Un peu plus près des étoiles / Les enfants des Feuillantines

Deux romans pour adolescents lus en janvier, des avis rapides pour ne pas oublier de vous en parler ! Deux très beaux romans avec des familles dysfonctionnelles mais pourtant beaucoup d’amour.

Un peu plus près des étoiles

 de Rachel Corenblit

Thèmes : handicap, maladie mentale, déménagement, famille monoparentale, amitié,

Un roman touchant, avec des thèmes durs. Famille monoparentale, schizophrénie, ado, différences physiques, accidents, tout cela dans un seul roman pour adolescents, ça pourrait faire beaucoup, être pesant… et pourtant ce roman est beau, les personnages attachants, et les pages défilent sans que l’on soit assommé par le négatif.

La musique apporte un vrai plus par le lien que cela crée entre les générations, mais aussi entre le lecteur curieux et le narrateur. Peu à peu on s’attachent aux différents personnages, et on est touché par les liens qui se créent doucement entre eux. Un roman sur l’acceptation, une quête de soi pour le narrateur, adolescent en perte d’identité. C’est touchant.

Bayard, 2019
9791036305719, 14,90€
Disponible en epub 10,99€ gratuit

Les enfants des Feuillantines de Célia Garino

Dans la famille Mortemer, inutile de chercher les mères, elles ont toutes pris le large, d’une façon ou d’une autre… vous trouverez par contre la grand-mère, et 8 enfants. La plus grande, 24 ans, assume la charge familiale et s’occupe de tout ce petit monde, soeur, cousins, aïeux, avec brio mais aussi quelques emportements. Il faut dire qu’on peut ajouter à cette grande famille un perroquet malpoli, un lapin qui a tendance à disparaitre, et un cochon !

Gros coup de cœur pour cette famille atypique mais attachante ! Beaucoup de thématiques, beaucoup de personnages, on retrouve un peu l’ambiance des quatre soeurs de Malika Ferdjouckh.
Une famille soudée malgré les difficultés, avec beaucoup de responsabilité sur les épaules de la plus grande, et des aventures à n’en plus finir.
Une belle rencontre.

Sarbacane, 2020 – 9782377313969, 17€

Le poisson qui me souriait de Jimmy Liao

Le poisson qui me souriait est une très belle histoire d’amitié, hors du commun

Album pour la jeunesse dès 7 ans

Le poisson qui me souriait

de Jimmy Liao

Editions HongFei, mars 2021,
hors collection,
texte et illustrations de Jimmy Liao,
104 pages- 14,90 euros

 

Thèmes: poisson, mer, liberté, amitié

 

Après le magnifique Nuit étoilée, c’est sans aucune hésitation que je me suis plongée dans cette nouvelle histoire de Jimmy Liao. Dans Le poisson qui me souriait, il y a un côté délicieusement absurde que j’ai adoré. Rêve et réalité s’entrelacent savamment afin de faire vivre au lecteur une aventure hors du commun.

 

On sent que l’auteur a un lien étroit avec la nature. En effet,  le message véhiculé par Le poisson qui me souriait est un véritable appel à la liberté. Et la liberté, ce n’est pas tourner en rond dans un aquarium simulant un environnement aquatique…

 

Le poisson qui me souriait raconte l’histoire d’un homme attiré par un poisson qui, comme le titre l’indique, sourit constamment. Ce poisson semble heureux de sa condition. Mais au fur et à mesure, cette cohabitation singulière va permettre à l’homme d’ouvrir les yeux sur une situation affligeante.  Cette fois je n’ai pas mis le résumé de l’éditeur car il raconte comment l’histoire se termine. Et ce serait dommage de gâcher le plaisir d’une si belle lecture!

À l’instar de Nuit étoilée, le texte et les illustrations sont l’oeuvre de Jimmy Liao. Pour Le poisson qui me souriait, Jimmy Liao a principalement utilisé une palette de tons froids au début du récit. Par la suite, grâce à l’introduction de notes de jaune et de vert fluorescent, les bleus dominants font place à des couleurs plus lumineuses. Les décors sont assez minimalistes; seul le dessin de la ville est plus détaillé. Cette sobriété met parfaitement en valeur les personnages.

 

J’apprécie beaucoup l’illustration  de couverture. On y voit parfaitement le contraste entre la ville synonyme d’entrave à la liberté et l’immensité de la mer. C’est un album qui invite le lecteur à réfléchir sur diverses notions. Les sentiments de l’homme sont légitimes mais n’est-ce pas une forme d’égoïsme au final?

 

À lire!

