Tout près, le bout du monde de Maud Lethielleux

tout près, le bout du mondeTout près, le bout du monde

de  Maud Lethielleux

Roman adolescent / adulte

Flammarion (Tribal), – 17/11/2010
508 p., 10,00 €
ISBN
978-2-08-124850-2

Thèmes : Adolescence, Famille d’accueil, Reconstruction, Écriture

Avis

Attention coup de coeur !

J’avais aimé Dis oui Ninon, et je vous en ai parlé, mais ce livre est encore au dessus selon moi !coeur.gif Comme toujours ce n’est que mon avis , je suis sensible, et j’aime les livres qui le sont aussi. Comment un livre peut-il être sensible? En mettant en scène des personnages attachants, avec sensibilité à fleur de peau, sans pour autant tomber dans le pathos… Dans ce roman nous suivons Malo, 10 ans, Jul. et Solam 17 ans environ, 3 adolescents ou presque. Ils sont aussi différents que peuvent l’être un jeune garçon de 10 ans à l’autorité parentale extravagante, une jeune fille qui a vécu dans la rue avant de se retrouver à l’hôpital couverte de bleue, et un ado rebelle. Pourtant ils vont se reconstruire côte à côte dans la maison campagnarde de Marlène, “le bout du monde”. Marlène c’est un p’ti bout de femme qui semble bien différente des familles d’accueil habituelles. Elle les accueille avec deux projets : rénover la grange, et écrire, 1 page chaque jour.

Tous les 3 font plus ou moins facilement se plier à ce journal intime, chacun à sa façon.

Pour Malo, c’est un reflet de ce qui se passe autour de lui, avec ses hésitations :

” Moi j’aime bien l’idée du journal.
Il paraît que personne ne lira ce que j’écris alors je peux tout dire, c’est pratique, j’aime bien tout dire quand personne ne peut l’entendre.[…] Je sais pas si je peux parler de Jul et de Solam. Je sais pas si je dois expliquer pourquoi je suis là, toute façon, je suis pas sûr et certain de savoir.”

Jul. écrit d’elle même de toute façon, sous forme de lettre, à celui qu’elle aime :

“Ley.
Je vais partir cette nuit, je ne sais pas où exactement. La seule chose dont je suis sûre  c’est que tu n’auras pas mon adresse. Ils m’ont fait promettre de ne pas te chercher, ni de t’écrire, j’ai dit oui pour avoir la pais mais tu t’en doutes, je n’en pense pas un mot. […]
La ferme, je l’imaginais pleine de monde, une sorte de communauté avec des jeunes qui se passent les pelles à la chaîne. […] Je n’imaginais pas du tout ici ainsi. C’est calme et désert, je regarde par la fenêtre de ma petite chambre et je ne vois que des champs nus, des étendues immenses aux dégradés de vert.”

Quand à Solam, ce n’est pas pour rien un adolescent rebelle, blessé, et son écriture le montre clairement :

” […]Vieille meuf tu fais pitié à voir. T’es misérable dans ton pull de vioque, t’es moche à crever. Tu t’en fous des fautes d’orthographe ? Tu vas être gâtée, grognasse, fallait pas me la faire anti scolaire. Comment tu vas regretter ta décision ! […] Tu veux me connaître, eh ben tu vas me connaître ! Tes champs de bouseux, je vais te les labourer avec les dents tellement j’ai la haine.”

Et c’est la force de Tout près, le bout du monde, puisque que toute l’histoire ne va se dérouler sous nos yeux que grâce à ces trois témoignages de la vie quotidienne. Typo différentes pour chacun, mais aussi écritures différentes, mais qui racontent la même histoire, celle de leur vie, au quotidien ou presque, avec leurs secrets, leurs interrogations, leurs façons d’avancer et de se lier les uns aux autres. Ce sont les omissions qui font de ce livre une histoire aussi prenante,
car on ne découvre que ce que veulent bien nous en dire les personnages !

Ces trois destins liés (et un quatrième sous-jacent) forment un ensemble atypique mais poignant, qui évolue vite mais souvent de façon inattendue… et quelle fin ! Je ne peux vous en dire plus sur ce que j’ai aimé sans vous gâcher le plaisir de la découverte!

Pour ceux qui ont encore besoin d’être convaincu par Tout près, le bout du monde :

– Une histoire prenante

– On aimerait les suivre, les accompagner, les aider

– Ça donne envie d’écrire!

