C’est bien trop long à raconter d’Isabelle Damotte et Monica Barengo

c'est bien trop long à raconter

Couverture du livre C’est bien trop long à raconter

Album pour la jeunesse
dès 5 ans

C’est bien trop long à raconter

 d’Isabelle Damotte

et Monica Barengo

Editions Motus, août 2018, coll. Inclassables,
illustrations de Monica Barengo,
44 pages, 13 euros

Thèmes: rentrée, école, vie quotidienne

 

 

Présentation de l’éditeur: “À travers le regard attentif d’une enfant, chaque élève est évoqué. En quelques touches, on devine sa personnalité. Outre le thème auquel les jeunes lecteurs et leurs parents seront sensibles, le livre doit beaucoup à la grande qualité d’écriture de l’auteur et à la véritable beauté des images.”

 

“C’est bien trop long à raconter” est un très bel album pour aider les plus jeunes à affronter leurs peurs de la rentrée. La mise en page et les décors sont originaux. Comme expliqué dans le résumé apéritif, chaque enfant a sa personnalité et un objet précis le caractérise. L’aspect physique des personnages est également particulier. Aux yeux des petits écoliers, la maîtresse paraît immense et le tableau est très intimidant. Mais il y a aussi la récréation et ses jeux…

 

“C’est bien trop long à raconter” est un album sensible, presque nostalgique. Le titre prend tout son sens à la fin du récit, c’est vraiment bien trouvé. Les tons des illustrations apportent un petit côté suranné (d’où le sentiment de nostalgie que j’ai éprouvé). A la fin de l’album, la salle de classe et la cour de récréation semblent revivre grâce aux petits pieds qui les ont foulées. Cest poétique et touchant à la fois.

 

@éditions Motus

 

J’ai beaucoup aimé cet ouvrage tout en finesse; le moindre petit détail est soigné dans chaque illustration de Monica Barengo. C’est une belle découverte, comme tous les ouvrages édités chez Motus d’ailleurs! Je pense tout particulièrement au sublime Demain les rêves de Thierry Cazals et Daria Petrilli que je vous ai déjà présenté.

Si vous ne connaissez pas encore cette maison d’éditions, n’hésitez plus!

 

~Melissande~

 

+ Deux titres traitant de la rentrée scolaire présentés par Hérisson: A l’école!

+Un autre ouvrage sympa présenté par Hérisson: Rita et machin à l’école de JP Arrou-Vignod et Olivier Tallec

 

 

 

“Le jardinier qui cultivait des livres ” de Nadine Poirier et Claude K.Dubois

Un très bel album sur les façons de prendre soin des autres et de soi-même

 

le jardinier qui cultivait des livresAlbum fantastique pour la jeunesse dès 5 ans

 

Le jardinier qui cultivait des livres

de Nadine Poirier

et Claude K. Dubois

Editions d’eux, 2016 (édition originale en 1965),

ill. Claude K. Dubois,

32 pages, 18,95 $

 

Thèmes: lecture, paternité, empathie, solitude

 

Présentation de l’éditeur: “Nadine Poirier raconte ici, avec des mots fins et touchants, une rencontre entre un jardinier et une petite fille. Lui, seul, à cultiver des livres. Elle, sans parents.

Illustré avec tendresse par Claude K. Dubois.”

 

Le jardinier qui cultivait les livres est un très bel album qui aborde avec beaucoup de poésie la solitude vécue par les personnes un peu en marge de la société. Pourtant, ces dernières ne demandent qu’à vivre en communauté mais on leur refuse ce droit à la différence. Le livre présente d’ailleurs sur la première double page l’illustration d’un village vu au loin; tandis que sur la dernière double page, le jardinier et la petite fille cheminent ensemble.

 

C’est donc une très belle fable, aux tons très doux, que nous proposent Nadine Poirier et Claude K. Dubois. Le jardinier qui cultivait des livres parle également de la responsabilité de prendre soin des autres, de nous-même ainsi que de tout ce qui nous tient à coeur.

 

Les illustrations de Claude K. Dubois sont délicates et confèrent un caractère intimiste au récit. En effet, grâce aux couleurs et aux traits à peine esquissés, on a l’impression d’évoluer au sein de vieilles photographies.

 

 

Le jardinier qui cultivait des livres est un album peu commun. J’ai beaucoup apprécié les messages véhiculés par l’auteure ainsi que le léger aspect fantastique de l’histoire. De plus, j’adore le travail de Claude K. Dubois.

 

Si vous ne connaissez pas encore les éditions d’eux, je vous invite à découvrir leurs publications. Ça vaut le coup d’oeil!

 

~Melissande~

 

 

+ Un conte évoquant la rencontre de deux êtres extraordinaires, présenté par Nathalie: Quelqu’un m’attend derrière la neige de Timothée de Fombelle.

