Patte de velours, oeil de lynx

PatteLittérature suédoise

Patte de velours, œil de lynx

Maria Ernestam

Traduit du suédois par Esther Sermage

Gaïa Éditions (2015 / vo 2014)

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Éditeur : Sara et Björn ont quitté la vie citadine pour s’installer à la campagne dans la maison qu’ils viennent de rénover. À la clé, un grand jardin à défricher, paradis d’espace et de liberté pour eux comme pour leur chatte, Michka.

Le couple d’en face, uniques voisins, leur réserve un accueil plus que cordial, thermos de café et brioches maison en guise de cadeaux de bienvenue. Ils n’ont qu’un seul défaut, leur propre chat, Alexander, un animal belliqueux qui défend son territoire toutes griffes dehors.

Tel chat, tel maître ? Les cicatrices du passé et la fragilité des êtres révèlent parfois de bien sombres desseins. Au fond du jardin ou derrière les rideaux tirés, une guerre des nerfs s’engage.

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Ce n’est pas réellement un “polar”, au sens où il n’y a pas de policier ou d’enquêteur. C’est plutôt un thriller car il y a un vrai suspense et une réelle tension dans cette histoire ! Et il y a également pas mal d’humour. Mais il y a tout de même un cambriolage avec agression (et là on parle de la police) et un gros gros problème de voisinage…

C’est un tout petit livre (il fait 104 pages avec la postface) que j’ai lu d’une traite hier soir. Et il m’a beaucoup plu ! J’ai vraiment apprécié le style de l’autrice.

Du coup, j’ai été très contente de constater que j’avais trois autres romans de cette autrice dans ma pal !

Les oreilles de Buster” / “Toujours avec toi” et “Le peigne de Cléopâtre” qui sont par contre beaucoup plus gros que celui-ci (ils font entre 375 et 450 pages) Les avez-vous lus ? Aimés ?

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Lire les deux premiers chapitres (site éditeur)

Un roman qui participe à de nombreux challenges

Les gravillons de l’hiver (104 pages) chez La petite liste

Gravillons

Un hiver polar chez Alexandra

Pour le bingo je coche les cases : Vengeance / Jalousie et Chat !

Logo du Challenge Un hiver polar 2025-2026

Escapades européennes : polars scandinaves chez Cléanthe

https://www.danslabibliothequedecleanthe.fr/wp-content/uploads/2025/03/20250313_174813-1-scaled.jpg

Thrillers et Polars chez Sharon

C’est le 7è/26 pour En sortir 26 en 2026

En 2026

Le challenge ABC (lettre E) chez Enna

Le challenge ABC Titre (lettre P) de Sophie (sur ce blog)

Champs de bataille – L’histoire enfouie du remembrement

BatailleChamps de bataille

L’histoire enfouie du remembrement

Inès Léraud

Pierre Van Hove (ill.)

Mathilda (coloriste)

La Revue Dessinée
Delcourt (2024)
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Éditeur : À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, l’État fait redessiner les terres agricoles dans la plupart des campagnes françaises. Accessibilité des champs par des machines, regroupement des parcelles et disparition des haies et talus. C’est le “remembrement”. L’objectif est que la paysannerie produise davantage, que le pays atteigne son auto-suffisance alimentaire et que la France devienne une puissance agricole mondiale.

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Naïvement, je pensais que c’était les paysans qui avaient décidé, au fil du temps, d’agrandir leurs parcelles. En lisant cette bande dessinée, je me suis rendue compte que c’était loin d’être le cas. Non seulement on ne leur a pas demandé leur avis, mais on a, pour certains en tous cas, totalement détruit leur vie !!

Ils étaient autonomes et indépendants. Ils produisaient suffisamment pour subvenir à leurs besoins, que ce soit avec les légumes, les animaux ou les vergers. Suite au remembrement, on les a rendu totalement dépendants… Dépendants pour l’achat des semences, des tracteurs, des pesticides… Et dépendants de la Politique Agricole Commune.

Je n’imaginais pas à quel point cette histoire avait été violente !! On a arraché des tas de haies, d’arbres (y compris des arbres fruitiers qui produisaient) On a totalement transformé le paysage et la vie des gens. Champs de bataille, le titre est bien trouvé…

Il y avait une “bonne” raison : c’était à la fin de la seconde guerre mondiale, il fallait que les paysans soient capables de “nourrir la France”. Mais la façon dont ça a été fait … C’est hallucinant et totalement ignoble.

Comme dans la bd “Algues vertes“, les illustrations sont simples et aident à faire passer le propos.

Je vous invite vraiment à lire cette enquête, c’est à la fois édifiant et terrifiant…
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Lire les premières pages (site de l’éditeur)

Après “Algues vertes“, c’est encore une fois une bd très intéressante et bien documentée que nous propose Inès Léraud.

Avec d’autres journalistes, elle a fondé le média d’investigation “Splann !” (en français et en breton)

Interview d’Inès Léraud sur les cicatrices mémorielles liées au remembrement.

