Cheyenne en automne de Willy Vlautin

Roman adulte / grands ados

Cheyenne  en automne

Willy Vlautin

13ème note éditions, avril 2012
9782363740281, 19,50€

Thème : Etats Unis, jeunesse, courses hippiques, aventure, voyage

Charley Thompson, quinze ans, vit avec son père volage et célibataire qui multiplie les boulots sans lendemain. Ce dont il rêve ? Un foyer chaleureux et  attentionné, trois repas par jour, une inscription à l’année dans un lycée où il pourrait s’entraîner au football américain. Quelques semaines après leur installation à Portland dans l’Oregon, Charley se retrouve seul et devient sans-abri. Livré à lui-même, il se réfugie dans la sellerie de l’hippodrome délabré où il est « exploité » pendant l’été.

Son seul ami et confident, Lean on Pete, est un cheval de course usé, destiné à l’abattoir. Dans un élan d’amitié désespéré, Charley vole un pick-up et une remorque et décide d’aller avec Lean on Pete retrouver sa tante qui, aux dernières nouvelles, habitait dans le Wyoming. Le voyage de deux mille kilomètres sur les routes de l’ouest américain ne sera pas de tout repos pour Charley Thompson. Écrit à la première personne, ce road novel tendre et désespéré narre les aventures d’un adolescent débrouillard, un vrai Huckleberry Finn du XXIe siècle sous amphétamines, accompagné de son Crin-Blanc.Au cours d’un seul été, il va vivre plus d’aventures et de mésaventures que beaucoup d’hommes dans toute leur vie.

Une couverture très classe, des pages beiges, un beau papier… j’adore les romans ainsi “emballés”, cela met toujours les mots en valeur!

Cheyenne en automne est l’histoire de Charley 15 ans qui suit son père dans un énième déménagement à Portland. C’est l’été, son père est souvent absent et ne lui laisse pas toujours de l’argent… il trouve donc du travail à l’hippodrome, auprès de Del, un homme acariâtre et surtout l’un de ses chevaux, un Qater Horse, Lean on Pete. Après une première moité du livre à Portland où l’on découvre le héros et son environnement s’engage un road trip à travers l’Idaho, l’Oregon et le Wyoming. Un voyage initiatique périlleux mais où chaque rencontre fera grandir Charley.

C’est avant tout cette galerie de personnages que j’ai apprécié dans ce roman car on prend le temps de les découvrir, les uns après les autres, nous offrant un panorama américain intéressant. Des personnages bien réels, avec leur vie et leur problème. Certains aideront Charley, d’autres au contraire le laisse dans des situations terribles mais à aucun moment on ne se lasse de cette aventure et des ces rencontres. L’auteur sait nous faire découvrir ces personnages, les rendre palpables et touchants.

Relations humaines donc mais aussi relation homme – animal à travers la relation de notre jeune narrateur avec ce cheval de course. Une relation forte et touchante.

Si j’ai réellement apprécié tous ces éléments j’ai quand même eu l’impression qu’il me manquait quelque chose et ce roman bien que plaisant risque d’avoir du mal à trouver un public… Trop adulte dans le rythme malgré ce héros adolescent et un synopsis qui risque de ne pas attirer les adultes !

Ça serait finalement dommage car c’est un roman déroutant mais entraînant avec une vraie réflexion sur une société américaine variée et qu’on a moins l’habitude de croiser.

 “Des ambulanciers et deux flics sont arrivés et se sont afférés autour de mon père. Ils l’ont laissé sur le dos, lui ont passé une minerve et posé un pansement autour du morceau de verre. Puis l’ont hissé dans l’ambulance sans même me dire où ils l’emmenaient. Deux flics m’ont demandé qui j’étais par rapport au blessé.
– Son fils. Où est-ce qu’on le transporte ?
– A l’hopital.
– Quel hopital ?
– Au Bon Samaritain
– Ah, j’ai fait, alors que j’ignorais où c’était.
Je me suis dit que Portland était immense, et que je n’y connaissais personne. J’ai fondu en larmes.”

La prime de Janet Evanovich

roman adulte policier plutôt pour femme

La prime

Stéphanie Plum 1

de Janet Evanovich

Pocket, réédition 2012
9782266226127, 6,10€
318 pages

Plus de boulot, plus de voiture et un compte en banque dans le rouge cramoisi. Stéphanie Muni troque sa TV contre une vieille carlingue déglinguée pour se rendre chez son cousin Vinnie. A la clé : un job de classement minable et sous-payé. Quand elle ressort du bureau, elle est chasseuse de primes. Enfin, à l’essai. Et sa première proie n’est autre que Joe Morelli, accusé de meurtre. Un cachet de 10000 dollars pour elle si elle lui met la main dessus.  Joe Morelli, le type qui, à intervalles réguliers, débarque dans sa vie pour la lui bousiller. La dernière fois, qu’elle a croisé sa route, il y a laissé une jambe…

J’ai enfin découvert Stéphanie Plum! Ce titre m’attire depuis des années, grâce à Karine:) et Fashion notamment ! La sortie d’un film l’a remis en avant et Ismérie me l’a offert lors du swap fais moi plaisir! C’est lu… et apprécié!

