Kinderzimmer de Valentine Goby

Roman historique adulte
Rentrée Littéraire 2013

Kinderzimmer

de Valentine Goby

Actes Sud, août 2013
9782330022600, 20€

Thèmes : Seconde Guerre Mondiale, Camps, Allemagne, naissance, survie, maternité

Un thème dur, un livre dur.

1944, Seconde Guerre Mondiale. Mila, résistante à son échelle est arrêtée. Déportée à Ravensbrück elle s’aperçoit rapidement qu’elle est enceinte. Une bonne nouvelle en un sens mais surtout une terrible épreuve dans un camp. Elle décide de cacher cette grossesse, elle travaille, elle se bat, elle survie…

Ce roman est un témoignage historique magnifiquement documenté et terriblement poignant, une petite histoire dans l’Histoire. Un roman mais où les événements semblent à la fois très réels et malheureusement vrais. Trop réel parfois même et il est difficile de ne pas faire de pause dans ce roman pour respirer et revenir à la réalité d’aujourd’hui. Un livre qui donne parfois mal au ventre et au coeur, qui ne peut pas laisser indifférant. Mila reste pourtant assez extérieure à la douleur, on la découvre forte, presque détachée. Une façon de survivre, peut-être la seule, mais qui étonne et détonne parfois avec les événements.

Le vrai personnage principal de ce roman n’est peut être pas Mila finalement, mais toutes les femmes de ce romans qui font corps ensemble tant leur corps est affaibli. Un grand personnage, magistral, poignant, touchant.

Beaucoup d’allemand dans ce roman pour une réelle plongée dans ce monde où Mila ne comprends que peu à peu. Une découverte aussi pour le lecteur puisque tout n’est pas traduit… sauf que si comme moi le lecteur parle allemand l’effet tombe un peu à l’eau et finalement j’ai été dérangée de tout comprendre, car je n’avais pas ce ressenti de terre inconnue et menaçante.

Au final un roman bluffant car Valentine Goby réussi à surprendre avec le thème pourtant éculé de la seconde guerre mondiale, car les Kinderzimmer, chambre d’enfants, ne sont que rarement évoquées. Une découverte à la fois historique et littéraire à conseiller, malgré sa difficulté.

 

Retrouvez les avis de Noukette, Sandrine, Saxaoul , Val et Jérôme, compagnons de lecture commune, mais aussi ceux de Sophie et Cécile, qui ont publié leurs avis ici même en septembre. Stephie, Argalit, Cess, Clara, Claudia, Delcyfaro, Emilie, Jostein, krol, lili M, Lou, Mack, Mirontaine, Natiora, Sophielit,et  Valou  nous ont aussi parlé de ce livre dans le cadre du Challenge 1% de la rentrée littéraire

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Clichy – Vincent Jolit #RL2013

Roman
Rentrée Littéraire 2013

Clichy

de Vincent Jolit

De la Martinière, 2013
9782732460260, 14,90€

Vincent Jolit nous conte dans ce livre l’histoire de Louis, Docteur Louis, auteur en devenir de Voyage au bout de la nuit. Il nous conte surtout l’histoire d’Aimée, jeune fille inconnue dont l’histoire n’a pas retenu le nom. Une jeune femme qui pourtant a joué un rôle prépondérant dans l’écriture de Voyage au bout de la nuit.

Dans Clichy, Vincent Jolit invente Aimée, il la rend réelle, explique son rôle mais tente aussi d’imaginer son état d’esprit lors de sa rencontre avec Louis, lors de son travail avec Louis. Car si Aimée n’a pas écrit Voyage au bout de la nuit elle l’a inlassablement tapé à la machine, essayant de décrypter notes et ajouts de Louis. On découvre donc Louis Ferdinand Céline alors Docteur Louis ainsi que Voyage au bout de la nuit, par bribes documentées dans un mélange romanesque plutôt bien construit.

Le personnage d’Aimée, au centre de ce roman, reprend ainsi un peu de la place qu’il mérite dans l’histoire, celui d’une secrétaire à bout de force tant le manuscrit est complexe et dérangeant. Si Vincent Jolit ne fait qu’imaginer, l’histoire semble cohérente d’un bout à l’autre, elle sonne vraie tant les pensées d’Aimée ont du être celles de la personne qui a découvert pour la première fois Voyage au bout de la nuit.

L’écriture est romanesque mais pourtant souvent sèche, hachée. Le narrateur nous parle d’Aimée et de Louis, avec des considérations sur leur probables pensées mais sans jamais laisser la parole, le “je”, à ces personnages. Sans doute l’habitude de la littérature jeunesse joue-t-elle dans mon ressenti mais je me suis sentie finalement étrangère à ce récit. L’auteur redonne sa place à Aimée dans l’histoire mais pas dans le coeur des lecteurs. Ne pas avoir lu Voyage au bout de la nuit se pose aussi comme un frein à la compréhension de cette histoire qui repose en grande partie  sur le texte de ce roman.