Cette semaine nous sommes chez Moka, Au milieu des livres

LA FERME – Album

fermeAlbum à partir de 3 ans

LA FERME

Sophie Blackall

Traduit de l’anglais par Ilona Meyer

Les Éditions des Éléphants (2023)

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L’album “La ferme” commence ainsi : “Au-delà d’une colline, tout au bout d’un chemin, au bord d’un ruisseau sinueux aux reflets scintillants, se dresse une maison, où douze enfants sont nés, ont grandi, ont appris à marcher dans la petite entrée, ont posé assis dans l’escalier de bois et ont été mesurés dos au mur année après année…”

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Cette histoire est avant tout l’histoire d’une maison (réelle) et celle d’une famille qui l’a habité (plus ou moins imaginée selon des témoignages et les traces laissées par les personnes qui ont vécu là).

En effet, l’autrice a acheté un terrain sur lequel il y avait une vieille ferme impossible à restaurer, mais dans laquelle flottait encore des lambeaux d’histoires, des souvenirs d’une vie passée, des objets. En se promenant dans la maison, elle a récupéré plusieurs choses. Un nid d’oiseau, une robe de mariée, une vieille clé en laiton ou encore un bouton qui fut autrefois un coquillage dans la mer. Et puis aussi des vêtements, des manuels scolaires, du papier peint ou encore des rideaux.

Toutes ces choses l’ont inspirée et elle nous explique (à la fin du livre) comment elle s’est servi de ce matériel pour écrire et illustrer ce livre. Illustrations réalisées à l’encre de Chine, à l’aquarelle, à la gouache et aux crayons de couleurs, comme elle nous l’explique dès la première page.

J’ai adoré les pages de gardes, pleines de petites choses découpées, dessinées, peintes. Et j’ai beaucoup aimé également les bouilles rondes aux joues roses des personnages. Il y a un petit côté nostalgique (l’évocation de quelque chose de passé) mais ce n’est absolument pas triste, bien au contraire. Dans cette histoire sans ordinateur ni téléphone portable, loin de la foule et des villes, il y a un bien-être et une harmonie que j’ai trouvé très reposants. J’avoue même avoir ressenti une pointe d’envie pour cette vie d’un autre temps…

Ce n’est pas un “livre-jeu”, mais je suis sûre que les enfants auront autant de plaisir que moi à regarder tous les détails des illustrations.

Une jolie découverte et un album original !

Un album intergénérationnel aussi : Les parents ou grands-parents admireront le côté vintage des illustrations et le texte très poétique et les enfants se régaleront aussi.

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Pour voir d’autres illustrations (site de l’éditeur)

Le site de l’autrice (en anglais)

La bourrasque – Album

bourrasqueAlbum à partir de 7 ans

La bourrasque

MO Yan & ZHU Chengliang (ill.)

Traduit et adapté par Chun-Liang YEH

HONGFEI (2022)

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Un jeune garçon nous raconte ce qui lui est arrivé lorsqu’il avait 7 ans. Avec ses parents et son grand-père, ils habitaient à la campagne, près d’une rivière. En longeant cette rivière et en marchant un moment, il y avait une prairie où son grand-père fauchait l’herbe chaque année. L’été des 7 ans du garçon, son grand-père l’emmena avec lui.

Ils partirent très tôt. Il y avait encore du brouillard qui se dissipa avec l’arrivée du soleil. Après une longue marche, ils arrivèrent à la prairie. Le jeune garçon commença par imiter son grand-père, puis ennuyé par cette activité répétitive, il se mit à courir après les oiseaux.

Au bout d’un moment, ils déjeunèrent puis le garçon s’endormit. Soudain son grand-père le réveilla, inquiet de voir de gros nuages noirs s’approcher…

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C’est une histoire vraie, vécue par l’auteur lorsqu’il était enfant. Une aventure qui l’a marqué et dont il a gardé en mémoire les moindres détails. Le brouillard au petit matin, la chasse aux criquets, le vent qui sentait bon le parfum des fleurs sauvages…

Une histoire très joliment racontée qui m’a donnée envie de découvrir les romans de cet auteur !

Du même illustrateur, nous vous avions présenté : La lanterne de Tonton, dont les illustrations très colorées m’avaient déjà séduites. Ici les couleurs sont moins vives et dans des tons bruns, verts et bleus.  Mais la nature, luxuriante, est magnifique (et le petit garçon adorable !)

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La bourrasque est l’adaptation d’une nouvelle, intitulée “Grand vent” et publiée en 1985.

Mo Yan, son auteur, a reçu le prix Nobel de littérature en 2012. Dans une lettre parue dans “La revue de nouveautés” des éditions HongFei (sept. 2022) il explique qu’il a écrit ce texte il y a 38 ans et qu’il a gardé un bon souvenir de cette aventure parce que son grand-père et lui ont réussi à résister à une tornade. Il souhaite à tous ses petits lecteurs le courage de faire face à l’adversité.

Pour la même tranche d’âge (7 ans et +) et du même éditeur, nous vous avons présenté : Nuit étoilée, L’amie en bois d’érable, Le poisson qui me souriait, L’enfant renard, Histoire merveilleuse d’un tigre amoureux (Et ce sont tous des coups de cœur, soit de Mélissande, soit de Sophie ou moi)

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