Une femme au téléphone

femmeQuelle mère/femme insupportable !!

Une femme au téléphone

Carole Fives

Gallimard (2017)

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“Je tricote pour le petit. Je lui fais une écharpe avec une vieille pelote de laine qui me restait, j’ai voulu l’utiliser mais c’est trop épais pour moi, et puis la couleur est moche… Mais enfin du moment que c’est fait main, c’est bien. C’est combien de centimètres une écharpe pour un bébé ? Un mètre ? Tu es sûre ? Mais un mètre c’est énorme pour un bébé non ?” Charlène, la soixantaine, est restée jeune. Mais quand le vide l’envahit soudain, elle enchaîne les appels téléphoniques à sa fille. Mère touchante et toxique à la fois, elle l’atteint toujours là où ça fait mal.

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De cette autrice, j’avais lu et beaucoup aimé “Tenir jusqu’à l’aube“. Un roman poignant sur une mère célibataire.

Ici, on parle encore de solitude, mais c’est celle d’une mère. Qui passe son temps à raconter sa vie au téléphone à ses enfants. Et à leur faire des reproches. C’est un très court roman, il fait 103 pages, et heureusement ! Cette femme est affreusement pénible.

Alors oui, elle est malade. Peut-être bipolaire ou “simplement” très anxieuse. Mais elle est surtout très égoïste et sans empathie aucune. Une mère toxique, très certainement.

Sur la 4ème de couverture, on peut lire un avis de Bernard Pivot “Jamais je n’ai autant ri. Toujours drôle, touchante, émouvante. De la dynamite de bonne humeur.”

J’avoue que je ne suis pas d’accord avec lui. Cette histoire ne m’a pas fait rire du tout. J’étais triste à la fois pour cette femme visiblement dérangée et pour ses enfants devant la supporter…

C’est tellement criant de vérité en fait, que j’avais juste envie de l’étrangler ! Heureusement que je n’ai pas quelqu’un comme ça dans mon entourage, c’est tout bonnement insupportable. Mais ceci dit, bien vu et bien écrit, parce que ça m’a fait bondir plus d’une fois ! ;)

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Un roman qui participe à plusieurs challenges

Les gravillons de l’hiver (103 pages) chez La petite liste

Gravillons

Le challenge ABC (lettre E) chez Enna

Le challenge ABC Titre (lettre P) de Sophie (sur ce blog)

Frère d’âme – David Diop

frereGrande guerre – Tirailleurs sénégalais

Frère d’âme

David Diop

Seuil (2018)

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Ce livre a reçu de nombreuses récompenses

Le prix Goncourt des lycéens 2018 – l’International Booker Prize 2021 – Le Prix Ahmadou-Kourouma – Le Strega Europeo 2019 – et plusieurs autres…

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Résumé éditeur : Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne.

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Frère d’âme est le récit de deux amis d’enfance, Alfa et Mademba qui partent un jour du Sénégal pour aller faire la guerre en France. Mademba va mourir sous les yeux d’Alfa, son plus que frère… Son frère d’armes, son frère d’âme, son frère de larmes…

Une histoire de deuils (Alfa en vivra plusieurs), d’amitié puis de violence et de folie. J’ai beaucoup aimé la façon dont c’est raconté, dans un style un peu naïf, à la manière d’un conte.

Une belle découverte !

– … je sais, j’ai compris, je n’aurais pas dû. Moi, Alfa Ndiaye, fils du très vieil homme, j’ai compris, je n’aurais pas dû. Par la vérité de Dieu, maintenant je sais. Mes pensées n’appartiennent qu’à moi, je peux penser ce que je veux. Mais je ne parlerai pas. Tous ceux à qui j’aurais pu dire mes pensées secrètes, tous mes frères d’armes qui seront repartis défigurés, estropiés, éventrés, tels que Dieu aura honte de les voir arriver dans son Paradis ou le  Diable se réjouira de les accueillir dans son Enfer, n’auront pas su qui je suis vraiment. Les survivants n’en sauront rien, mon vieux père n’en saura rien et ma mère, si elle est toujours de ce monde, ne devinera pas. Le poids de la honte ne s’ajoutera pas à celui de ma mort.

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Pour en savoir plus, il existe un dossier pédagogique en ligne

N’hésitez pas à aller consulter la page sur les prix littéraires africains

Et celle sur les prix Goncourt

Et si vous préférez écouter, Omar Sy vous le lit !