Stéphanie Plum mérite totalement sa réputation ! Je me suis régalée avec cette héroïne un peu looseuse mais courageuse qui se retrouve chasseuse de prime. Quand on est une femme, blonde et plutôt sexy de surcroit, c’est difficile d’impressionner des fugitifs… Aventure, action mais aussi  humour sont réunis dans ce roman qui n’hésite pas à maltraiter son héroïne.

J’ai vraiment apprécié le ton badin de l’histoire, très fille, adjoint à une véritable histoire d’enquête où le danger rode! Explosion, menace, liquidation de témoin, drogue, arme à feu… rien n’est épargné à Stéphanie Plum, pas même une certaine tension sexuelle.

Les personnages, notamment secondaires, sont caricaturaux, comme certaines situations et pourtant j’ai lu ce roman d’une traite, sans pouvoir m’empêcher de sourire souvent, voire de rire. J’ai aussi presque tremblé même si finalement la partie enquête si elle tient un peu en haleine n’est pas toujours très percutante par rapport à un vrai roman policier. C’est donc avant tout le personnage pas toujours très doué de Stephanie Plum qui m’a plu dans cette histoire, m’a même complètement bluffé et m’a donné envie de lire la suite. Je suis tombée sous le charme de cette jeune fille… et de Joe Morelli !

Un roman étonnant, très fille sans tomber dans l’excès des roman de chick litt, c’est une belle réussite. 10 tomes sont déjà parus en France, plus d’une quinzaine aux USA, je ne sais pas si j’irai jusque là mais pour l’instant c’est sûr, j’ai envie de continuer!

 + L’avis de Karine:) sur le 18 ème tome – vous trouverez sur son blog ses précédents avis –

+ Les tomes de la série Stéphanie Plum (les titres en anglais ne sont pas traduits en français)

  1. La Prime
  2. Deux fois n’est pas coutume
  3. À la une, à la deux, à la mort
  4. Quatre ou double
  5.  Cinq à sexe
  6.  Six-Appeal
  7. Septième ciel
  8. Le Grand Huit
  9. Flambant neuf
  10. Ten Big Ones
  11. Eleven on top
  12. Twelve Sharp
  13. Lean Mean Thirteen
  14. Fearless Fourteen
  15. Finger Lickin’ Fifteen
  16. Sizzling Sixteen
  17. Smokin Seventeen
  18. Explosive eighteen
L’affiche du film :

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

L’épopée du perroquet de K. Reichs

Roman adulte – plutôt fille –

L’épopée du perroquet

de Kerry Reichs

traduit par Christine Auché

Oh ! Editions, mars 2012
9782361070298, 19€90
416 pages

Une pétillante jeune femme en quête d’elle-même, Un perroquet au sens de l’à-propos déconcertant, Une vieille voiture bringuebalante… Tous en route pour Hollywood ! Cette fois, la coupe est pleine ! A 25 ans, Maeve est sur le point de craquer. Alors qu’elle vient de perdre son job, ses parents ont décidé de lui couper les vivres pour l’aider à se prendre en charge… Ni une ni deux, Maeve, accompagnée de son perroquet Oliver, part refaire sa vie à Hollywood.
Mais c’est compter sans le destin qui s’acharne. En pleine traversée des Etats-Unis, sa voiture rend l’âme au milieu de nulle part. Voici Maeve coincée avec son perroquet, loin des siens, loin de son rêve, dans une petite ville perdue du fin fond de l’Arizona. Petite ville perdue certes, mais qui recèle bien des charmes, comme Maeve ne tarde pas à le découvrir… Au point de renoncer à rejoindre la mythique Hollywood ?

Bien que la couverture ne me plaise pas beaucoup j’ai ouvert ce roman avec une grande curiosité. Curieuse de savoir ce que la fille de Kathy Reichs (auteur des livres à l’origine de la série Bones) pouvait bien écrire, mais aussi avec l’envie de traverser les Etats-Unis…

Ce roman est en effet une épopée, celle d’une jeune femme et de son perroquet, Oliver, à travers les Etats Unis. De la Caroline du Nord à Los Angeles pour être exacte. Un voyage initiatique pour cette jeune femme qui veut changer de vie. Une voiture ancienne, quelques bagages et son perroquet, voici Maeve en route. Mais qui dit vieille voiture dit réparation et donc argent… son voyage se déroule donc au rythme des garages et des petits boulots.

Difficile dans un premier temps de cerner Maeve, et l’histoire commence de façon assez banale par une fuite en forme de voyage. C’est finalement l’arrivée à Coin Perdu qui fait réellement démarré le roman. Nous découvrons alors de nombreux personnages hauts en couleur et Maeve elle même nous apprait dans toute sa complexité et ses secrets.

