Le fils de l’officier – BD ado/adulte

officier      Le fils de l’officier est une série qui devrait comprendre plusieurs cycles, puisque cette trilogie forme le cycle 1.  

Le fils de l’officier

Patrick Cothias & Patrice Ordas (Scénario)
Christelle Galland (Dessins)
Sébastien Bouet (Couleurs)

Coll. Grand Angle
Bamboo (2011- 2012-2014)

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T1 : La Tête abîmée (2011)Résultat de recherche d'images pour "2 aout 1914"

Sidoine est un gentil garçon, un bon élève et un bon fils. En rentrant de l’école le jour de ses 7 ans, il ne se doute pas que sa vie va être brutalement bouleversée. En effet, son “père” Papa Divéres, lui apprend qu’il n’est pas son père, mais son tuteur. Il apprend donc que son père est un officier, un “Monsieur”, Maréchal des Logis en Indochine, qui, ne pouvant s’occuper de lui et de sa mère (prénommée Sidonie, d’où son prénom à lui, Sidoine) les a confié à un ami Pierre Divéres. De sa mère, décédée alors qu’il n’avait pas 3 ans, Sidoine ne garde guère de souvenirs. Sa plus mauvaise surprise cependant, il l’aura à l’âge de 13 ans : il a obtenu la première place du canton au Certificat d’Études, mais, faute d’argent, ne pourra poursuivre ses études et devra aller travailler aux champs…

Le tome 1 relate donc l’enfance de Sidoine.

J’avoue qu’à l’issue du tome 1, je ne savais pas vraiment si j’appréciais ou non le personnage de Sidoine…

Il n’a pas eu de chance, n’a pas été aimé, a été maltraité, c’est sûr. Et cela l’a rendu dur et amer. Il manque parfois cruellement d’empathie. Mais n’est-ce pas normal après ce qu’il a subi ? Certaines des personnes qu’il rencontre au cours de ce tome sont d’une hypocrisie et d’une bassesse sans nom. Ce que je sais, c’est qu’à la fin de ce tome 1, je voulais absolument lire le tome 2 !!

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Le tome 2, “Un cauchemar dans la tête…” (2012), raconte son entrée dans l’âge adulte, sa découverte de l’amour et son combat pour faire reconnaître les injustices dont il a été victime. Un tome dans lequel on ne sait plus “sur quel pied danser”… Sidoine est-il, comme on le croyait dans le tome 1, un innocent injustement accusé, ou est-ce un dangereux déséquilibré comme certaines accusations pourraient le faire croire ? Nous n’en saurons pas plus dans ce tome qui se termine par la mobilisation générale du 2 août 1914.

C’est une histoire plutôt sombre, avec un personnage en colère et qui se révolte contre sa condition. Et cela se voit dans les couleurs des illustrations : chaudes par moments, notamment lorsque Sidoine est en colère, d’un bleu / gris un peu “fantomatique”, presque déprimant à d’autres…

Des illustrations assez “classiques’, des cases généralement assez petites avec parfois de gros plans sur des yeux ou des bouches tristes ou en colères…

Quand au tome 3, je n’ai pas eu le temps de le lire !! C’est fait depuis ce matin, mais je n’ai pas eu le temps de mettre ma présentation à jour avant de partir au boulot…

En voyant la couverture du tome 3La Tête en feu” (2014), comme l’a très justement fait remarquer Blandine, on se dit que les problèmes de Sidoine ne sont pas

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réglés… On va voir dans ce tome toute l’horreur de la première guerre mondiale qui ne fait là que commencer.