 

~Melissande~

 

+ Sur le même sujet: Amélie et le poisson de Helga Bansch, présenté par Nathalie

+ Un album humoristique présenté par Nathalie: Totoche et le poisson malheureux de Catharina Valckx

L’Amie en bois d’érablede Delphine Roux et Pascale Moteki

L’amie en bois d’érable est un beau conte sur la continuité des énergies

Album pour la jeunesse dès 7 ans

L’amie en bois d’érable

de Delphine Roux

et Pascale Moteki

 

Editions HongFei, Hors-collection, juin 2020, 44 pages- 15,50 euros

 

Thèmes: absence, émotion, rencontre, transmission, enfance, Japon

 

Présentation de l’éditeur: “Tomoko, petite fille sensible et curieuse, reçoit de sa tante une poupée Kokeshi en bois d’érable. Elle l’adore et en fait son amie pour chaque moment de sa vie. Mais un matin d’orage, elle la perd (…)”

 

Ce très bel album conte le lien entre une enfant et un objet. Symbolique de l’enfance, la petite poupée en bois présentée dans L’amie en bois d’érable est presque magique.

Comme dans de nombreuses philosophies asiatiques, la kokeshi est un objet sacré dont on doit prendre soin. Ainsi elle veillera avec amour sur les personnes qui la chérissent.

Du côté des illustrations, les couleurs vives sont mises en valeur grâce aux fonds blancs. Ce procédé subtil permet de mettre en avant la finesse des dessins de L’amie en bois d’érable.

A travers ce récit, on apprend que ce qui est perdu réapparaît au moment opportun. La notion de patience est aussi évoquée par le biais de la Tomoko adulte qui tient un atelier de poterie.

J’ai beaucoup aimé L’amie en bois d’érable pour son originalité et aussi car je suis passionnée par la culture japonaise depuis l’enfance.

 

 

Un titre à découvrir absolument!

~Melissande ~

Les petits plus :

+ L’avis de Sophie Hérisson : Quelle douceur que cet album japonisant L’amie en bois d’érable ! J’aime beaucoup les Kokeshi et le voyage de celle de cette histoire est vraiment touchant, il permet une transmission sur les années, et voir grandir la petite héroïne est toujours quelque chose que j’apprécie dans les albums, qui ont souvent une temporalité plus courte. 
Ma fille de 6 ans a apprécié cette lecture malgré certaines complexités culturelles.

+ Sélectionné pour le prix des Incorruptibles 2021 2022 niveau CE1
+ Mois Japon chez Lou et Hilde

 

+ L’avis de Marine Landrot pour Telerama

+ L’avis de Michel Driol sur Li&Je

+ Un autre conte inspiré de la culture japonaise,  présenté par Nathalie: Le kami de la lune de Nathalie Dargent et Sandrine Thommen

 

 

Malgré tout – BD d’amour et de tendresse ♥

MalgréLe temps qui passe efface t-il les sentiments ?

BD ado/adulte

Malgré tout

Jordi Lafebre

Dargaud (2020)

*****

Dès les premières cases, à leurs regards plein de tendresse, à leurs sourires radieux, on le sait, ces deux là sont amoureux. Un amour qui attend de s’épanouir depuis 37 ans. Du chapitre 20 au chapitre 1, on va remonter avec eux le fil de leur histoire, comprendre comment elle a commencé et comment elle en est arrivée là…

Ana a 60 ans, elle est mariée à Giuseppe, mère d’une fille, Claudia et vient de prendre sa retraite de Maire. Zeno est libraire et voyageur. Célibataire endurci aussi. Depuis des années, par téléphone, par courrier, ils s’aiment d’un amour fort et platonique.

*****

La couverture, déjà, m’avait attirée. Ce couple en reflet, qui a l’air tellement heureux, serein. Et puis les avis ravis des copines de La BD de la semaine ont achevé de me décider. Comme d’habitude, je n’ai pas regretté de les avoir écoutées.

Quelle belle histoire d’amour !

Une histoire vécue à distance et de façon platonique pendant près de 40 ans, mais une histoire d’amour très forte malgré tout (malgré le temps, la séparation, l’éloignement, d’autres rencontres…) Bref, une histoire qui m’a tellement plu, qu’arrivée à la fin, je l’ai relu en sens inverse !

Et nulle question de “tromperie” ici, juste des gens qui s’aiment, de la vie, de la tendresse et du respect. J’adore les passages où ils écoutent le même disque en dansant chacun de leur côté… Les illustrations sont gaies, vives et dynamiques. Une jolie réussite !

*****

Pour lire les premières pages (et sûrement craquer comme tout le monde !!) C’est par ici

Jordi Lafebre a illustré une nouvelle du recueil : La vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis ainsi que Lydie et les beaux étés

Petite bio sur le site de l’éditeur

D’autres avis : AliceKarineMokaNouketteSabine

Cette semaine, nous sommes réunis dans la bibliothèque de Noukette !