Si ce roman est clairement féminin j’en ai apprécié le ton d’autant plus qu’il ne s’arrête pas uniquement aux histoires d’amour nous offrant à la fois amitié, épreuves et surprises. Une surprise particulièrement pour ma part, que je n’ai vu arriver que très peu à l’avance, et qui nous offre un thème qui m’aurait fait fermé le livre dans les premières pages. Pourtant j’ai continué ce roman, attachée déjà aux personnages et à l’histoire et j’ai continué ma découverte avec d’autant plus d’intérêt.

L’auteur place  l’héroïne dans l’univers des livres, librairie, livres jeunesses, livres anciens, auteur… un aspect superficiel mais qui fait un petit plus intéressant, tout comme les noms de villes. Pas évident dans la traduction mais Maeve décide en fait de parcourir sa route par les petites routes en suivant les noms de villes étranges, l’occasion de découvrir les noms farfelus des villes américaines, comme Coin Perdu, Nulle Part… L’auteur ajoute encore un peu de personnalité à Maeve avec une passion pour les chaussettes fantaisies qui m’a beaucoup fait rire!

Si l’auteur a très bien alterner les ambiances et les tons dans son récit on pourrait aussi aisément lui reprocher quelques facilités. Les histoires amoureuses sont clairement déjà vues, mais mêlées à l’ensemble elles sont plutôt convaincantes. Finalement les sentiments l’emportent, Maeve a su me toucher et je ressors émue de ce roman.

Une aventure féminine et intérieure au ton sincère qui nous parle en plus de livres… Une belle distraction !

 + Il semble qu’une bonne partie de la blogosphère l’ai déjà lu, ce ne sont pas les avis qui manquent :

Lael : “Un roman rafraîchissant et touchant.”
La conteuse : “Un très chouette livre  ”
Stellabloggeuse :  “un joli coup de cœur”
Un coup de coeur aussi pour Galleane 

Heureusement il y a aussi des déçues : {pour la diversité des goûts et des couleurs}

Cynthia : “ce roman n’a pas su toucher mon coeur de lectrice…”

Au pays des kangourous de Gilles Paris

Au pays des kangourous

de Gilles Paris

roman adulte

Don Quichotte, janvier 2012
9782359490589, 18€

Extrait : « Ce matin, j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle.
En entrant dans la cuisine, j’ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d’hier soir. J’ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans. Il m’a regardé comme le chien de la voisine du dessous quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout replié sur lui-même. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand mon papa. »
Simon, neuf ans, vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien.

– Présentation censurée, elle en dit trop à mon goût, j’aime les surprises, pas vous ? –

Sous ce titre un peu enfantin se cache un roman difficile et délicat.

Simon a neuf ans et peur des monstres dans le placard lorsqu’il découvre son père caché dans le lave-vaisselle. Il n’apelle pas sa mère Carole, qui travaille au pays des kangourous mais Lola, sa grand mère. Cette femme encore jeune et délurée va prendre en charge Simon pendant que son père part “se reposer” à l’hopital.

Cette histoire assez dérangeante est pourtant bien ancrée dans la réalité. Elle nous est racontée par Simon, avec son regard d’enfant et on sent qu’il peine, qu’il n’arrive pas à dire l’absence de la mère, devenue une habitude, l’incapacité du père à être là, ni les secrets de tout ces adultes qui l’entourent. Simon garde pourtant une certaine joie de vivre et cache ses peines. Il fait des moindres moment de joie une force et son caractère est étonnant. Pourtant on ressent ses faiblesses dans les rêves qu’il fait les yeux fermés mais dont il ne parle pas et dans sa rencontre avec Lily. Enfant fantomatique des couloirs d’hopitaux, Lily avec ses mots d’enfants saura expliquer la dépression et permettre peu à peu à la vérité d’éclore.

J’ai apprécié ce roman, son thème délicat vu par les yeux d’une enfant mais j’ai eu un peu de mal à commencer ma lecture. Des phrases courtes, sans doute pour coller au personnage de Simon mais des mots et d’idées d’adultes m’ont tout d’abord freiné, moi et mes habitudes de la littérature jeunesse. Mais Simon est un personnage vraiment intéressant et j’ai fini par m’attacher. J’ai eu du mal à lui donner un âge tant on dirait à certaines pages qu’il a 6 ans (les monstres ou le père noel par exemple) et à d’autres 15 ans (notamment quand il parle de sa mère, tant il met de la distance). Ce n’est finalement que quand la situation évolue qu’il retrouve son âge, ses 10 ans, son enfance.

Les autres personnages sont eux aussi intéressants, drôles souvent dans leur attitudes ou manies (ah les amis de Lola…) mais c’est surtout Lily qui m’a plu. Et touchée. Mystérieuse, évanescente…  une telle aide pour Simon et pourtant c’est elle qu’on a envie d’aider. J’étais restée cependant sur mon image fantomatique et la postface ainsi que la présentation du livre m’ont appris à mieux la connaître… étrange non?

Un roman très touchant aux personnages un peu irréels qui nous entraînent dans un monde entre folie et réalité, enfance et maturité.