– Un petit prix pour un livre grand format, à la couverture et à l’écriture qui plairont à mon avis tout à fait aux adultes – mais aussi aux adolescents bien sûr –

La croûte de Charlotte Moundlic

La croûte

Charlotte Moundlic
Illustré par Olivier Tallec

Album (jeunesse)

 Flammarion, mars 2009
Les albums du Père Castor
978 2 0812 0855 1, 10€
24 pages

Thèmes : Deuil, Enfance, Orphelin


Présentation de l’éditeur :
“Quand un maman meurt, rien n’est plus comme .
On continue à vivre, à jouer, à respirer. Comment faire alors pour ne pas l’oublier? On cherche son odeur, on entend sa voix, on voudrait toujours les garder avec soi, comme quand elle était là…”

Résumé :

Un petit garçon vient de perdre sa maman… alors il essaye de la retrouver, de retrouver son odeur, de ne pas oublier sa voix… et de prendre soin de son papa, qui semble aussi abbatu que lui…

Avis :

Un album extrèment poignant, avec une sensibilité folle, qui traite le thème du deuil avec énormément de finesse… Attention je ne dis pas que c’est un album médicament, loin de là…. je suis même contre donner des livres sur un thème à des jeunes parce que c’est ce qu’ils vivent… mais par contre peut être que cela est un bon moyen de parler du deuil, dans des situations moins dramatiques.

J’ai passé un temps fou devant cet album, pour des raisons très personnelles, et vraiment il est fabuleux, à mon goût… alors il est officiellement mon coup de coeur album 2009 :)

Extraits :
Elle n’avait qu’à pas faire
d’enfant si c’était pour partir avant la fin du troisième trimestre

L’illustrateur :

Olivier Tallec est un illustrateur que j’apprécie beaucoup, et son coup de crayon dans cet
album ne m’a encore une fois pas laissé indifférente. 

Je suis complétement fan de Rita et Machin, chez Gallimard,  que je vous invite à découvrir.

 

+ L’avis de Bouma,

La dame des livres de Heather Henson

album jeunesse

La dame des livres

Heather Henson
illustré par David Small
Traducteur : Fenn Troller (de l’américain)

Syros, 2009
978-2-74-850784-3, 13,95€

Thèmes : Livre, Bibliothécaire itinérantes, Pack Horse Librarians, Etats Unis, Kentuchky



“Un album hommage aux bibliothécaires itinérantes.”


Résumé :
Une “dame des livres” qui vient et revient, quelque soit le temps pour porter des livres à cette famille isolée… De quoi finir par se demander ce qu’il peut bien y avoir dans ces livres…
Alors Cal va finir par céder, et par apprendre à lire…

Avis :
Un très bel hommage à ces femmes (et ces hommes un peu aussi!) bibliothécaires itinérants dans les années 30 aux Etats Unis. Des illustrations magnifiques pour accompagner une histoire toute douce, sans heurts, que l’on suit un peu au fil de nos envies, tant il y a d’ellipse dans l’histoire. Les plus jeunes y seront d’ailleurs peut être moins sensible que moi!


A découvrir, vraiment.

Extraits :
J’ouvre le livre
que je tiens, un de ceux qu’elle vient à peine d’apporter. Du griffouillis de poules, voilà ce que je pensais. Maintenant je sais ce qui s’y cache, alors je lis à haute
voix.


L’illustrateur :
David Small est l’illustrateur très remarqué du Jardin de Lydia chez Syros. Il est né et a grandi à Détroit. Après avoir souhaité devenir dramaturge, David Small a suivi des études artistiques à
Yale et s’est tourné vers l’illustration, qu’il considérait comme un passe-temps si facile qu’il n’envisageait pas d’en faire son gagne-pain. Il est ensuite devenu professeur d’art, et a exercé
divers métiers ; il possède également de grands talents de caricaturiste. Son premier livre illustré a été publié en 1981. Plus de quarante ouvrages plus tard, il travaille en ce moment sur un
roman graphique autobiographique. David Small vit dans le Michigan avec Sarah Stewart, l’auteur du Jardin de Lydia et de L’amie.

D’autres avis :

Une belle histoire de partage selon Telerama.
En Anglais comme en Français, un coup de coeur pour Valérie
Un livre qui fait rêver pour Tiphanya
 




Eon et le douzième dragon d’Alison Goodman

Eon et le douzième dragon

Auteur : Alison Goodman
Traducteur :
Philippe Giraudon (de l’anglais)
Editeur :
La table Ronde 

Date : septembre 2009
Prix : 19 €
Nb de pages : 530

Premier Tome d’une série de ? tomes.

