Personne ne te sauvera – Fabrice Colin

Roman pour adolescents

Personne ne te sauvera

Fabrice Colin

Flammarion, septembre 2013
Tribal, 152 pages
9782081264793, 9€

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Thèmes : vampire, maladie, vie, adolescence, enregistrement

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Encore des vampires! Nul doute que c’est ce que penseront nombreux lecteurs, dès la quatrième de couverture. Pourtant si Fabrice Colin succombe à cette mode c’est en décalage. Un décalage subtil, psychologique, qui apporte une aura toute différente au livre.

Manon a 17 ans quand elle découvre qu’elle peut mourir d’un jour à l’autre d’un anévrisme cérébral. Elle fuit alors à l’autre bout du monde dans les lumières vives de Las Vegas. Elle erre jusqu’à tomber sur un jeune acteur  qui raconte chaque soir à une salle presque vide sa vie de vampire. Manon s’attache à cette vision de la vie et la mort mais ça ne la conduit pas tout à fait où elle l’espère.

Ce court roman à l’écriture soignée propos de découvrir Manon grâce à son journal intime. Mais Manon n’écrit pas, elle parle à son Ipod. Alors qu’on pourrait craindre un langage trop oral ces enregistrements sont simplement le prétexte de l’utilisation de la première personne. Le lecteur peut alors s’identifier à Manon. Ces enregistrements, pas toujours utilisés d’ailleurs, n’apportent cependant pas grand chose à l’histoire. Une histoire qui à l’exception d’un passage d’action est assez méditative sur la vie.

Un roman de vampires certes différent mais un peu trop court pour réellement emporter ou surprendre le lecteur. L’absence de surprise, voulue par l’auteur puisqu’il effectue un retour en arrière rend ce roman avant tout psychologique.

Une quête initiatique à la découverte de soi, des vampires… et de la vie!

 

+ l’avis de Mina
+ première parution en août 2013 dans un format moins cher… les mystères de l’édition! Une édition scolaire illustrée, où le texte est présenté comme une nouvelle.

Boule à zéro 2 Le gang des crocodiles – Zidrou

Bande dessinée jeunesse

Boule à Zéro

Tome 2 :
Le gang des crocodiles

 Zidrou
Serge Ernst

Bamboo, Janvier 2013
978-2-81892-206-4, 10,90€

 Boule à zéro, c’est le surnom d’une petite fille, dans les couloirs de l’hopital La Gaufre. Zita est atteinte d’une leucémie. D’entrée le décalage entre la maladie et l’humour donne le ton de cette bande dessinée.

Zita dans ce deuxième tome va vivre une aventure haute en couleur, qui débute avec les contes de Mama Kigali. Des contes qui entraînent enfants et adultes au coeur de l’Afrique, avec de dangereux crocodiles. Des contes qui redonnent espoir à cette bande d’enfants hospitalisés… Et s’il suffisait de toucher la queue d’un crocodile pour guérir ? Quand une exposition de reptile passe par là, les enfants n’hésitent pas à faire le mur !

Des événements tirés par les cheveux mais qui donnent le sourire tant les situations sont cartoonesques. Les gags sont plus prévisibles et attendus que dans le premier tome, mais cela reste bourré d’humour une vraie force avec ce thème dur des enfants malades. L’intrusion des personnes âgées dans le scénario apporte aussi de nombreux gags et une dimension familiale à un milieu qui en manque un peu.

Les dessins de Ernst sont vraiment à saluer car ils apportent beaucoup à l’humour et l’aspect enfantin de cette bande dessinée. Les couleurs claires créent une ambiance apaisée qui sonne juste et apporte beaucoup de réalité à l’ensemble.

Une vraie réussite malgré une histoire farfelue car on se plonge dans l’intimité d’un service pédiatrique hospitalier avec tout ce qu’il compte de destins tragiques mais surtout de vie et d’amour! Un regard optimiste et enfantin mais résolu!

+ Serge Ernst, un auteur engagé contre le cancer

+ le site de l’association sur 2000bd.org

+ lire un extrait

+ la bande annonce

+ mercredi BD

Du bonheur à l’envers – Pascal Ruter

Roman pour jeunes adolescents

Du bonheur à l’envers

Pascal Ruter

Didier jeunesse, mai 2013
9782278059379, 14,20€

 

          Fort du succès du Coeur en Braille Pascal Ruter met de nouveau en scène le personnage de Victor. Plutôt que de nous livrer ce qui se passe après le Coeur en Braille l’auteur revient en arrière, avec l’année de CM2 de Victor.

Une année chaotique à la maison. Les parents de Victor ont du mal à s’entendre, la tante Etoile a des “problèmes de communication” et l’oncle qui débarque fini de jeter le trouble dans la famille.

         Cette histoire met en scène un Victor plus jeune et avec lui un ton et une écriture plus enfantins. S’il y a comme dans le Coeur en Braille des sujets sensibles, l’ensemble est moins percutants et surtout moins drôle. Les adultes, beaucoup plus présents, donnent beaucoup de leçons de vie à Victor qui lui permettent d’avance mais il manque d’autonomie, ce qui fait sa force dans l’autre histoire.