Sur le thème des tirailleurs sénégalais, il y a aussi : Verdun 1916 – Un tirailleur en enfer (roman ado) / L’homme de l’année : 1917 le soldat inconnu (BD) / Le chant noir des baleines (Roman ado)

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Un livre qui participe à la LC sur David Diop organisée par “Sur la route de jostein” pendant le mois africain

(La lecture prévue était Où s’adosse le ciel de David Diop, mais je ne l’avais pas…)

Ainsi qu’au challenge ABC chez Enna

ABC

Et à mon challenge “Pages de la grande guerre

Pages

Le serpent de l’essex – Roman anglais

serpentLe serpent de l’essex

Sarah Perry

Éd. Christian Bourgois (2018 / vo 2016)

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Lecture Commune avec Enna

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Résumé éditeur : Cora Seaborne, jeune veuve férue de paléontologie, quitte Londres en compagnie de son fils Francis et de sa nourrice Martha pour s’installer à Aldwinter, dans l’Essex, où elle se lie avec le pasteur William Ransome et sa famille. Elle s’intéresse à la rumeur qui met tout le lieu en émoi : le Serpent de l’Essex, monstre marin aux allures de dragon apparu deux siècles plus tôt, aurait-il ressurgi de l’estuaire du Blackwater ?
Dans un cadre marqué par une brume traversée d’étranges lumières, Cora Seaborne construit sa liberté. En cette fin d’ère victorienne dont les problèmes sociaux ne doivent pas faire oublier les triomphes, nous suivons, au gré de leurs aventures et de leur correspondance, des hommes qui s’acceptent tels qu’ils devraient être, des femmes qui découvrent devoir être ce qu’elles sont et un monstre effroyable qui redevient ce qu’il était.

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Lu en juin, il me reste de ce roman une ambiance assez étrange mais pas désagréable. Une atmosphère d’un temps passé où les interdits étaient sans doute encore plus fort qu’à présent. Voici ce que j’avais noté à la fin de ma lecture dans un post sur Insta :

Le début m’a paru un peu brouillon (ou alors j’étais fatiguée, c’est possible aussi) mais je l’ai finalement lu avec beaucoup de plaisir ! Les personnages sont originaux bien qu’un peu “torturés”, on apprend des choses sur le logement à Londres à cette époque et il y a un côté féministe qui m’a bien plu. Et puis, tout au long du roman, on se demande ce qu’est ce fameux “Serpent” !!

C’était une Lecture Commune avec Enna, qui n’a pas accroché et qui a abandonné sa lecture malgré un 2ème essai.

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Une lecture qui participe (avec un peu de retard !!) au mois anglais, chez qui j’avais gagné ce livre en… 2019 !!

(Mieux vaut tard que jamais dit le proverbe…)

Le mois anglais (Fb) chez Lou et Titine

Et au challenge “Les pavés de l’été” (livre de + de 500 pages) chez “La petite liste

En livre de poche, il fait 576 pages !

La BD historique partie 4/5 – LES TEMPS MODERNES

Billet en cours de réalisation !

LA BD HISTORIQUE

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4-LES TEMPS MODERNES

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Période qui s’arrête en 1789, à la révolution Française.
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Albums déjà présentés sur ce blog :

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modernes  Révolution (2 T) Trilogie en cours de Grouazel et Locard

Éditeur :

T1 : “Liberté” ressuscite 1789 en se promenant dans tous les étages de la société. Une fresque grandiose, brassant de multiples personnages et qui totalisera près de 1000 pages.

T2 : Égalité. Seize mois après les événements narrés dans le tome 1, un nouveau chapitre de la chronique grandiose de la Révolution française, mêlant anciens et nouveaux personnages.

Très intéressant, mais très dense ! Il vaut mieux connaître un peu l’époque… J’étais parfois un peu perdue !

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modernes  Le serpent et la lance (3 T) Série en cours – HUB (Aslak / Okko) ♥♥♥

Éditeur : Un thriller aztèque digne du Nom de la Rose.

Depuis plusieurs mois, certains paysans découvrent les cadavres momifiés de jeunes femmes sauvagement assassinées. Afin d’éviter tout trouble, les autorités tentent de dissimuler ces horribles meurtres à leur peuple. L’enquête est discrètement confiée à Serpent, un haut fonctionnaire cruel privé de ses deux bras. De son côté, le prêtre Cozatl s’adjoint les services de son ami d’enfance, OEil-Lance…

Une « drôle » d’enquête dans l’empire Aztèque. J’ai tout aimé : le scénario sans temps morts, l’incursion dans la culture aztèque, les magnifiques illustrations, les couleurs… Original et passionnant !