Ce que l’on comprend dans ce tome 3, c’est que “Le Fils de l’officier” est aussi une critique de la société d’avant 1914 avec ses arrangements entre nantis… Mon seul regret : que le personnage principal, Sidoine, ne soit pas plus sympathique ! Je l’ai plaint, pour les nombreuses injustices qui lui tombe dessus, mais je ne l’ai jamais “aimé”…

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Pour voir quelques planches du tome 1, c’est par ici

Petite bio de Patrick Cothias ainsi que de Patrice Ordas sur le site de l’éditeur

Le blog de la dessinatrice Christelle Galland (sur lequel vous pourrez voir plusieurs planches du fils de l’officier)

 

Cette semaine nous sommes accueillis chez Sephie du blog Mille et une frasques

Cette bd participe aussi au challenge Première Guerre Mondiale chez Blandine du blog Vivrelivre  

Sombre Eden (Les chemins de poussière, 2) de Moira Young

Roman dystopique – adolescents / YA

Les Chemins de Poussière

2 Sombre Eden

La suite de Saba, l’Ange de la Mort

de Moira Young

traduit de l’américain par Laetitia Devaux

Gallimard Jeunesse, mars 2013
9782070696710, 17,50

…Attention, spoiler sur le premier tome, forcément même si j’essaye d’en dire le moins possible… Retrouvez mon avis sur le premier tome Saba l’ange de la mort.

            Le premier tome était un peu surprenant au premier abord, avec le ton de la narratrice qui se voulait très oral, même dans la présentation. L’histoire pourtant était prenante et mes élèves ont vraiment apprécié cette histoire (au prix des Incorruptibles de cette année), le tome 2 était donc une évidence et il est, lui aussi, convainquant!

           Il faut quelques pages avant de se remettre totalement dans cette histoire dystopique/futuriste, notamment pour se souvenir de chacun des personnages, car ils ont beaucoup évolué dans le premier tome. Certains ont disparu, d’autres pris de nouvelles routes. Même Saba, notre héroïne, n’est plus vraiment elle même. C’est donc au fil de ses pensées que nous reprenons l’histoire. Tout en suivant Jack, le beau Jack, sur quelques pages.

           Comme dans le premier tome c’est le caractère de Saba qui poussera tout le monde à l’aventure. Bien qu’en route vers l’ouest où ils espèrent trouver la paix, Saba apprend que Jack fait maintenant partie des nouveaux Tontons. Ce groupe qu’elle a combattu, qu’elle croyait disparu.

           Saba se révèle tout d’abord faible, loin de la colère rouge à laquelle elle nous a habitué, c’est troublant mais cela permet de s’attacher un peu plus à elle, et de la suivre par la suite dans ses décisions encensées et ses erreurs. On plonge avec elle dans un monde plein de contradictions et ses hésitations deviennent les nôtres.

           Le début est peut être un peu long à mettre en place l’action, mais il permet de faire connaissance autrement avec les personnages, et la suite ne nous laisse guère de répit. Action bien sûr mais aussi beaucoup de réflexions d’amitié et d’amour…

           L’auteur joue avec ses personnages et du coup avec son lecteur aussi, nous entraînant dans les méandres d’une histoire qui se complique encore un peu dans ce tome, et alors que l’on aurait presque pu s’arrêter à la fin du premier tome, ce n’est absolument plus possible maintenant!

+ Les avis de Lael, Orbe, Madoka

+ Le tome 1 Saba l’Ange de la Mort est sorti en poche, Pôle Fiction, avec une nouvelle couverture, plus dynamique et colorée (la couverture américaine en fait)

+ Le tome 3 des Chemins de poussière (Dust Lands) n’est prévu qu’en 2014 aux Etats Unis, sous le titre Raging Star. Si vous n’avez pas lu le tome 2 ne lisait surtout pas la quatrième de couverture anglaise…
Pas de couverture actuellement.

