique, mais qui réussi sur tous les tableaux !

Le papillon noir entraînera Marina et Oscar dans des aventures incroyables, à tel point que je me suis demandé à la fin si tout cela n’était pas qu’un rêve d’enfant en mal d’écriture… non?
Ce roman est noir par son ambiance, triste par ses thèmes, oppressant par ses décors, mais la plume de l’auteur rend le tout très humain, un condensé de sentiments poignants!

Venons en maintenant au point sensible qui m’a laissé perplexe à la fin de ma lecture… Oh j’ai adoré ce livre, je suis entrée pleinement dans l’histoire, et je n’ai vraiment rien à redire. Non, ce qui me pose problème c’est la parution simultanée de ce roman en jeunesse. Pour adulte, aucun doute, un très bon livre, à lire. Mais pour adolescent, je ne suis pas aussi sûre. Déjà pas à des collégiens (quoique de bons lecteurs de 3ème…) plutôt à des lycéens, et dans ce cas ont ils besoin d’une édition jeunesse ? Je reste donc dubitative sur cette double sortie éditoriale. Les éditeurs sont coutumiers du fait, et j’ai vraiment lu ce livre avec un regard d’adulte sur un livre que j’ai jugé pour adulte.
Peut être aurais-je eu un regard différent si j’avais lu la version jeunesse et pour mon travail… J’ai hâte d’avoir des retours de jeunes… et moins jeunes ;)

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