40 jours d’automne – Philippe Milbergue

Roman pour jeunes adolescents

40 jours d’automne

de  Philippe Milbergue

Le Muscadier, 2013
Place du marché, 90 pages
979-10-90685-21-5, 7,90€

Thèmes : Roms, intégration, cuisine, apprentissage du français

 

Vous allez finir par croire, entre la température ambiante et mes titres de ces jours-ci (voir hier déjà, Automne) que nous sommes en plein Automne. Pourtant, nous sommes bien en hiver, comme nos amis canadiens pourront vous le confirmer, malheureusement. Un nouveau titre automnal, mais dont le thème est bien loin une fois encore !

Le Muscadier, petite maison d’édition que je découvre à cette occasion, propose une collection “Place du marché” qui offre des textes citoyens à destination des jeunes adolescents.

Dans 40 jours d’automne, Philippe Milbergue nous invite à suivre Stelian et sa fille Lulia. Arrivés depuis peu, ces roumains tentent de s’intégrer en France. Lulia va à l’école et apprend rapidement le français, mais pour Stelian, son père, qui ne travaille pas, c’est bien plus compliqué de progresser. Pourtant c’est un homme diplômé dans son pays, qui souhaite s’intégrer en France.

On découvre leur histoire, peu à peu, l’intégration de Stelian, pas à pas et surtout une maîtresse absolument géniale qui propose des ateliers cuisine avec les parents. Stelian, bien que ne parlant pas français, va pouvoir s’investir et faire découvrir la cuisine de son pays.

Le thème de ce roman est particulièrement intéressant et son traitement réaliste, bien qu’assez léger, en 90 pages. Laisser de côté la couverture pour découvrir une histoire touchante, voilà qui est possible pour un adulte, mais pour un jeune ? Ce roman aura besoin de  soutien, du conseil de l’adulte pour avoir sa chance.

Ce roman très positif, peut être trop parfois tant il fait l’impasse sur de nombreuses difficultés, permet de découvrir des personnages hors du commun, et les thèmes d’actualité sont plus nombreux qu’on le croit dans ce texte…

Un positivisme volontaire et intelligent qui permet de découvrir l’intégration sous un jour très différent de ce que nous montrent les médias, cela fait du bien aussi de lire une telle histoire.

petit++ je donne cette année des cours de FLE (Français Langue Etrangère) à des primo-arrivants, mais ces élèves ne sont pas contents d’être là et l’apprentissage est lent et délicat… Et j’assiste à l’inverse puisque c’est ici le parent qui parle parfaitement le français!

+ Les avis de Stephie, Jérôme et Fantasia

+ Challenge YA#3

Automne (Høsten) – Jan Henrik Nielsen

epub gratuitRoman dystopique pour adolescents

Automne

de Jan Henrik Nielsen

traduit du norvégien par Aude Pasquier

Albin Michel, janvier 2014
Wiz, 333 pages
15,90€

Contrairement à ce que le titre laisse entrevoir, ce roman ne parle pas de l’automne. Il s’agit en réalité d’un roman dystopique dans lequel les végétaux sont morts, comme en automne, mais sans jamais refleurir. Cette Grande Catastrophe a anéanti le monde. Plantes puis animaux sont tombés malades, puis les hommes. Un vaccin a été trouvé pourtant, mais trop tard, et sans végétation…

Fride et Nanna sont deux enfants. Deux jeunes filles qui vivent enfermées depuis des années dans un bunker, avec leur père, prévoyant. Une vie répétitive au possible, mais presque la seule chose que la plus jeune se souvienne. Six ans dans un bunker, lui même isolé sur une toute petite île. Pourtant les événements vont les pousser à sortir mais surtout à partir à la découverte de ce qu’il reste de leur monde. Un roman d’aventure mais surtout un roman initiatique car Nanna et Fride partent seules, à pied, sur les routes.

Une découverte de ce nouveau monde que nous allons faire avec elles. Un bout de route, de la survie, mais rien de très ultime pourtant, surtout des rapports humains. Des rencontres, des frayeurs. Une tension continue pour un roman prenant, d’un bout à l’autre. On sait finalement peu de choses sur cette catastrophe, et ce flou général contribue à augmenter la tension narrative.

Les personnages sont au coeur de ce roman. Fride, Nanna, nos jeunes héroïnes, courageuses, sympathiques, que l’on apprécie de suivre même si elles ne sont pas très attachantes mais surtout Oiseau. Personnage secondaire et pourtant belle figure de ce roman qui offre une magnifique rencontre et une oasis au coeur de cette folie. Un personnage marquant, qu’on a envie de découvrir plus avant, peut être à l’occasion de la suite !

Enfin j’ai aimé l’écriture (et/ou la traduction la limite est toujours difficile) parce qu’elle offre des descriptions qui ne sont pas pesantes mais font surgir dans notre esprit tous le décor de ce roman. Après quelques jours de recul je garde l’impression d’avoir vu un très beau film tant j’ai vu toutes les scènes. Si certains lecteurs trouvent cela tout à fait normal cela m’arrive assez rarement pour que ce soit signalé!

Mention spéciale pour la couverture, identique à l’originale (Høsten), vraiment magnifique et bien représentative.

Un roman norvégien avec une vraie tension narrative et une histoire originale, ce qui devient rare en dystopie, pas vraiment pas ses thèmes mais par ses personnages et leur histoire !

 petit++ Présentation sur le blog Wiz

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+ Challenge YA#3 chez Kalea et Mutie

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Ce que j’ai oublié de te dire – Joyce Carol Oates

Roman pour grands adolescents

Ce que j’ai oublié de te dire

Joyce Carol Oates

Albin Michel, 2014
Wiz, 341 pages
9782226252586, 15€

Joyce Carol Oates est une auteur que je ne suis qu’en littérature jeunesse, et chaque fois je me demande si le fait que les personnages soient des adolescents en fait vraiment un roman jeunesse. Ce que j’ai oublié de te dire ne fait pas exception.