         L’oncle Zac pourtant est un vrai personnage original et intéressant mais c’est la jeune voisine, narratrice occasionnelle que j’ai le plus apprécié. Je regrette d’ailleurs qu’elle ne soit pas plus présente, avec son histoire difficile.

          On croise la maladie, la mort, l’amour, l’amitié, le théâtre mais aussi le chômage, le travail, les décisions d’adulte et la folie salvatrice. Tout un programme bien mené par l’auteur qui permet de ne pas tomber dans le pathos tout en traitant des vrais thèmes de la vie quotidienne des enfants. Les adultes, bien présents dans ce roman donc, se révèlent finalement eux aussi fragiles et susceptibles de commettre des erreurs, une vision intéressante en littérature jeunesse.

         Il n’y a finalement pas vrai sujet central dans ce roman, mais une multitude de petites histoires, toutes sympathiques il est vrai, mais l’ensemble est moins prenant. Les personnages heureusement sont encore une fois savoureux ce qui permet de passer un bon moment! Comme dans le Coeur en Braille les personnages ont tous leur histoire et Victor est le lien qui nous permet de tous les découvrir. Un Victor plus jeune mais toujours aussi attachant qu’on a plaisir à retrouver

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♥ Nos étoiles contraires de John Green

Roman pour adolescents

Nos étoiles contraires

de John Green

traduit par Catherine Gibert

Nathan, 21 février 2013
9782092543030, 16,50€

Thèmes : Cancer, Hopital, Groupe de soutien, Famille, Hollande, Ecrivain, Livres

♥♥♥♥

Nos étoiles contraires est un roman pour adolescent. C’est surtout  une histoire émouvante. Et drôle. C’est un livre qu’on ne peut pas lâcher… et c’est dur d’en parler!

Hazel Grace, 16 ans, est atteinte d’un cancer incurable. Dur comme thème. Je sais que beaucoup vont arrêter ici leur lecture. Parce qu’ils ne veulent pas de ce thème là dans les livres, en plus. C’est aussi ce que j’ai pensé. Et puis j’ai lu quelques mots de l’auteur :

“Beaucoup de gens (y compris moi-même) n’aiment pas lire des livres tristes qui vont les faire pleurer. Ils s’imaginent, non sans raison, qu’il y a déjà suffisamment de tristesse et de pleurs dans la vie réelle. C’est pourquoi je dis à mes futurs lecteurs : “si vous n’aimez pas ce livre, vous pouvez me donner un coup dans l’estomac.”

Difficile alors de ne pas ouvrir ce livre, pour voir, juger, en savoir plus…

Hazel Grace donc, rencontre Isaac et Augustus à un groupe de soutien pour enfants et adolescents atteints de cancer ou en rémission. Cette rencontre va leur permettre d’avancer dans cette vie chaotique. Avec Gus, Hazel va découvrir qu’on peut être malade et en vie. Et qu’il faut profiter de la vie plutôt qu’attendre la mort.

C’est poignant, émouvant bien sûr, mais ce n’est pourtant pas dénué d’humour et on sourit beaucoup à la lecture de ce roman. La façon qu’à Hazel de nous raconter ce qui l’entoure est irrésistible, même si on sent la peur en arrière plan. Ce n’est pas pour autant un roman humoristique qui tourne tout à la dérision, c’est plus une terrible histoire illuminée par des moments magiques. De l’amour, du rêve… des bulles de champagne comme des étoiles. Mais toujours en toile de fond l’épée de Damoclès, le cancer, la déchéance physique et mentale…

John Green réussi un tour de force magistral en écrivant la vie telle qu’elle est.

Bien sûr on est terriblement ému, on pleure, mais on s’y attend et tout le reste autour prend une importance magistrale. La vie.
En plus de cette toile de fond douloureuse et de l’amour qui uni les personnages on se plonge dans l’amour d’un livre, celui qui donne envie de connaître la suite à tout prix, de rencontrer l’auteur. Hazel en effet aime terriblement un livre, mais celui ci s’arrête au milieu d’une phrase. Difficile alors de ne pas connaître la suite, la fin. Ce roman c’est donc aussi la recherche de cette vérité dans la fiction.

Ce remarquable roman est non seulement beau et bien écrit mais il est aussi intéressant par tous ses thèmes abordés, la vie en premier.  A lire, tout simplement. Avec un paquet de mouchoirs pas trop loin.

Difficile de vous mettre des extraits tant il y a de beaux moments, de belles phrases, de durs maux. Je retiens ceci :

“Mes pensées sont des étoiles qui ne veulent pas former de constellation”

Plus d’extraits ici !

Une lecture commune avec Noukette, Stephie et Leiloona, allons vite lire leurs avis, mais mon petit doigt me dit qu’il y a du coup de coeur dans l’air…

Un très beau coup de ♥ qui fait partie de notre petit prix littéraire La Voix des blogueurs !

Retrouvez les avis de LenaMyaRosaCessMlle PointillésFaelysMathildeHanaPoulettaFée Bourbonnaise… mais aussi celui de Jérôme

+ Des Challenges : YA#2 et PAL bleue

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