Clichy est un roman documenté qui permettra aux lecteurs de Louis Ferdinand Céline de découvrir un autre aspect du personnage en même temps que la découverte d’Aimée, mais finalement je n’ai guère pris de plaisir à la lecture, juste un peu de curiosité.

Extrait :

“[…] nous avons déjà dit qu’il était bel homme. Mais, avec Aimée, c’est une autre affaire. Puisqu’elle est l’héroïne de cette histoire, il semble de bon ton de la décrire un peu, ne serait-ce qu’afin de l’incarner, retirer le voile qui la recouvre. Le couac – parce que couac il y a -, c’est que nous ne possédons aucune indication permettant d’entreprendre ce portrait physique – sa situation est radicalement inverse à celle de Louis : on voudrait bien, il faudrait, mais on ne sait pas. “

 

+ Lu en partenariat avec Babelio dans le cadre de l’opération masse critique de la rentrée. 

+ Challenge 1% Rentrée Littéraire – Profitez en pour découvrir les coups de coeur d’octobre des participants

+ L’avis de Filou49.

+ Un premier roman

Petites scènes capitales – Sylvie Germain

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rentrée littéraire 2013

avis de lecteurs

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Rentrée littéraire 2013
roman adulte

Petites scènes capitales

de Sylvie Germain

Albin Michel, 2013

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Sylvie Germain nous livre dans ce roman une suite de petites scènes de la vie de Liliane. Des scènes capitales, celles qui rythment sa vie. Peu importe les entre-deux, l’auteur se concentre sur ces tranches de vie qui sculptent l’héroïne. Moments cruciaux rarement heureux. Les morts s’enchaînent.

Une vie de rebondissements négatifs en quelque sorte que l’on a du mal à croire tant ils sont accumulés, accolés les uns aux autres. Une vie pourtant et le bonheur d’être en vie.

D’une écriture recherchée Sylvie Germain nous dresse le portrait d’une génération d’après guerre où mai 68 laisse une emprunte libertaire et des slogans révolutionnaires.

A trop passer sur les détails pour se concentrer sur l’essentiel on perd un peu de l’essence du personnage. Pourtant l’auteur n’est pas exsangue de réflexion. L’ensemble du récit est indirect, pas de dialogues, tout se passe à posteriori et l’emploi de la troisième personne nous rend extérieur au récit. Spectateur d’une histoire qui traverse les années.

Un roman magnifiquement écrit qui nous conte la vie d’une héroïne singulière mais finalement peu attachante. Une ode à la vie et à l’amour qui passe par la mort et nous invite à découvrir l’histoire d’une génération.

Les fuyants – Arnaud Dudek

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 Toute la rentrée littéraire 2013, 
avis de lecteurs 

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Roman adulte
Rentrée littéraire 2013

Les fuyants

 Arnaud Dudek

Alma éditeur, août 2013
127 pages

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Quatre hommes, reliés par des liens familiaux, dont on découvre peu à peu l’histoire. Des souvenirs, des journaux, des bouts de vie, réels, imaginés, reconstitués.
Le grand père, qui a quitté un jour sa famille sans jamais revenir. Le père qui s’est suicidé. Le fils, hacker de génie qui ne digère pas la mort de son père et enfin l’oncle, ancien sportif. Quatre hommes qui fuient la vie, qui ne savent pas reconnaître le bonheur.

La difficulté des relations, notamment avec les femmes, rend nos personnages lâches. Quand ils ont peur de faire face ils préfèrent fuir, quitte à tout perdre.

Arnaud Dudek nous livre un roman où le malheur suinte entre les mots mais tout en donnant une légèreté générale grâce à son écriture et à sa fin qu’on peut espérer optimiste.

Les personnages ont tous leurs failles et on ne peine pas à les comprendre même si leur choix radicaux influent sur le destin d’une famille entière.  La narration se fait au plus proche des personnages et bien que ce roman soit court on s’attache à eux. A Joseph Hintel notamment, ce grand père devenu homme à tout faire dans un établissement scolaire, avec son regard aguerri sur la vie. Il fuit pourtant lui aussi la vie mais avec la conscience de l’âge et les regrets.
Joseph, l’adolescent, avec sa naïveté toute relative apporte aussi une touche de fraîcheur et d’espoir.

Une saga familiale condensée en un temps donné avec des souvenirs qui rejaillissent pour nous faire découvrir la lâcheté des hommes. Un roman miroir d’une société décadente, un mélange acide d’humour et de solitude.

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+ Les avis de Clara,

+ Le premier roman de l’auteur : Rester sage