Thèmes : Chine impériale, Fantastique, Homme/Femme, Dragons

Présentation de l’éditeur :
“Eon et le douzième dragon commence à la veille de l’extraordinaire cérémonie au cours de laquelle
le dragon Rat désignera son apprenti. Chaque année, en effet, l’un des douze dragons énergétiques protégeant le pays choisit celui qu’il initiera à la magie du dragon.

Eona, seize ans, s’est durement entraînée pour devenir cet apprenti. Or, seuls les garçons sont élus. Au risque de sa vie, la jeune fille se fait passer pour un adolescent. Confronté à la haine du redoutable seigneur Ido, Eon doit s’engager dans un combat sans merci pour défendre son secret.

Un récit haletant, au coeur d’une Chine impériale mythique, où se mêlent amitiés et trahisons, pratiques et puissances magiques. Un grand roman d’aventures, qui se lit d’une seule traite.”

Résumé :
La présentation de l’éditeur dit déjà beaucoup de chose… Trop peut être même ai-je pensé en commençant ce récit… Que rajouter sans trop en dire… Sans doute que Eona va se retrouver
entraînéedans des combats bien plus grands qu’elle n’imagine, dans un monde où la politique et le luxe sont maîtres… Quand aux dragons, s’ils sont l’âme du livre, ne vous attendez pas à les voir
cracher du feu! Je m’arrête là, de peur d’en dire trop!

Avis :
C’est un véritable coup de coeur que Eon et le douzième dragon, qui m’a entrainé dans une aventure palpitante, au coeur d’une Chine impériale, mi réelle mi imaginée par l’auteur. Des descriptions savemment
placée, qui n’arrête pas l’action, des secrets en pagaille…
Le personnage principal, Eon, Eona donc, est attachant(e), empêtrée comme elle est dans ses mensonges, pleine de courage et si fragile à la fois. Cette double facette du personnage la rend même
parfois exaspérante… j’ai eu envie de la pousser en avant… Les autres personnages aussi sont hauts en couleur, il y a de tout… des Hommes Lune (eunuques), des travestis (même si ce n’est
pas dit comme ça)… Ce monde fantastique dans lequel ils nous entraînent est un monde charmant, charmeur même, mais dangereux ! Les dragons, invoqués par la pensée, semble avoir des pouvoirs immense et insoupçonné… Le seul point négatif, c’est peut être que ces secrets sont souvent facilement devinables à l’avance, et si j’ai été captivée, j’ai rarement été
surprise !
Ah non, il y a un deuxième point négatif… Je me suis lancée dans la lecture sans réfléchir dans Eon et le douzième dragon, et captivée que j’étais, j’ai bien senti qu’il allait y avoir un problème quand j’ai senti qu’il ne me
restait que peu de pages à lire, et que l’histoire était loin d’être close… Et en effet, ô désespoir, ô attente infinie, ô PAL qui ne descendra jamais… il y a un deuxième tome prévu pour 2010 !

Extraits :
“En poussant un profond soupir, je m’enfonçai dans l’eau jusqu’au menton. La chaleur gagnait progressivement mon corps. Je jetais un coup d’oeil autour du bassin
: les dragons étaient invisibles. La vapeur d’eau laissait sur ma langue un arrière-goût de gingembre contrastant avec l’amertume persistante de l’infusion de la faiseus de fantômes. Les yeux
fixés sur le mur du fond, couvert d’une mosaïque représentant Brin, le dieu du Fleuve, je comptai mes respirations. A la dixième expiration, je sentis ma vue se troubler tandis que mon regard
intérieur se tournait vers le hua s’écoulant dans la pièce. Un frémissement léger d’énergie effleura ma peau. Autour de moi, d’énormes silhouettes fantomatiques bougeaient et des yeux sombres
m’observaient. Je m’enfonçai plus avant dans l’énergie. Comme une ombre où chemine un rayon de soleil, le cercle des créatures indistinctes s’illuminé peu à peu et distinguai les coprs des
dragons brillant des couleurs de l’arc-en-ciel. Tous, sauf un.”

En image (clic pour agrandir) Différentes couvertures selon les éditions :

L’auteur : Alison Goodman
Née en 1966 à Melbourne en Australie, Alison Goodman a publié trois romans
couronnés de nombreux prix et traduits en plusieurs langues : Singing the dogstar blues, Killing the Rabbit et Eon et le douzième dragon (vendu dans 13 pays, Prix :2008 Aurealis Award for Best Fantasy Novel)

Source : l’éditeur et le site officiel de l’auteur

A noter que ce livre est sorti simultanément chez Gallimard Jeunesse
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Un coup de coeur pour le théorème de l’escapin

Un livre attachant selon Esmeraldae

Une déception pour Clarabel

 

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