Du coup, j’ai très très envie de lire sa série précédente : Okko

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modernes Les esclaves oubliés de Tromelin de Sylvain Savoia (1 T)

Dans la nuit du 31 juillet 1761, en suivant une trajectoire hasardeuse afin d’éviter une saisie – suite à une famine endémique, le trafic de bois d’ébène été interdit dans la colonie française – le navire négrier l’Utile s’échoue contre un banc de sable et sa structure éclate, libérant sa cargaison frauduleuse dans les flots. Blancs comme noirs, en état de choc, les survivants rejoignent un îlot stérile perdu au milieu de nulle part. Commence donc une longue et pénible cohabitation entre les Français et leur marchandise.

Avis mitigé : J’ai beaucoup aimé la partie « fiction » qui raconte l’histoire des esclaves. Par contre l’autre partie m’a un peu ennuyée…

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modernes  Jéronimus (3 T) Série terminée – Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx

29 octobre 1628, le Batavia quitte le port d’Amsterdam. À son bord, 341 personnes, dont 38 femmes et enfants: des marins, des artisans, des soldats, des officiers et quelques passagers qui voyageront sur le Château arrière, le lieu de l’élite du navire. Le navire appartient à la toute-puissante Compagnie hollandaise des Indes orientales, la VOC. Il doit rejoindre Java pour y charger les épices qui font la richesse des actionnaires de la Compagnie.

J’ai adoré les illustrations qui sont de vrais tableaux. Et j’ai bien aimé la critique de la Société des Indes Orientales (et du capitalisme par la même occasion !) Par contre, j’ai trouvé que la “voix off” qui raconte l’histoire faisait que ça manquait un peu de dynamisme… C’est un peu trop “introspectif” pour moi. Et âmes sensibles s’abstenir, c’est une histoire épouvantable ! Sur le même sujet, j’ai préféré “1629… Ou l’effrayante histoire des naufragés du Jakarta” (lien en haut de ce billet)

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modernes  Vanikoro (1T) – Patrick Prugne – Ed. Daniel Maghen

Une grande aventure sur fond de vérité historique pour retracer l’histoire de l’expédition Lapérouse et lever le mystère qui entoure son naufrage.

Que sont devenus les rescapés des deux frégates, la Boussole et l’Astrolabe, échouées une nuit de juin 1788 sur les récifs coraliens de Vanikoro ? Ils ont élevé une palissade de bois, les fouilles récentes à terre l’attestent. Quels ont été alors leurs rapports avec les naturels de cet archipel où plane encore le spectre des coupeurs de têtes ? Qu’ont-ils espéré sur cette île lointaine ? Partir ? C’est sûr ! Ont-ils pu appareiller sur ce petit bateau qu’ils ont construit ?

J’adore les illustrations de Patrick Prugne, elles sont magnifiques ! Le grand format de l’album permet d’en profiter pleinement.

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modernes Les damnés de la commune (3T – série terminée) – Raphaël Meyssan

Le narrateur découvre par hasard qu’une figure de la Commune de Paris, Charles Lavallette, a habité dans son immeuble de Belleville. À la bibliothèque, dans les archives de la Ville, de la police et de l’armée, il reconstitue minutieusement la vie de cet individu qui a joué un petit rôle dans l’insurrection, mais que les historiens ont oublié. Il y a deux narrations dans cet ouvrage. L’une racontée dans les cartouches crème (la voix du chroniqueur), l’autre dans les cartouches blancs (celle des participants à la révolte).

Pas encore lue, je ne l’ai pas  encore reçue…

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modernes Cortés : La guerre aux deux visages (2T) – Christian Chavassieux et Cédric Fernandez (a dessiné aussi « Les faucheurs de vent »)

En 1492, un continent inconnu émerge au-delà de l’Atlantique. Alors enfant, Hernán Cortés est voué à y accomplir son destin deux décennies plus tard. Ayant traversé l’océan et devenu l’un des notables de Cuba, il pourrait vivre de ses rentes. Pourtant, la fièvre des prouesses militaires demeure, enflammée par les rumeurs : plus à l’Est, un vaste territoire recèle des richesses fabuleuses.

Pas encore lue, je ne l’ai pas encore reçue…

 

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1) La BD historique : LA PRÉHISTOIRE

2) La BD historique : L’ANTIQUITÉ

3) La BD historique : LE MOYEN ÂGE

4) La BD historique : LES TEMPS MODERNES

5) La BD historique : L’ÉPOQUE CONTEMPORAINE

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Vous avez lu et aimé d’autres bd sur cette période ? N’hésitez pas à me donner les titres en commentaires. Merci !

Cette semaine, nous sommes Dans la bibliothèque de Noukette