Merissa, Nadia, Tink, trois jeunes filles qui rythment ce roman. Merissa et Nadia racontent, chacune leur tour, le lycée, la vie, mais surtout la mort. Celle de Tink, celle qui les comprenait si bien et qui s’est suicidée six mois plus tôt. Tink était une fille étrange qui a changé leur vie. Mais sans elle Merissa ne sait plus vraiment qui elle est, ni si ce qu’elle a toujours voulu l’intéresse toujours. Elle veut exister et la seule solution qu’elle trouve est dans la douleur. Nadia, quant à elle se sent seule et rejetée et c’est dans l’amour pour un de ses professeurs qu’elle se sent vivante.

Dans ce roman à la première personne, avec trois parties et trois narrateurs, la vie est la quête essentielle. Vivre, savoir vivre, réussir à vivre encore, se sentir vivante… Nos personnages ne sont pas des écorchées vives, pas vraiment. Si la vie ne leur fait pas que des cadeaux, sans le suicide de Tink elles auraient continué leur vie sans grand remous.

Tink, personnage central de ce roman, elle et ses secrets, ses non-dits. Elle, fantômatique pour répondre aux interrogations de ses amies encore vivante, souvenir tenace. Elle, qui a su les changer, leur faire voir la vie autrement, pour repartir presque aussi vite. Un personnage que l’on a du mal à saisir pendant tout le roman.

Merissa et Nadia sont deux jeunes filles détestables et attachantes. Ces jeunes filles à qui tout réussi mais qui recherche à exister sont extrêmement fragile, même si leur entourage ne le remarque pas. C’est en nous immissant dans leur pensées les plus intimes que l’on comprend et partage leur douleur.

Ce roman aborde des thèmes variés mais difficiles. Le divorce, l’indifférence parentale, la solitude, l’amour d’un professeur, la maladie, mais encore anorexie, scarification, suicide. Rien n’est épargné à nos adolescentes et pourtant, malheureusement, tout semble si vrai. L’écriture de Joyce Carol Oates nous mène dans ces tréfonds de l’être humain avec brio, toujours à la première personne et sans jamais porter de jugement. Pas vraiment de solution non plus.

Si ce roman est absolument superbe il n’en demeure pas moins un récit extrêmement difficile. S’il peut être salvateur pour certains adolescents en péril, il pourrait aussi en faire couler d’autres tant les personnages semblent plus heureux dans la solution qu’ils trouvent à leur malheur.

Enfin un détail m’a légèrement dérangé, celui du poids des adolescentes en question. Pour une taille d’1m65, un poids de 45 kg semble normal, un poids de 55 kg vraiment énorme. On voit même son ventre ! Bien sûr cela permet de mieux visualiser les difficultés de représentation d’elles-même et des autres qu’ont ces jeunes filles, pour un regard adulte, mais je pense qu’il faut être très prudent avec ce genre de sujet sur nos adolescentes… Un roman à conseiller aux plus grands adolescents, et surtout pas comme “livre médicament”.

+ Challenge YA#3

+ + Challenge Rentrée littéraire d’hiver de Valérie

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L’amour maternel – albums [Nathalie]

Aujourd’hui je laisse la parole sur le blog à Nathalie,
une lectrice qui souhaite partager avec nous ses lectures d’albums
dans le cadre du Challenge Je lis aussi des albums 2014 !

Je vais commencer par deux albums qui parlent de l’amour maternel de façon très très différente ! Le premier, c’est un classique que j’adore :

Je t’aimerai toujours quoiqu’il arrive

de Debi Gliori

Ed. Gautier Languereau
1999, réédité en 2013

C’est un petit renard qui a besoin d’être rassuré, alors il pose à sa mère un tas de questions pour savoir si celle-ci l’aimerait vraiment toujours quoiqu’il arrive (s’il se changeait en ours ou en mouche par exemple…). Il veut savoir aussi si l’amour se casse, si on peut le recoudre…

C’est un album que j’avais acheté pour mon fils et qu’on a lu très très longtemps.

C’est plein… d’amour, c’est très tendre, les textes sont émouvants sans être “gnangnan” et les illustrations sont très douces également. Un très bel album pour rassurer tous les petits ! (Mais oui, même s’ils font des bêtises, on les aime quand même…)

Le 2ème album, (que j’adore aussi) :

Ce type est un vautour

de Sara

et Bruno Heitz

Casterman – 2009

Cet album là est très spécial et quand je l’ai lu la 1ère fois, ça m’a un peu fait froid dans le dos… L’histoire est assez “dure”,mais intéressante, et les illustrations sont très belles, très colorées.

C’est le chien de la maison qui raconte l’histoire. Un homme arrive dans la vie d’une femme et de sa fille. Le chien ne l’aime pas. Au fil des pages, on se dit que le chien a raison, que ça va mal finir… L’amour ici, ne sera pas celui de l’homme et de la femme, mais celui de la mère pour sa fille.

En lisant cet album très bien fait, on sent la tension monter, la peur arriver… Ce n’est pas un album pour les tout petits, vous l’aurez compris. Je me suis d’ailleurs demandé plusieurs fois si c’est un album pour enfants… J’espère que d’autres l’ont lu et me donneront leur sentiment à ce sujet.