 

 

Des impatientes de Sylvain Pattieu {RL 2012}

Rentrée Littéraire 2012 – Roman adulte

Des impatientes

de Sylvain Pattieu

Le Rouergue, 22 aout 2012
La brune
9782812603884, 19,50€

 

Les “impatientes”, ce sont elles deux, Alima Sissoko et Bintou Masinka, lycéennes de Seine-Saint-Denis, africaines par leur origine. Même couleur de peau mais si différentes dans leurs aspirations. L’une élève de première S, qui mise tout sur l’école, et rêve d’intégrer la préparation pour le concours Sciences Po. L’autre, grande gueule et formes exubérantes, abonnée aux sanctions et aux soirées en boîtes de nuit.

“Fleurs de banlieue”, les appellent leur jeune professeur d’histoire, Kévin Roullier, qui n’a pas peur du cliché, lui-même archétype de ces jeunes profs venus de région pour un premier poste en ZEP, abonné à meetic pour lutter contre la solitude… Mais comment se jouer des clichés sur ces banlieues qui alimentent tous les fantasmes pour mieux les dépasser ? C’est le pari de Sylvain Pattieu, dans son premier roman, en s’enfonçant dans le concret du quotidien de ses personnages.

J’ai été attirée par ce roman car il se déroule dans un lycée, du moins au début. Deux grandes adolescentes que tout oppose sont les héroïnes de ce roman, nos impatientes. 

D’entrée la voix de l’auteur se fait multiple, selon les narrateurs. Quatre voix ressortent principalement. Celle du narrateur extérieur, que je rapproche de celle de l’auteur et qui nous décrit le milieu avec de nombreuses accumulations. Etrangement c’est quelque chose que j’ai beaucoup aimé dans ce roman, cette voix qui nous parle d’un établissement scolaire, des jeunes qui le fréquentent, de la banlieue parisienne… A cette voix s’ajoute celles qui font le récit. Alima Sissoko et Bintou Masinka principalement, par leur narration alternée nous font découvrir leur vie, leurs blessures… chacune à leur manière. Il y a le ton posé d’Alima, bonne élève, pleine de projet, et celui secoué de Bintou. C’est malheureusement là que j’ai trouvé que l’auteur en faisait trop, dans le ton de cette fille pleine de rage. Sylvain Pattieu s’est senti obligé d’écrire comme parle beaucoup d’adolescents, et transposé à l’écrit c’est à la fois dérangeant à lire et parfois difficile à comprendre. On peut argué que je ne suis pas de ces quartiers d’immigrés dont il parle, mais deux questions se posent alors : à qui s’adresse ce livre ? et pourquoi mon homme qui connait bien ces quartiers à éclater de rire quand je lui ai lu un passage ? J’avoue cependant que c’est quelque chose auquel je suis sensible dans les romans et je n’apprécie guère ce passage du vulgaire à l’écrit… d’autres apprécieront peut être comme une marque d’authenticité… La dernière voix est en fait double, celle de deux hommes, spectateurs de ce qui se joue entre ces deux impatientes, un peu responsable aussi, qui se cache derrière leur passé et leur peur pour s’excuser. Sans compter aussi sur tous les ajouts, les carnets scolaires, les rêves, comme autant d’indice et de témoins.

L’histoire est très bien menée et prenante dans la première partie du roman. Nous avons un point de départ, une situation finale rapidement exposé, et tout le reste nous sert à imaginer d’abord, puis à combler les manques de l’histoire. C’est habile car cela donne vraiment envie d’avancer, de découvrir ce qui a bien pu renverser ainsi la situation…
La deuxième partie m’a beaucoup moins touché, sans doute aussi parce qu’elle quitte le milieu scolaire pour celui du travail (hôtesse de caisse). Les personnages m’ont semblé plus lointain, moins tangible… et moins intéressant malgré leur quête.

Un roman en demi teinte selon moi avec des passages qui m’ont beaucoup plu et d’autres qui me donnaient envie de refermer le livre.

+ Un premier roman

+ Des avis plus positifs sur Babelio

+ 3/7 Challenge Rentrée Littéraire 2012

+ Concernant les partenariats ils ne commenceront que la semaine prochaine, le temps de mettre en place quelques petites choses encore…