 

+ Une rencontre (que je vous ai présentée l’année dernière) qui va changer la vie des deux protagonistes: La visite d’Antje Damm.

 

Amour de Matt de la Peña et Loren Long

Un album emprunt de poésie aux illustrations époustouflantes!

amour

Album pour la jeunesse dès 3 ans

Amour

de Matt de la Peña

et Loren Long

Editions d’eux, avril 2020,

ill. de Loren Long, 32 pages-

22,95 $

 

 

Thèmes: émotions, famille, valeurs, société

 

Présentation de l’éditeur: “Au commencement,

il y a la lumière

puis, au pied de ton lit,

deux personnes aux yeux écarquillés.

Et, ce que tu entends dans leur voix,

c’est l’amour.

Avec des illustrations vibrantes et un texte poétique apaisant, cette célébration sincère de l’amour dépeint les multiples manières de vivre ce lien universel.”

 

En ouvrant Amour, je m’attendais à tout autre chose. Je n’ai pas été déçue mais il ne faut pas vous attendre à trouver de réel fil conducteur, hormis bien entendu le thème. En effet, l’auteur nous offre ici non pas un récit mais bien des séquences de vie. Ces dernières sont très touchantes et les illustrations de Loren Long sont justes magnifiques! D’ailleurs vous pouvez déjà en juger par vous-même rien qu’en admirant la couverture. Dans des tons colorés, très vifs, Loren Long fait vivre les protagonistes de Matt de la Peña.

Amour est un petit bijou, les illustrations à elles seules racontent un pan de vie de chaque personnage. Et le texte de Matt de la Peña, empreint de poésie, nous emmenène à la rencontre de l’amour. Un sentiment ordinaire, merveilleux mais identique quelque soit les coutumes ou les cultures. Celui qui franchit tous les obstacles, qui renaît de ses cendres après un deuil ou une tragédie.

Amour est donc un album très particulier qui a su m’émouvoir. Je vous recommande chaleureusement ce voyage haut en couleurs, à la découverte de ce précieux sentiment.

 

~Melissande~

 

+ Une histoire d’amour singulière présentée par Nathalie: Une histoire d’amour de Gilles Bachelet

+ Un album atypique présenté par Hérisson: La tour Eiffel est amoureuse d’Irène Cohen-Janca

Les éditions d²eux

Le serpent et l’enfant gâté. Contes kouya de Côte d’Ivoire présentés par Denis Ramseyer

Des contes indémodables qui, sous des traits animaliers, reflètent parfaitement la société humaine

Recueil de contes africains dès 8 ans

Le serpent et l’enfant gâté.

Contes kouya de Côte d’Ivoire

présentés par Denis Ramseyer

Editions L’Harmattan jeunesse,

mars 2019, coll. La légende des monde

(Afrique Subsaharienne- Côte d’Ivoire),

98 pages, 12 euros

Thèmes: contes, Côte d’Ivoire, animaux, morales, sagesse

 

Présentation de l’éditeur: “Du plein coeur de la Côte d’Ivoire, ces courtes histoires nous offrent un monde où les animaux et les humains communiquent et nous transmettent les valeurs du peuple kouya. Ce recueil de contes est une mise en garde contre l’égoïsme, la colère et le mensonge qui sont mauvais conseillers et nuisent à la communauté. (…)”

 

Tour à tour sérieux, cyniques ou humoristiques, ces contes prêtent à sourire mais aussi à réfléchir. Il ressort de ces récits traditionnels oraux une grande sagesse. A la lecture de ce recueil, on se rend compte que ce sont les humains (et les araignées bizarrement) les plus retors. Certains contes à la morale assez inattendue m’ont bien fait rire.

Lire Le serpent et l’enfant gâté c’est découvrir les traditions et les valeurs d’un peuple méconnu. J’ai beaucoup aimé découvrir ces récits, retranscrits grâce à des ethnologues passionnés. En effet, comme stipulé dans la préface du recueil, il serait dommage que ces précieuses traditions disparaissent faute de transmission. Le serpent et l’enfant gâté a donc pour fonction de préserver une partie du patrimoine du peuple kouya.

Ces contes sont très courts. Ils sont donc adaptés aussi bien aux adultes qu’aux enfants. De plus, pour les enseignants qui liraient cette chronique, Le serpent et l’enfant gâté me semble idéal pour être travaillé en classe.

A lire et à relire sans modération!

 

~Melissande~

 

+ Un album présenté par Hérisson pour les enfants qui souhaitent en savoir plus sur les animaux d’Afrique: Découvre le monde. Animaux d’Afrique de Marie Nicolas et Mathias Friman.

+ Pour les adultes, un article de Détours des Mondes présentant le roman de Denis Ramseyer sur le peuple kouya: Les kouya de Côte d’Ivoire